
Thématiques du blog
CD . DVD . Nicolas Sarkosy . Peer to peer . Piratage Internet . musique . oeuvres . projet de loi . téléchargement . web social
Partager
Augmenter
Réduire
Pirates des Danaïdes
18 Juin 2008
Par
Aeolink
Ne pourrait-on pas imaginer une base de rémunération réaliste pour les artistes créateurs:
- qui les respecte EUX en premier, et non pas les parasites qui se sont greffés autour d'eux?
- qui ne ne prenne pas le public pour une vache à lait?
-qui accepte la diffusion libre de l'information comme un fait acquis par l'humanité, et non pas comme une tare produisant en permanence une armée de délinquants?


Tous les commentaires
Bonjour, Il me semble que quand vous parlez du public de suiveurs, vous confondez deux catégories de gens : ceux qui achètent en supermarché ne sont pas les mêmes que ceux qui piratent des artistes plus confidentiels. Maintenant, je vois beaucoup de gens qui proposent des systèmes de type licence globale ou autre comme alternative à la distribution classique. Il me semble que c'est une erreur. - La distribution classique (vente de CD) est un marché où l'offre est limitée (par le nombre de disques) et les gens vont chercher la valeur. Cela n'est plus vrai avec le principe de la copie numérique où l'offre devient surabondante. Le capitalisme ou la notion de valeur n'existent pas dans cette situation. C'est ce qui inquiète les majors : il n'y a plus de transaction à réaliser. Un économiste pourrait-il nous éclairer sur ce qui se passe dans le cas de la copie numérique pratiquement gratuite ? - La mise en place d'un système de type licence globale peut fonctionner dans le sens qu'elle va permettre de rémunérer quelques artistes. Néanmoins, en raison de l'abondance de l'offre, la politique de téléchargement de chacun est modifiée. Regardez les vidéos les plus populaires sur youtube : c'est du buzz, du meme, de l'engouement ... Mais rien de qualité réelle. Rien que l'on ne mettrait plus d'une journée à tourner. De plus les difficultés à mettre en oeuvre un système licence globale sont colossales ... Tout ça pour se retrouver avec de la cochonnerie marketing et un effet de concentration qui risque d'être encore pire. Je me suis abonné à Mediapart par ce que j'apprécie l'idée de payer pour avoir un flux d'information de qualité par des journalistes payés pour cela. On pourrait imaginer que Mediapart publie pour tout le monde ses articles au bout d'un certain temps, car les actualités deviennent obsolètes (qu'en est-il d'ailleurs ?) - ce que l'on paye c'est le flux de travail, pas l'article au détail. Pourrait-on trouver un modèle équivalent pour la musique ? - Un système de type radio payante ou sponsoring d'artiste ? "Payez pour participer au prochain album de ***" ... Je me suis abonné à une webradio payante une fois, c'est pas mal. Je trouve ça plus intéressant qu'un album. On peut discuter avec les DJs de leur sélection. - Une bonne solution existe déjà ... C'est le live ! Des idées sur ce sujet ? Comment se place Mediapart par rapport à la libre circulation d'information ?
Bonjour, Merci pour ces précisions. Je pense qu'il y a une chose qui va de soi également: - pour les jeunes pousses, ceux qui débutent, le partage (appelé "piratage") est certainement un plus. Il permet une multiplication exponentielle de l'audience, de se "faire un nom" à peu de frais, de pouvoir exploser rapidement quand la rencontre avec le public est là. Il permet aussi, alors, de pouvoir faire des concerts avec un nombre significatif de spectateurs, et de faire recette en pratiquant une représentation vivante de l'expression artistique. Avant l'invention du gramophone, il y avait déjà artistes depuis des siècles, et ils ne se plaignaient pas du piratage, comme étant la calamité les empêchant de vivre de leur art... - pour les artistes confirmés, ou les productions cinématographiques, le partage des œuvres contribue à activer un foisonnement culturel global dans la société; la plupart des adeptes n'auraient jamais pu se payer les CD, DVD ou séances de cinéma,correspondant à leur niveau de connaissance aujourd'hui réel. Ces œuvres ont souvent été amorties plusieurs fois et on déjà rémunéré leurs ayant droits, qui par ailleurs sont loin d'être dans la misère. Devraient-ils peut être se préoccuper du niveau culturel global de leurs congénères. Je suis heureux de rencontrer tous les jours des teen-agers écoutant du rap, et de la techno, tout en ayant l'immense chance d'avoir connu une (courte) époque leur ayant permis de découvrir Dylan, Neil Young, Johnny Cash ...ou être confronté par presque hazard à des films du cinéma italien.. Leur petit frère hélas n'aurait pas cette opportunité là? Voilà ce qui se passe dans le cas de la copie numérique pratiquement gratuite: un progrés vers la culture partagée, donc vers la civilisation. On tire les masses vers le haut. Que dirait donc notre économiste? Plus de connaissance, mieux répartie, plus d'échanges, moins de peurs par ignorance, moins de guerre, moins de souffrance et donc forcement plus de richesses... Quant à Mediapart, faisant payer sa production, celà pour moi coule de source: son contenu n'est pas de l"Art, mais de l'information, qui se doit comme garantie l'objectivité et l'insoumission à quelque pouvoir politique. (Surtout de nos jours, c'est une nécessité!..) En revanche, je ne pense pas que l'Art doive être payé "à la tâche", à la ligne, ou à la minute! Il est par nature transcendantal, et la rétribution ne devrait être, loin d'un but, une conséquence. Des milliers de personnes ont payé en ligne volontairement le dernier album de Radiohead, ou sont allé à des concerts de groupes qu'ils ont découvert sur le net. Ces pirates leur ont ensuite acheté de tout cœur des CD!