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Vers un autre "Munich" ?

Parce que le "mur" est loin d’être tombé dans le Caucase. Parce que ce qui s’y passe nous concerne tous, voici une tribune publiée dans le monde ce 22 septembre, signée notamment par les leaders historiques de Solidarnosc.
Le test géorgien, un nouveau Munich ?
http://www.betapolitique.fr/Vaclav-Havel-Daniel-Cohn-Bendit-38100.html
Alors que l’Europe commémore la honte du pacte germano-soviétique et des accords de Munich et s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une question s’impose : avons-nous retenu les leçons de l’Histoire ? Sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd’hui les erreurs qui ont à ce point assombri le XXe siècle ?
Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d’apprendre à agir autrement dans le présent et l’avenir. En Europe même, force est de constater que l’Histoire n’est pas finie et qu’elle demeure tragique. Vingt ans après l’émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie. Définir une stratégie active
Il s’agit d’un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d’un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale ? Tolérera-t-on l’annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance ? Pour que les commémorations historiques qui s’annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties qui composent l’Union européenne à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.
Nous n’appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou ni ne souhaitons le moindre retour à l’atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu’il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel. Alors qu’une commission, mise en place par l’Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s’apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d’un passé pas si lointain.
Tout d’abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n’accepte pas l’indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d’avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu’il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante, qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle.
Ensuite, l’absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l’agression et au démembrement d’une nation amie, si petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves. L’Union européenne fut fondée en réaction à l’esprit de capitulation de Munich et face à la mise en place du rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd’hui qu’elle paraisse avaliser le retour de conduites qui plongèrent l’Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l’avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos oeuvres, la réunification pacifique du continent européen.
Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.
Article paru dans l’édition du 23.09.09.
- alineUn article issu de : Le Monde
À voir en ligne ici : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/22/le-test-georgien-un-nouvea (...)


Tous les commentaires
Incorrigibles, tout de suite les grands mots, et dénaturés complètement !
Merci pour la blague, Dianne.
Tout sauf une blague cher ami. Mais la parole est libre, comme dit l'autre. Il est de bon ton ces temps-ci de ringardiser les principes. Au risque de faire de l'oubli la matrice de futures grandes déconvenues. On n'apprend jamais rien, paraît-il.
Quels principes? Quelles annexions?
Visiblement, les conclusions du rapport ne vont pas de le sens de ce que ces personnalités auraient souhaité ou de leur propos tenu à l'époque.
Allons-nous apprendre que Mikhail Saakashvili et son gouvernement ont fait feu les premiers et ont tué massivement des civiles désarmés ? Quel bel exemple de démocratie...
Le bon vieux principe de l'intégrité territoriale, par exemple, dans les frontières reconnues par les institutions internationales. Ce serait déjà pas mal. C'est curieux comme ce qui apparaît scandaleux ici (Proche Orient) n'empêche pas de dormir ailleurs (Caucase).
Vous voulez certainement parler de ces territoires qui furent "joints" à la république soviétique de Géorgie par Staline?
Que Saakachvili ne soit pas un ange, c'est certain. Qu'on en prenne prétexte pour justifier ou même tolérer le démembrement de la Géorgie est un peu inquiétant, du point de vue des principes, comme l'écrit Dianne. Quand de plus on considère la disproportion du rapport des forces militaires et le nature du régime russe, le parallèle avec Münich n'est pas hors de propos.
Mais il est bien connu que N. Sarkozy, lorsqu'il présidait l'UE, a su régler le problème en arrêtant les chars russes à la seule force de ses petits bras. Et puis la Géorgie, c'est loin, n'est-ce pas... Dormez braves gens.
Quand on a un voisin aussi énorme, aussi éternellement/infiniment "ogre", aussi éternellement menaçant, on ne peut qu'être poussé à se mettre dans son tort un jour ou l'autre...
Poussés à la faute. Et comment faire autrement!?
Je ne sais pas si l'approche biélorusse, qui est une inféodalisation permanente, peut être satisfaisante par contraste?
J'en doute fort!
Perso je ne connais pas cette partie du monde, mais je sais par mes amis estoniens ou lettons, et je le sais aussi par ce que j'ai entendu en maintes occasions en Pologne et en Tchécoslovaquie (ça date un peu? eh non...), qu'on ne peut pas être un petit voisin de la monstrueuse Russie, sans que sa propre existence même soit vue comme un éternel dilemme...
Ça ne "date" pas tant que ça Axel J ! Et c'est bien là le problème du point de vue de certains signataires. Comment croire que les galops d'essai dans le Caucase suffiront à "l'ogre" ? Mais c'est sûr qu'il est plus facile de s'en prendre à d'autres moins musclés et moins dispensateurs de gaz. Quand il s'agit de défendre les "minorités" en danger, on constate que la prudence augmente singulièrement avec la taille de l'agresseur.
Paris, le 1er novembre 2009
Communiqué
FAIRE TOMBER LES NOUVEAUX MURS DE L'EST
RASSEMBLEMENT DIMANCHE 8 NOVEMBRE, 15H, MAIRIE DU 3ème ARR. DE PARIS
A la veille du 20ème anniversaire de la chute du mur du Berlin, le collectif FreeCaucasus (<http://www.freedomcaucasus.com> ) et de nombreuses organisations européennes rappellent que le mur n'est pas tombé pour tout le monde.
Un mur s'érige en Géorgie. La Tchétchénie vit sous une chape de plomb. Les droits de l'Homme sont bafoués en Russie.
Le combat que Solidarnosc a mené il y a deux décennies continue pour toute une partie des Européens.
Le 23 septembre, de grandes figures politiques et intellectuelles ont lancé un appel dans les principaux quotidiens européens <http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/2009-09-22/vingt-test-georgien-728726.shtml> ).
Le 8 novembre, de 15h à 18h, devant la Mairie du 3ème arrondissement de Paris (rue Eugène Spuller, métro Arts et métiers) la sonnette d'alarme est une nouvelle fois tirée.
Les Européens franchiront symboliquement les murs de l'Est et porteront un toast caucasien à la liberté.
Ont répondu à cet appel les organisations SOS Racisme, la Maison de L'Europe et d'Orient, L'Association des Géorgiens en France, Le Comité Tchétchénie, L'UEJF, Les Jeunes Européens, la Confédération étudiante, Le Collectif 28 septembre, Ukraine Art, FreeCaucasus, ainsi que de nombreuses personnalités de tout bord politique.
Au programme : prises de paroles, exposition de photographies de l'Agence Magnum, projection de film et de multiples surprises.
http://www.mairie3.paris.fr/mairie03/jsp/site/Portal.jsp?document_id=14538&portlet_id=853