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Politiques : pourquoi ils se hachent la g...

Sur les pièges de la professionnalisation , une intéressante analyse de Rémi Lefebvre (Professeur de Sciences Politiques à Lille-II) dans le Monde Diplomatique (octobre 2009) démonte les ressorts des déchirements "politiques" apparents pour des motifs qui n'ont rien à voir avec les buts de la politique mais tout à voir avec le côté alimentaire des mandats mis à l'encan.
Les Régionales qui se profilent sont l'occasion de voir appliquer les principes désormais à l'oeuvre : peu importent les idéologies, ne parlons pas d'idéaux, ce qui compte c'est pour chaque formation politique de caser un maximum de monde à un maximum de postes. Et pour ça tout est bon : les alliances à géométrie variable selon les territoires, les accords d'hier se transformant en haines d'aujourd'hui et rabibochages de demain. L'intérêt des appareils politiques se cuisine selon des recettes précises qui ne sont pas les mêmes selon leur envergure, leur puissance de feu.
Bien que la gauche semble exclue du pouvoir elle n'a jamais eu autant d'élus de terrain. Effet de la décentralisation, le rééquilibrage local assure une "rente de situation aux partis de gauche qui font vivre des milliers de professionnels de la politique dont les logiques de carrière pèsent en retour sur les stratégies partisanes." Les élus vivent désormais en grande partie DE et POUR la politique. Un seul objectif pour certains sortis de longue date du monde du travail : durer. Peu importe alors par qui et pour quoi.
Quant au renouvellement (très faible), il concerne la plupart du temps des obligés des partis que l'on recycle, ou que l'on rémunère, notamment par le biais des scrutins proportionnels de listes (anciens battus, aspirants à la carrière sans ancrage municipal, collaborateurs ou proches, responsables de courants...) Les mandats sont si nombreux (6000) qu'ils représentent une véritable manne à "distribuer" dont les bienfaits redégoulineront automatiquement sur les partis politiques. Ainsi survit le PC, hors de course nationale, mais qui par son réseau d'élus locaux fait entrer chaque année 17 millions (sur un budget de 32) dans les caisses (UMP : 1,8 millions, PS : 12 millions en 2007).
Version PS, la tentation : "Laissons le pouvoir à la droite, il y a trop de coups à prendre dans un environnement économique hostile à la social-démocratie, replions-nous sur nos positions locales" (version PS) Les élus en place mesurent bien qu'une hypothétique victoire socialiste à l'élection présidentielle aurait mécaniquement par la logique des élections intermédiaires des effets négatifs sur leur ancrage local. Ils se désolidarisent ainsi du devenir national de leur organisation et cultivent leur fief."
On comprend mieux pourquoi la machine à perdre est en permanence branchée ! Et pourquoi quand on est près du but, il faut tout faire pour que capote le projet (mai 2007).
Encore, si le pouvoir local pouvait amener des transformations sociales mais non ! On ne fait pas de politique, on gère. Ce qui devait être les vitrines du socialisme (20 régions !) sont régies par des principes apolitiques pour éviter un marquage partisan trop net. On se notabilise et on perd de vue le fond de commerce idéologique.
Comme il n'y a pas de règles d'alliances nationales, chaque local se concocte ses partenariats pour garder ses sièges. Sur ce, les adhérents fichant le camp, le poids des élus dans le total augmente et l'on oscille entre "malthusianisme" et "clientélisme". Pas trop de militants nouveaux pour pouvoir consolider ses réseaux, et recrutement d'obligés pas menaçants. D'ailleurs les nouveaux militants sont souvent mus par le désir de trouver un job. Beaucoup dépendent des élus par le biais de la multiplication de "cabinets" à tous les étages. Expliquant en partie pourquoi la décentralisation n'a permis de faire aucune économie depuis sa mise en oeuvre.
Dans ce paysage, les militants basiques sont les tâcherons qu'on siffle si besoin est. Quant au côté programmatique des consultations, on comprendra qu'il est un peu perdu de vue. Pas le temps. Trop occupés à savoir qui va scier la branche à qui...
Pour les Verts, Martine Billard (depuis PG) résume ainsi les faits : "J'estime à deux mille le nombre d'élus et de salariés politiques, sur cinq mille adhérents réels. Ça finit par peser fortement. Les élus sont absorbés par leur tâche de gestion, ils se noient dans leur travail, surtout quand ils sont dans les exécutifs, et négligent de développer localement le parti et le militantisme. On a l'habitude d'ironiser chez les Verts en disant que dans le parti, il y a les élus, les salariés d'élus et ceux qui veulent prendre leur place..../... Les militants qui arrivent veulent être élus. Les listes communes avec les socialistes dès le premier tour permettent de sécuriser les mandats locaux." .
Une classe politique de plus en plus imperméable à de nouveaux entrants et qui fait grise mine à la société civile intéressée se professionnalise donc et se reproduit par cooptation. Ce qui contribue au rétrécissement du champ social de recrutement. La classe politique de gauche s'éloigne des groupes sociaux qu'elle est censée représenter : plus un seul député d'origine ouvrière. Dehors les catégories populaires que l'on puisse jouer entre soi aux chaises musicales dorées. Ce jeu dans lequel "les choix individuels concernant les positions électorales priment sur tout et confortent les stratégies d'appareil."
Les règles de non-cumul ? Apparemment ce n'est jamais le bon moment. Il faut bien vivre. Voici pourquoi de sinistres goujats pratiquent l'insulte et l'intimidation comme des membres de la pègre. La semaine passée a été riche d'exemples, locaux et nationaux de cette façon bien républicaine de répliquer l'âge des cavernes, d'un parti à l'autre.


Tous les commentaires
*** Eh bien quelle extra-lucide analyse! Pointue pointue! Vont pas aimer les politiqueux...Le Rémi Lefebvre est allé jusqu'au fond, brillamment, sans esquives d'aucune sorte; ce qui m'amuse un peu, c'est que j'ai vu grandir, ailleurs, cet enfant du maire socialiste du village où j'habitais et dont on disait que...justement... Et je le retrouve avec délectation (pour cette analyse précisément !)grâce à MEDIAPART et grâce à vous aujourd'hui... Merci Diane.
Ayant sous la main l'article et les échanges de mails avec des gens impliqués dans la campagne en IDF, le papier allait de soi. Cet incroyable jeu de massacre n'a aucun rapport avec le souci du bien commun. En ce moment c'est "la chasse à l'autre" sans aucun égard ni pour les appartenances partisanes, ni pour les contenus programmatiques et encore moins, si je puis dire, pour les compétences.Le savoir-faire on s'en fout, ce qu'il faut c'est laisser le moins d'espace possible aux éventuels partenaires. La droite ? Mais on s'en fiche ! On va même jusqu'à lui offrir un tabouret dans les listes... C'est dire où en est le PS..
Comme le dit Rémi Lefebvre, plus aucun rapport avec la lutte des classes, c'est la lutte des places. Chacun est adoubé au premier chef en fonction de sa capacité de nuisance. Il convient de rafler tous les logos sur les affiches sans rien laisser aux partenaires. La guerre du feu, je vous dis. La plus bête, la plus brutale qui soit.
Votre billet, remarquable, entre en résonance avec mes propres conclusions.
C'est d'ailleurs une des raisons, au-delà de divergences que je peux avoir avec la majorité de son exécutif actuel, je demeure au NPA (qui n'est pas la panacée).
Bien à vous.
*** "Mais qu'est-ce donc que la dignité de nombre de politiciens? La plupart sont des guerriers déguisés en civils. Une compétition où il faut "tuer" les adversaires pour régner sans partage, comme le coq sur le tas de fumier. " (BÊTABLOG)
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Diane, j'avais relevé ces mots qui "parlent" vrai de ces chacals, avec beaucoup de tendresse, quand-même !!!
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Merci capucine Armor. Ce qui est parfaitement stupéfiant, c'est à quel point il est facile localement d'emporter le morceau au nom de mauvais principes. Par exemple le refus de l'aventure supposée que représente un renouvellement. On a ainsi des députés cacochymes, par ailleurs titulaires de responsabilités importantes en d'autres domaines, qui répliquent leur mandat d'une législature à l'autre alors qu'ils ne font strictement RIEN. Rien de Rien. Rien...
Je trouve que les analyses de Rémi Lefebvre sont très stimulantes (Il a publié d'intéressants billets sur Mediapart à l'époque du congrès de Reims)
les "partis de gauche qui font vivre des milliers de professionnels de la politique dont les logiques de carrière pèsent en retour sur les stratégies partisanes."
C'est hélas la même chose dans les syndicats, ou les associations.
Quand nous assimilons la démocratie à la délégation de pouvoir, ça donne en retour cet effet de "pouvoir des bureaux" : la bureaucratisation.
C'est hélas la même chose dans les syndicats, ou les associations.
Vrai, sinon comment concevoir l'explosion de Attac, dont l'action de fond a été le moteur d'une rénovation mondiale des fonds d'argumentaires politiques ? Plus personne ne peut désormais ignorer les grandes truanderies qu'ils ont fait remonter à la surface, et une fois le job fait, ils se sont détestés sur fond d'urnes à la PS...
Un exemple dans le 95 : on a perdu car les argenteuillais voulaient la place et sont venus en force.
A leur décharge ils essaient de naviguer contre le premier secrétaire fédéral du 95 le pire des staliniens que l'on connaisse.
30% de votes pour la motion E et PAS UN SEUL POSTE pour celle-ci.
Et en présentant 2 candidats éligibles de notre motion, il n'est même pas certain que ce stalinien accepte de les verser sur la liste à proposer à HUCHON qui va trancher en plus en dernier ressort.
Les appartchiks connaissent bien la tambouille
Ils ont de solides appuis. Patienter jusqu'à 2012 c'est tuant... Pendant ce temps là on s'occupe, on s'occupe... Il faut revenir à l'article de Rémi Lefebvre pour comprendre pourquoi. Qu'il ne reste surtout aucune troupe en état de faire gagner la gauche.
Rien du suicide "national" organisé de longue date n'est compréhensible si l'on n'a pas ça présent à l'esprit. Après, tout devient clair, les coups foireux, les analyses à deux balles, les balles dans le pied, les non-soutiens de 2007, la tentative d'assèchement d'un courant, le sabordage des alliances, etc...
Le prix de cette tambouille à la carte est exorbitant car les cuisiniers sont mauvais et les cuisines puent.
C'est ce que jpylg appelle la professionalisation de la politique.
Comment faire autrement dans une démocratie représentative?
Par ailleurs, je trouve les propos de Martine Billard assez hallucinants! Si je la comprends bien, elle regrette que les élus verts se consacrent à leurs taches d'élus, négligeant la promotion de leur parti localement. Que ne dirait-on pas si ils faisaient le contraire, c'est-à-dire négligeant leur fonction d'élu pour se consacrer au développement de leur parti?
L'essentiel n'est pas là . Lisez l'article en entier : le résumé ici n'est qu'une petite partie du propos très documenté comme toujours. Il ne s'agit pas de dénier aux élus le devoir et la charge d'y aller à fond dans leur boulot. D'ailleurs la partie consacrée aux verts est de loin la plus bénigne. Elle donne juste le ton d'une manière pragmatique : c'est une affaire qui tourne en famille. Et on ne s'engage plus en politique, même pour cette cause-là, sans être sûr d'y trouver son intérêt en matière de job. C'est triste mais c'est comme ça.
Plus loin, il évoque le fameux "statut de l'élu", le serpent de mer dont tout le monde parle mais que personne ne veut pêcher... Cette "professionnalisation" ne serait pas dommageable si elle était temporaire, réversible, comme vous voulez. Elle permettrait la diversification de la représentation. Mais apparemment personne n'est pressé d'examiner le problème au fond. Et encore moins de poser des principes sur la table...
Je n'ai pas acheté le diplo en octobre. Honte sur moi.
Il n'est pas encore accessible dans les archives, la mention "disponible en kiosque" figurant encore de manière erronée après requête.
Je suis allée vendredi soir à un conseil fédéral du PS pour les régionales, et j' ai perdu 4 heures, avec le trajet, pour qu'on vote, dans une ambiance tendue (pour cause de courants qui se contredisent SYSTEMATIQUEMENT), notre liste départementle pour les régionales.
Une commission a passé des heures, au préalable pour essayer de répondre à des critères de justice.
Il y a cependant eu entente pour constater que les 2 têtes de listes avaient été imposées par "en haut" ( dont un qui ne serait pas vraiment socialiste, ce qui chagrine les "colleurs d' affiches" comme ils le disent eux-mêmes), que seuls 3 inscits seront élus (sur une quinzaine) ... et que finalement, cette liste que nous avons votée (ma présence aura peut-être participé à éviter de revenir voter !) sera remaniée par le "grand chef" de la région !
Conclusion; on se donne l' impression de faire quelque chose, cela entretient l' animosité entre des clans, et on croit être dans une démarche démocratique qui, en réalité, est complètement illusoire...
J 'ai vraiment eu l' impression d' une énorme, perte de temps !
A la lumière de cet article, je relativise encore plus l' intérêt de ces mascarades.
Et c'est pareil dans toutes les formations. Vous imaginez donc lorsqu'ils doivent faire des fusions pour construire des listes entre "alliés". Ce n'est plus Clochemerle, c'est Beyrouth.
C'est "malheureusement" ce qui est arrivé aux syndicats de la fonction publique il y a une vingtaine d'années, ce qui a entraîné un désintérêt et une désyndicalisation massive de façon irréversible...
La seule différence est que là on ne paie pas directement une cotisation : on contribue autrement, directement ou indirectement, chaque jour...
Président de Conseil Général et de Conseil Régional : 5937,83 €
Conseillers généraux et régionaux, selon la population concernée
-moins de 250 000 ha : 1489,06€
-de 500 000 à moins d'1 million : 2233,58€
-plus de 1 million : 2605,85€
Ils sont 6000.
http://extras.finances.fr.msn.com/actu-eco/article.aspx?cp-documentid=5928814&imageindex=6
Comme le dit Renlau-Josie, impression d'énormes pertes de temps dans les groupes politiques, syndicaux, associatifs, avec ces courants ou sous groupes qui s'agglomèrent autour de leaders plus que d'idées bien définies. Du coup les moments de choix internes n'arrivent pas à être de véritables débats d'idées et de perspectives.
Moi qui suis de sensisibilité écologiste (entre autres), c'est aussi ce processus que je crains pour Europe Ecologie.
Une immense perte de temps. Surtout si, pour ce qui concerne le PS, on considère que les propositions programmatiques et structurelles de NPS contenaient déjà de quoi affronter le XXIe siècle...
Cette machine infernale porte dans ses statuts les germes de sa destruction.
Pour EE, voyant la complexité idéologique de l'attelage, je suis perplexe aussi. Il y a des preux et des moins preux... On verra. Il ne suffit pas de décréter l'Europe écologique, si on s'accommode de ses textes scélérats (TCE), on garde, au mieux, une tribune pour affronter les médias la voix au bord des larmes... C'est plaisant et théâtral mais peu productif.
Je ne vois pas très bien où vous voulez en venir sur ce fil. Voulez vous supprimer les postes de conseillers généraux et régionaux? Rassurez-vous, Sarko s'en charge.
Moi j'aimerais bien savoir pourquoi tout le monde semble trouver la décentralisation géniale : elle a drainé des sommes considérables vers des gens en quête d'enrichissement personnel; elle a créé de nouvelles catégories de fonctionnaires alors que déjà en 82 il y avait les germes d'une surfonctionnarisation du pays. Et l'article recopié par Dianne est limpide sur les effets induits de clientélisme et autres magouilles pour récupérer les fromages, qui sont devenus des objectifs en soi au moins pour presque tous ceux qui ne sont pas hauts fonctionnaires.
Finalement, pourquoi est-ce que les lois Defferre ne sont contestées par personne ? Qu'auraient comme inconvénients un retour du pouvoir des préfets, de l'Etat ?
Ou peut-être y a-t-il une troisième voie qui consisterait dans le maintien du système actuel, mais avec un renforcement du contrôle citoyen. Cela n'empêcherait pas les magouilles le clientélisme etc...D'ailleurs en y réfléchissant la centralisation ne ferait peut-être que transformer lesdits problèmes. Le seul avantage serait dans la diminution du nombre de fromages.
Bien sûr que non, juste de tenter de comprendre pourquoi les procédures d'empêchement sont plus efficaces que les procédures de construction. Je me situe par amitiés multiples au carrefour des tractations entre deux formations que je connais fort bien et je le répète, c'est Beyrouth. On préfère investir un crétin incompétent qui a le bon dossard plutôt qu'un "allié" qui n'est pas de la bande. Ils sont cinglés et cupides. POINT.
Un autre croisement ce matin chez jfcoffin.
Ne connaissant pas votre histoire personnelle, vous comprendrez que vos propos sont quelque peu abscons. Quand les partis se comportent de la façon dont vous le décrivez, l'attitude la plus saine est de le faire savoir, il me semble.
Eh oui. Ce que j'ai fait maintes fois, et pas toujours seule, loin de là. Mais quand même en vain.
On n'est pas dans la dénonciation, là. On est dans l'examen des principes qui régissent la vie politique (ou plutôt dans l'absence de principes mais c'est jouer sur les mots). Et ils sont à l'oeuvre partout. Il s'agit de tenter de comprendre pourquoi rien n'aboutit jamais, pas de monter un tribunal populaire et de désigner X ou Y à la vindicte publique.
Jusqu'à présent le deal est le suivant : laissez faire les états-majors et contentez vous, militants ou sympathisants, de porter la bonne parole venue d'en haut. Tout en soutenant que les tripatouillages sont certifiés ISO 9000. On voit le résultat.
Que je dise qui et où n'a aucune espèce d'importance. Ce qui en a c'est aussi de savoir jusqu'à quand des militants et des électeurs vont accepter d'être pris pour des c... Car quoi qu'on en dise ici ou là, le niveau intellectuel aurait tendance à monter de manière générale. Il faudrait peut-être collectivement utiliser ces cartouches-là.
1) Comment voulez-vous que les électeurs fassent pour refuser une situation qu'on leur cache?
2) Les agissements de votre parti ne vous plaisent pas, alors quittez le! Les choses sont aussi simples que cela. Votez avec vos pieds.
3) Vous généralisez ce qui se passe dans votre parti à tous les partis. Je peux personnellement témoigner que cela ne se passe pas comme ça partout.
4) La seule façon de combattre l'absence de principes est de dénoncer l'absence de principes. C'est comme si vous vouliez combattre la corruption sans parler de corruption. Cela n'a pas de sens.
5) Les raisons à cette situation, vous les avez bien décrites dans ce billet.
6) La raison principale pourrait être exprimée de la sorte: Toute organisation, quelque soit ses objectifs initiaux, a tendance avec le temps à se consacrer au développement ou à la préservation des intérêts de l'organisation, quitte à en oublier les objectifs initiaux. Cela se fait particulièrement rapidement dans une organisation hiérarchique.
7) Les solutions à ce problème sont connues même si peu expérimentées dans le domaine politique: organisation en réseau plutot que hiérarchique (ou au minimum allers et retours entre la base et le sommet), mise en place de règles favorisant le renouvellement, etc...
8) La mise en place de telles solutions ne peut se faire que dans de nouvelles organisations, le point 6 empêchant la mise en place de telles règles dans une organisation existante.
Oui, quand on a vu le PS de près, sauf à vouloir essayer de gagner de l'argent ou économiser un abonnement à Meetic, on fuit en sens inverse à toutes jambes.
Pour ceux qui n'ont jamais été confrontés à la pourriture de ce genre de partis, je recommande un ouvrage publié en 2007 pendant la campagne, qu'on trouve peut-être maintenant d'occase à pas cher : "Infiltrés" aux Editions Privé. Deux journalistes font la campagne un à l'UMP, l'autre au PS. Amusant et édifiant.
1) Une façon de ne pas le leur cacher est de les encourager à se documenter. A ce titre, le Diplo n'est pas la pire des sources, tout au moins en ce domaine
2)C'est fait. Mais je vois des amis à la tâche. Et c'est tragique.
3)Pas comme ça partout ? Et bien vous avez une jeune expérience de l'action politique (ou alors très segmentée) et encore beaucoup de fraîcheur. Mais attendons la fin comme disait La Fontaine...
4)C'est ce que je suis en train de faire.
5)Merci. Pourtant l'original est encore plus précis et documenté. L'exercice de commentaire est réducteur, forcément.
6)D'accord avec ça. Surtout si la collectivité met à la disposition des "organisations" des moyens quasi illimités de continuer ce poker menteur.
7)Absolument d'accord aussi.
8)Exact. Et on en revient à la nécessité de placer le débat sur la place publique. Dans ces termes là.
3) Je n'ai pas dit que cela restera toujours comme ça
. En tout cas, dans ma région et pour ces élections, cela semble se passer comme ça. Quand on s'est suffisament brulé, ça peut aider à ne pas se bruler une seconde fois.
Je le souhaite autant que vous LPVP ! Et je souhaite de tout mon coeur me tromper pour les formations naissantes. Certains membres donnent de l'espoir, d'autres non.
Merci Fantie B.
La France, gérée comme une entreprise, par un gigantesque conseil d'administration aux membres désignés par des groupements de "gros actionnaires" pendant que les petits porteurs rament dans la soute. J'appelle "désignation" le fait de forcer les scrutins par le maquillage des résultats à l'intérieur des formations politiques. Une sorte de démocratie "canada dry" (pub gratuite).
Je partage l'analyse.... et le commentaire ci dessus aussi.
Chère Dianne, j'aime beaucoup, en général, vos interventions sur Mediapart. Si vous me permettez une critique, et je m'en excuse par avance, j'ai noté au moins un écueil, quant à celles-ci.
Il me semble que vous ne hiérarchisez pas suffisamment les enjeux.
Ca part un peu dans tous les sens.
Il s'en suit, naturellement, une série de commentaires se reconnaissant dans ce fonctionnement, sans pour autant, et pour cette raison même, que cela fasse avancer un quelconque débat de fond, à mon sens, of course.
En espérant que ce commentaire ne sera pas perçu comme une attaque personnelle, laquelle n'est pas le but de celui-ci, auquel cas je serais prête à le retirer.
Avec toute mon amitié, par respect envers votre engagement, votre courage, et votre force de travail.
ps : estimant, pour ma part que mon commentaire est suffisamment explicite, je ne souhaite pas entamer une discussion contradictoire, veuillez m'en excuser, de nouveau, par avance.
Et donc les émoluments de Dianne vont baisser ? Je trouve votre réaction bizarre, Dianne s'est contentée de recopier un article au demeurant intéressant, ce que vous ne semblez pas contester. Après dans les commentaires si vous attendez de Dianne des propos pertinents alors que c'est une abonnée lambda, ceci dit pour ne pas être méchant...et si vous trouvez qu'elle n'a pas fait assez de lèche-Royal il me semble que c'est plutôt en mp que vous devriez lui donner vos instructions.
Cordialement bien à vous
Dianne s'est contentée de recopier un article
Ok, mais il - me - manque une mise en perspective : en l'occurrence, le choix de l'auteur du billet.
Si vous trouvez qu'elle n'a pas fait assez de lèche-Royal
Je vous laisse la responsabilité de ce propos, ne me sentant pas concernée par celui-ci.
Bon dimanche !
Je suis d'accord avec vous, ce serait sympa quand on recopie un article de dire quelques mots sur son auteur.
Bon dimanche à vous aussi
Et son inoubliable complément :
C'est légal ! - Kriss - France Inter -
...s'est contentée de partager un article qui n'a pas forcément été lu par les contacts habituels (et les lecteurs de passage) et peut leur rendre service éventuellement.
Partager. Mais je suis sûre que c'est ce que vous vouliez dire charmant Beber.
bien cordialement à vous
@peneloppe Merci pour votre intervention. Ne vous excusez pas de refermer la porte, car je ne m'excuse pas de l'entrouvrir à nouveau !
Les enjeux, sans ambiguïté sont les suivants : un système concurrentiel qui n'a rien à voir avec l'intérêt général préside à la constitution des équipes pour les scrutins de listes. Pour l'exposé des motifs, se reporter à l'article de Rémi Lefebvre. Le sens général est celui de l'intérêt financier immédiat des compétiteurs et de leurs formations qui se traduit par plus ou moins de pouvoir à influer sur la réplication du système, plutôt que l'intérêt de la cité. Et on ne peut pas dire que cela soit confus ou elliptique.
Je me permets de passer une tête c'est trop tentant
un système concurrentiel qui n'a rien à voir avec l'intérêt général
Ne s'agit-il pas là d'enfoncer une porte déjà ouverte ?
Car : puisque que les militants semblent se trouver en parfait accord avec ce fonctionnement concurrentiel séculaire ...
Euh... quels militants ?
Les pauvres trouffions de base n'ont rien à voir là dedans. On leur demande juste de se prononcer, on compte les avis et on se dépêche de les maquiller pour les rendre conformes aux projets des cadres...
Les pauvre trouffions trouvent quand même le moyen de faire de la surenchère concurrentielle sur la misère : un terrain de choix.
Misère !
Dianne "les pauvres trouffions" trouvent forcément un intérêt à gâcher des années pour faire élire des guignols qui les méprisent...tout le monde ne peut pas comme nous trouver un intérêt à échanger des niaiseries sur le net. Et s'ils sont assez bêtes ou masos pour rester dans un parti quand ça ne leur convient plus, ça reste leur liberté.
J'ajoute que ce phénomène de petits qui travaillent gratuitement (voire en payant des cotisations) pour des gros n'existe pas que dans les partis politiques.
Et enfin il ne faut pas non plus exagérer, il y a quand même des gens qui ont des convictions et qui font avec les moyens du bord pour essayer de les promouvoir, y compris en avalant régulièrement des couleuvres à tailles de pythons.
Cordialement bien à vous
"des gens qui ont des convictions et qui font avec les moyens du bord pour essayer de les promouvoir,"
exact beber, dans toutes les formations, mais ils sont loin d'être majoritaires au niveau des cadres, des "décideurs".
Que je suis donc flattée que votre éminence daigne honorer de ses niaiseries de net mon misérable billet du même métal.
Une des difficultés pour le PS est que c'est un parti de droite à cible électorale très à gauche par rapport au reste de la social-démocratie dans l'Union Européenne : les "élites" (énarques et autres) doivent vendre des idées de gauche tout en n'y croyant pas ou en sachant que de toute façon une fois au pouvoir ils feront une politique de droite comme les fois précédentes où ils sont arrivés au pouvoir.
De son côté la droite française n'est pas en bonne position non plus, car l'ultra-libéralisme bruxellois et la précarisation des classes moyennes ennuient son électorat.
Peut-être que ça explique l'émergence de personnalités transgressives ou bizarroïdes du type Royal ou Sarkozy, sachant que quand ils étaient subalternes ils avaient bien le doigt sur la couture du pantalon : les deux ont dû sentir le ras-le-bol des Français.
A partir de là des itinéraires à la Besson ou à la Kouchner ne sont guère étonnants, étant donné que l'idée de faire du gauchisme en cas de victoire en 2012 reste une vaste rigolade.
Et ce qui peut se passer au niveau des sections du PS, où les petits votent dans des conditions plus ou moins truquées pour des notables ou pour leurs obligés, là...je me demande si ça ne va pas finir avec des suicides à la France Telecom. La solution la plus saine restant quand même de quitter ce parti, sauf à avoir l'impression d'y faire quelque chose d'utile, pour soi et/ou pour les autres.
Cordialement bien à vous
Le fossé entre le PS et son électorat "naturel" est la conséquence de la professionnalisation des mandats. Le PS s'est coupé de sa base car il a perdu de vue les réalités du terrain en adoptant un mode de fonctionnement institutionnel, dont la finalité est la durée d'une classe de notables détachés des basses contingences quotidiennes. Du genre gagner sa vie, se déplacer en transport en commun, etc...
Mais ils ne sont pas les seuls. Le plus bel exemple que je connaisse est un ancien cadre CGT recyclé dans les jetons de présences qui ne se déplaçait plus qu'en voiture avec chauffeur et se trouve coupé du monde depuis qu'il n'a plus de secrétaire : il ne sait pas ouvrir un mail. Il exige une place sur une liste parce qu'il est "une célébrité". Ce serait donc son seul mérite. Le pire est qu'il va finir par l'avoir....
euh juste une précision : Mme Royal n'a jamais eu le doigt sur la couture du pantalon. C'est d'ailleurs pour cela que Mitterrand l'appréciait.Pour ce qui est de kouchner on sait comme le PS a l'art et la manière de dézinguer les intelligences "pas au pli".
Et donc Rémi Lefebvre il sent le pâté ? En dehors d'être prof il a d'autres activités publiques ?
voir ci dessus. Au lieu de piaffer ainsi, les autres participants ont sûrement déjà fait un tour sur leur moteur de recherche favori, après ma rapide présentation en tête de billet.
Intéressant de reprendre cet article du Diplo.
Je ferai deux hypothèses, légèrement en marge de la discussion :
1. un parti est une institution, et, plus il est connu et reconnu, plus il s'institue, ce qui le fait fonctionner comme toute institution (non analysée), c'est à dire avec l'objectif prioritaire de durer, pas forcément de faire naître des idées ...
Un autre exemple criant : le meilleur lieu où l'on ne parle presque pas de pédagogie, c'est l'école. Pas parce que les gens sont bêtes et méchants, mais parce qu'ils sont pris par la machine institutionnelle, élevés à être de gentils soldats disciplinés, l'institution étant elle même pilotée par des gens qui veulent "durer".
La solution existe mais en général l'institution n'aime pas y recourir (on comprend pourquoi : analyser les rapports dans l'institution fait bouger les choses, donc ça ne "dure" plus tout à fait pareil)
2. l'évolution du monde et de son économie omnipotente a désamorcé la production d'idées politiques (puisque la politique est à la remorque de l'économie), du coup il reste les questions de "personnes", surtout si on est dans un parti dit "de gouvernement".
Depuis une décennie, la production d'idées a été du ressort de fondations comme Copernic, Attac et de la galaxie d'un "Autre monde possible". Aucun argumentaire politique ne peut plus faire l'impasse sur les constats qui ont été l'objet de tant de "forums sociaux". Et en effet, les acteurs politiques institutionnels se sont contentés de suivre, dans le meilleur des cas, quand ils ne dénigraient pas. Pour se voir rattrapés totalement en porte à faux par les réalités planétaires. D'où le malaise et le repli sur le cocon à tel point que les nouveaux militants font peur : et si jamais ils réclamaient des bouleversements pour mettre les actes en accord avec les paroles ?
Je pense que la réflexion sur les partis politiques est fondamentale, dans le cadre d'une réflexion plus globale sur une VIème république. Je me demande d'ailleurs si C6R a bossé ou bosse aussi là-dessus.
Ce qui serait bien c'est un peu d'analyse comparé, sachant que dans le reste de l'Union Européenne je crois bien que c'est tout autant le désanchantement que chez nous.
Les trente propositions initiales de la C6R
http://www.c6r.org/article.php3?id_article=372
Les travaux reprennent. Il n'est pas interdit de les faire vivre.
http://www.c6r.org/rubrique.php3?id_rubrique=7
voir aussi : http://www.mediapart.fr/club/blog/paul-allies
En cherchant une ancienne référence de Rémi Lefèvbre dans Mediapart, j'ai retrouvé ce billet de Maurice Ronai.Une des rares références que j'ai gardéé de l'époque du congrès de Reims.
Ce point de vue de Maurice Ronai, comme celui de Rémi Lefèvbre qu'il citait dans ce billet, me semblent toujours d'actualité, et au-delà du PS lui-même.
(au-delà de la surface des événements, les analyses peuvent, qui sait, agir aussi en profondeur, pourvu qu'on y revienne)
Merci Fantie B.
On lit ceci :"La moralisation des opérations électorales n'a pas prise sur les pratiques, voire les cultures clientèlistes" .../...
C'est bien pourquoi on est encore dans la guerre du feu...
Pour se prémunir contre ces pratiques, il faut ouvrir un peu plus grand encore les portes du PS".
Et Rémi Lefebvre montre de quelle manière on se prémunit d'un risque pareil... Il appelle cela le "malthusianisme" en matière de recrutement. Ne démarcher et n'admettre que des gens "sûrs". On imagine le cas d'un militant un peu fouille-m... qui aurait envoyé son adhésion à Solfé et tenterait de se faire un trou dans une section locale un poil autarcique... Pour le coup, ce que dit beber risque de se vérifier : qui pourrait "tenir", surtout isolé ?