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Christiane Taubira : Rendez-vous avec la République

Le débat récent autour de la présentation par Ségolène Royal de Kamel Chibli pour occuper les fonctions qu'on lui proposait au bureau national du PS fait couler beaucoup d'encre. Il y est question de défense, illustration, récupération de la "France métissée". Qu'il ne puisse y avoir d'avis d'expert en cette matière est une évidence. Mais il est bon sur le sujet d'écouter un peu ce qu'une vraie républicaine peut en dire. Au-delà du blablabla et de l'inévitable mise en abîme qui nous ferait enfourcher la machine à remonter le temps... jusqu'à quand, au fait ?

Christiane Taubira est cette vraie républicaine pour qui la laïcité est l'alpha et l'omega des cohabitations réussies. Elle a écrit un témoignage magnifique : "Rendez-vous avec la République", un flamboyant plaidoyer pour que vive et s'exprime l'humanité dans les humains. Ce qui ne va pas forcément de soi.

 

Le début du livre est un touchant récit à voix murmurée d'une partie de son vécu, confidence d'auteur à lecteur que l'on découvre avec beaucoup d'émotion. Mais pour en rendre compte, on peut commencer par la fin et par cette formule choc concernant les classifications ethniques "toujours en retard sur l'amour"... Cela donne le ton.

 

Son inventaire des possibles et des impasses planétaires en matière de vivre ensemble ne donne le beau rôle à personne. Selon elle, qui que l'on soit, où que l'on soit, on ne peut indéfiniment déléguer à d'autres ses responsabilités dans l'insuffisance des processus d'émancipation. Et de rappeler que la même année qui vit la fin de l'apartheid en RSA vit aussi le génocide Rwandais, à la mémoire duquel elle s'est associée de fort près.

 

Comment "Etre au monde, notre maison" ? Telle est la grande affaire...

 

"Je suis noire, disent-ils. Je n'y trouve pas d'objection. Mais c'est un fait que cette postulation est source de beaucoup d'inconvénients. Je n'y vois pas d'agression personnelle et le cas échéant je sais y faire face, en sortir sans trop de brûlures. C'est à une autre meule que j'ai aiguisé le tranchant de mes engagements et de ces colères que j'essaie de rendre fécondes".

 

Mais, même si "La mode est au noir, question noire, associations noires, populations noires", regrettant le manque d'audace lyrique en regard de termes comme "négritude" et "black power", elle déclare tout net : "Parlons clair : tous les Noirs ne sont pas mes frères, tous mes frères ne sont pas noirs..../... Ma fratrie est à l'échelle de l'univers.../... Quant à mes frères, qui, en terre de France, se proclament noirs, j'attends en cordialité qu'ils disent en quoi le noir est une couleur plutôt qu'un kaléidoscope, une identité plutôt qu'un étendard, un euphémisme délesté de toute rugosité". Et de refuser de servir d'étendard au CRAN.

 

Elle s'insurge : "Discriminer ? Encore !"

 

La République méconnaît les diffférences. Elle ne connaît que des citoyens, libres et égaux. Et comment s'accommode-t-elle de l'inégalité ? Comment comprend-elle la liberté sans effet ? Que pense-t-elle de la négation du fait de race et sa présence dans la constitution ? Des inégalités frappent des citoyens au motif de leur apparence. Ces injustices dérogent au principe d'égalité des droits. Seul ce principe mérite considération. Il ne s'agit ni de demander ni de patienter. Seulement de se réinstaller dans son droit au Droit et de le faire valoir. Quotas, postes réservés, concours aménagés, mesures temporaires ou permanentes, ce sont là débats techniques. Critères d'amont sur les conditions de participation ou rétablissement d'aval lors de la sélection, ce sont là débats de procédure. Ce qui est à nous : la République.

 

Elle constate toutefois que "Ce pays est en train de partir en morceaux, car chaque catégorie sociale, professionnelle, confessionnelle, culturelle, qu'elle soit réelle ou qu'elle se vive comme telle, reste livrée à ses combats solitaires contre tous. Il est temps de renouveler et de rénover le contrat social. Il faudra bien que l'on comprenne que chacun est infiniment plus que ses origines, son territoire, ses croyances. Et que vivre ensemble sans préjugés, c'est vivre mieux."

 

Après avoir décrété que "discrimination positive est un oxymore offensant et préoccupant", elle glane au passage cette citation de Martin Luther-King : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."

Et enfonce un autre clou : moins de 10% des femmes ont accès à la décision politique. A mettre en parallèle avec ceci : "La gauche n'a plus guère de temps pour un programme, elle décore son Panthéon". Et si ceci expliquait en partie cela ?

 

Elle dresse un portrait cruel de l'activisme et des "imprécateurs" dans lequel on reconnaît quelques apparatchiks de salons et de forums internet : "les virtuoses de la récrimination, vigoureux de leurs trois repas quotidiens et de leur sommeil sans houle, confortables dans leur profil replet, sillonnent colloques et manifs, vitupèrent en ré majeur et ricanent en sourdine."

Pour conclure avec Césaire : "Oui Seigneur pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les chantiers obliques".

 

Christiane TAUBIRA "Rendez-vous avec la République"

La Découverte ISBN 978-2-7071-5091-2

 

Tous les commentaires

Les femmes de qualité ça a de la gueule en politique et ça change de tous ces discours virils et convenus de NS et sa cour.

J'ai toujours aimé le franc parler de cette grande dame politique. J'ai donc rendez-vous avec la République.

Christiane Taubira - que je respecte et qui, parfois, m'émeut - devrait davantage faire coïncider discours (remarquables) et pratique politiques (indéterminées, au mieux).

Que fait-elle chez ces nazes du PRG ?

Laïcité. Les seuls que ça intéresse vraiment.

Croyez-vous que seul le PRG, certes composé d'un bon nombre de franc-maçons, soit la seule formation à se préoccuper autant de la laïcité ? Dans le cadre de leur politique cassoulet qui ne dédaigne pas un Tapie ?

Heureusement, ce n'est pas le cas.

Oui. De cette manière là, oui. C'est le coeur de tâche de ce parti. Et pas depuis avant-hier... Politique cassoulet, certes. C'est l'image qu'en donne une direction qui ne voit rien au Nord de la Garonne, si ce ne sont des contrées désolées où l'on va en mission de temps en temps avec une voiture à cocarde. Tapie ? Il a fait comme tout le monde : il s'est servi du PRG comme marche-pied car c'est une petite structure où l'on peut vite se pousser du col pourvu qu'on ait une grande gueule. Mais Mitterrand avait strictement programmé les choses pour qu'il ait cette utilité là afin de récupérer à gauche des "costards" qui n'auraient jamais eu une voix en section PS. Mitterrand n'est plus là. Le radicalisme si. Enfin la doctrine. Pour les applications, évidemment, ça se discute en ce moment Clin d'oeil

Sa candidature en 2002 m'est restée en travers de la gorge.

Je n'ai pas apprécié que l'on dévoie la démocratie en Casino électoral.

Quel dommage de gâcher de si belles qualités par un excès d'ambition personnelle, au mépris de l'intérêt général, en démontrant ainsi une certaine immaturité politique.

 

Nous ne sommes pas d'accord avec vous, cette fois, chère peneloppe; plutôt avec Velveth, l'autre moustachu de Mediapart (mais que fait-il chez ces nazes du NPA ?).

 

I & M, o.de c.

(intérim)

Un point partout. On ne peut pas défendre le pluralisme des candidatures, notamment en matière régionale, et notamment au premier tour, et regretter qu'elle soit allée au charbon.

Et moi, j'irais volontaire au charbon avec Taubira!

 

Je fais un rêve: aller au charbon et retourner s'il le faut au fond des mines avec une équipe formée par Royal/Taubira...

Il serait peut-être temps, en effet, que les humanistes sincères, animés d'un vrai projet politique, se regroupent pour éviter que 60% (au moins !) de la population ne se désintéresse définitivement du sort commun et ne sombre dans le désespoir. On sait parfaitement que cela peut constituer le terreau d' exploitations nauséabondes. Et qui morflerait ? Pas P'titjean et consorts, ils sont planqués hors d'eau...

Il me semble avoir lu un propos identique sur Désirs d'Avenir, il y a plusieurs mois.

Votre rêve est le vôtre.

Pas le mien : point s'en faut ; MOGUYDE, liste Energie Radicale de B. Tapie, Balladur, opportunisme, PRG.

Vous prenez le tout depuis 30 ans de l'indépendantisme (au moins LKP est clair sur le sujet), vous remuez le tout, et vous avez une autre réalité.

Et cette seule raison est largement suffisante pour ne pas me faire rêver.

Bonne fin de journée.

Additif : vous connaissez des hommes de gauche tels Frantz Fanon et Justin Catayée (l'un des fondateurs du Parti Socialiste Guyanais). Tous les deux hélas décédés.

Mais quelles références et quels engagements !!!

Ben oui, mais comme ils sont morts, il va bien falloir faire avec les vivants. Je connais Frantz Fanon, pas Justin Catayée et je brûle de savoir ce que son engagement a donné au monde. Si vous pouvez m'en dire plus...

Le communisme est à la communauté ce que le paternalisme est à la paternité.

 

I & M, o. de c.

(intérim)

Bon. Assez d'accord. Alors c'est le -isme qui ne va pas. Mais, une question me turlupine en contemplant mes lupins : quid du socialisme. Le socialisme est-il à la socialité, ce qu'est le maternalisme à la maternité?

A peu près, oui. C'est une étiquette, d'ailleurs pas très propre. Nous on serait d'avis d'en changer, c'est un des points sur lesquels nous sommes d'accord avec Lénine: "Il faut savoir mettre une chemise propre".

 

Citation éléphantesque: "Entre le marché et le plan, Michel Rocard, il y a le socialisme !" (applaudissements et standing ovécheun)

 

I & M, o. de c.

(intérim)

Bon : sujet du jour. "Que sont paternité, maternité et société?" Vous avez la journée pour y réfléchir. Je passe prendre les copies ce soir. (ou demain peut-être). Prenez un thé au citron. Bio, bien sûr.

Je suggère la parentalité.

Et le manioc est au Noir ce que la frite est au Belge ! A ce sujet, Gaston Kelman régla naguère quelques comptes dans un opuscule décapant et provocateur : "Je suis Noir et je n'aime pas le manioc". On peut en contester des pans entiers mais l'angle d'attaque, bien qu'hilarant permettait de passer au karcher quelques préjugés. Rien que le sommaire

I-Je suis noir et je suis civilisé

II-Je suis noir et je suis assimilé

III-Je suis noir et je suis bourguignon

IV-Je suis noir et je suis cadre

V-Je suis noir et ma fille est marron

VI-Je suis noir et je n'aime pas les Blacks

VII-Je suis noir et j'en ai une petite

VIII-Je suis noir et je me soigne

n'a pas plu à tout le monde. Ses conclusions non plus. D'autant qu'il file la métaphore sans trop de scrupules et cache mal qu'il a quoi qu'il en dise des revanches à prendre. Mais le chapitre où il défend sa Bourguignonitude qu'il a décrétée et défendue avec hargne est absolument impeccable.

Je suis noir et berrichon et fondateur du Mouvement de Libération du Berry qui déclara le Berry indépendant de façon unilatérale comme la cuisson du saumon et le Kosovo mais sans l 'assentiment exclamatif des hautes instances internationales que je tiens en si peu d'estime par ailleurs qu'ils me le rendent bien.
Je suis noir et emphysémateux

Je suis noir et j'aime me mettre au soleil pour bronzer.

Sur ma carte d'identité il n 'est pas écrit que je suis noir d'ailleurs mes samis disent que je suis black.

Je n'aime pas les blacks sauf ceux qui écrivent comme Voltaire ou Sépulvedra.
Je suis noir et je parle cinq langues de toutes les couleurs.
Je suis noir et je suis l'ami de Soulages

Je suis noir et j'ai horreur du manioc qui ne pousse qu'en Afrique Centrale. Quand les pas-noirs comprendront ils qu'il y a autant de noirs qu'il y a de blancs. Des grands des petits des bantous et des peuhls, des saras et des sénagalais qui sont aussi différents que les finlandais et les napolitains, les russes et les anglais, les manouches roumains et les aristos chics de Chantilly Saint Germain...

@ Pierre, désolée, mais le 21 avril 2002 est la honte de la gauche, avant celle du 6 mai 2007. Les primaires internes ont corrigé l'effet d'illégitimité morale des candidatures Taubira et Chevènement de 2002. Ils eurent d'ailleurs à coeur, et je mets cela à leur crédit, (contrairement à cet aigri de Jospin, qui était le candidat légitime du Ps en 2002), de soutenir la candidate légitime du Ps de 2007. S Royal dit de C Taubira qu'elle possède une très belle langue, et c'est vrai, mais cela ne suffit pas ! Je l'admire beaucoup, mais je la considère comme non fiable, jusqu'ici, pour la raison évoquée plus haut, également, nous l'avons vu cet été aux côtés de DCB chez les Verts "c'est ici que ça se passe !". Le Prg est une structure à géométrie variable, il est tt à fait logique qu'elle y soit. Je trouve les fins analystes politiques de ce fil bien peu affutés ! Progrès à faire !

Chut ! Ne réveillons pas le Pape de Mediapart.

 

I & M, odc

(intérim)

peneloppe, ce n'est pas Taubira qui "n'est pas fiable". Elle ne varie pas d'un iota dans ses convictions humanistes. C'est le PS qui avance à la godille. Et les gens de gauche qui ont du mal à suivre...

Non mais comment soutenir en 2002 un PS qui annonce clairement "Le projet ne sera pas socialiste" ? Oui j'ai eu la trouille de ma vie en 2002 mais ce n'est pas pour faire porter à d'autres les sottises, pour dire soft, de Jospin.

Et cet été, comme vous dîtes, elle n'était pas seulement aux côtés des Verts, elle était aux côtés de représentants de la gauche que je rêvais depuis longtemps de voir assis à la même tribune.

Votre propos gagnera en force de conviction si vous ne cherchez pas en permanence à mettre les troupes dans leur tort. Qui décide ici du juste et du vrai ? Pas moi. Pas vous. On débat. Point. Quant à être "fiable", pour y revenir, qui pour vous incarne-t-il cette fiabilité ?

Complètement d'accord quant à cette phrase étrange de Jospin. Cependant, je n'ai pas souvenir de projet particulier de la part de Taubira, et je me souviens du souverainisme de Chevènement. J'avais voté écolo, comme d'habitude, et je l'ai regretté, évidemment. Je n'ai pas voulu croire ce que l'on me disait, qu'il y avait un réel risque Le Pen, et cela s'est révélé vrai. Cela a été le début pour moi d'une conscience politique plus affutée (assez tard, en fait !).

Loi Taubira, Egalité des chances. Ça ne parlait pas à grand monde dans les projets de campagne. Elle était cette petite voix singulière. Ah si le PS avait pris cela au sérieux...

Il y a d'autres citations remarquables, par exemple "Je vais remettre des cartouches dans mon fusil de chasse". Cela donne une idée assez juste de la place des femmes en politique. Le PRG n'échappe pas à la règle. Et puis talentueuse en plus. Vous imaginez l'ombre qu'elle pourrait faire ? Pour répondre à un autre post, Christiane Taubira a fait le job pendant les présidentielles. Salles blindées et standingovécheune comme vous dîtes ! C'est d'ailleurs la seule politique non-révolutionnaire (ce qui reste à discuter !) dont on puisse citer le nom dans les cercles de gauche-gauche sans prendre de cailloux.

"dont on puisse citer le nom dans les cercles de gauche-gauche"*.Yes. I confirme. Et savez-vous pourquoi? Et si elle était un exemple vivant de l' é-man-ci-pa-tion? (Oh! Mon Dieu! J'ai encore lâché une grossiéreté!)

*C'est marrant : il y a des cercles de gauche-gauche. Mais pas de circuits de gauche-centre? Balle au centre.

" Et si elle était un exemple vivant de l' é-man-ci-pa-tion? (Oh! Mon Dieu! J'ai encore lâché une grossiéreté!)

Absolument ! Et ce n'est PAS une grossièreté Sourire

Elle ne donne d'ailleurs de leçon à personne (paradoxal étant donné son parcours intellectuel !) A la différence des émancipateurs-prescripteurs en chambre, elle a vécu la chose sur le terrain, dans sa chair et dans son coeur.

"Des temps funestes, je vous dis. Une seule issue, reprendre place au monde. Une seule règle, s'évader de toutes les geôles"

écrit en fin de son introduction celle qui a tôt "appris" :

"Nous savions que la joie de vivre séparait la pauvreté de la misère"

La joie de vivre semble absolument servir de bouclier à cette petite femme chaleureuse et unique. Il faudrait peut-être lui donner un coup de main, parce que, en ce moment, rien de tout cela nulle part. Même pas sur MDP ou certains posts sont tout sauf simplement "amicaux". Enfin dès qu'il s'agit de la place des femmes, de certaine femme, dans le débat politique.

Parce que Taubira n'est pas une femme? Ou qu'il faudrait épargner Thatcher ou Merkel en raison de leur statut de femmes?

Tout à fait.

Et ce n'est pas parce que Taubira est une femme. C'est pour son instabilité chronique.

S'enflammer c'est beau ; mais pour ce faire, il faut connaître le parcours et non s'en tenir à l'apparence.

Et quant à une ligne de gauche, ben, je n'ai jamais vu ni constaté, surtout en Guyane pendant de nombreuses années.

Thatcher, Merkel et d'autres ont choisi leur positionnement. A chacun(e) d'assumer.

 

Je ne comprends pas bien la première question que vous posez Pierre Ferron. Je tente quand même : elle représente une autre manière d'être et de faire en politique. Elle se définit comme "libre" ce qui en agace plus d'un tentant de la ranger dans une case bien fermée. Pour la seconde, elle me semble hors sujet...

Elle se définit comme libre, oui, c'est bien pratique, mais elle est quand même dans la case Prg. Qu'est-ce que le Prg apporte au paysage politique ? Franchement, je n'ai toujours pas compris, sans compter son pouvoir de nuisance. Après la candidature 2002-Taubira, n'est-ce pas Baylet, son président, qui a appelé à l'abstention aux européennes en 2009?

Expliquez- moi comment on peut faire entendre sa voix dans des consultations de cette importance sans le support d'un appareil politique ? Voilà pour la case. Qui n'est pas forcément la plus mal ventilée. Car personne n'a jamais réussi à instrumentaliser formellement le radicalisme. Les cadors qui ont essayé ont été dévorés par la machine. Ce qui permet que vivent les idées plutôt que les slogans à la mode de l'époque, quelle qu'elle soit.

Le "c'est bien pratique" est un poil désobligeant. A ce compte là toutes les protestations d'autonomie intellectuelle lues ici ou ailleurs sont caduques. Y compris de la part des débatteurs.

Le PS n'inclut pas des "Taubira". C'est une machine à moudre du conformisme, de la manière la plus catastrophique qui soit. Jusqu'à produire du OUI interne au TCE par exemple.

Je ne vais pas ici faire l'apologie de quelque parti que ce soit. Pour la bonne et simple raison qu'ils subissent tous la main-mise de factions (désuet, non ?) n'ayant d'autre finalité que l'exercice de procédures dites démocratiques à la mode ISO-9000. Pas un pour racheter l'autre en ce moment. J'ai vu tant de saloperies en interne, ici ou là, que je n'ai aucune illusion sur la caste qui a jusqu'ici verrouillé les débats.

Pour ce qui est des contenus dogmatiques, le PRG porte la défense sans faiblesse de la construction laïque de la communauté nationale. Dans le respect des choix privés. Ce qui n'est le cas d'aucune autre formation. Quand on sait que c'est la condition impérative du vivre ensemble, on mesure ce qui fait qu'il survit aux petitesses et aux insuffisances de ceux qui parfois l'incarnent.

Yes, mais est-bien Baylet qui a appelé à l'abstention aux européennes ? Ce n'est pas un acte anodin, même si l'on trouvera toujours de bonnes raisons pour le justifier. Si le Rendez vous avec la République utilise l'abstention, quand ça l'arrange, il y a un sérieux problème; je suis désolée, mais la pratique républicaine est plus exigeante que ça.

Vous mélangez tout peneloppe et comme je vous crois très efficace, je crains bien que cela ne soit à dessein. Si vous voulez dire que ce billet n'a pas de raison d'être parce que le sujet n'est pas conforme à vos choix politiques, dites le clairement, on gagnera du temps.

Pour ce qui est du contenu du livre, Christiane Taubira donne une dimension spirituelle voire philosophique au débat politique en rappelant quelques petites évidences souvent négligées par les théoriciens des "programmes". Le vivre ensemble en république ne se décrète pas. Il se construit en prenant en compte tous les éléments d'une société pour ce qu'ils sont sans distinction. Les distinctions, qu'elles soient positives ou pas sont le résultat de clivages. De divisions. Si la République est UNE, qu'elle le soit jusque dans le traitement réservé à tous ses citoyens.

Et jusque dans le respect de leurs droits. Notamment ceux des femmes. Et notamment d'être présentes dans le débat politique. Respectées.

Européennes : il n'était pas question d'abstention ! Mais de ne pas présenter de candidats, nuance... Vous ne pouvez pas à la fois reprocher la candidature Taubira 2002 et la non-candidature européennes 2009 ou alors l'échange devient un peu shadock, là.Clin d'oeil

Je ne mélange pas tout, au contraire je vais droit à l'essentiel :

est-bien le Prg qui a appelé à l'abstention aux européennes ?

 

réponse essentielle : non.

Il n'a pas présenté de candidats.Ce qui ne signifie nullement abstention.

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-05-29/europeennes-aubry-appelle-a-voter-ps-seul-vote-efficace-contre-le/917/0/347751

"Alors que le président du PRG Jean-Michel Baylet a indiqué que son parti n'appellerait pas à voter PS aux européennes et que lui-même voterait blanc, Mme Aubry a indiqué que "les radicaux de gauche ne sont pas avec nous parce qu'il n'y a pas pas eu de négociations à temps pour qu'il soient avec nous sur les listes". Mais "on va travailler ensemble pour réunir la gauche pour les prochaines élections", a-t-elle assuré."

Merci mais est-ce votre réponse à la question que vous posiez, à savoir celle de l'abstention ? J'ai du mal à m'y retrouver.

 

Pour le reste, le mensonge est croustillant ! Des négociations "à temps" on rigole, là... Il y a qu'il n'y avait plus de place nulle part pour d'éventuels alliés tant il a fallu se creuser afin de caser les PS de tous les courants qui faisaient tous de la surenchère post-Reims, menaçant Aubry des pires calamités en cas de refus.

 

On n'est pas au pays des Bisounours, là.On est autour de la gamelle.

 

C'est l'habituelle stratégie du PS : demander les soutiens, les logos et se défausser pour les places sur les listes en écrasant les candidats-partenaires. Cette fois-ci Baylet n'a pas marché. Et comme il n'y avait pas assez de fric pour présenter des candidats partout, il n'y en a eu nulle part. C'est aussi simple que ça.

 

On jugera ainsi de la hauteur du débat démocratique à gauche sous l'empire PS. Aubry l'a bien cherché : elle a promis tout et n'importe quoi à n'importe qui et se retrouve assise sur un volcan. En attendant Godot... qui viendra sans s'presser... C'est vaste l'Atlantique.

Merci pour ce résumé. Le discours de Taubira, son intelligence tout simplement, sont toujours rafraichissants. Elle est pour moi d'une autre envergure que Ségolène Royal. Elle a une parole forte, structurée, respectueuse mais sans concession. Ca change de la bouillie Ségoléniste.

Des tas de mauvaises langues prétendent qu'elles sont plutôt copines. Evidemment nous n'en croyons rien.

 

I &M, odc

(intérim)

De "mauvaises langues" cher intérimaire ? Ce seraient plutôt de "bonnes langues". Enfin de mon point de vue qui n'est pas forcément le vôtre Clin d'oeil

Sauf qu'il faut être bien niais pour donner la moindre valeur au mot "copine" en politique. Au mot "copain" non plus d'ailleurs. On noue des alliances. Point. Dans le meilleur des cas (rarement) , ce sont des alliances idéologiques et de programmes pour construire dans l'intérêt général. C'est tout le bien que je leur souhaite.

 

@oliv92 Rien ne vous oblige à intervenir sur le sujet du billet pour argumenter dans un "hors champ" propice ! Tranquile

 

Je vais quand même vous répondre : il faut constituer des attelages en politique pour tirer la machine. Les uns sont les théoriciens, les philosophes, les passeurs de flamme, les autres sont les moteurs, les réalisateurs, les constructeurs. Les uns ne sont rien sans les autres. Je crois que ces deux là sont complémentaires. Et que finalement leur histoires se ressemblent d'une certaine manière. Il ne peut y avoir de lien de subordination entre elles et c'est peut-être le coeur du problème : la machine républicaine est pyramidale.

 

*** Pour avoir écouté très attentivement Mme Christiane Taubira au cours de débats radio, télé ou en chair et en os, j 'ai toujours été frappée par son intelligence, sa rigueur et vigueur intellectuelle, sa culture aussi bien historique que celle acquise sur le terrain et par son réel talent oratoire.

Je vais lire son livre.
commentaire annexe... Oliv92 voit juste... Ceci même si l'une est copine de l'autre, ou pas ?

Puis, le copinage n'a souvent qu'un temps...

 

Copinage... curieuse idée de la construction politique. Quoi qu'il en soit il faut bien mal les connaître toutes deux pour distribuer les bons ou les mauvais points de manière aussi manichéenne. C'est l'inconvénient quand on ne s'y colle pas de suffisamment près et qu'on se contente du prêt à penser bien dans l'air du temps en matière de culture politique. Rien à faire, les réflexes pavloviens tiennent lieu d'analyse.

Quand un commentaire ne vous plait pas il s'agit d'un "réflexe pavlovien"? Vous devriez vous proposer pour l'équipe de communication de l'UMP.

Non, ce qui relève du réflexe pavlovien, c'est la méthode consistant, quel que soit le sujet, à le faire déraper jusqu'au commentaire désobligeant envers qui n'a rien à y voir.

Les avis de bonne foi et les argumentaires construits sont les bienvenus. Même et surtout pour apporter une contradiction ferme.

En l'occurrence, j'adapte le ton de ma réponse au ton de mon interlocuteur lorsque je suis questionnée directement. Tendre l'autre joue n'a jamais été mon fort. UMP ? Vous connaissez les équipes pour apprécier mon niveau de compétence ?

@ Diame 15.30

*** Intéressant,

j'allais vous le dire... le manichéisme me semble, hélas, souvent fort utile dans l"élaboration de vos réflexions...

" Rien à faire, les réflexes pavloviens tiennent lieu d'analyse."

Donc certains/nes seraient "en capacité" de penser, inconditionnables par qui que ce soit ou par quoi que ce soit, vivant dans une supra terrporalité et supra spacialité... et d'autres, juste des chiens apathiques, la cervelle syphonée par quelque mauvaise nébuleuse ...

C'est de la politique fiction !

Avoir un tel besoin de se rassurer en prétendant, avec force "langue de bois" et beaucoup de fanntasmes. ( en votre cas) .. que ceux/celles qui ont parfois des analyses et conclusions différentes des votres n'auraient aucune pratique syndicale, politique et, ceci depuis longtemps, qui les améneraient en toute légitimité à s'exprimer ainsi ?

L'expression de vos idées ne me gêne nullument, au contraire parfois elles (vos idées) m' interessent, d'autres fois je ne les rejoins pas !

Mais, votre humanité est digne de respect.

 

Sous-entendu: les z'oies, c'est rien que des bestioles à engraisser pour Noël.

 

I & M

(intérim)

Merci... je vois juste mais apparemment je commente "à côté" du thème que Ms Dianne voudrait contrôler. Comprenne qui pourra.

Non plus. Vous ne voyez pas juste en stigmatisant SR hors sujet par pur opportunisme. C'est une contributrice "courtoise" (?) qui trouve que vous voyez juste parce qu'elle pratique comme vous. Cela ne fait pas une généralité.

 

Ceci me donne l'occasion de rappeler que Christiane Taubira, par ce livre, apporte une contribution intéressante au débat sur l'égalité des droits. Et que mon intention en le présentant ici était que s'y déroule éventuellement un échange de qualité sur les failles de la République à cet égard.

Il ne s'agit pas de "contrôler" mais vous le dites vous même : "je commente "à côté" du thème".C'est fort lucide de votre part.

Ben non, pas à côté, en plein dedans, notre démocratie est bien malade pour avoir proposé au choix des électeurs deux candidats aussi médiocres alors que tant de politiques talentueux existent dans notre pays (dont madame Taubira). Je n'ai rien contre SR, j'ai même voté pour elle.

 

Si vous souhaitez faire une analyse POLITIQUE des actions et projets des uns et des autres, la controverse est la bienvenue. Mais alors il faut éviter de stigmatiser en des termes douteux A PRIORI. C'est l'unique raison qui fait que loin de vouloir "contrôler" quoi que ce soit, je refuse le tenue d'un "bashing" dont je maintiens qu'il relève pour certains du réflexe pavlovien. On est "à côté" lorsque l'on se limite à recopier des pages de presse people, ou de bouquins de journalistes frustrés en guise d'analyse.

 

Sur le plan politique donc, nous avions le choix entre un projet dictatorial et un projet démocratique, même imparfait. Contrairement à Sarkozy, Mme Royal n'aurait pas gouverné seule la France. Ni donné à des copains du CAC le libre accès aux caisses de l'Etat par le biais d'une meute de godillots qui votent plus vite que leur ombre.

 

Un indice : Christiane Taubira a soutenu sa campagne. Et aurait certainement été partie prenante d'un gouvernement démocrate.

 

Merci de ne pas opérer de raccourcis scabreux et de vous en tenir aux contenus. Pour l'heure, le pays est mené à la schlague. Certains en rêvaient depuis longtemps.

Est-ce que j'ai dit quelque part que SR et CT n'auraient pas pu travailler ensemble, ou ne pourraient pas le faire à l'avenir? Est-ce que dire que CT a un discours beaucoup plus construit que SR c'es du "bashing" ou du "copier coller" de presse people??? Vous prenez vos désirs de persécution pour une réalité.

Et puis c'est marrant comme vous voulez toujours avoir le dernier mot.

"Vous prenez vos désirs de persécution pour une réalité."

Voilà pourquoi cher Oliv92, avoir le dernier mot avec vous n'est pas un titre de gloire. Madame Taubira n'aurait pas apporté son soutien à quelqu'un de "médiocre" et c'est très exactement ce que vous présupposez de manière élégante. Si je relis vos contributions ici (ce que je vous laisse vérifier vous-même) le propos est constamment dans ce registre. Ne vous étonnez pas que le retour soit agacé. Pour ce qui est d'avoir le dernier mot, n'oubliez pas qu'en matière de billet, l'auteur se fait la plupart du temps un devoir de répondre à ceux qui interviennent. Cela ne s'appelle pas "avoir le dernier mot" mais "être bien élevé". La netiquette en somme.

Vous me faites présupposer bien des choses... Que SR ait été une candidate médiocre, il me semble que la plupart des gens s'accordent là-dessus, y compris ceux qui ont voté pour elle (dont moi). Nous avions le choix en 2007 entre un candidat mauvais et dangereux et une candidate médiocre (pas dans l'absolu, bien sûr, mais pour la fonction qu'elle voulait exercer). Cela est catastrophique pour notre démocratie. Et je souhaite, sans trop y croire, que cela ne se renouvèle pas.

1/ Il existe des gens formidables dans ce pays, qui auraient la carrure et l'intelligence pour faire un bon Président de la République. Je ne sais pas si Christiane Taubira en fait partie, il faudrait déjà qu'elle le souhaite. Je dis juste que son discours, ses livres, sa façon de débattre, me font une plus forte impression que ceux de Ségolène Royal. Chacun son avis, et ce n'est pas du SR bashing que de dire ça. Et je vous remercie d'avoir fait ce billet sur CT, pour éviter justement cette opposition stérile entre 2 ou 3 personnes, alors que la France regorge de talents.

2/ Pour moi, la véritable solution à ce problème de "mauvais candidats" serait de sortir de l'élection du PR au suffrage universel. Changer les institutions, pour ôter à la politique une partie de cette excitation autour des personnes, des candidats. Sortir de ce syndrome de héros vs. bouc émissaire, sortir du syndrome du "lécher, lâcher, lyncher". Aucun homme, aucune femme ne peut à elle seule diriger un pays, ne peut concentrer tant de pouvoirs. C'est délirant.

3/ Concernant le fond du bouquin de Taubira, il me semble qu'il se rapproche un peu de celui de Tzvetan Todorov, "la Peur des Barbares" que j'avais essayé d'aborder dans ce billet

http://www.mediapart.fr/club/blog/oliv92/240509/la-peur-des-barbares-de-tzvetan-todorov

Christiane Taubira cite Tzvetan Todorov dans l'introduction de sa contribution "Mémoires universelles" au collectif "Pour un dialogue des mémoires", rédigé et publié à l'initative de Benjamin Abtan, avant dernier Président de l'UEJF

http://www.mediapart.fr/club/blog/dianne/031009/rwanda-pour-un-dialogue-des-memoires

"L'universalité est un instrument d'analyse, un principe régulateur permettant la confrontation féconde des différences, et son contenu ne peut être fixé : elle est toujours sujette à révision". Cette postulation quelque peu aride de Tzvetan Todorov vise à dégager l'universalisme de ses haillons les plus familiers et les plus dévastateurs : l'ethnocentrisme qui prétend imposer des particularismes culturels comme seules références de civilisation"...

 

Votre référence est particulièrement bienvenue sur ce fil.

en dehors du fait que l'idée assez niaise que SR était et est médiocre , est le fait de la campagne des médias srkozystes et de leurs copains aujourd'hui au FMI, il est étonnant de penser que la suppression de 'élection présidentielle directe ( dont je suis partisan pour des raisons de fond et non d'opportunité ) n'induit pas une amélioration du niveau des présidents ! L'exemple de la 3° regorge d'exceptions à cette règle ! quant à Todorov, ayez de meilleures lectures car c'est vraiment un intelectuel organique

Merci pour votre contribution guitard mais je ne comprends pas où vous voulez en venir dans votre première phrase. Pour les conseils de lecture, merci aussi. Les intellectuels organiques, qu'est-ce que c'est ?

"ayez de meilleurs lectures" : merci de votre conseil guitard, je vous suis infiniment reconnaissant de vous préoccuper de mes lectures. Il y a vraiment des gens qui ont le "participatif" dans le sang.

En toute liberté, je pense que votre membre de phrase "Madame Taubira n'aurait pas apporté son soutien à quelqu'un de "médiocre" est très révélateur. J'avais soutenu Ségolène Royal bien avant son engagement officiel et la présence de CT tendrait à démontrer que cette dernière a bien voulu apporter son soutien à SR.

Croyez moi ou pas, ce fût plutôt contre-productif et le restera.

CT n'a jamais été proche du PSG ? Pourquoi ? Quant à son parcours, le connaissez-vous ?

 

 

Le PSG ? La gauche qui lui balance la concurrence aux législatives, au risque de voir la droite s'emparer de l'affaire ? Encore bravo. S'il en est une qui est indispensable à l'Assemblée, c'est bien elle.

J'observe seulement qu'il existe un parti de gauche important en Guyane, en l'espèce le Parti Socialiste Guyanais, fondé notamment par Justin Catayée, avant même la naissance de CT.

Cette dernière n'est apparue sur la scène politique qu'après la création du mouvement des femmes (essentiellement) dénommé "Walwary".

Et d'autres femmes sont également élues heureusement.

 

Mme Taubira est quelqu'un de très bien. J'ai même voté pour elle en 2002.

Et j'en connais d'autres. Le vote est libre et secret. Mais pour quel résultat, in fine ?

Et où en est le Prg avec le Ps pour les régionales ? Je viens de lire que Baylet avait été invité à La Rochelle pour la première fois cet été.

A lire le ton du fil, on a l'impression que la recherche d'ententes, de passerelles, de points d'accords, et toutes ces sortes de choses, n'est pas vraiment à l'ordre du jour.

 

Starifier Taubira contre Royal, ou y voir une menace dont on doit défendre la seconde, c'est deux démarches symétriquement stériles et contre-productives. Mieux vaudrait s'attacher à montrer comment elles peuvent s'épauler l'une l'autre. Nous semble-t-il.

 

I & M, odc

(intérim)

Certes. C'est bien pourquoi j'insiste sur la nécessité d'attelage et de la complémentarité dans les équipes. Et sur l'impossibilité de la subordination de l'une à l'autre, leurs champs respectifs de compétences n'étant pas superposables.

Merci !

En creux vous dites ce que beaucoup disaient lucidement, depuis un moment, plus haut...

Il faudarait pour un mieux et si cela pouvait se trouver - un /e autre en attelage avec SR ; un /e qui tienne la route pour "pouvoir" soutenir S. Royal afin qu'elle "nous" épargne sa longue dérive.

J. Dray, V. Peillon ont cru pouvoir le faire, mais... nous connaissons la suite. quelques autres avec ou aurès eux s'y sont aussi esssayé. Toujours la même conclusion.

Alors, maintenat il faudrait, en toute lucidité, y coller C. Taubira ?

J'ai pu comprendre que pour vous cela s'appelle de la "complémentarité."

En bref : Une qui parlera d'elle et l'autre qui parlera de la République...

Qu'en pense Mme C. Taubira ?

Je vais lire son livre...

 

@MG2 Le problème avec ce genre de post c'est qu'il ressemble à un oursin. On ne sait pas par quel bout le prendre. Le ton délibérément polémique que prend l'échange est très désagréable. A l'origine, le souci était de voir si l'on pouvait au travers d'un témoignage passionnant, explorer les écueils sur lesquels se jettent les débatteurs de bonne foi et les politiques motivés lorsqu'ils parlent d'agréger toutes les composantes de la République dans la conduite des affaires collectives.

 

Et l'on en est à compter les points, bons ou mauvais, censés alimenter une malveillante comptabilité partisane.

 

En toute lucidité, comme vous dîtes MG2, je ne crois pas que vous ayez envie de lire ici autre chose que des vacheries sur SR (voir votre concise attribution des rôles dans la complémentarité.)

 

Ceci posé, je ne sais absolument pas ce qu'en pense Mme Taubira. J'ai juste remarqué que son engagement dans la campagne entraînait l'enthousiasme et l'adhésion de beaucoup. Et que cette femme indomptable n'ayant de comptes à rendre à personne, il devait être motivé par une vision du champ politique un peu moins étriquée que celle de ceux qui abattent SR en se pourléchant de nous avoir procuré un si habile conducator en échange. Ce qu'on appelle la "vista".

 

 

 

 

*** L'excellence de l'oursin est à l'intérieur... lisez mieux !

 

Je sais lire ma bonne MG2, y compris entre les lignes. Ce qu'on appelle le sous texte dont les indices sont présents dans le texte en tant qu'incises. Normand Baillargeon a fait un excellent travail d'analyse des méthodes de caviardage du discours. Et son Petit Cours d'autodéfense intellectuelle est un viatique fort utile à qui se risque sur le ouèbe. Euh, accessoirement, il est presque partout interdit de pêcher les oursins. Je préfère les "contempler" que les ouvrir. Autre mets de choix : la truffe. A laquelle je n'ai pas les moyens d'être associée.

 

*** que des choses rares dans nos échanges ! un régal.

Comme l' est la vigilance intellectuelle de Mme C. Taubira.

OK. Pour notre part nous continuons à appuyer d'abord la démarche de SR; mais si la coalition des nomenklaturas devait réussir à l'éliminer de la course pour 2012, il n'est pas mauvais que les gens sachent que la gauche sociale et écologique (et féministe, c'est très important) a d'autres candidates en réserve...

 

I & M, odc

(intérim)

Absolument. Le débat politique heureusement n'est pas clos. Sauf pour quelques énergumènes pressés pour qui la pensée binaire est très sécurisante car elle permet d'éviter les cas de consciences un peu trop dérangeants.

 

Mais encore une fois, le sujet de la cohérence républicaine est important. Comment fédérer si le collectif n'est qu'une addition de différences réelles ou revendiquées ? C'est ce qui est central dans ce livre. Elle y démontre, entre autres, que la communauté nationale n'a rien à gagner à la concurrence des victimes. Que la plainte n'est pas un mode d'action.

Pour l'instant, l'abus d' UMP peut conduire à proférer des merveilles sémantiques de ce genre :

(Colloque à l'Assemblée Nationale, 27 janvier 2005, Le Ministre délégué au logement et à la ville )

"Moi y'en a avoir des sous. Vous vouloir des sous ? Toi donner des sous à moi ? Ou toi pas vouloir donner des sous à moi ? Excusez-moi, je rentre de la Réunion"

Encore merci à tous ceux qui, faisant la fine bouche en 2007, nous ont condamnés à voir pendant encore un bout de temps, de tels abrutis représenter la grandeur de la France. Le malheur c'est que certains continuent à se tromper d'ennemi.

En tout cas, Dianne, vous la défendez bien, et c'est vrai que c'est une femme très intéressante.Sourire Je suis plus réservée à l'égard du Prg en tant que parti, dont l'utilité me paraît discutable, du moins à l'heure actuelle, mais bon, je sais auusi qu'il a une histoire...

 

Vous savez, peneloppe, elle n'a pas besoin de grand monde pour la défendre ! SourireJ'aurais préféré que l'on s'attache à son propos qui est l'égalité des droits en république. Pour la fin de votre commentaire, je vous suis à 100% et je vous conseille de lire "1788 Essai sur la Maldémocratie", écrit par Roger-Gérard Schwartzenberg, autre figure radicale "réservée" mais engagée, et à l'origine... de la demande de primaires à gauche. Rien que ça, mais tout le monde l'a oublié. Dans le réel comme dans le virtuel, le débat est malheureusement mobilisé par les grandes gueules et les procédures d'empêchement des échanges.

Dans ce bouquin écrit en 2006, il faisait un catalogue de tout ce qui allait se produire, en éclairant son propos par l'analyse politique de l'année 1788 et par le décorticage de nos institutions qui portent en elles les vecteurs de leur propre destruction. Je ne suis pas sûre que ce républicain fervent soit content d'avoir vu juste. D'autant qu'on a tendance à le prendre un peu de haut. Comme tous les acteurs sincères du débat. Le haut de la com' est tenu partout par les mêmes matamores et il n'en fait pas partie.

Christiane Taubira est une personnalité politique que j'apprécie. Néanmoins, je ne sais pas dire pourquoi, j'ai toujours le sentiment qu'elle a une position ambigüe sur la République. Les extraits que vous proposez m'éclairent : les discriminations ethniques témoignent du caratère chimérique de l'égalité des chances dans notre République. Il est donc légitime de mettre en place des discriminations positives afin de donner corps positivement à nos principes républicains. Et par conséquent, "Quotas, postes réservés, concours aménagés, mesures temporaires ou permanentes, ce sont là débats techniques. Critères d'amont sur les conditions de participation ou rétablissement d'aval lors de la sélection, ce sont là débats de procédure. Ce qui est à nous : la République".

Il me semble qu'il y a là une contradiction puisqu'il s'agit d'abandonner officiellement nos principes républicains pour lutter contre leur non effectivité. Cette position politique n'a rien d'infamant mais je crois qu'elle gagnerait en clarté si elle s'affirmait comme une sortie de la République. Cette position est-elle si différente de celle du CRAN par exemple ? Christiane Taubira nie l'existence d'une identité noire tout en acceptant l'idée que l'on puisse leur aménager des concours, ou leur réserver des places... Bien que nuancée, j'ai bien peur que sa proposition ne crispe les "catégories populaires blanches" pour qui l'ascenseur social est aussi en panne.

 

 

Y a-t-il une identité noire ? Si oui, à quoi tient-elle précisément? (ne parlez pas tous à la fois) Sinon, est-il utile d'en construire une ?

 

Vous êtes rigolos, vous les z'humains...

 

Immanence (oie blanche) et Multitude (oie cendrée)

(intérim)

Je me suis sans doute mal exprimé. je crois que personne ne prétend qu'il existe une identité noire. Pap N'Diay (orthographe approximative) parle d'une condition noire en France c'est à dire d'une expérience commune des discriminations mais pas d'une identité noire. Le CRAN est d'ailleurs un groupement d'associations, pas une organisation représentative d'un groupe noir homogène.

S'il est utile d'en construire une, je n'en sais rien. Il me semble que la grande hétérogénéité de ceux que l'on qualifie de "noirs" rendrait la tâche difficile.

Vous êtes marrantes, vous les z'oies...

 

Ce n'est pas nous qui avons parlé d'"identité noire". Je crois que nous sommes d'accord sur le fond.

 

I &M

" pas une organisation représentative"

Euh, si cher Youri.Z : CRAN signifie expressément Conseil Représentatif des Associations Noires et se définit ainsi en accueil de son site :

"Le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) a été fondé le 26 novembre 2005.
Il regroupe 120 associations et fédérations d'associations, qui ont pour objectif la lutte contre les discriminations, ainsi que la mémoire de l'esclavage et de la colonisation."

Ceci n'étant une critique. Sa constitution était sans doute nécessaire mais la démarche de Mme Taubira s'inscrit dans quelque chose de plus vaste : elle s'adresse à tous.

Bonjour Dianne,

Un conseil représentatif des associations noires n'est pas l'équialent d'une association représentative des noir-es. Cela témoigne selon moi de l'inexistence d'une identité noire.

Pour revenir à Christiane Taubira, votre réponse me conduit à retrouver ma perplexité quant à son rapport à la République.

Il est sans ambiguïté : la République est nôtre. Nous, membres de la République, sans clivages.

Je précise alors : elle évoque des quotas ou des places réservées aux concours mais récuse le concept de discriminations positives. J'ai le sentiment que c'est le mot qu'elle critique plutôt que la chose. Il s'agit peut-être de redéfinir la République. Je ne sais pas. En tout cas, pardonnez-moi d'insister, mais je trouve que demeurent des ambiguïtés.

Non, elle n'évoque pas des quotas : elle les récuse de manière extrêmement circonstanciée ! Elle les nomme "parades miteuses"et dit "Seul le principe d'égalité des droits mérite considération".

pages 91 à 118 de son livre.

Soit! Du coup je ne comprends vraiment pas la citation que j'ai relevée plus tôt. Pourtant, même s'il m'arrive d'être un peu lent, en principe, je finis par comprendre. Mais je garde espoir.Sourire

Moi aussi ! On se comprend Sourire

Faites vous allusion à ceci :

 

"La République méconnaît les différences. Elle ne reconnaît que des citoyens libres et égaux. Et comment s'accommode-t-elle de l'inégalité ? Comment comprend-elle la liberté sans effet . Que pense-t-elle de la négation du fait de race et de la présence du mot dans la Constitution, de l'illustration quotidienne des discriminations fondées sur la "race", des coups de canif à la Déclaration universelle inscrite dans son préambule ?

Les esquives sont éventées. Le temps n'est plus aux discussions sans terme. Quotas, postes réservés, concours aménagés, mesures temporaires ou permanentes, ce sont là débats techniques. Critères d'amont sur les conditions de participation ou rétablissement d'aval lors de la sélection, ce sont la débats de procédure. Prime à la bonne pratique ou pénalité aux infractions, ce sont là débats d'évaluation. Rien de tout cela n'est inédit. Tout existe déjà. La parade est miteuse. Des inégalités frappent des citoyens au motif de leur apparence. Ces injustices dérogent au principe d'égalité des droits. Seul ce principe mérite considération. Il ne s'agit ni de demander ni de patienter. Seulement de se réinstaller dans son droit au Droit et de le faire valoir."

 

Faire respecter le droit commun et non réclamer de nouvelles classifications. Les discriminations positives sont aussi injurieuses que les discriminations négatives en ce qu'elles légitiment le principe de non égalité des citoyens.

Oui, c'est bien à ce passage que je fais allusion. Je partage bien sûr le constat sur les discriminations que subissent certaines populations. Au passage, je ne suis pas choqué et ne considère pas comme une contradiction la présence du concept de race dans notre constitution : au moins, si des scientifiques devaient démontrer qu'il existe une différence même minime, entre différentes populations, différences qui pourraient s'interpréter comme des différences raciales, notre constitution nous interdirait d'en déduire la légitimité des discriminations. Je crois qu'il faut distinguer l'ordre scientifique de l'ordre politique.

Pour revenir à notre dialogue, je ne sais pas comment interpréter le deuxième paragraphe. Accetpte-elle le principe de quotas ? Si oui, en fonction de quel substrat : couleur de peau, territoire, CSP des parents, autre ? Seul le premier critère me semble incompatible avec nos principes républicains.

Elle n'accepte pas, elle les commente en tant que "parades miteuses". Artifices utilisés pour éviter d'agir sur l'essentiel : l'impératif absolu de NON discrimination que malgré ses principes flamboyants, notre République contourne au lieu de le mettre en oeuvre.

Merci, je comprends mieux. Au risque d'être lourd, pourriez-vous me dire si Christiane Taubira fait des propositions pour permettre à la République d'être conforme à ses principes flamboyants ? Car le sujet est délicat, et comme je l'écrivais dans les commentaires de mon dernier billet, je crois qu'il est difficile de lutter concrétement contre les discriminations tout en restant dans le cadre républicain.

Voir le travail législatif qu'elle a effectué... la politique par la preuve en somme...Sourire

Bon, je suis un peu déçu par votre réponse. Je me souviens d'une loi Taubira sur la question de la mémoire de l' esclavage... et c'est tout ! Il faudrait que je fasse des recherches que je n'ai pas forcément envie de faire. Je pensais qu'il y avait des réponses dans son livre. J'essaierai de le feuilleter, j'y verrai alors plus clair.

Pour les recherches, voir ici, entre autres :

http://www.nosdeputes.fr/christiane-taubira

 

 

 

Merci!!!

Qui est derrière (politiquement s'entend) le CRAN ?

Sans vouloir faire offense à votre esprit, avez-vous donc besoin de lois mémorielles pour connaître et transmettre notre histoire.

Il se trouve que tel n'est pas mon cas et ne suis pas le seul.

Des lois et de l'histoire.

Il suffit de l'enseignement et de l'éducation.

C'est d'une autre qualité et a une toute autre portée.

Mais qu'est-ce que c'est que ce bouillon ? Votre post est incompréhensible et totalement décalé par rapport à la teneur des échanges sur ce fil. Lisez le livre, et on reparle de valeurs républicaines. Pas communautaristes. Il semble que vous interprétiez à contre sens...

Attention Youri Z, je me suis sans doute mal exprimée et la sélection des citations dans un ouvrage aussi foisonnant est un exercice redoutable. Elle est absolument opposée à la notion de "discrimination positive", à l'obtention de "faveurs" par la plainte et l'artifice, même vertueux. Et il ne s'agit nullement pour elle de mettre les uns et les autres en concurrence. Elle réclame la stricte application du droit. La lettre et le réel. La forme et le fond. C'est tout. Et ce n'est pas rien.

 

@Melchior (et son orchestre ! Sourire)

Votre questionnement est "énormissime" ! Genre parpaing qui tombe au ras de vos baskets !La réponse est carrément NON. Ou alors, qu'est-ce qu'on fiche ici ? Clin d'oeil

 

Qu'est-ce qu'on fiche ici est une question que Melchior s'est posée et à laquelle il a répondu à sa manière. Bouton a suivi. Et nous-même écoutons l'appel du grand large. La conversion de la rédaction à la modération(*) (quoique non sans restrictions et contorsions, attention) arrive trop tard pour nous,

Qui passons en grisé incessamment potage.

(Jean Racine)

 

Bien à vous.

 

I &M

 

(*) voir ce matin Mauduit sur le fil du blog de Rödel

Je me lance dans ce débat, d'abord parce que j'apprécie beaucoup Chrstiane Taubira, ensuite parce que je possède son livre sous les yeux et qu'elle début le chapitre "discrimner encore" par un rappel de faits similaires en Inde, en direction des intouchables, en Afrique du Sud, en direction des femmes et des "non-blancs", aux Etats -Unis et on pourrait citer d'autres cas, en faveur des amérindiens, des indiens d'Amérique etc... Il est très difficile d'entamer un tel débat en France pour la simpe raison que le point de départ est nié, depuis toujours, à savoir qu'il existe une discrimination et un racisme extrêmement profond, qui resurgit au détour d'un mot de ministre, d'une phrase déplacée de président de la république, bref, dans les plus hautes instances et en conséquence, il est légitime de soupçonner que cette "mise à part" de l'autre traverse l'ensemble de la société. Il est évident que tant que cette bête ne sera pas démasquée en chacun d'entre nous, il sera difficile de formuler les bonnes réponses pour y remédier. La question de la discrimination positive (et Chraistiane Taubiara pointe bien cet "oxymore offensant et préoccupant") pose autant problème parmi les noirs que parmi les "catégories populaires blanches" pour reprendre les termes de Youn. C'est un débat sans fin, qui se tient dans ces pages mais pas tellement ailleurs. Pourquoi ? Ce n'est pas une préoccupation qui traverse la société. Pourquoi ? Peut-être précisément parce que les noirs ne font pas corps, contrairement à ce que l'on tente de faire accroire. Peut-être parce que précisément, ils auront tellement cru à l'égalité, à la fraternité, à la démocratie prêchée par les partis politiques qu'ils seront allés s'y encayer (échouer sur les cayes, les bancs de corail) quel que soit le parti en question : UMP, PS, Parti Radical, Verts etc... Aucun de ces partis n'a de véritable questionnement sur ce problème. Un peu de saupoudrage de couleur, à ce jour, pas davantage.

Il se pourrait bien que vous ayez raison.

J'ai beau cherché... Je ne vois pas à quel mot de ministre vous faites allusion.

2005 : un certain Brice H.

Colloque à l'Assemblée Nationale, 27 janvier 2005, Le Ministre délégué au logement et à la ville )

"Moi y'en a avoir des sous. Vous vouloir des sous ? Toi donner des sous à moi ? Ou toi pas vouloir donner des sous à moi ? Excusez-moi, je rentre de la Réunion"

 

Juste un avis peu approfondi.

J'ai toujours apprécié Christiane Taubira, sa parole semblant incarnée dans quelque chose qui lui tient à coeur et en quoi je me reconnais. (mais que je n'ai pas creusé...)

(rendue prudente - ou timorée - par le traitement réservé plus haut à Olivier, je me garderai des comparaisons !)

 

Et comme Honorat, je trouve que les gens sont toujours discriminés sur leur apparence, par la plupart de tout un chacun.

Qiuand au PRG, je ne le connais pas, politiquement parlant. Je le connais tactiquement, en particulier par le Canard Enchaineé ou Mediapart (Baylet...) , et là ce n'est pas très engageant.

Mais je suis d'accord avcec Dianne, où Christiane Taubira pourrait-elle exister politiquement parlant, sinon ? La réponse n'est pas simple.

En dépassant le PS ? Clin d'oeil

Avec d'autres, qui sait, un jour...

Cher Honorat,

Christiane Taubira refuse absolument de se laisser enfermer dans un carcan du type "instances représentatives". Elle a d'ailleurs refusé de faire partie du CRAN à sa constitution. Et puis elle défend autre chose que la reconnaissance d'une spécifité "noire" et sa prise ne compte par le corps social. Elle plaide pour tous ceux que l'on continue à considérer comme "minoritaires", quelle que soit leur histoire personnelle, leur parcours, et qui SONT la République. Sans nuances, sans badges, sans spécifité revendiquée. C'est la seule voie possible. Cela ne devrait même pas se discuter si l'on était sur le terrain du droit et non sur celui de l'opinion.

Car on ne résoudra rien en comptabilisant les troupes de telle ou telle manière. En fichant ou en "basededonnant" (thanks hortefeux) . Même pour que des quotas inversent le cours de l'accaparement de la représentation toujours par les mêmes, de droit quasi divin. "Même si on reconnaît ma différence, je suis toujours différent". Différent de qui ? Parce que dès que l'on aborde ce chapitre, les raccourcis abondent.

 

On dit "Les Outre-Mer" ou (chic) "ultramarins", par exemple. Elle explique page 110 en quoi ce vocable commode est inapproprié puisqu'il tente d'enfermer dans une case spécifique et renvoie "indiffféremment, invariablement à un autre lieu. Non pas un lieu de rendez-vous avec l'altérité, dans un rapport de curiosité et de dialogue, mais un lieu où se fait magistralement la démonstration de l'insignifiance et de l'impuissance des peuples qui y résident"

Car de quoi parle-t-on lorsque l'on parle de la France ? De l'Hexagone et des soubresauts de ses crises ? Ou bien des humains qui la composent en tout et pour tout ?

Et si on simplifiait le vocabulaire (ce qui est nommé existe...) ?

"Quelle luxuriance" (annonce cette experte au verbe magnifique) ""Ultramarins pour bien marquer l'éloignement...Domiens... deux millions de personnes repérables par le statut institutionnel de leur territoire, une catégorie juridique en guise d'identité...Nègzagonaux, ces nègres qui ont germé dans l'Hexagone...Négropolitains, ceux qui ont tendance à jouer Bounty. Blacks, bien plus rugueux que Noirs, Maghrébins qui n'ont jamais eu d'autre paysage que les barres des Minguettes. Arabes, deux syllabes qui claquent. Plus précis encore, musulman. "Issus de l'immigration " nés sur place mais venant d'ailleurs parce que basanés, donc métèques, rastaquouères. Un mouvement pour généalogie. Et quel mouvement ! Infini et louche, l'immigration étant par nature fauduleuse, forcément désirable, parfois "tolérée" et bientôt fantasmatiquement "choisie".

 

Et si on essayait "Français" ? Français tout-court ?Mais le ver était dans le fruit comme on dit : "Que pense la République de la négation du fait de race et de la présence du mot dans la Constitution" ?

Autre rendez-vous avec la République : le discours gaullien de Villepin ce soir depuis la Maison de l'Amérique Latine. Dans les cordes le p'tit nerveux. Maravée sa triste face. Ah bon sang, où faut-il en être rendu pour ressentir du soulagement à voir quelqu'un reprendre la main à droite ????

Il serait peut être intéressant d'évoquer le référendum qui doit se dérouler en Guyane et en Martinique. Et ce qui peut en découler. Lourd de conséquences pour nos compatriotes.

Seul pour l'instant, Victorin Lurel, en accord avec les élus locaux, a réussi à repousser ce même référendum.

Il faut quand même constater qu'il a eu lieu en Guadeloupe et que le sieur Sarkozy, alors ministre de l'intérieur et promoteur de ce texte, a perdu sur toute la ligne, car la départementalisation a été conservée très majoritairement, dans une moindre mesure en Martinique.

Cet échec fut triple puisque repoussé également en Corse.

A La Réunion, il n'a pas eu lieu pas plus qu'en Guyane.

Quatre départements dits "ultra-marins", des régimes bien différents.

Sarkozy est sorti par la porte et revient par la fenêtre. Ce sujet intéresse tous nos concitoyens.

Je connais assez mal les problématiques locales, Liberté chérie et il serait intéressant que vous nous donniez quelques liens pour info. Je relève juste la mention "compatriote" en vous précisant que je me sens faire partie de cet ensemble. C'est à dire de la République.

Alors, il faut les étudier avant de vous lancer dans un tel débat.

Par honnêteté intellectuelle vis à vis de vos lecteurs.

Si vous souhaitez parler de la Guyane et que vous ignorez l'existence de Justin Catayée, c'est tout simplement impardonnable. D'Aimé Césaire à Edouard Glissant, il a été salué comme il devait.

Je ne suis pas là pour vous fournir un matériau que vous devriez maîtriser.

Mais je vous informe tout de même en vous fournissant quelques liens :

http://www.pkls.org/pajmoun/jistenkataye.htm

http://pagesperso-orange.fr/redris/HTML/cataye.htm

http://guyane.rfo.fr/infos/dossiers/histoire-justin-catayee-militant-et-visionnaire_292.html

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/trombinoscope/Vrepublique/Legis01/catayee-justin-30051916.asp

Et un film a été réalisé en 2005 :

http://www.cestavoir.com/fiche_justin.htm
Voilà, une suggestion : en tout gentillesse, allez passez quelques semaines en Guyane (si vous le pouvez bien sûr), et vous découvrirez par vous-même ce qu'elle est.

Inoubliable et belle. Avec une histoire très particulière.

Mais qui n'appartient pas à la seule Christiane Taubira, mais à toutes et à tous.

J'ai noté que vous indiquiez en substance : "Et bien si ceux-ci sont morts (Fanon je connais et Catayée que je ne connais pas), il faut faire avec les vivants."

Pour comprendre notre monde, il faut connaître l'histoire passée, ce qui permet d'analyser le présent et de se projeter dans le futur.

Aussi, je me permets d'ajouter en réponse à ceux qui sont morts (car il y en a beaucoup d'autres) : in memoriam.

La Guyane fait partie de la République est n'est pas un confetti comme je l'ai lu trop souvent.

Et tant mieux si à travers l'ouvrage que vous évoquez, des personnes découvrent la Guyane. Vous aurez ainsi fait oeuvre utile et ceci sera à porter à votre crédit.

Bonne journée.

 

 

"je me permets d'ajouter en réponse à ceux qui sont morts "

 

J'ai bien peur que ça ne les laisse sans voix.

A votre humour déplacé, je pense que certaines candidates pourront se retrouver également sans voix si d'aventure elles se présentent, une fois, deux fois, trois... C'est une overdose.

Allons, gentil, gentil, Calamity chérie.

"Alors, il faut les étudier avant de vous lancer dans un tel débat.Par honnêteté intellectuelle vis à vis de vos lecteurs"

 

Je ne vous permets pas de vous adresser à moi sur ce ton. Le débat est lancé, non pour alimenter la boîte à chicayas locales mais pour faire réfléchir à la notion de citoyenneté de tous dans la République et à l'égalité des droits.

Je pourrais vous répondre en des termes aussi désobligeants en pointant votre manque de connaissances sur les problématiques de mon local à moi, qui n'est pas outre mer. Et vous seriez tout aussi "impardonnable". Vos formules de politesse sonnent creux après une accroche aussi discourtoise.

Si vous voulez du respect, mettez le principe en oeuvre.

 

Je continue à dire que je ne connais pas suffisamment bien l'histoire de la Guyane, ni Justin Catayée. Que je ne demande qu'à apprendre... Mais la pédagogie du coup de pied au cul n'a jamais donné de résultats. Et en tout état de cause, cela n'invalide pas mon invitation à découvrir le parcours de Madame Taubira, sans qui la Guyane pour beaucoup serait un petit morceau de France bien loin de Paris et bien immatériel. Par son talent et sa fougue, elle nous le met au coeur. Vous devriez lui en être reconnaissant, vous si sourcilleux...

 

 

Grâce à la Guyane, la France et l'Union européenne ont une frontière de 900 kilomètres (sauf erreur) avec le Brésil. Ce n'est pas rien...

Pour aller plus vite à Porto Alegre Clin d'oeil

Puisque vous le prenez ainsi, et que vous persévérez : « Ira furor brevis est. »

 

Toutefois, le positionnement de votre auteure sur le prochain référendum en 2010 est le suivant :

 

http://guyane.rfo.fr/infos/actualites/referendum-christiane-taubira-dit-oui-a-larticle-74_11273.html

 

http://desirsdavenir76.over-blog.com/article-christiane-taubira-rendez-vous-avec-la-republique-38229660.html

 

Lecture faite de votre dernier post, il m'a semblé que cette prose ne m'était pas inconnue (je sais désormais et c'est sans importance) :

 

http://desirsdavenirmennecy.over-blog.org/article-5374694.html

 

Dans votre méthode, j'ai observé qu'un intervenant vous a posé maintes fois une question avant que vous ne lui répondiez. C'est ainsi.

 

Apprenez, apprenez, mais d'abord : « Mieux vaut ne rien savoir que beaucoup savoir à moitié » (F. Nietzsche).

 

Vous avez tout naturellement le droit de croire en ce que vous voulez : mais souffrez que les autres ne partagent pas votre point de vue. C'est aussi ceci la démocratie.

 

Et quant à la République, j'y tiens beaucoup. Certainement plus que celle qui incite à voter pour l'article 74 sur proposition de ce brave N. Sarkozy ; après tout si c'est un allié objectif, pourquoi pas ? Mais ne pas se méprendre sur son engagement politique qui est clair ainsi qu'il résulte des liens sus-visés et de votre propre connaissance.

 

J'en profite pour rebondir sur une réaction ce jour de Mme Royal relative au renvoi de M. Chirac devant une cour de justice. Comme le disait fort bien M. Badinter l'autre soir sur Canal+, même si on peut respecter l'homme, il n'en demeure pas moins que la loi doit s'appliquer à tout citoyen, « dura lex sed lex »; car c'est aussi ça la République. Mais je suis intervenu et interviendrai sur les sites car je m'interroge gravement sur cette déclaration inopportune, du moins à mes yeux, en tant que simple citoyen. L'approche des régionales serait-elle une raison ?

 

Une dernière question : savez-vous quelle était la participation en Guyane lors du référendum initié par M. Rocard après les évènements de Nouvelle-Calédonie et le massacre d'Ouvéa ? Et qui a voté ? Edifiant. Je l'ai fait. Et voté « oui ». Mais je n'ai rien oublié et de nombreuses choses. Mais tout ceci est désormais sans intérêt, du moins pour moi.

 

Madame Taubira, si respectable soit-elle, n'est pas porteuse d'un message universel comme le président Barack Obama par exemple.

 

Je quitte définitivement votre fil. En vous souhaitant de ne plus mettre « la charrue avant les boeufs ». D'abord pour vous-même.

Bonne journée.

http://desirsdavenir76.over-blog.com/article-christiane-taubira-rendez-vous-avec-la-republique-38229660.html

 

Lecture faite de votre dernier post, il m'a semblé que cette prose ne m'était pas inconnue (je sais désormais et c'est sans importance) :

 

Ce blog a publié mon texte sans me demander mon avis.

 

Si vous l'indiquez, je ne peux qu'en prendre acte.

Je glisse sur la pointe des pieds dans les interstices du débat pour vous dire merci, Dianne, de nous faire partager vos utiles lectures d'ouvrages de femmes intelligentes, dignes, courageuses. Et ajouter malgré tout que si je ne me sens pas de sympathie excessive pour tous ceux qui barbotent chez les radicaux de gauche, C. Taubira n'y est pas la seule figure respectable. Je pourrais d'ailleurs remplacer dans la phrase précédente "radicaux de gauche" par PS, NPA, Europe-Ecologie et Modem...

Merci beaucoup humaro. Ce genre de réponse justifie tous les investissements personnels pour "faire savoir"... Et permet de garder un peu foi en l'humain.

Un billet qui en vaut la peine. Merci

Sourire Merci.

Paix sur la terre aux femmes politiques de bonne volonté !

Comme Rigoberta Menchu ?

Merci de la citer ici. Je l'avais placée dans les "indispensables" sur le fil que humaro a consacré au héros et aux salauds.

Rigoberta Menchu et beaucoup d'autres. Malalaï Kakar, par exemple.

Et Aminata Traoré... Si d'autres noms vous viennent, n'hésitez pas. Sur ce fil, ils feront honneur à l'auteur du livre...

Gro Bruntland, Mary Robinson... Et la nouvelle première ministre d'Islande, dont je n'arrive pas à retenir le nom en ...dottir. Et Michelle Jean, bien sûr, dont le rôle est honorifique et symbolique (mais quel symbole !).

Jóhanna Sigurðardóttir après la présidence de Vigdis Finnbogadottir.

Les Islandais font confiance aux femmes...

Et surtout avec Eva Joly, car ce sont les Islandais responsables de la défaillance du système financier perverti.

Tout faux et idées reçues ! Eva Joly est Norvégienne. Les Islandais ont certe été stupides de croire aux propositions mirobolantes de leurs banques. Cela a marché quelques années mais le coeur de la crise vient des US.

 

Il y a un ratio de 1/100000 entre l'Islande et les USA sur les engagements financiers !

Votre déclaration n'engage que vous. Pour la nationalité de Mme Eva Joly, merci, je le sais de longue date. De surcroit, son positionnement politique rejoint le mien.

En ce qui concerne l'irresponsabilité des Islandais, il est un peu commode de transférer cette situation sur les Etats-Unis.

Je pense que c'est l'appât du gain facile, et il y avait plus de travailleurs dans le secteur bancaire que dans les activités professionnelles dont la pêche.

Auriez-vous fait la même chose si vous vous étiez rendu compte de ces montages financiers disproportionnés entre l'économie réelle et celle virtuelle ?

Il faut savoir assumer dans la vie. Car pour ensuite faire des emprunts en roubles et découvrir l'intérêt de l'Union Européenne pour l'euro, c'est vraiment révélateur du gouvernement (qui a sauté depuis) et de ses électeurs.

 

L'Irlande, oui, belle référence : le droit à l'avortement, quid ????

 

Quant à la gouverneure générale du Canada, bien que d'origine haïtienne, il faut dire les choses, votre point de vue n'est pas partagé par tous.

Tenez, un article du journal de Le Devoir ; et là encore il est bon de connaître et le pays et son histoire.

http://www.ledevoir.com/2008/06/07/193051.html

Prenons les êtres pour ce qu'ils sont. Avec leurs qualités et/ou leurs défauts.

Par contre, Mme Eva Joly, en Islande, fait un remarquable travail qui est la conséquence des Islandais ; alors pas de quoi s'émerveiller.

Sinon énumérons toutes les femmes politiques au pouvoir et disons que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est quant même un peu réducteur, ne serait-ce qu'à l'égard des femmes et des citoyens en général !!!

L'Islande, Liberté Chérie, l'Islande... avec un "S" comme dans "sous-marin".

Gro Bruntland, Mary Robinson... Et la nouvelle première ministre d'Islande, dont je n'arrive pas à retenir le nom en ...dottir. Et Michelle Jean, bien sûr, dont le rôle est honorifique et symbolique (mais quel symbole !).

30/10/2009 12:57Par Coqauvent

 

Ma réponse était destinée à celle ci-dessus rapportée :

 

Mary Robinson : Irlande ;

 

Et il y a par ailleurs le cas de l'Islande.

 

Il y a les SNLE ; et puis désormais les SM - DA.

"Par contre, Mme Eva Joly, en Islande, fait un remarquable travail qui est la conséquence des Islandais"30/10/2009 15:10Par Liberté chérie

 

Madame Joly est effectivement une femme admirable. Il me semblait pourtant qu'elle avait fait campagne en France...

Je subodore que vous avez apporté à cette dernière ou tout au moins au groupe Europe Ecologie votre suffrage. Merci.

Subodorez, mon bon, subodorez.... si cela vous suffit en matière d'analyse politique. Le soupçon vous tient lieu de baromètre, grand bien vous fasse. Je ne sais ce qui vous a piqué au fil de cet échange (car je ne me souviens pas de vous avoir vu sous ce pseudonyme intervenir de cette manière) mais il y a sûrement dans mes propos une sorte de mot-clé qui vous a mis hors de vous. "Taubira", par exemple, dont le Parti Socialiste Guyanais voudrait bien se passer... hélas... pour la Guyane et pour le Parti Socialiste.

Un parti de la diaspora ? Ou alors je n'ai rien compris. J'ai tout de même l'impression d'un double discours. Mon jeune fils en 2002 était attiré par CT (il ne pouvait pas encore voter). Je me souviens de lui avoir dit qu'il ne fallait pas voter pour quelqu'un qui encouragerait le communautarisme (le sien, je m'aperçois).

http://walwari.org/

CT. restera, dans l'histoire, avec JP Chevènement, ceux qui ont empêché la gauche au second tour en 2002. J'en reste sur mes premières impressions, qui se confirment, et ce, malgré une sympathie pour cette personnalité. Mais voilà, il y a les raisons de l'intérêt général, qui doivent prévaloir.

Je suis désolée, Dianne.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Taubira

Madame,

Bien que votre post ne me soit pas destiné, je me permets de vous glisser ce post : j'ai un neveu qui en son temps, jeune majeur a fait ce choix.

Le vote est libre et secret. Ceci étant, il l'a depuis regretté. Mais la vie est ainsi faite.

Effectivement CT et JPC ont contribué à la situation du 2ème tour en 2002. Même si chacun a le droit de se présenter. Problème de la démocratie. Mais espérons que pour 2012 les unes et les autres en tireront (à gauche) des conclusions sans vouloir marcher sur les plates-bandes de la majorité (du moins à l'assemblée) de droite.

Bonne journée.

Je ne suis pas d'accord. Le responsable n° 1, c'est Jospin, avec la malencontreuse inversion du calendrier électoral.

Tout ceci est un problème de climat, en l'espèce d'excès de vent ; alors les candidatures fusent de partout, pour tenter d'exister.

Se présenter aux Présidentielles de 2002, lorsqu'on est indépendantiste (au minimum autonomiste, mais pas départementaliste), c'est une analyse intéressante pour la République forgée au fil des siècles.

Restez girouette (puisque c'est ainsi que vous vous définissez), c'est tellement beau sur les clochers de nos églises et autres monuments. Et utile également.

Et bonne journée !!!

Je n'ai pas voté Taubira en 2002, mais sa candidature était tout à fait légitime et sympathique.

 

La girouette que je suis prend très au sérieux sa mission d'indiquer au vent quelle orientation il doit suivre (tout comme Edwy Plenel donne le la à l'opinion).

Et bien nous y sommes, vous n'auriez pas voté pour CT même si sa candidature vous paraissait sympathique. Merci pour votre contribution au sommet de Copenhague et vos précisions (voir supra) relatives à la frontière avec le Brésil.

Tenez dans la série "L'Europe c'est grand" : j'ai connu avant la restitution de Hong-Kong à la Chine avec son statut spécial des chinois en provenance de cette région qui étaient titulaires de passeports délivrés par la Grande-Bretagne et donc à ce titre, considérés comme "Européens", étaient dispensés d'obtenir une carte de commerçant étranger, l'obtenant de plein droit.

Comme quoi....

C'est toujours bon se comparer à un autre, car c'est valorisant. M. Plenel apprécie.

Plenel, c'est Dieu, et nous sommes ses créatures et clients. La Charte est le message de Son amour. Nous nous efforçons tous de la respecter. Qu'Il nous pardonne nos offenses comme je pardonne à Callijpylg premier, pape indigne, et à Axel J, sous-pape sournois. Amen.

 

Vous eussiez bien fait de ne pas souscrire d'abonnement, on ne se méfie jamais aqssez de ce genre de truc. J'ai résilié, d'ailleurs.

En 2002, j'ai voté écolo. Taubira était mon deuxième choix.

Et le débat sur l'égalité des droits ? La formule règlement de comptes à OK corral est moyennement raccord avec les principes énoncés un peu partout par certains contributeurs. Pour le reste, il est bien connu que le PS n'est JAMAIS responsable de ses échecs. C'est d'ailleurs pour ça que son étoile brille si fort dans le coeur des Français. On attend la suite avec impatience...

"CT. restera, dans l'histoire, avec JP Chevènement, ceux qui ont empêché la gauche au second tour en 2002"

 

http://www.politique.net/2009021603-taubira-jospin-presidentielle-2002.htm

 

http://olivier.hammam.free.fr/imports/prg-prg/prg-prg.htm

D'accord avec le manque de tout ce que l'on voudra, de la part de Jospin. Mais, de toutes façons, pourquoi se présenter ? (Je parle de CT,comme de JPC). Est-ce que la démocratie induit que chaque député-e, ou pas, se croie obligé-e de se présenter à la présidentielle ? C'est ça la question !

"est-ce que la démocratie induit que chaque député-e,.. se croie obligé-e de se présenter à la présidentielle?" Et pourquoi pas, Peneloppe? Cela vaudrait bien des "primaires", non? Et pourquoi pas des présidentielles à trois tours? Et pourquoi ne pas donner des leçons de démocratie aux tenants de la droite?

Bien que non-croyant, M. Plénel est une référence et c'est pour cette raison que je me suis abonné d'abord par indignation quand j'ai appris les procès intentés par F. Pérol et les personnes morales dont il est le responsable (provisoire en tout état de cause).

Et puis j'ai découvert d'autres journalistes et la qualité de notre bien commun. Notre Eglise ? Mais la République et les religions, c'est justement son originalité et sa force.

J'ai modifié mon post car pour l'abonnement à souscrire ça m'a semblé excessif.

Vous avez résilié, mais quand ? Vous êtes toujours abonné, semble-t-il ?

Pour le reste il me semble que nous pouvons être d'accord sur l'essentiel dans la clarté des propos et actes d'une ex-candidate aux élections présidentielles.

Bonne journée.

Mon abonnement est résilié depuis le 10 octobre. Mais il y a un phénomène d'hyperesthésis, qui fait que je ne serai pleinement libéré que dans quelques semaines. Je continuerai ensuite à contempler la splendeur de Dieu (bénies soient ses moustaches !), mais de l'extérieur.

 

Nous pouvons apprécier différemment la personnalité et les idées de telle ou telle. Bien sûr. Mon expérience de partisan de Ségolène Royal m'incline à penser que les critiques qu'on peut faire à Taubira ne sont pas forcément formulées avec la sérénité nécessaire.

 

Bien à vous.

"pas forcément formulées avec la sérénité nécessaire"

 

Pas mieux. Et quoi qu'il en soit, l'intention de départ n'était pas la défense et illustration de la carrière de CT. Mais son questionnement sur l'égalité des droits. Merci aux intervenants sincères. Bonne lecture aux curieux.

Pas mieux que quoi, chère Dianne ?

 

Mais la dérive du fil, que vous soulignez, illustre précisément mon propos.

Rewind.... : Je n'aurais pas écrit mieux ! Sourire

J'approuvais donc, à deux petites mimines..

Sérénité et République.

Et bien quels débats en perspective pour les prochaines élections.

Mais ce fil n'illustre-t-il pas les désaccords policés et n'ouvre-t-il pas la voie à un second mandat de NS ?

Car l'essentiel est là. Le battre.

Défendre sa propre "écurie" est vraiment secondaire.

Et mon vote sera utile dès le premier tour des régionales.

Pour le reste, j'ai (nous avons) donné et surtout voté et fait voter. Et si en toute modestie la proportion avait été la même partout, le résultat aurait été largement inversé.

Mais il ne faut pas avoir l'esprit de clocher. Car après la droite dite la plus bête du monde, il semblerait que ce soit désormais la gauche.

Alors, voyons où nous placerons l'intérêt commun.

Notre idéal républicain. Pas besoin de bouquin pour le savoir.

Nous l'avons ou ne l'avons pas. C'est tout. Et bonne nuit.

"Défendre sa propre "écurie" est vraiment secondaire."

 

Nous sommes absolument d'accord là dessus et si vous avez été attentif aux intentions du fil, vous pourrez vérifier que l'aspect partisan du débat politique en cours n'en était pas l'objet. Ceux qui ressortent les vieux dossiers pour invalider le débat actuel ne font que réactiver des clivages inopportuns. Dans quel but ? Mystère.... ou pas.

Si on se donne comme objectif essentiel de "battre Sarkozy", on ne va nulle part, car ce n'est pas une perspective positive. Les électeurs ont besoin d'un projet cohérent, dont la réalisation soit pour eux à la fois crédible et désirable. On peut leur offrir en concurrence plusieurs variantes d'un tel projet; mais s'ils sentent que les oppositions sont unies seulement par le souhait de mettre n'importe qui (voire Villepin) à la place du sire, et ce pour faire n'importe quoi, ils n'auront ni confiance ni appétit, et en cela ils auront bien raison.

Tout à fait d'accord. Mais il faut offrir une perspective de gauche sans déraper à droite. Allez, bonne journée.

C'est exactement ce que disent des tenants d'un ancrage à gauche, Coco(vent), qui sont souvent baruflés d'un "gauche de la gauche", ou gôooooche, ou pire encore, si tu vois j'veux dire... Mettre au pouvoir une "gauche" modémée serait infecter la plaie un peu plus...

Ceci dit, j'ai voté Taubira au premier tour, en 2002. Mais juste pour l'image, et pour le style (d'expression de Taubira). Parce que la présidentielle telle qu'elle se présente actuellement n'est un vote que pour l'image (quelque chose comme : qui sera la (le) VRP de notre Région (la France).

Et parce que (pour répondre à d'autres), la droite réactionnaire, conservatrice, ou indifférente, vote. Et qu'il ne faut pas lui laisser le peu qu'il reste de notre Chose Commune (Ré Publique), chérement acquise au prix du sang des sans-culottes. Mais, pour répondre à ceux qui répondent, je maintiens que la politique c'est essentiellement au jour le jour, résistance et émancipation, et ce quelque soit le régime.)

On sait ce qu'il en est des "projets cohérents ". On les écrits, on les signe, et puis, la réalité et les rapports de force revenant comme principes, on s'asseoit dessus.

 

Résistance et constipation ? Quel qu'en soit le régime ? T'as essayé le jus de pruneaux ? Jpyplg en dit grand bien.

"Constipé", le diagnostic est facile, et a déjà valu un pruneau (virtuel). Vous allez bien (à la selle), Cocovin (attention, oh, ah) mésami médiaparti? Peut-être devriez-vous aller plus souvent au Lacan, biner.

C'est vous le suppléant de La Jaunisse, cher Pierre ? Au pied levé, je vois. La mise en train est toujours un peu laborieuse, mais je suis sensible à l'intention.

Obsédé du baston, MGLMMBOIESC ? "Au pied levé" "le soleil a la largeur d'un pied" (Héraclite)

@ Pierre, Mettre au pouvoir une "gauche" modémée serait infecter la plaie un peu plus...

CT est plus proche du MoDem que du PG !

En 1993, elle vote, dans l'hémicycle, l'investiture du gouvernement Balladur. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie. Source Wiki.

Oui, Peneloppe. Mais c'est bien pour cette raison que je parle d 'image*. D'affiche, autrement dit, de symbole. Et de principe de réalité. A la présidentielle, telle qu'elle est actuellement, on vote pour une icône, un symbole. Rien d'autre. Reste à trouver l'autre partie du symbole. Pour que "les choses changent" il faut que les "masses" bougent. Et pour qu'elles bougent, il faut qu'elles s'émancipent de leur aliénation.

*Femme, noire, et "indigéne".

Et pour qu'elles s'émancipent de leur aliénation, il faut que quelques enfoirés tapent sur les militants de gauche et les syndicats. N'est-ce pas votre sentiment ? Ne traduis-je pas votre pensée ? Bon, je retire enfoirés, je mets à la place "communistes de salion.

 

Salut, enfoirés !

 

 

Je voulais dire, bien le bonjour à vous, communistes de salon et autres badiolâtres.

Vous avez besoin de traduire ma pensée, Troll Suprême? (Suprême de volaille... Hmmmm, c'est bon.) Vous devriez pourtant savoir, ô Splendeur des cours basses : traduttore...

Te fatigue pas, je connais tous tes trucs.

Merci Pierre Ferron "On les écrit, on les signe, et puis, la réalité et les rapports de force revenant comme principes, on s'asseoit dessus. "

Ce qui explique le "manque d'appétit" des citoyens évoqué ci dessus....

A quand des clauses de "droit de suite des électeurs" dans un contrat de programme opposable en justice ?

"A quand des clauses de "droit de suite des électeurs"..."

 

Il me semble que cela était proposé dans un pacte dont je n'ose même pas prononcer le nom, tellement la truculence de certains me désappointe et m'effraie parfois quant à leurs intentions République.

D'autre part, l'intention du billet a été tellement détourné déjà, que ce n'est peut-être pas la peine d'ouvrir la boite... dont l'Espérance reste au fond.

La solution, c'est que les citoyens s'organisent et structurent leur demande politique en face de l'offre. Ce à quoi conduit la démocratie participative (en partie seulement).

Difficile de structurer une "demande politique citoyenne". Et ça ne date pas d'hier.

De quels moyens dispose-t-on ? L'associatif ? Il est forcément sélectif et conduit vite à un fonctionnement en circuit fermé ne serait-ce que pour se prémunir contre les invasions et attaques d'un "associatif" concurrent. Les réunions publiques ouvertes ? Personne ne vient ou pas beaucoup ou alors des déjà convaincus. La communication écrite ? Elle finit à la poubelle avec le tract "carfour". Le tractage "ouvert" sur la voie publique ? Il se termine immanquablement par des laïus filandreux entre sympathisants pour se consoler de s'être fait agresser par des citoyens hostiles et agressifs. Les réunions de quartier ? On est vite fait catalogué "prêtre d'une chapelle" et tenu à distance. Les débats entre amis ? Il vaut mieux en avoir beaucoup parce que les échanges saoûlent tout le monde et qu'ils disparaissent au fil du temps. Les réunions entre amis, c'est fait pour se détendre, par pour se "prendre la tête"... La publication dans les médias ? Ça occupe au mieux les lecteurs pendant un quart d'heure et le microcosme (y compris ici) pendant une semaine...

On a cru longtemps et c'est encore très prégnant dans les discours sur les modes d'intervention pour la régulation sociale, que l'associatif était l'alpha et l'omega pour fédérer et construire. Mais il suffit d'avoir assisté à une seule réunion municipale pour les attributions de salles par exemple, au cours de laquelle les représentants se battent comme des chiens afin de "passer avant" au nom de l'intérêt supérieur de leur club, pour en conclure que ce ne sont que des agglomérats d'intérêts privés concurrents. Qu'ils soient "un collectif" au lieu d'être "un tout court" ne change rien à l'affaire... C'est tous contre tous...

D'où l'intérêt d'interroger le rapport entre l'un et le commun, chére Dianne. Entre l'individuation et la communauté. Comment s'articule le fait que "je" ne peut pas être sans les autres, et comment il ne doit pas disparaitre dans une masse informe et désinformée.

Oui Pierre Ferron. L'interrogation est fondamentale. Mais comment traduire concrètement l'action qui découle de cette interrogation ?

Je lis en ce moment un petit bouquin formidable "Tour du monde d'un sceptique" d'Aldous Huxley, publié en 1926, avant "Le Meilleur des Mondes". Invité d'une tournée des popotes dans les Indes septentrionales, il a le privilège de participer à des réunions publiques d'envergure, au cours desquelles s'expriment des pointures comme Motilal Nehru ou Gandhi... Rien que ça.

Si les congressistes semblent motivés, leur "public" montre une stupéfiante aptitude à zapper ce qui l'ennuie, c'est à dire à peu près tous les énoncés de programmes un peu sérieux. Tout le monde va et vient à son gré, qu'importe qui a la parole. L'étude de l'arrière plan culturel vient un peu tempérer l'impression de désarroi mais quand même.

Il énonce d'ailleurs pour défendre les "résistants à l'écoute" :

 

"Je n'ai pas, pour ma part, beaucoup fréquenté les réunions publiques. Si je connais un peu le sujet dont on parle, je trouve inutile d'écouter un orateur qui ne fait que répéter sous une forme succinte et généralement peu claire, ce que je sais déjà.... Si au contraire j'ignore ce dont il s'agit, ce n'est pas à un orateur public que je m'adresse pour me faire une opinion..../... Il se trouve que j'ai le goût de l'information exacte. J'aime savoir ce que je suis en train de faire et pourquoi..../... Dans une réunion publique l'orateur ne me donne des faits importants qu'un choix arbitraire et garde le meilleur de son temps et de ses forces à tâcher, à coups d'éloquence, de me faire adopter sa manière de voir. Le discours politique ne me sert donc à rien."

Où l'on peut penser (et on revient, d'une certaine maniére, au sujet de votre billet) que l'écrit est plus sage que le discours prononcé, en ce qu'il échappe (l'écrit) un peu mieux à la rhétorique. (Laquelle est pourtant nécessaire pour enporter les foules). Avec l'écrit, on peut revenir sur ce que l'on n'a pas compris, et tâcher de savoir pourquoi et comment on n'a pas compris. (Des choses que l'on ne peut pas comprendre. Voire accepter) Je suis sûr que vous avez fait l'exercice de suivre à la pointe d'un crayon certains textes qui vous paraissaient obscurs, et de pointer ce qui ne va pas de soi.)

D'un côté le discours prononcé, et de l'autre le texte du discours, écrit, son script, que l'on peut analyser. Et voir de quoi ça parle.

Et puis la langue parle parfois "toute seule". Qui a pratiqué peu ou prou une (psych-) analyse le sait bien. Où réapparait la notion d' "individuation", sans doute nécessaire pour prendre le recul utile à tout engagement "dans les masses" (ou la foule, ou la communauté. Dans "commun", il y a "un". Cela ne vous a pas échappé).

Les collectivités sont faites d'individus. Chaque fois qu'une personne (un individu) est amenée à se prononcer, à donner son avis, et à constater qu'il en est tenu compte, le civisme progresse. A contrario, il est vrai...

 

La Cruche a dit: "les gens sont experts de leur propre vie".

Pas toujours hélas, Coqauvent. J'ai un exemple local très sec et très triste : un échangeur en projet près d'une zone à très haute densité résidentielle et scolaire. L'un des lotissements concernés est très directement concerné par les nuisances à venir : bruit, pollutions gazeuses et par les particules, mise en danger des enfants qui circulent abondamment dans le coin. Mais certains ne voient pas l'utilité de se battre parce que leur pavillon étant un peu en retrait du dommage à venir, se fichent pas mal que les autres, leurs proches, leurs voisins, s'insurgent contre cette intrusion violente. Ils ont eux mêmes des enfants qui fréquentent les établissements scolaires de proximité mais ne voient pas le lien avec les dommages futurs causés à leur santé... Alors experts ? C'est juste le principe NIMBY (pas dans mon jardin en français). Ou bien en français ancien "après moi le déluge".

Exact. D'où la nécessité de pouvoirs publics superposés pour faire prévaloir l'intérêt général. Mais en respectant la règle de subsidiarité. Et "Not in my back-yard" peut être surmonté (ou du moins il faut essayer) par la concertation.

Certes. Le danger c'est que comme le disait en rigolant une copine LCR à propos des manifs (si si j'en ai une !Clin d'oeil) "on vote à chaque carrefour" pour décider de l'itinéraire. On ne peut pas appliquer à la construction politique concernant l'ensemble d'une nation ou des ensembles de nations les principes qui régulent les micro-systèmes.

Bien sûr. On va le voir d'ailleurs bientôt à Copenhague, hélas. Et c'est pourquoi il est urgent de constituer des ensembles politiques "régionaux" intégrés, et l'Unon européenne. Ce n'est pas pour rien si les moins mal lotis (relativement) face à la crise sont les "Bric" (Brésil, Inde, Chine).

Je trouve ce fil particulièrement intéressant, et je remercie Dianne, même si l'on ne comprend pas toujours les intentions des uns, et si l'on peut être étonné par les contradictions d'autres. Cet été j'ai rencontré notre blogueur jean-marie Padovani, et lui ai posé cette question "comment et pourquoi en es-tu venu à devenir ségolèniste ?". Je vous donne sa réponse, car je la trouve pertinente (sans doute parce que je fus ravie de découvrir que nous avions effectué la même démarche). "j'ai été intrigué par sa candidature, et j'ai commencé à faires des recherches sur google, pour connaître son parcours, ses engagements, son discours, j'ai été convaincu". Cela me paraît une bonne approche, la meilleure qui soit. Dans cette approche, je ne suis pas 'Taubiriste', ce qui ne m'empêche pas de la trouver intéressante. Cela pour répondre à Dianne, qui pose la question de quels moyens l'on dispose pour structurer sa demande, suite à l'intervention en ce sens de Coqauvent; si on le veut, on peut s'informer, avant toute chose.

Merci peneloppe. Une autre approche intéressante est celle que développait Pierre Radanne, ancien président de l'ADEME, lors d'une université d'été en 2007 : il parlait, plutôt que de démocratie participative, de démocratie contributive. Participer pour proposer, ce qui éloigne le spectre de la litanie de plaintes. On peut en discuter.

Je ne connaissais pas ces mots de P. Radanne, mais j'ai beaucoup apprécié ceux sur l'écologie

Si vous avez des craintes au sujet de l'écologie, demandez vous ce que vous pourriez faire pour une prise en compte de celle-ci, dans votre propre vie, sans que cela porte atteinte à votre conception du bonheur.

Pas mal, non ?

Peut-être que la démocratie contributive pourrait être la deuxième étape, et n'arriver qu'après que la démocratie participative ait aidé les gens à délier leur expression démocratique et à avancer dans le sens de présenter avec de propositions ce qui leur met à mal dans la société?

Personnellement, souvent j'ai trouvé dans "la litanie des plaintes", l'expression des expériences de vie que je ne soupçonnais même pas.

 

D'autre part, je me demande si l'exemple que vous donnez, Dianne, pour contrer quelque peu le concept de "l'expertise citoyenne de sa propre vie", n'aie précisément dans le sens de cette idée: Ceux qui sont touchés par le projet s'informent et deviennent ainsi "experts" de ce qu'ils ne veulent pas pour des raisons qui leurs sont propres. Avant d'en être touchés, ils n'en avaient pas ressenti le besoin de s'en informer.

Quant à ceux qui se disent "après moi le déluge" même quand le déluge peut inonder un jour leurs caves, c'est, à mon avis, l'un des apanages de l'homme moderne ou alors de l'homme de toujours. Il n'y a que l'éducation civique qui peut y remédier.

Oui. Mais on ne peut faire l'impasse, comme en d'autres lieux, sur la nécessité de trouver des modérateurs pour le débat public. Tout ne se vaut pas. Ceux qui donnent de la voix pour s'en "battre l'oeil", abondant un projet scélérat (ici le contexte politique local mériterait de longs développements) à égalité avec ceux qui vont éprouver directement la souffrance induite par la décision administrative ? Cela me fait penser au vieux débat sur la liberté des fumeurs face aux non fumeurs... Plutôt que d'éducation civique, dans le cas que j'évoque, il vaudrait mieux faire oeuvre d'éducation tout court : comment par exemple se répandent les effluents toxiques dans l'air, bien loin de leur point de génération. Mais c'est une autre affaire qui rejoint le propos de Pierre Radanne. Des "experts" fourvoyés ne sont nullement des atouts pour la controverse démocratique.

Il a travaillé pour Ségolène Royal sur le "plan-climat" de Poitou-Charentes, avant de contribuer à celui de Paris. (un livre blanc est consultable quelque part sur la toile)

 

Son cheval de bataille lors de l'intervention que j'évoque était la démocratisation de l'accès à la connaissance. Pour contribuer et participer, il faut s'approprier les contenus des enjeux d'une manière qui permette l'analyse et la proposition.

 

Il déplorait d'ailleurs, je cite (d'après mes notes) "La moitié de la population française serait incapable de mener le questionnement que nous conduisons ensemble aujourd'hui"

 

Qu'on ne se méprenne pas, il n'y avait aucun jugement de valeur dans ce constat.

 

Il insistait sur la nécessité de "transmettre la passion de la construction. Qu'est-ce qu'un scénario de succès ? Telle est la question. Rien à f... des scénarios de défaite à éviter...

 

[on était en plein dans la distribution de pansements post-présidentielles]

 

Il faut réinventer une parole longue hors du schéma "vous avez 45s pour résoudre le problème du chômage.

 

Pour qui cette parole longue... voir ci dessus...

Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter; un temps pour l'analyse et un temps pour la décision (même si les deux se superposent).

Le temps pour l'analyse est passé : les constats sont clairs et sans appel. Il faut agir. Seules questions : qui ? et comment ? Le propos renvoie aussi à Huxley à qui un participant indien à un congrès dont il rend compte avouait : "Nous parlons trop, mais au moins, c'est faire quelque chose ; dans ma jeunesse nous ne parlions même pas"... Huxley ajoute "les discours en masse sont toujours un peu ridicules, surtout s'il s'agit des discours d'un peuple qui n'est pas en mesure de mettre ses paroles en action. Les Anglais qui vivent aux Indes ont tôt fait de saisir cette absurdité. Eux qui possèdent le pouvoir n'ont aucun besoin de parler".

 

Remplacer les Indiens par la gauche et les Anglais par l'UMP et hop... Tant que nous n'aurons pas les moyens institutionnels de nos discours....

Une bonne petite révolution non violente ? C'est ce que l'histoire a suggéré aux Indiens. En aurons nous le courage.... Car il est plus facile d'appeler individuellement au régicide que collectivement à l'action. Et on en revient à l'individuation et au groupe...

"Car il est plus facile d'appeler individuellement au régicide que collectivement à l'action."

 

Que oui !

 

"Le temps pour l'analyse est passé"

 

Que non !

Si l'on devait mettre bout à bout les kilomètres de docs produits lors des rencontres et sessions d'analyse, on ferait plusieurs fois le tour de la Terre. Maintenant on en fait quoi ? On analyse les possibilités d'action ? Du constat, et de la dénonciation, aux mains dans le cambouis ?

Je ne parle pas des analyses interminables des producteurs de documents d'analyse, mais plutôt de la nécessité pour chacun d'entre nous de se doter d'instruments simples mais robustes d'orientation. Savoir lire une carte, savoir utiliser une boussole, savoir trouver de l'eau et faire du feu. (Et se protéger des moustiques)

 

Pour prendre un exemple, avant de ratiociner à perte de vue sur l'anticapitalisme et les méfaits de la mondialisation, il faut savoir si on veut confier les décisions économiques à la loi du plus fort, au Plan central, au marché sauvage ou au marché régulé... Tant qu'on n'a pas fait son choix, on est sûr d'aller dans le mur.

Je comprends mieux ce que vous entendez par "analyse".

Comme disait Guillaume Duval, d'Alternatives Economiques, "de quelles marges disposons-nous entre ne rien faire et raconter n'importe quoi... ?

 

Tout doit se jouer autour des problèmes d'énergie et d'environnement et pour cela il faut sortir de la logique des marchés. L'Europe-grand-marché réduit la demande intérieure des pays pour booster les exportations. Résultat : tout le monde est perdant depuis 30 ans. Si on fait cesser le dumping entre états européens, la moitié des problèmes est résolue.

 

La France dans un système "libéral" prétendu "efficace" balançait entre le modèle anglo-saxon : inégalité des revenus, syndicalisme minimal, pauvres à la rue, système de santé en régression et le modèle scandinave : très faible inégalité primaire sur laquelle on branche des systèmes de mutualisation.

 

Depuis l'avènement sarkozyen, elle a tranché avec le succès que l'on sait et on cumule les inconvénients sociaux des deux systèmes :

 

-inégalités primaires (salariales) très fortes sur lesquelles on branche un système de mutualisation mal accepté par les riches et aux effets peu efficaces

-développement de l'emploi peu qualifié en modifiant la structure des cotisations sociales (emplois aidés = encouragement à instrumentaliser la précarité)

-création de beaucoup d'emplois mal payés. Seule la Bulgarie en compte plus en pourcentage

-ceci en opposition frontale avec la politique publique qui maintient le plus longtemps possible les enfants à l'école d'une manière très sélective (on est en train de revenir là dessus mais pour faire dégager les pauvres du système). Résultat, dans un contexte de contraction du marché du travail, les sur-diplômés occupent les emplois destinés à l'origine aux très peu qualifiés

-la France est attractive pour les capitaux étrangers : main d'oeuvre peu chère et très qualifiée dans les domaines à forte valeur ajoutée. On encourage donc les placements forts rentables de l'économie casino.

-On encourage la création de petites entreprises (voire d'autoentreprises) et c'est une bêtise car elles sont déjà trop petites, trop nombreuses, trop rudimentaires. On n'a pas besoin de plus de camions-pizza mais d'entreprises high tech donnant des jobs aux étudiants qualifiés (ils sont pléthore et on leur donne.... des stages) En outre ces petites entreprises échappent à tout contrôle sur le respect du droit du travail, ou ce qu'il en reste.

 

La crise bancaire et industrielle étant passée par là on mesure la portée des choix qui restent à faire deux ans après ces propos (30/08/2007 à Fouras)

 

Voilà pour QUOI faire. Il suffit de redéfinir cela. Maintenant COMMENT faire est une autre paire de manche car tous ceux qui admettent le bien fondé des constats n'ont aucun levier politique pour agir. Et on en revient à la question centrale : on bouge collectivement (TOUTE GAUCHE DEBOUT) pour dire "basta" ou bien on continue nos imprécations sur la montagne et on mouline des luttes fratricides dans les coulisses des scrutins à venir ?

J'espère pouvoir revenir plus longuement sur ce que vous dites ici.

 

Mais sur les luttes fratricides: elles tiennent en grande partie au fait que les dirigeants des diverses formations ne savent, pour la plupart, pas quoi faire vraiment, et que la zizanie est une sorte de débouché naturel à leur profond désarroi.

Sans compter les scores de l'egomètre...Sourire

C'est une donnée, subjective pour chacun d'eux mais objective pour l'observateur, et lourde de conséquences.. Il faut donc l'intégrer dans l'analyse.

 

On peut y remédier en partie avec des règles comme le non-cumul des mandats, la parité...

 

 

Et rien n'empêche les militants de base de s'habituer à évaluer leurs dirigeants en fonction de leur capacité à favoriser le travail collectif, plutôt que de donner une prime aux "tueurs".

 

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