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La Merlaison : re-création à Royaumont

© dianne

"La Merlaison" est un terme inventé par Louis XIII, féru de danse comme tous les gentilshommes de son temps, pour désigner une imaginaire chasse au merle, chorégraphiée à son intention. Au coeur du ballet, en 1635, le roi tient son propre rôle, pour une représentation de Carnaval à l'Abbaye de Royaumont.

Dans le même lieu, une magnifique re-création a été donnée les 17 et 19 septembre 2011, avec brio et obstination malgré la pluie menaçante.

En amont de la danse baroque, on découvre un univers, longtemps oublié, plein de fantaisie, de truculence, d'inventions scéniques : oui, il y a eu création foisonnante entre la fin de la Renaissance et le siècle de Louis XIV !

Le ballet "La Merlaison" est le fruit d'un long travail de recherches à partir de la publication de traités datant de 1610. La musique étant conservée, il a fallu ré-inventer la chorégraphie car rien ne subsistait de l'oeuvre dansée, à part les titres des entrées en scène tenant lieu de programme. Sous la houlette de Christine Bayle, la Compagnie "L'Eclat des Muses"* qui associe danse, théâtre et musique a restitué la faconde des "gascons, bouchers, bouchères, pistoliers, nobles du pays... la majesté des flamands, la filouterie des chasseurs... fausses pistes, gros nez, masques et travestissements impromptus" soutenus par l'ensemble musical dont Patrick Blanc assure la direction. Les 12 musiciens et les 9 danseurs de la compagnie étaient épaulés par 11 élèves du CRR de Cergy-Pontoise.

 

Jeux de la chasse, jeux de l'amour, jeux de la guerre... Masques et simulacres...

 

Foisonnement des caractères, grâce des interprètes, sur la scène adossée aux arcades du cloître, une mise en lumière magique a fait chatoyer des costumes somptueux, dessinés par Thierry Bosquet, "scénographe et créateur de maquettes sur le XVIIe siècle dont il aime particulièrement la fantaisie." Sa collaboration avec Béjart en a fait un parfait connaisseur du monde de la danse.

 

 

 

 

Loin des pratiques culturelles élitistes, ce moment d'exception a permis, si l'on tient compte du prix modique de la participation demandée (à peine deux places de cinéma), à tous les amoureux du bel et bon patrimoine commun, de le voir vivre de la plus partageuse façon qui soit.

Co-production l'Eclat des Muses, Fondation Royaumont, Festival Baroque de Pontoise, Centre National de la Danse, CRR de Cergy-Pontoise.

 

*http://leclat.des.muses.free.fr/

 

Une très belle exposition retraçant l'historique du projet se tient dans la bibliothèque musicale de l'abbaye, un lieu précieux et accueillant, animé par une passionnée!

On peut y découvrir les dessins originaux de Thierry Bosquet, véritables oeuvres d'art, et les documents sources du projet.

Clap de fin !

 

 

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