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Débat Médiapart : Entre nous
Lundi 23 mai, théâtre de l'Est parisien, débat tous azimuts : Où va la France après l'affaire DSK. Parole partagée entre la salle et la rédaction, l'ordre du jour se construisant autour de quatre grands axes proposés en introduction par Edwy Plenel : médias, sexisme, PS, oligarchie.
-Que savait (ou pas) la presse ?
-Comment a-t-on pu aussi grandement sous-estimer le poids de la domination masculine boostée par une gauloiserie constamment euphémisée au nom du droit à l'humour ?
-Quelles répliques à prévoir pour ce séisme au sein d'un PS ayant tout misé sur une personnalité dont la fragilité était connue ?
-Quelle perception par l'opinion d'un pouvoir oligarchique qui brouille constamment les frontières politiques et quels replis électoraux prévisibles ?
Près de 25 participants ont abondé ce questionnement à des niveaux divers : une parole foisonnante, un peu brouillonne car la tentation était grande de raccrocher au principal des annexes très "personnalisées". Ceci dit certains témoignages, particulièrement lourds de signification ont donné à l''échange une densité certaine. Notamment en matière de sexisme et d'abus de pouvoir. La pluralité d'opinions étant aussi de mise au sein de la rédaction, soirée riche, qui n'a pas vu s'épuiser le sujet. Le débat continue.
Vite fait, questions et/ou constats de la "salle"
-différence entre justices française et américaine ?
- pourquoi aussi peu de relais par pression sociétale ?
-un tel décideur planètaire proposé par NS en connaissance de cause : de qui se moque-t-on ? Quel rôle jouons-nous dans ce spectacle ?
-le privé est politique (énoncé naguère par le MLF) et rappel de Flora Tristan : "Le prolétaire a toujours quelqu'un à opprimer, sa femme". Ce qui dérange ? La lâcheté.
-pourquoi les femmes du PS se taisent-elles ? Comment Mme Aubry a-t-elle pu passer un contrat tacite en connaissance de cause ?
-porter plainte : à 20 ans c'est très difficile (témoignage). L'aspect public d'une affaire de ce genre ne peut exister s'il n'y a pas plainte.
-tous d'accord pour adouber Lagarde ?
-elle n'aura pas le poste, il doit revenir à un pays émergent
-du PS : retour aux années 70 en Italie pour ce qui est du débat entre intellectuels de gauche. Les jeunes sont différents, ils portent des valeurs.
-DSK trompait en privé mais aussi en public le monde de gauche avec son discours construit par une bulle marketing
-Si un dirigeant bat sa femme, est-ce public ou privé ? Faire savoir ou pas ? Où va le PS qui construit une bulle autour d'un candidat pas déclaré ?
-Tous cocus du sarkozysme. On savait très bien à qui on avait affaire en l'envoyant au FMI. NPNS, on ne les a pas entendues. Mdp, vous êtes les seuls à prendre des risques.
- Une partie des gens de gauche n'ont pas apprécié l'humiliation imposée mais leur parole se trouve libérée.
- Où allons-nous, gens de gauche, si nous tolérons que se réclament de nos valeurs des gens qui sont incapables de défendre l'égalité H-F ?
-Aubry s'est retranchée derrière DSK tout en sachant de quoi il retournait
-La mère de Tristane B. a-t-elle cédé à la peur en son temps, en dissuadant le dépôt de plainte ?
-Une déferlante sur le sujet. Et le reste ? Les révolutions arabes, l'Espagne, tout le reste ?
-Une culture tribale, féodale, qui ne s'assume pas telle, à remettre en question
-Où va la France ? Il manque beaucoup de leviers pour que les citoyens s'expriment. Mdp est un relais mais que peut-il faire contre la sacralisation du pouvoir ? Les élus en fin de mandat doivent rendre les clés du pouvoir et redevenir des citoyens ordinaires.
-Au delà du drame, qui ça sert ? Sarkozy, Lepen ?
-Cette affaire qui révèle un machisme enraciné doit être l'occasion de changer le discours. Nous devons penser tous ensemble autrement.
-Dsk-FMI, 2008, vous avez fait savoir, mais il est resté à son poste
-Pas de plainte, pas d'affaire. Journalisme et justice : le journalisme américain, réputé le meilleur, mais qui accepte des guerres construites sur des mensonges, ne vaut pas mieux que le journalisme français.
Edwy Plenel, François Bonnet, Ellen Salvi, Jade Lindgaard, Stéphane Alliès, Laurent Mauduit, ont répondu en passant au crible les principes présidant à leur travail, mettant sur la table leurs informations, leurs convictions, leurs principes mais aussi leurs propres questions. Quel devoir de quelle information pour quel pacte républicain ?
La conclusion provisoire du débat par Edwy Plenel a été claire : informer, partager et ensuite ? Le journalisme ne peut tout. Le relais de citoyens qui interpellent leurs élus sur ces questions en est la suite logique et indispensable.
Car pour politique que soient l'évènement et ses conséquences prévisibles, qui ont servi de support à la réflexion commune, le risque est grand que cette question soit très "dépolitisante". Sans débouché politique (urgent !), ce spectacle va faire le jeu de ceux qui exploitent les passions. Il ne faudrait pas que la seule à comprendre cette musique-là soit une extrême-droite maline qui capte à son profit tout ce qui traîne dans l'air du temps. La corruption de l'esprit public, sous Sarkozy, impose la question : "Qu'est-ce que faire société ?" A quelque niveau que l'on exerce en responsabilité publique, on se doit d'être irréprochable.


Tous les commentaires
"Si un dirigeant bat sa femme, est-ce privé ou public ?"
On a vraiment posé cette question-là ? Si un homme bat "sa" femme, dirigeant ou pas, cela concerne l'ordre public. L'interdiction de battre son conjoint est d'ordre public.
Au XVIIème siècle: "Et s'il me plaît, à moi, d'être battue ?" faisait rire. Mais nous sommes maintenant au XXIème.
Et quelle a été la réponse ?
C'était une allusion à une autre affaire, pas une question sur le fond. Il a été question de "main-courante"...
Précision : les "réponses" n'ont pas été données trait pour trait, mais de manière globale en regroupant les propos, sinon nous y serions encore !
Merci pour ce compte rendu très intéressant. Espérons qu'au sein du club, il y ait des réponses constructives. Il y a matière à débat. Aujourd'hui, billet très intéressant.
Les français et le sexe
24 Mai 2011 Par joelle Koenig
Merci Annie. J'ai aussi pris en note les interventions des journalistes. Mais l'essentiel est déjà dit ici ou là dans leurs billets. A disposition toutefois si besoin est.
"...informer, partager et ensuite ? Le journalisme ne peut tout. Le relais de citoyens qui interpellent leurs élus sur ces questions en est la suite logique et indispensable. "
Je suis d'accord et j'ajoute que les élus ou responsables politiques non plus (d'accord, une lapalissade par les temps qui courent, mais allons au-delà et supposons que les politiques font ce pourquoi ont leur donne mandat...), c'est l'implication civique et la responsabilité de chacun d'entre nous qui fera la différence.
Bien sûr. Mais compter sur la morale individuelle ou collective pour obtenir un changement de mentalités risque d'être une entreprise au trop long cours. Il faut, issus d'une action politique, des textes qui permettent d'opposer à toute tentative d'asservissement, de harcèlement, un cadre légal précis et irréfutable. Et qui cogne fort.
En ce sens, l'avance du milieu des entreprises sur le milieu politique a été évoquée hier soir. Aux Etats-Unis, où le traitement des affaires de harcèlement, au civil, amène des condamnations financières écrasantes, les boss se sont débrouilllés pour faire de la prévention. D'autant que plus ils sont riches, plus ils paient. En France, ça vient tout doucement. Mais en politique, dans les collectivités... c'est à la Saint-Glinglin que l'on attend des progrès en la matière. De là la nécessité d'interpeller tous les acteurs du débat public sur ces questions.
Un doute, énorme (cela n'a pas du tout été évoqué hier soir) : et si le silence prudent observé par pratiquement tous les grands acteurs politiques venait de ce qu'ils se demandent quand seront révélées leurs propres turpitudes ? Car quand même, avoir entendu NS et Copé parler de "réserve, de dignité et de mesure", en l'occurrence, cela laisse sans voix. Et ne parlons pas du silence des femmes...
Balkany, dans le genre c'est quand même assez énorme ! J'en parle dans mon dernier billet : 4 femmes
Il est superbe, votre billet, annie lasorne
Un grand merci à Dianne pour le compte-rendu de la soirée
Je trouve qu'il y a vraiment beaucoup beaucoup de "déçus de la gauche", de "stupéfaits par Aubry", etc.
Cela signifie un immense danger: celui que l'aveuglement joue encore à plein, celui que la prise de conscience du danger où nous sommes, est encore très loin d'être faite.
Pourtant, depuis Jospin-2002 –"ceci n'est pas un programme socialiste"–, ça va quand même faire dix ans, plus les vingt ans de trahison mitterrandienne qui précédaient, pourtant bon sang de bonsoir il y aurait largement eu de quoi comprendre depuis longtemps dans quelle illusion on vit!
Alors si on ne veut pas comprendre que ce qui usurpe son nom n'est pas "la gauche", je crois, moi, que c'est parce qu'au fond de nous-mêmes nous n'en voulons pas, de la gauche. En fait nous voulons être "de droite mais avec bonne-conscience"...
Sinon, franchement je ne vois pas d'autre explication.
Au fond de nous-mêmes, on se trouve très bien comme ça à vivre par exemple sur le dos du Sud exploité et spoïlé par nous de ses richesses et de son sol, de son cacao de son café de son uranium, des poissons de ses mers etc etc etc.
Au fond de nous-mêmes, on a peur de la liberté, on a peur de se prendre en main soi-même, on a peur de prendre le pouvoir, comme les esclaves avaient peur d'être affranchis, comme leur petit train-train leur convenait, comme nombreux ils freinaient des quatre fers, arguant leur peur qu'affranchis, il leur faudrait chercher du travail par eux-mêmes etc.
(le Discours de la Servitude Volontaire en livre audio au format mp3, à télécharger gratuitement ici:
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/la-boetie-etienne-de-discours-de-la-servitude-volontaire.html
La dénonciation des oligarchies est une chose. Leur imprégnation de tout le champ politique en est une autre. Mais qui n'implique pas que tout le champ politique de gauche soit disposé à les faire perdurer. On aurait gagné un temps fou si l'on avait fait confiance en 2007 à celle qui s'inscrivait par conviction et par éducation contre la confiscation du pouvoir par lesdites oligarchies. Elles le lui ont fait chèrement payer... Et à nous, donc.
Personnellement je ne me résigne pas à ce que les clés de la baraque soient encore une fois confiées à un "homme normal" (expression de François Hollande pour s'auto-désigner), c'est à dire tout sauf rebelle à l'ordre des choses qui lui a permis au long cours de faire carrière.
Maintenant d'autres que lui ont leur voix à faire entendre, et qui pourraient avantageusement pour nous tenter de faire évoluer les choses vers plus d'humanité tout simplement. Ce n'est pas la peine de recopier les déclarations des uns et des autres concernant Lagarde, par exemple. Se reporter à l'excellent billet de Laurent Mauduit. On y lit une déclaration d'Arnaud Montebourg qui a une autre gueule que le moulinage des "oligarques".
Que fait encore Montebourg au PS?
Tant qu'il ne quitte pas le PS, il le cautionne, il s'en réclame, tout comme Ségolène Royal.
Normalement, logiquement, ça ne passe pas. Mais depuis que Mélenchon, lui, a fait le bon choix de le quitter, non seulement ça passe encore moins, mais c'est carrément suspect.
Je n'aimerais vraiment pas me retrouver floué aussi par Montebourg...
Je me sens moins floué par un François Bayrou, pourtant carriériste et égocentriste à fond, mais qui a jusqu'au bout le courage de son "non-alignement", au prix de l'isolement terrible qui le frappe.
Que fait encore Montebourg au PS? Tant qu'il ne quitte pas le PS, il le cautionne, il s'en réclame, tout comme Ségolène Royal.
Vous savez parfaitement que personne dans le débat public ne peut faire cavalier seul. M. Mélenchon a été obligé de pactiser avec le PC. C'est son choix. Mais je ne trouve pas cela moins "suspect" comme vous dites. Il aurait pu aussi tenter d'infléchir les pratiques à l'intérieur de l'appareil car le socialisme n'appartient pas en exclusivité à la camarilla solférinienne. C'est ce que tentent de faire Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. Se réclamer du socialisme en France, serait obligatoirement se réclamer d'un appareil en possédant le copyright ?
Bayrou, jusqu'auboutiste courageux ? Pour quoi faire ? Pour quel projet républicain. Là, ça se corse...
Quant à être floué par A.M., il reste à lui faire confiance, en référence à ses combats. Dans lesquels il a été bien seul, justement. Que voulez-vous, l'oligarchie se tenait les coudes, d'un bout à l'autre des rangs parlementaires... Et quand, comme l'a dit Mme Aubry, le temps du PS n'est pas celui de la justice, on en remet une couche.
Entièrement d'accord avec tout le premier paragraphe.
Cher Axel J,
Comment pouvez vous qualifier Bayrou de "carriériste" tout en écrivant ensuite à son sujet une très bonne définition de ce qu'est un "non carriériste"?
Pour ce qui est de son caractère "égocentriste à fond", je n'en sais rien personnellement, et il faudrait préciser votre pensée.
Cordialement.
Comme je le dis un peu plus bas, François Bayrou ou Ségolène Royal sont hors-sujet sur ce fil. Je ne faisais que m'adapter au milieu, et la question que je posais était avant tout sur Arnaud Montebourg.
Il y a des dizaines de milliers de militants ou sympathisants PS qui étaient prêts à voter DSK. Aujourd'hui, ils attendent qu'on leur désigne le candidat néo-libéral de remplacement, et leur "doute" se situe entre Martine Aubry et François Hollande pour faire perdurer le système capitaliste-banditiste actuel.
Tout ce que je leur dis, à ces dizaines de milliers de "socialistes", c'est que s'ils ne veulent pas de Montebourg, s'ils étaient prêts à voter pour DSK, pour Aubry ou pour Hollande, mais s'ils se croient "socialistes", apparemment c'est une question de bonne conscience, alors tant qu'à faire ils feraient un bien meilleur choix s'ils votaient pour Bayrou, plus honnête, sans casseroles, certes isolé mais le plus "révolutionnaire" et le plus "altermondialiste" de cette petite bande de soit-disant-PS, centristo-libéraux.
Et si DSK c'était en quelque sorte "suicidé" (psychiquement parlant / inconscient) ... Pour ne pas y aller ?
Et si le PS se "suicidait" pour ne pas y aller ?
Il est bien évident que quand on est un baron, ou sous-baron, cumulard et pépère, on n'a pas spécialement intérêt à voir les beaux équilibres savamment et patiemment construits au fil des ans menacés par les turbulences qu'entraîne inévitablement une victoire à la Présidentielle. Ces gueux-là - et leurs gueuses - seraient bien capables d'exiger l'application du programme, voire plus, et alors, mes bons camarades, où va-t-on, je vous le demande ?
C'est exactement l'impression que donne Mme Aubry en soutenant Lagarde.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la honte n'étouffe pas "ces gens-là" : face à une pareille accusation, après une telle politique, ils osent à la fois représenter une autre casserole à la direction du FMI et à la fois poser leur défense avec une opulente arrogance qui pue le mépris des peuples qu'ils sont sensés représenter (deux sens du mot "représenter" qu'ils baffouent littéralement).
Oui, c'est du suicide politique. Je le crois .
Jean-Jacques M’µ
Curieux, un autre billet, d'une haute volée, soutient cette thèse du suicide partisan... Et plus les heures et les jours passent, plus cette vague impression s'insinue en moi comme une sorte de certitude :
DSK: la jouissance et la mort 25 Mai 2011 Par Dominique G Boullier
L’affaire DSK n’est ni une affaire de sexe, ni une affaire d’élite toute puissante, ni un passage à l’acte. Carole Bouquet l’a très bien dit sur Canal+: c’est un suicide. Et un psychiatre a bien précisé dans Libération que si c’était une catastrophe, c’était une catastrophe annoncée.
C'est une idée qui se lit au hasard des commentateurs de Mediapart. En fait, le PS est déjà au pouvoir, local. Le pouvoir est partagé entre les deux faces de la même pièce "UMPS", pouvoir central à l'UMP, pouvoir local au PS. La caste des Notables, des camarades de promotions aux mêmes Grandes Ecoles, issus des mêmes familles de la haute-bourgeoisie.
"Tous les mêmes"? C'est une réalité.
Les variantes sont minimes, secondaires, entre les bourgeois de la caste dominante PS et les bourgeois de la caste dominante UMP.
Par contre le fond, le principal, est identique.
Gagner la Présidentielle, serait juste une cerise sur le gâteau, ne servirait aucunement à changer quoi que ce soit au système. De l'aveu même de tous, Aubry, Hollande, DSK, Royal (qui est même la plus "hyper-présidentialiste" de tous, la plus fervente partisane du maintien de la Cinquième République pourtant quasi-monarchique comme chacun sait).
Perso, mais c'est juste une intuition qui datait de 2007 quand il avait laissé venir Royal, j'ai toujours eu l'impression chez DSK d'un inquiétant manque d'ambition présidentielle. Après l'affaire, j'en viens même à me demander s'il ne se savait pas malade au point d'être sûr que ça lui aurait plombé toute possibilité de gagner une campagne électorale présidentielle...
"la plus fervente partisane du maintien de la Cinquième République"
Faux
Puisque vous corrigez sur Royal, je dois corriger sur votre cliché "Bayrou n'a pas de programme". Il en a un, et beaucoup plus révolutionnaire ou altermondialiste que celui du PS. Voyez sur son site, www.mouvementdemocrate.fr
mais Royal comme Bayrou sont presque hors-sujet, en quelque sorte, sur ce fil? :-)
Aux primaires du PS, de toutes façons, je voterai Arnaud Montebourg, ça c'est sûr, comme aux primaires d'EE je voterai Eva Joly...
Reçu cinq sur cinq. Reste à espérer qu'il se souvienne que la République française est aussi laïque.
C'est une idée à laquelle j'ai souvent pensé. Ce parti est tombé tellement bas depuis une quinzaine d'années, que c'est fort possible. Les suicides de parti, ça existe, il y a des précédents. Souvenez-vous du suicide spectaculaire du PCF dans les années quatre-vingts et l'acharnement de son secrétaire général à le ridiculiser en se conduisant d'une manière que même les meilleurs caricaturistes s'essouflaient à imiter.
Curieux, un autre billet, d'une haute volée, soutient cette thèse du suicide partisan... Et plus les heures et les jours passent, plus cette vague impression s'insinue en moi comme une sorte de certitude :
DSK: la jouissance et la mort 25 Mai 2011 Par Dominique G Boullier
L’affaire DSK n’est ni une affaire de sexe, ni une affaire d’élite toute puissante, ni un passage à l’acte. Carole Bouquet l’a très bien dit sur Canal+: c’est un suicide. Et un psychiatre a bien précisé dans Libération que si c’était une catastrophe, c’était une catastrophe annoncée.
Entre nous, d’entrée.
Mais pareille sortie !...
L’oligarchie et le machisme sont naturellement liés.
C’est plutôt l’oubli, ou le doute sur les opprimés et les oppressions subies qui me met, d’emblée, hors de moi.
Jean-jacques M’µ
Personne ne doute des oppressions et des opprimés. Il faut savoir ce que les mots veulent dire. Et respecter l'ensemble des procédures en cours si l'on veut se réclamer d'une bonne justice et non du Far-West et de ses arbres à pendus.
"Entre nous" a été dit de manière humoristique par le staff à l'ouverture de la séance, présentée comme une session de mise en commun des questionnements"médiapartiens", qu'ils soient le fait des lecteurs ou de la rédaction. Mon titre est un clin d'oeil.
+
(précisions au passage, j'y reviens : il n'y a aucun lynchage, en ce qui concerne l'actuelle couverture médiatique de l'événement touchant l'acte indigne d'un homme vis-à-vis d'une femme, et, a fortiori quand cet homme est un puissant de la terre se comportant au-dessus des lois)
En rendre compte n'est pas déplacé, pas plus que ne sont déplacés tous les propos que nous pouvons tenir quand des pays condamnent des homosexuels, lapident des femmes violées ou font assassiner des journalistes opposants en cadeau d'anniversaire, pas plus que nos propos ne seraient déplacés parce que nous répercutons les informations recueillies autour des révolutions arabes, des manifs de protestation contre les projets de lois iniques, ou des catastrophes humaines, politiques ou écologiques provoquées par les décisions des puissants de ce monde qui tiennent à faire payer leur irresponsabilité par les populations...
Je n'ai jamais voulu qu'on tranchât la tête de qui que ce fût, ni Marie-Antoinette ni Louis XVI, mais qu'on les destituât de leur trône pour le mal qu'ils ont eu fait au pays qu'ils n’ont jamais jamais jamais eu su écouter ni servir, oui, je le veux. Cent fois, mille fois, des millions de fois oui, je le veux. Et je le voudrai toujours.
Ils ont fait leurs serviteurs et leurs boucs émissaires avec de pauvres misérables et des étrangers fuyant la misère et la corruption. Pour des gens comme moi, il n'y a donc pas, en réaction, pour se protéger, de meilleur bouc émissaire que le puissant à renverser. Et je m'y emploie au moins autant qu’à protéger leurs victimes. Ni Martine Aubry ni François Hollande ni ces cliques oligarchiques qui se soutiennent ne méritent autre chose que d'être destitués.
Haro sur ces baudets là (qui nous ont trop pris pour des ânes, il faut le préciser à leur entière charge). Je suis non-violent, je n'attente surtout pas à la vie de mes adversaires, mais être non-violent, ce n'est pas être béotien, loin s'en faut !... être non-violent c'est s'attaquer résolument aux sales rôles que s'attribuent les puissants sur le dos des populations qu'ils n’ont que trop violées et intimidées.
Jean-Jacques M’µ
(dont l’apostrophe est la particule des gueux)
@ Dianne,
Merci pour le résumé de cette soirée débat Mdpt
.Il me semble que dans les questions très largement entraînées par la récente "affaire DSK" ont été évoqué la stupéfaction, le ras le bol, etc... devant l'attitude sexiste d' un certain nombre de responsables politiques PS, voire de sympathisants de gauche et y compris de journalistes.
Parfait.
Hélas, je me souviens fort bien, il y a quatre ans à peine, pendant la campagne pour les présidentielles de 2007 , opposant NS à SR, ayant participé à la campagne de Ségolène Royal , avoir à l'époque, étais plus que stupéfaite, déçue et même rageuse de constater, de comprendre que très souvent les plus hostiles à l'élection de S.R furent des femmes. !
De tout âge, de toute catégorie sociale et de tout ancrage politique !
Je m' interroge encore...
J' ajoute que SI - hypothèse devenue réalité depuis qqs jours ... - la proclamée " dangerosité de DSK " était si bien appréhendée, connue par tous/tes les responsables du parti socialiste, Mme M Aubry, une fois le procès terminé, devrait s'en expliquer aux militants /tes, mais que la même explication devrait être faite par Mr F. Hollande : ex- premier secrétaire du PS, Mme Ségolène Royal ex compagne de ce responsable PS, Mr Fabuis, etc, etc....
Plus sérieusement, je pense que cette" affaire DSK," si Il n'est pas innocenté, nous concerne, à gauche, tout au moins, beaucoup plus collectivement que nous ne l' aimerions....
"nous concerne, à gauche, tout au moins, beaucoup plus collectivement que nous ne l' aimerions...."
D'accord avec vous. Parce que les faits sont là : si l'on veut bien mettre de côté le scandale provoqué par ce qui relève du droit pénal, comment ne pas questionner la composition de la représentation nationale à tous les niveaux de délégation ? Même si on s'en gargarise à longueur de constitution de listes en tous genres, la parité n'existe tout simplement pas en France. Et ceci est un bon indicateur du niveau de machisme, même s'il est enrubanné de prose légaliste. "Nous ? Sexistes ? Mais vous pouvez constater vous-mêmes : tous nos documents montrent que l'on alterne rigoureusement, bla, bla, bla..." Résultat ? La composition de l'Assemblée, du Sénat, des CT en tous genres. Y en a-t-il une seule où les femmes soient majoritaires ? Même dans un conseil municipal ?
Autre aspect moins reluisant du problème qui n'a été évoqué nulle part : il faut bien reconnaître que donner de sa personne pour décrocher une investiture, faute d'autres moyens républicains, est un truc qui a fait ses preuves. Certaines s'en accommodent. Ainsi tel ou tel cacique local désigne pour lui succéder sa compagne de jeux, par exemple. Parfois ça marche. Dérangeant, gerbatoire.
Tant qu'on n'aura pas placé des filtres légaux pour interdire toute forme de népotisme (amical, familial, plumardesque)... Il ne devrait y avoir aucune ingérence de celui qui quitte un mandat dans la constitution du panel appelé à concourir pour le remplacer. Cela devrait tomber sous le coup de la loi. Sauf à considérer que l'Empire Romain était la meilleure des formes démocratiques.
Ce n'est pas un "suicide".
Vous qui croyez en ce genre de thèse compliquée et romantique, vous vous fourrez gravement et dangereusement le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, vous leur prêtez des fonctionnements qu'ils n'ont absolument pas, vous les aidez beaucoup à nous manipuler, vous êtes même les premiers responsables de ce qu'ils se permettent, tant c'est comme si c'était vous qui appeliez à être dominés et manipulés.
Leur fonctionnement est beaucoup plus basique, beaucoup plus bestial, la Loi de la Jungle et la Loi du Plus Fort, vous voyez?
Sauf que c'est habillé d'un vernis civilisé et de toute une panoplie de manières, mais ça, c'est juste pour pas que vous preniez conscience que vous êtes en présence de prédateurs basiques.
C'est "étudié pour", et ça marche sur vous, du feu de dieu, puisque c'est vous, tout seuls, qui allez échafauder des grandes théories romantiques, participant ainsi activement et efficacement au camouflage total et complet de ce qui se passe vraiment, de ce qui se joue véritablement, et qui est de l'ordre de la bestialité la plus animale.
Tant qu'on n'aura pas compris à quel point nous sommes bernés, à quel point nous divaguons parmi nos propres fantasmes et illusions, ils auront de beaux jours devant eux...
« Premiers responsables », nous ?!!... Bigre !...
Parce qu'on y va de notre effort de réfléchir à la mécanique qui aura pu être à l'œuvre dans cette affaire, significative à bien des égards de tant d'autres qui couvaient... Nous serions responsables d'y réfléchir ?... Nous serions premiers responsables (la belle affaire !... avant même ceux qui auront eu agi de la sorte, les DSK et consort) !... Eh bien, comme vous y allez !...
Nous sommes bernés, oui, bien sûr, si l'on veut. Si vous voulez... Il y a dans le fait d'être bernés, une sorte de consentement dans lequel je ne me reconnais pourtant pas. Ce que j'écris, ce que je lis et ce que je dis s'efforce d'éviter de tomber dans les panneaux, mais, bien entendu, rien ne dit que je saurais mieux y échapper qu'un autre, et encore moins que tous les autres... Bon... Mais puisque vous employez le "nous" inclusif, ma foi, sans doute vous sentez-vous en relation plus ou moins tacitement, indirectement ou non, de connivence avec ceux qui berneraient.
Vous m'expliquerez donc un peu ce coup de colère contre ces "nous", "premiers responsables" pas moins !... avant ceux-là-mêmes qui auront eu commis le méfait. Vous m'expliquerez au passage de quelle hauteur vous parlez et ce qui vous permet de proférer une telle harangue, si accusatoire, contre nos modestes tentatives d'explications qui n'enlèvent pourtant ni la responsabilité des responsables véritables des actes ni une réflexion pour éviter de pareilles situations à l'avenir.
Voulez-vous ?... en le prenant d'un peu moins haut, s'il vous plaît. D'égal à égal comme il se doit en démocratie, où chaque parole est respectable et respectueuse des autres.
Merci.
Jean-Jacques M’µ
Je perçois que nous pourrions nous comprendre complètement, donc je vous expliquerai avec plaisir tout ce que vous voudrez, dès que vous aurez continué votre lecture de mon modeste commentaire, au lieu de vous arrêter au premier mot qui vous choque un petit peu, et d'enchaîner de celui-ci tout un développement propre à dévier du sujet.
Puis-je vous suggérer de vous inspirer de l'attitude de Dianne, en réponse à ce même commentaire "antisuicide" que vous n'avez pas encore lu?
Je suis assez d'accord avec Axel en ce qui concerne le "suicide". Il s'agit plutôt pour moi d'une pléthore de pouvoir, à connotation sexuelle, phallique, chez un homme qui n'a plus respecté aucune limite, ébloui par son prochain sacre, lequel sacre avait été soigneusement préparé par une foule de fidèles. Si ce qu'a rapporté l'équipe de vol de l'avion où il a pris place est vrai, cet homme là s'est tout simplement comporté comme la grenouille de la fable.
Ceci n'exclut pas cela.
Que ledit DSK se soit senti pousser des ailes, se croyant tutoyer les anges (s'il y croit) au-dessus des lois et des hommes, et que le voilà aujourd'hui bien marri, craquant de toute part comme la Grenouille de la fable ou la Perrette du Pot-à-lait, soit. C'est un fait incontournable.
Ce qui me paraît interressant à relever ici, après la belle démonstration de Dominique G Boullier, c'est qu'un tel comportement, de la part d'un homme aussi intelligent et entouré, est tout bonnement incompréhensible. Je peux concéder que les États-Unis avaient intérêt à le piéger et ne lui laisser rien passer (la thèse du complot de ce point de vue est tenable au regard de ceux à qui profite l'événement)... Mais DSK se savait surveillé, il avait confié quelque temps auparavant à Libération qu'il s'imaginait faillible en matière de femmes ; donc, nous pouvons le supposer vigilant à ne pas tomber dans le panneau.
Eh bien, non !... S'il y a eu piège, il y a cédé comme un débutant. En cela, je m'accorde avec les féministes qui dénoncent la toute-puissance du phallocrate, sa profonde abjection et celle de ceux qui le soutiennent, même au nom de leur amitié, pourtant au moins trompée, sinon complice.
Mais l'impunité machiste à la Berluconi ou à la Kadhafi n'explique pas (pas totalement, pas entièrement) ce geste.
Et là, ajouter la thèse du suicide politique à toutes les précédentes me paraît, non seulement tenable, mais particulièrement intelligent, car cette thèse plonge dans les inconscients de tout un appareil qui fonctionne de la sorte, au-delà même de l'individu ou de son leadersheap. Elle permet aux citoyens, également, de se préparer à d'autres événements, sur d'autres plans (le film de Michel Deville : Dossier 51 prend soudain aujourd'hui le sens d'un sérieux avertissement dans cette perspective de la personne politique piégée par ses propres démons, ses propres fantômes).
En quoi cette thèse serait-elle si "(ir)responsable" du scandale auquel nous assistons ?.. En quoi faudrait-il l'évacuer ?.. En quoi ne pourrait-elle pas apporter sa part d'explication, non exclusive des autres, à l'événement ?... (événement qui, reconnaissons-le, est tout de même empli d'une particulière aura de mystère : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? »).
Tenir pour sérieuse la thèse du suicide politique n'invalide pas les autres approches. Elle complète des zones d'ombre encore mal compréhensibles, du moins pour le simple citoyen lambda que je suis. Et si d'autres ont une seule vérité à asséner (qui le complot, qui l'attentat aux femmes, qui la prévarication des medias, qui l'exploitation éhontée des masses laborieuses...), ma foi, qu'ils édictent leur seule et unique Vérité majuscule.
Pour ma part, si perspicaces et si sages que nous pourrions être, et dotés de la meilleure des sensitivités possibles, je reste convaincu qu'il faut bien autre chose qu'un seul point d'appréhension pour identifier un éléphant, si nous ne sommes (et nous le sommes, de fait) que de misérables aveugles.
Jean-Jacques M’µ
Jean-Jacques,
votre "thèse du suicide" ressemble à celle que j'avais du "manque permanent de motivation" de DSK, ce depuis 2006 et 2007, quand il laissa Royal faire le hold-up de la Présidentielle, quand ensuite il semblait toujours aussi dilettante, toujours aussi distant, pour celle de 2012 qui pourtant se précisait.
Vous voyez donc que nous l'avions envisagée, tout comme vous, et parce que tout comme vous nous sommes capables d'envisager de front plusieurs approches en même temps, parmi lesquelles les plus valorisantes.
"le supposer vigilant à ne pas tomber dans le panneau. Eh bien, non !... S'il y a eu piège, il y a cédé comme un débutant"
Là où j'insiste auprès de vous, c'est que vous êtes apparemment incapable de concevoir à quel point ces gens peuvent être stupides, basiques, faire des conneries grosses comme des maisons.
Vous n'envisagez pas une seule seconde qu'un DSK puisse être un pauvre gros con pas malin.
Et la raison pour laquelle vous ne l'envisagez pas, c'est le camouflage, le vernis civilisé et policé, bourrage de crâne dont vous êtes rempli, dont nous sommes remplis. Ils ont passé toutes leurs vies, de pères en fils depuis deux-cents ans pour les Notables (et bien plus longtemps pour les Nobles), à nous faire croire qu'ils sont si beaux et si intelligents et si sensibles etc etc etc
(alors que ce sont des singes savants, voir leurs "brillantes" études dans les Grandes Ecoles, où on peut réussir en ne fonctionnant que sur la mémoire, sans aucune intelligence, à la manière d'un ordinateur...).
C'est une soumission de la pensée et de la perception, soumission à ce qu'ils espèrent pour perpétuer leur système.
C'est le système féodal, "not' bon roi et on l'aime", mais perfectionné, soit-disant "démocratisé".
Capable de percevoir leurs outrances, je le suis, je crois. Je peux à la rigueur vous donner un tantinet raison sur ma supposée incapacité, en considérant que j'ai eu à essayer de sauver une relation amoureuse trois ans durant avec quelqu'une de ce monde-là qui nous considère Shéhérazade de banlieue, pas moins. Mais c'était une tentative maintenant dépassée, et alors aveuglée par des sentiments que je croyais partagés. D'ordre personnel, en un mot, et qui n'ont pas plus de place dans ce débat, soit dit en passant, sauf à vous répondre de ma seule expérience.
Pour les avoir fréquentés, je les crois aussi rustres et indélicats que n'importe lequel d'entre nous. Car je ne connais pas non plus dans nos rangs, entre enseignants, entre militants, entre cultureux, entre culs terreux, tellement de différences (de ces différences-là que j'ai essayé de fuir ou de tenir à distance de ma propre vie, mais, quoi ?... vivre seul, j'en suis incapable, pour ma part). J'ai dit, durant ce débat de lundi dernier au TEP, à quel point j'ai pu me sentir humilié moi-même d'avoir pu être dans des passés pas si lointains le collègue, le voisin, le compagnon de lutte d'hommes indélicats, arrogants, cuistres, séducteurs à la petite semaine.
Reine Prat a produit deux rapports sur la parité dans le monde culturel (en 2006 et en 2009), où elle révèle que plus de 90 % des affaires culturelles sont des affaires d'hommes. Et je n'ai pas vu l'attitude des hommes changer (suivez mes commentaires au sujet d'Olivier Py à l'Odéon : la mysoginie est la marque de nos sociétés si cultivées où l'on donne du très britisch « Baise-moi, tue-le ! » et du « Tu souffres, je t’adore ! ».
Bon !... Je vous accorde que la phallocratie est la chose au monde la mieux partagée (et je ne suis pas toujours certain d'en être exempt, moi-même, après tout je suis d'éducation hispaniste, et les querelles sur la tauromachie me mettent assez mal à l’aise sur la raison rationnelle que je donne aux abolitionnistes et les contradictions que ça provoque en moi, et si on se réfère au conditionnement décrit dans Orange mécanique, vous trouverez une des explications possibles de cet état d'esprit pas toujours si clair dans nos comportements et dans nos fascinations spontanées. On se soigne, aussi, ne croyez pas.
Mais nous ne sommes pas les premiers responsables. Non.
Et rien ne permet de dire que ces personnes qui nous jugent pour nos failles ou nos faiblesses (nos "fragilités" dit-on à propos de DSK, la belle affaire !) seraient moins responsables de cet état de fait s'ils sont à ce point très au-dessus de la mêlée. Franchement : des "gros porcs", j'en ai vu partout, partout, partout : chez de jeunes garçons, chez de vieux retraités, chez des travailleurs, chez des rentiers, chez des avocats, chez des médecins, chez des anars, chez des troskistes, chez des socialos, chez des communistes, chez des Verts, et même, oui, le comble : chez des femmes elles-mêmes !...
Jean-Jacques M’µ
Cher JJMU, loin de moi l'idée d'imaginer que je détiens une vérité. C'est en parlant avec des hommes que m'est venue "l'hypothèse phallique". Qui met en avant l'affirmation du pouvoir plus que le désir de s'auto-détruire, auquel j'avais tout de suite pensé. Le problème, c'est que quand une personne fait une chose stupide et monstrueuse, nous sommes désarmés et perplexes. Nous projetons notre propre monde psychique sur elle. Or qui parmi nous peut se mettre à la place d'un homme de pouvoir et d'argent, habitué à faire tout ce qu'il veut, s'étant sorti de situations limites (MNEF)? Un homme qui a commis des imprudences sans être sanctionné professionnellement et sans perdre l'amour de sa compagne et la confiance du PS (relation au FMI)? Cet homme a une relation sexuelle avec une femme de chambre. Il n'a sans doute même pas pensé qu'elle allait se plaindre d'avoir "plu" à ce maitre du monde?
Bonsoir Art Monica,
L'hypothèse phallique est... comment dire... évidente. Là !... Oui. Incontournable. Personne ne peut l'ignorer. Soit.
Mais elle ne contredit pas l'hypothèse du suicide, surtout depuis les mouvements féministes des années 1970 qui ont axé l'action des femmes sur les terrains juridiques.
Je m'explique.
Dans cette génération d'hommes, dans celle qui a précédé et dans celle qui a suivi, la loi s'est installée, parfois péniblement, mais elle s'est imposée. Ce qui fait qu'à la loi du patriarcat jusqu'alors omnipotent, s'est progressivement subsituée une loi égalitaire, paritaire entre les genres, certes encore perfectible, mais l'affaire DSK révèle que ces lois sont acquises à présent : pas un de ces rustres qui se sont exprimés n'ont osé soutenir longtemps l'idée qu'une femme méritait le traitement subi par Nafissatou Diallo.
De ce point de vue, et c'est là que réside la monstruosité qui laisse perplexe : le machiste ne se montre plus de manière si évidente (sauf s'il est aussi con que Berlusconi). Le machiste laisse banaliser ses "petits travers" et charge son entourage de faire taire les velléités de protestation, au nom de l'efficacité, au nom de la fascination, au nom de ce qu'on voudra. Et le système tient. Pour DSK, il a tenu jusqu'à ces derniers jours.
Là où l'hypothèse de Dominique G Boullier me paraît éclairante d'un jour nouveau, c'est que ce machisme si bien protégé, c'est l'intéressé lui-même qui ne l'a pas protégé, c'est lui-même qui l'a déglingué, ce système si bien rôdé !...
Cette fameuse inconscience dont vous parlez, si ce n'est pas le rentre-dedans du suicidaire, ce serait quoi ?... dites-moi ?..
Ma grand mère (mère de mon père) réfugiée de la guerre civile espagnole et dont la vie seule mériterait un véritable roman disait (en castillan) :
« Les femmes épousent les hommes en croyant qu'ils changeront. Malheureusement, ils ne changent pas. Les hommes épousent les femmes en croyant qu'elles ne changeront pas. Malheureusement, elles changent. »
Vous, vous me dites, au nom de l'hypothèse phallique, « Chassez le naturel, il revient au galop !... » Je ne saisis pas trop la différence entre vos deux paroles, sauf que, moi, en tant que mec, j'ai intérêt à me surveiller. Pour deux raisons. L'une bonne, l'autre mauvaise.
La bonne raison : c'est que le mouvement égalitariste qu'est le féminisme est porteur non seulement d'avenir, mais, encore, il est une proposition de vie à laquelle j'adhère pleinement... Raisonnablement.
La mauvaise raison, c'est que mon éducation et mes réflexes conditionnés (les soit-disant "pulsions") sont à maîtriser si je ne veux pas me suicider aussi connement que DSK et Berlusconi, voilà tout. Là, il y a une part de cynisme en moi qui me fait recourir au pari pascalien. Mais rien n'est jamais acquis : la preuve par DSK interposé. Ses vices cachés, ses vertus publiques. Son suicide.
Jean-Jacques M’µ
@ JJMU,
L'inconscience, la négligence, ont eu un résultat qui peut être vu comme "suicidaire". Mais ils n'avaient pas nécessairement ce sens-là pour la personne, à un niveau conscient ou inconscient.
Le suicide est un désir de mort. S'agit de cela ici? Cet homme a défié quelque chose, quelqu'un ou une part de lui-même au Sofitel. A quitte ou double. Il pouvait s'en tirer comme d'autres fois, sans anicroches (la toute-puissance). Ou ne pas s'en tirer, comme, peut-être, cela ne lui était jamais arrivé. Il a trouvé le point d'arrêt de la Loi pour la première fois dans ce domaine.
Quoi qu'il ait fait ou n'ait pas fait, il est désormais confronté à la Loi.
S'il a violé une femme et qu'il gagne le procès, aux USA qui plus est, il aura pleinement réussi son défi.
Aussi étrange que cela nous paraisse, peut-être que cet enjeu-là était plus important que la présidence de la république. Nous ne pouvons pas savoir.
Ok.
Je nuancerai donc mon propos en disant non plus "suicide", mais "pari".
Non, mieux : "jeu risqué" !...
Non, encore mieux : "roulette russe".
Là, je crois que nous tombons d'accord.
Non ?..
Il a joué à la roulette russe.
Jean-Jacques M'µ
Oui, Jean-Jacques, c'est une roulette russe. Avec un enjeu faramineux... Non pas la mort ou la vie, mais autre chose, qui était déjà en jeu dans la quête sexuelle compulsive. Défier la castration, et lui échapper?
J'y reviens.
Le fil de discussion de Dominique G Boullier répond à certaines de ces questions que vous posez, sur le désir de mort, sur la pulsion sexuelle, sur le ratage à la Lacan, etc.
C'est, de mon point de vue, assez pertinent, car on envisage des moteurs, des élans, et qu'on ne se cantonne pas au psychologisme, pas plus qu'on ne cède aux tentations des statistiques dès qu'on voudrait réfléchir aux comportements de groupes. Là, l'aspect archaïque, quasiment jungien, éclaire dramatiquement, tragiquement, la situation. Et l'homme de théâtre peut soudain entrevoir ici quelques pistes sur une élucidation possible des moments que nous vivons.
DSK: la jouissance et la mortJe vous invite à vous y reporter. C'est époustouflant.
Jean-Jacques M’µ
@Axel Pas mal d'accord avec ça, bien que l'on ne puisse savoir exactement quels sont les ressorts personnels de types qui sont capables de se fourrer dans pareil guêpier. Autant d'excès d'honneurs, autant d'indignité, et pour quoi au bout du compte ?
Si DSK n'était pas innocenté avant l'élection éventuelle de Ségolène Royal, sait-on qui elle prendrait à la place comme premier ministre ? Sans doute pas Georges Tron, certes. Mais pourquoi pas Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir ou Henri Emanuelli ?
Cordialités trotskystes
Bonjour cher néo-ligueur inspiré. Le sujet du billet vous donne l'occasion de faire coucou à la fenêtre mais pouvez vous préciser votre pensée ?
C'est Martine Aubry qui avait le poste de première ministre promis en échange de son soutien à DSK.
Boddi le sait, et il n'a pas de "pensée", autre que tenter de noyer ce fil de discussion en se servant d'un des mots les plus émotionnels donc démobilisateurs, le mot "Royal", quasi-pavlovien, parfait pour troller...
AxelJ vos infos datent de quand s'agissant du premier ministre de Segolene Royal ?
Dans la presse stipendiee, sans que la candidate ne demente aucunement, on a ecrit que Royal avait declare en decembre dernier que du fait de la crise DSK serait le meilleur premier ministre pour la France et qu'il etait egalement son choix a elle. Facile à retrouver sur Google.
Je m etonne que Royal ait voulu par la suite d'Aubry comme premier ministre et j'attends avec curiosite vos sources sur ce point.
Cordialites trotskystes
Tiens, Boddi écrit de temps en temps sur clavier "anglo-saxon", comme le prédédent commentaire... Il a peut-être été faire un petit tour au Sofitel yankee...
Même si le clavier change, la non-pensée trolloïde est toujours dominante chez ce brave "trotskyste" de comptoir.
Pour en revenir au sujet, la thèse du "suicide plus ou moins inconscient" est, si j'ose dire, séduisante, mais encore une fois, elle présuppose la culpabilité de DSK qui est loin d'être établie.
Tous ces fils sur DSK mettent systématiquement la charrue avant les boeufs.
PS - Allez, pour détendre l'atmosphère, voici une vue de la salle de musculation de la masure nouillorquaise de DSK, avec l'impétrant en train de s'entraîner...
Il serre les fesses, visiblement.
Tout ça fait nettement avancer le débat, avec élégance qui plus est.
Et donc la vie politique française, après la tornade ?
Les femmes y auront-elles leur place de droit ou pas ? La question reste posée si l'on s'en tient aux tractations sanglantes pour les sénatoriales...
Ouais bon, les femmes victimes d'abus de pouvoir. Mais elles n'ont qu'à se tenir à leur place, hein ? En boucle, ad lib...
Et apparemment, cela n'intéresse pas grand monde, tout le débat se focalisant sur la personne de DSK et non sur le vrai sujet de la rencontre Mdp qui était : et après ?
Après la tornade, certains rêvent du Grand Soir, de l'écroulement des nations, de la prise du pouvoir par le peuple. Rêvons. C'est bon. En attendant, des élections approchant, il nous faut prendre quelques initiatives. Et exiger des candidats: - la fin du cumul des mandats, l'instauration de la proportionnelle, la reconnaissance du vote blanc. - l'obligation pour le personnel politique qui nous représente de respecter un devoir de réserve dans leur vie privée. Comme tous les fonctionnaires! Cette réserve consiste à éviter des comportements borderline qui aboutissent à des mensonges, des corruptions... - la mise en oeuvre d'une démocratie horizontale, participative. - le respect de la constitution qui prône l'égalité des hommes et des femmes, par des mesures incitatives, dans tous les lieux sociaux.
D'après l'idée que se font certains hommes de la démocratie horizontale, peu probable que votre dernier point soit une priorité pour eux. Je plaisante évidemment mais si peu... On entend le grand silence frisé dans les allées du pouvoir. Et au fond des assemblées et autres hémicycles, l'écho répond "au suivant !" ...
Dianne vous aurez fait un sacre progres quand vous reconnaitrez que des femmes peuvent etre aussi betes que des hommes. Par exemple pour soutenir Ben Ali on trouvait autant de femmes de droite que de gauche.
Cordialites trotskystes
Ah mais c'est sans rapport avec le sujet du billet ! Ceci dit bien sûr que la bêtise est la denrée la mieux partagée. Ben Ali n'était pas soutenu par quelques hommes ? On m'aurait menti ?
Dianne autant je suis d'accord avec vous sur l'evidence de discriminations pesant sur les femmes, autant votre guéguerre hommes/femmes me parait ridicule. Sérieusement Sarkozy opéré deviendrait une "victime" de son nouveau sexe qu'il faudrait soutenir ? Et quid de Martine Aubry, de Marine Le Pen ?
J'ai été bien seul sur "Mediapart" pendant les deux premiers jours à signaler que la victime présumée de l'agression du Sofitel était la femme de chambre et non DSK. De son côté Royal n'a fait qu'exprimer sa sympathie pour la famille de son futur premier ministre putatif, à l'exclusion de la moindre parole pour la victime présumée. Et pourtant je suis un homme et Royal est une femme, que dis-je, LA femme, à vous lire. Vous en déduisez quoi ?
Cordialités trotskystes
Mais où êtes vous allé chercher ça ? Quelle guéguerre ? Quel rapport avec le sujet ? Kèsse cé c'tembrouille ?
Il ne s'agit pas d'affrontement générique H-F avec décompte des points et photo du vainqueur sur le podium.
Il s'agit du champ politique. Et de la place qui est faite aux uns et aux autres. D'une manière générale. Pas spécialement les têtes d'affiche actuelles. Et du comment et du pourquoi il y a des cadavres dans les placards sur ces brûlants sujets. La question centrale du débat était : on fait comment maintenant ?
"Des femmes peuvent être aussi bêtes que des hommes."
Et vice-versa...
Cela dit, un bon point pour ces dames : Boddi n'a pas d'équivalent féminin sur Mediapart.
Cordialités paritaires.
si elle existe, elle a au moins l'intelligence de se taire.
J'embraye sur "et après", Dianne, et sur ce que j'en ai entendu au hasard de mes proches et amis.
En un mot ça se résume assez à se demander maintenant qui des deux "on aura" entre Aubry et Hollande.
En un mot: médiacratie, encore et toujours.
Pour que les femmes prennent leur place, apparemment il faudrait déjà qu'un bourrage de crâne télévisuel ou l'autre le leur suggèrent...
média-cratie, auto-cratie, géronto-cratie... rien de neuf.
Déjà à Athènes, le Sénat était un boulê et l'assemblée des citoyens une une église (ecclésia).
On tourne en rond depuis des millénaires.
Oui mais avec des hauts et des bas. En ce moment on est revenus en bas, et c'est une course de vitesse qui se joue entre les voleurs et les dormeurs, mais il y a bel et bien espoir, il y a bel et bien des signes.
Y en a des qui semblent regretter le temps des Amazones...
Plus sérieusement, des âmes à zone.
Quoique tu en dises Dianne, je retiens l'option de la démocratie horizontale participative.
Fermement
On ne pourra pas faire sans.
Autour de moi, les copines ont l'air d'accord. ça approuve sec.
"la démocratie horizontale participative."
A Draveil ?
Ce serait le pied...
On voit bien que le sujet qui appellerait des développements citoyens sollicite pas mal au dessous de la ceinture les inquiets et les suspicieux.
Bref, y'a du boulot.
Courage, Dianne.
Parfois un peu chahuteur, mais ni inquiet ni suspicieux.
Un peu impatient, même.
On le serait à moins...
V'la deux mille ans qu'ils nous font croire, que ça n'va pas durer toujours...
Tous les débats organisés par "Mediapart" sont aussi nuls, ou il y a eu des exceptions ?
Je me souviens du débat grotesque annoncé entre Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme sur l'affaire Karachi, où évidemment ni le regretté "Bakchich info" ni "le canard enchaîné" n'avaient été conviés puisqu'ils ne croient pas au lien entre financement de la campagne de Balladur et attentat 8 ans après. Le terme "débat" lui-même revêt une connotation pornographique dans ces conditions.
Cordialités trotskystes
Ben oui, nuls. Puisque nous guettons à chaque fois vos lumineuses et roboratives interventions et que nous sommes toujours déçus : pas de Boddi sur le pré... Damned, le monde contemporain en pleure de frustration.
Sans compter l'avenir radieux qui ne sait plus où il est.
Tribune sur Rue89 de Sihem Habchi, présidente de NPNS, intitulée “Faut-il un sexgate pour que les partis excluent certains élus?” :
http://www.rue89.com/2011/05/28/faut-il-un-sexgate-pour-que-les-partis-excluent-certains-elus-206430
Agression sexuelle, viol et séquestration, ces crimes graves sont minimisés tous les jours en France par l'intelligentsia et une certaine classe politique. Les propos tenus par ces derniers sont d'une rare violence. Le principe de présomption d'innocence doit être respecté mais certainement pas aux dépends des droits de la victime ; une femme ou un homme qui dénonce une violence est reconnu par la société comme victime.
L'équipe de Ni Putes Ni Soumises
01 53 46 63 00
www.npns.fr
www.facebook.com/niputesnisoumises
Il a déjà eu lieu mais comme toujours, les contingences partisanes primeront sur les contingences de l'éthique.
Sihem Habchi, invitée récemment aux "Rencontres de l'identité républicaine" a tenté de faire passer le message : "Je vous en supplie, ne lâchez rien ! Battez-vous arguments contre arguments !" Il s'agissait alors de laïcité. Mais qu'en est-il d'un combat faussé d'avance quand tous les arguments "égalitaires" ne concernent que le masculin pluriel ? Le père de tous les combats devrait être celui du respect et de la parité. Le reste coulerait de source.
Je dirais même " la mère de toutes les batailles ", Dianne...
Euh ?... Je ne comprends pas bien, Dianne...
Le masculin pluriel ?... DSK et tous ses porte-voix, son luxe infamant, ses détectives lancés aux trousses d'une femme dont les attendus du tribunal disent qu'elle est sa victime (et il y a même des femmes qui s'insurgent contre elle, en la réfutant avec l'eau du bain de son prétendu "victimat", allons donc !...).
Je ne comprends pas très bien ta sortie, là.
Je reste, comment dire : sans voix. Tu vas me dire, j'espère ?
Jean-Jacques
Je veux simplement dire que rien ne sera possible en matière de disparition des discriminations tant que la plus importante d'entre elles ne sera pas au coeur des transformations républicaines. Hommes et femmes à égalité dans la construction politique du vivre ensemble. Le reste coulera de source (bis).
100 % d'accord avec Dianne.
Permets moi une précision sémantique significative: ce n'est pas le masculin, le problème. Avec Zéro masculin on sera mal.
C'est la domination du masculin. La définition erronnée du masculin. La putain d'angoisse existentielle des mâles.
Mais je l'entendais bien ainsi. Il n'est pas question de partir en croisade énervée pour reproduire les mêmes comportements imbéciles que les tenants actuels de la pouche !
Cela ne rimerait à rien. Remplacer une oppression par une autre, la belle affaire... J'utilisais le terme "masculin pluriel" pour signifier que tous les combats contre les discriminations sont finalement des combats hypocrites tant qu'ils ne posent pas en préalable la parité des "bénéficiaires" potentiels du changement des mentalités.
On en est loin. Exemple : un clandestin qui maltraite sa femme, je dis que c'est un sale con. Et il ne mérite pas que je me démène pour exiger qu'il prenne toute sa place dans la société où il vit. Un SDF qui brutalise sa compagne d'infortune, idem. La seule chose que je puisse faire c'est d'exiger de la justice qu'elle intervienne dans les deux cas pour que cesse la maltraitance (inutile de rêver, pour les femmes, c'est double peine, d'office...) Et on peut extrapoler : ces révolutions, espérons qu'elle verront l'avènement de sociétés plus respectueuses de la moitié de l'humanité... Sinon les dictateurs auraient pu rester au poste. Quelle différence au fond ?
C'est la vieille histoire de la femme du prolétaire, encore plus exploitée que lui, et par lui.
.
Ce que tu dis, Dianne, ça me rappelle l'été dernier. Au moment de la chasse que le gouvernement faisait aux Rroms. Par l'intermédiaire de la CAF au niveau national, les associations de logement social ont cru bon de s'interposer pour leur éviter l'expulsion en proposant un "deal" à ceux d'entre eux qui voulaient rester en France : qu'ils s'engagent à scolariser leurs enfants dans la commune du logement qu'on leur offrait et à prendre le premier boulot venu dans un périmètre proche... La clause paraissait légitime et tenable... Des étudiantes en droit social (étudiantes pas nécessairement féministes, je précise) s'émeuvent du fait qu'il n'y a aucune mention sur les femmes, les épouses, les mères, les filles... Il leur est répondu qu'il ne faut pas perturber l'identité des Rroms !... La sédentarité et le travail, ça ne perturberait pas un Rrom, mais un statut pour la femme, oui ?...
Jean-Jacques M’µ
Voilà.
L'oppression contre les femmes est la chose la mieux partagée au monde.
On peut tout de même tenter d'aller à contre-courant. Ce n'est pas un combat si perdu d'avance, la preuve : depuis 1970, les lois ont plutôt bien évolué, encore que nous reconnaîtrons tous qu'il reste beaucoup à faire, notamment en matière de parité (Tu as lu les deux rapports, en 2006 et 2009, de Reine Prat au ministère de la Culture, sur l'égalité des droits : plus de 90 % des affaires culturelles sont des affaires d'hommes !... Pas moins !... quand on croirait l'industrie ou le commerce plus phallocentrés, eh bien on se trompait, vois-tu : les cultureux sont encore plus ringards que les culs terreux de mes origines.).
Reine Prat :
- juin 2006 : Accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/prat/egalites.pdf
- mai 2009 Accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité - n°2 De l'interdit à l'empêchement. http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/egalite_acces_resps09.pdf
Olympe, reviens ! ils sont devenus fous !
Jean-Jacques M’µ
Je viens de revisionner "Léon et Thérèse" de Goretta, avec l'immense Claude Rich. Un plaisir et une douleur. Tant rien n'a changé, tant rien ne changera, les mêmes forces étant à l'oeuvre pour la même action délétère en coulisses.
Blum s'adresse à l'Assemblée : "Messieurs !"
Ben oui, "messieurs"... Il avait inclus trois femmes dans son gouvernement mais ce ne fut pas sans mal. Cécile Brunschvicg ("intelligente, pour une femme"), Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie.
Quant à leur donner le droit de vote...