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La destruction méthodique de l'Education nationale
Lors de ses vœux destinés au monde de la connaissance et de la culture, mercredi 19 janvier 2011, le président de la République, a annoncé qu'il entendait poursuivre en l'améliorant la réforme de la formation des enseignants, « le chantier de l'avenir » indiqua-t-il.Il déclara plus loin, « Je pense qu'il faut que nous remettions sur le chantier les éléments de formation, passer des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) à l'université, passer d'un niveau licence à un niveau master ne suffit pas », puis « il y a toute la question de la formation pratique, je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'améliorer en permanence notre système ». Il est surprenant que N. Sarkozy reconnaisse lors de ses vœux la nécessité d'améliorer les dispositifs de recrutement des enseignants qu'il a lui même dangereusement fragilisé, en lançant le 2 juin 2008 une réforme majeure sans la moindre discussion avec les principaux acteurs concernés. S'agirait-il d'un aveu d'échec susceptible d'engager une réflexion en profondeur ou simplement d'un nouvel effet d'annonce sans lendemain, destiné à gagner du temps ? Le processus en cours sur ce sujet depuis son accès au pouvoir incite à opter pour la seconde partie de cette alternative, en voici les principales raisons.
- 1) Les enseignants pâtissent d'un dénigrement systématique. Le constat n'est pas nouveau. Quand il était ministre de l'Education nationale, de juin 1997 à mars 2000 C. Allègre, avait largement amorcé le phénomène par ses formules à l'emporte-pièce. La réalité des expériences conduites dans les établissements scolaires, les difficultés rencontrées par les enseignants dans leur pratique professionnelle passent à l'arrière-plan derrière le dénigrement des revendications présentées comme corporatistes ou la dénonciation des avantages « excessifs » dont ils seraient censés bénéficier. Le chef de l'Etat ne se vante-t-il pas de l'affaiblissement apparent des mobilisations enseignantes, le dernier exemple en date ayant été signalé le 26 janvier lors de son intervention devant le « premier cercle » des donateurs de l'UMP.
- 2) L'application depuis 2007 d'un mécanisme automatique de suppression de postes impose le dogme du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux comme le stipule la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Elle a conduit à la destruction des dispositifs de soutien qui avaient fait leur preuve tels les Rased, à des remplacements de plus en plus périlleux dans de nombreuses classes, à l'augmentation du nombre moyen d'élèves par classe à l'école primaire comme en collège et à la réduction de la scolarisation à partir de deux ans. Ceci n'empêche pas le ministre L. Chatel d'envisager sans sourire lors de sa déclaration du 23 janvier 2011, l'expérimentation de l'enseignement de l'anglais à partir de trois ans... Rappelons que 11 200 postes furent supprimés en 2008, 13 500 en 2009, 16 000 en 2010 et 16 000 suppressions sont de nouveau prévues au budget 2011. La découverte de nouveaux « gisements d'emplois » permettrait soit disant cette « rationalisation » sans heurts.
- 3) Pour palier aux inquiétudes que suscite la réduction des moyens, une agitation permanente laisse croire que l'on va mieux s'occuper des élèves en difficulté et qu'une meilleure organisation du temps de travail permettra de s'adapter aux besoins des enfants. Le passage à la semaine de quatre jours par X. Darcos en a constitué un bon exemple. Le récent rapport parlementaire remis le 9 décembre 2010 par la députée UMP M. Tabarot a malheureusement pointé toutes les fragilités du nouveau système et préconisé un retour à une semaine de quatre jours et demi. Il apparaît qu'avec 6 heures de cours par jour et 144 jours de classe, les élèves français ont les horaires quotidiens les plus lourds d'Europe.
- 4) La mesure la plus emblématique reste celle de la mastérisation de la formation des enseignants. Comme l'indique le ministère sur son site : « La mastérisation permettra l'élévation du niveau de recrutement et une amélioration de la qualité de la formation. Cette réforme instaurera le recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées au niveau master 2 (à bac +5) ». Personne ne pourrait s'inscrire contre une amélioration de la qualité de la formation des enseignants. Derrière cet argument de poids apparaissent néanmoins toutes les difficultés de la mise en œuvre. Oublions le fait que cette réforme lancée par la déclaration de N. Sarkozy le 2 juin 2008 fût initiée sans la moindre concertation préalable. Oublions l'obsession du ministère qui visait d'abord à supprimer les IUFM et à réduire la charge financière liée au paiement des fonctionnaires stagiaires. Insistons par contre sur la prétendue amélioration de la formation professionnelle. Lors d'une déclaration à la radio RMC le 12 février 2009, le ministre en charge de la réforme, X. Darcos avait indiqué : « Aujourd'hui (...) les professeurs passent un concours, ils sont mis dans l'Institut de formation des maîtres, où on leur apprend des théories générales sur l'éducation et de temps à autre, ils vont remplacer un professeur absent. C'est pas comme ça qu'on forme des gens. Autrement dit, ils sont sans arrêt devant un simulateur de vol. Alors que dans le système que je propose, ils ne seront pas dans un simulateur de vol ». Il s'agissait d'un mensonge éhonté. Le ministre, lui même enseignant, ne pouvait méconnaître le fonctionnement du système. Lors de leur année de fonctionnaire stagiaire, les futurs enseignants étaient devant des élèves : huit heures par semaine en responsabilité pour les lycées et collèges, un jour par semaine pendant trente semaines et six semaines complètes par an pour les écoles élémentaires. Ce dispositif présentait l'avantage de confronter les futurs enseignants à la réalité de leur activité professionnelle dans des conditions plus favorables que celles découlant de la mastérisation (envoi sur le terrain, avec trois semaines de formation pédagogique). Pour suppléer à ce déficit, le successeur de X. Darcos a trouvé la solution. Il s'agit d'un espace en ligne dédié à la formation des enseignants. Ils pourront ainsi au moindre coût, maîtriser les bonnes recettes pour « tenir leur classe ». Présenté le 26 août 2010, il ne constitue qu'un pis-aller en regard des difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés. Pour résumer, si le contenu disciplinaire ou didactique des nouvelles formations est assuré de manière satisfaisante par les universités, le volet professionnel de préparation au nouveau métier témoigne d'une réelle régression par rapport à la situation antérieure. Cette situation semble avoir été appréhendée par les étudiants. Selon les chiffres communiqués par le ministère de l'éducation nationale après les épreuves écrites, dites d'admissibilité, qui se sont terminées fin novembre : 21 000 étudiants ont passé les épreuves dans le second degré contre 38 249 lors de la précédente session ; ils étaient 18 000 dans le premier degré, contre 34 952 précédemment. Curieux, il s'agit pourtant d'exercer un métier ne présentant que des avantages et un temps conséquent de vacances...
- 5) Cette situation peut résulter de la baisse tendancielle des postes offerts au concours : en 2011, seulement 3 000 postes ouverts dans l'enseignement primaire contre 6 500 lors de la session précédente, 8 500 dans le secondaire contre un peu plus de 10 000. La stratégie devient clairement lisible, il est possible d'en imaginer la suite. Les masters étant dorénavant en place, les futurs enseignants seront recrutés dans le vivier des étudiants ayant suivi ces formations. Le nombre d'enseignants bénéficiant du statut de fonctionnaire va se réduire, même s'il est politiquement utile de conserver encore quelques temps la fiction des concours. Il faut par ailleurs prendre en compte les nouvelles difficultés que le ministère ajoute pour obtenir la titularisation. L'arrêté du 31 mai 2010 stipule ainsi que pour devenir stagiaire après l'obtention de leur master et du concours, les étudiants devront en plus attester d'une certification en langue de niveau B2, de préférence le CLES 2 et d'une certification dans la maîtrise des outils informatiques adaptés à leur discipline, soit un C2i2e. Ces exigences devaient s'appliquer dès la rentrée 2011. Par un texte paru au JO du 31 août 2010, elles n'entreront en vigueur qu'à la rentrée 2012. Si l'obtention du C2i2e se justifie compte tenu de l'évolution des pratiques pédagogiques, celle du CLES 2 est beaucoup plus contestable. De fait, elle instaure une inégalité de traitement entre les étudiants des masters langues qui n'auront pas à la fournir et les autres. De plus, à titre d'exemple, comment justifier qu'un bon candidat en mathématiques ayant obtenu le master et le concours ne puisse être titularisé du fait d'un niveau momentanément insuffisant en anglais, sans relation immédiate avec sa pratique professionnelle ?
- 6) Le dernier volet concerne le renforcement des prérogatives des chefs d'établissement. Le dispositif CLAIR (Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite, cf. deux circulaires parus dans le BO du 22 juillet 2010,) indique la voie qui va être suivie. Il est expérimenté dans 105 établissements depuis la rentrée et permet un recrutement plus souple des personnels enseignants, ceux-ci « bénéficieront de dispositifs spécifiques de rémunération complémentaire ». L'annonce faite par L. Chatel sur France Info le 25 janvier 2011, annonçant des primes triennales de l'ordre de 6000 € pour les chefs d'établissement, va de même dans le sens de l'individualisation des rémunérations
Nous attendons maintenant les nouveaux éléments qui seront portés à notre connaissance pour achever de constituer le puzzle. Il est aisé d'imaginer qu'ils porteront de nouveau sur la suppression de postes de titulaires, sur la diminution de ceux offerts au concours et sur une plus grande liberté managériale pour les chefs d'établissement. Au final, il s'agit d'une remise en cause radicale du modèle sur lequel a été fondée l'école républicaine en appliquant des schémas proches de ceux du privé. Si cette politique avait été assumée et affichée, elle aurait suscité un débat politique, or, elle est mise en œuvre de manière pernicieuse, pas à pas, sans jamais indiquer la nature de l'objectif final. Les ruptures engagées vont bientôt rendre impossible un retour en arrière. Deux questions pour le moins mériteraient d'être posées : Quelles seront les conséquences en termes d'efficacité scolaire ? Les résultats de l'étude PISA 2009, rendus publics le 7 décembre 2010 ont révélé la détérioration de la situation française, du fait de l'accroissement des écarts entre les élèves. Tout laisse à penser que ces mesures accentueront le phénomène car elles vont davantage fragiliser les établissements les plus défavorisés. Ensuite, est-il acceptable de conditionner l'avenir du pays aux seules contraintes d'économies budgétaires ? Si N. Sarkozy a raison de dire que la formation des enseignants est « le chantier de l'avenir », les réponses qu'il adopte sont presque systématiquement les plus mauvaises qu'il se puisse imaginer. Il est probable par conséquent que nous aurons à payer longtemps les dégâts occasionnés par cette approche idéologique. Nous sommes en droit d'attendre dans ce domaine, des choix radicalement différents, soucieux de l'intérêt général et s'appuyant sur les capacités d'implication et d'innovation du monde enseignant. Ceci suppose au préalable un respect réel pour ceux qui s'engagent dans ces métiers et non quelques récompenses au mérite pour certains et l'instabilité pour le plus grand nombre. Cela suppose également d'offrir des perspectives à moyen terme et non de maintenir en permanence les acteurs concernés dans l'incertitude voire le chaos. L'enjeu est en effet primordial pour l'avenir même du pays.


Tous les commentaires
Et le pire est à craindre!
Soit le prochain gouvernement arrête cette destruction et fait machine arrière, soit c'en est fini de L'Education Nationale...tout ou presque sera privatisé... Adieu la France et ses valeurs ...et merci pour nos enfants!
Dans notre académie (Franche Comté), nous venons d'apprendre la fermeture de nombreuses sections industrielles dans plusieurs lycées alors que dans le même temps se créent des sections tertiaires !
Je me souviens d'avoir entendu Sarko annoncer que l'avenir de la France ne serait plus industriel mais orienté sur les services (emploi Borloo, etc..)
Question : Quelles sont les mutations sociales et structurelles qui se dessinent dans un pays qui s'oriente vers les services et qui abandonne son industrie ?
L'enseignement pourra-t-il rester public et gratuit ?
Quid des inégalités ?
Comment vont-elles progresser ? (cf coeff. de Gini)
http://www.inegalites.fr/spip.php?article475
http://www.inegalites.fr/article.php3?id_article=139
Ce qui parait certain c'est que la voie est toute tracée pour démenteler l'EN tout doucement en la secondant par des entreprises de services auxquelles elle soutraitera ce qu'elle ne pourra plus faire, faute de personnels ou d'infrastructures...
Il serait peut etre temps de faire une grande manif un samedi à Paris rassemblant le monde laïc et la defénse du service public de l'éducation nationale
Voir les 10 propositions du collectif "Ecole, changer de cap": http://www.ecolechangerdecap.net/
Oui l' idée d' une grande manif à Paris me semble sympathique, mais il faut etre attentif sur la date et la météo . Un jour pas trop froid ou pluvieux, après les soldes, en dehors des congés scolaires, bref les meilleures conditions pour que nos jeunes enseignants se sentent motivés, motivés, motivés ......
Facile de faire de l' humour...
Tant que la population ne soutient pas les enseignants , ceux-ci ne pourront pas grand chose ...
L'enseignement , l'éducation c'est l'affaire de tous non ? Aprés vous allez crier au corporatisme !
L'école se meurt ?
Et bien bougez vous le cul !
Mais le PS attend , espérant récolter les fruits du désamour plus tard ...Plus ça va , plus ce parti "d'alternance" me dégoutte .Il n'est pas le seul . Lâches !
Ls.
C'est ce type de posture : "Les enseignants victimes".... des parents d'élèves (la population) qui ne les soutiennent pas (!?) qui fait le plus de tort aux enseignants.
Avant d'espérer être soutenu, ne faudrait-il pas que l'Ecole s'ouvre à la vie quotidienne de tous les français ? Car les écoles, malgré certains efforts, restent des "bunkers" occupés par une catégorie sociale singulière qui a une fonction symbolique, fortes, de "moule culturel" ; fantasmée par les uns comme stigmatisant leur "échec professionnel et/ou social" et par les autres, comme un handicap à leur "prétention d'ascension sociale et/ou professionnelle". Une troisième catégorie qui représente ceux qui nous dirigent et/ou nous gouvernent actuellement, ne connaissent que l'école privée, payante et idéologiquement orientée.)
Il y aura changement d'école le jour ou les enseignants sortirons du monde artificiel de l'établissement scolaire pour faire la classe là où s'exprime les vraies gens dans leur vraie vie. Alors tous seront solidaires de ceux qui auraient pour fonction de les aider à apprendre à se libérer par la connaissance (exercer son esprit critique)... De ce que je connais des écoles, ce n'est pas demain la veille.
Quelque chose m'échappe : les enseignants ne font-ils pas classe à de vrais élèves ? Ce ne nont pas des gens de la vraie vie, les vrais élèves ? Quand j'étais enseignante, les vrais parents, je les ai souvent vus. Et même les vrais parents qui ne voulaient vraiment pas de leurs vrais enfants, et qu'il fallait récupérer chez eux le week-end pour qu'ils veuillent bien vous signer quelques papiers d'orientation.
Et même les vrais patrons des vrais apprentis qui vous faisaient croire une seconde que l'élève était votre enfant à vous, tellement vous en étiez responsable.
Dernier point : tous les gens qui se chargent si bien de détruire l'école, à tous les niveaux, sont des gens qui ont été formés par cette école, par ces profs qu'ils méprisent mais dont ils ne veulent surtout pas que les autres profitent. Ceux qui parlent de la suppression des classes prépa ( gratuites ) y sont passé et ont même enchaîné par des grandes écoles qui les ont placé à de si haut postes, qu'ils défendent si bien.
L'école n'a pas besoin d'être changée, elle a besoin d'être protégée et comprise comme ce qu'elle est : le lieu de la transmission des connaissances aux générations suivantes.
Alors vous me direz, quand on regarde la moyenne d'âge des présentateurs et des invités de la télévision française, celle des patrons et décideurs, on comprend mieux que l'idée de passer le flambeau aux plus jeunes ne soit pas très à la mode en ce moment.
Après l'incompétence diplomatique, économique, fiscale, voilà l'incompétence en matière d'éducation.
Voilà pourquoi la France dégringole à peu près dans tous les domaines et devient peu à peu le cancre de l'Europe ...
Le chef modèle le peuple à son image...
Sans parler des principaux et/ou proviseurs qui deviennent de purs et simples chefaillons.
En matière d' E.N. la politique suivie par N.S. a toujours été "agitation médiatique" ,"annonces ronflantes" et dans la pratique destruction SYSTÉMATIQUE de l'Institution. Les suppressions massives antérieures et celles qui vont encore suivre sont toujours accompagnés de discours sur l'amélioration des conditions ou de travail ou de rémunération des élèves d'une part, des enseignants de l'autre.
Gouvernement de saboteurs!
Gouvernement de saboteurs.
Ces gens qui nous gouvernent apparaissent indécis entre "Alice au pays des merveilles " et "Ali Baba et les quarante voleurs" :
- Tout surpris de tenir le pouvoir, par la magie du suffrage universel, ils jouent à faire ministres, ou président.
- Patrons de droit divin, petits magouilleurs et as de la carambouille non seulement marchande, mais financière… ils se retrouvent avec les finances d'une nation entière, entre leurs mains avides. Que croyez-vous qu'il arrivât ?
Faute de connaissances et de consciences, pour unifier ces tensions, on recourt à une idéologie simpliste, qui est bêtement néo-libérale, néo-conservatrice, et bêtement appliquée : C'est à dire le modèle américain.
Bonsoir à tous: une petite demande aux journalistes de Médiapart: enquêtez sur la baisse de rcrutement: l'arrêt des dates d'inscription aux concours du Capes et de l'Argégation ont été avancées l'an passé au 13 juillet 2010(au lieu de la mi-octobre normalement); beaucoup de candidats n'ont pas pu s'sincrire à temps faute d'informations.... nouveau scandale??????????????
Il faudrait surtout prendre conscience que c'est l'ensemble du service public, ou ne devrait-on pas l'appeler "service commun", qui est totalement démantibulé. Et c'est dans tous les secteurs qu'ils mettent le pied au plancher pour accélérer le démantèlement de tous nos services communs au profit d'une marchandisation de tout ce que nous considérions encore récemment comme des biens collectifs. Ils veulent avoir fini ce travail de sape avant les élections !
Dans les faits ça donne quoi :
Les Directions Départementales de l'Equipement, ces services étaient de véritable service de proximité avec des subdivisions savamment distribuées sur le territoire par l'expérience de plusieurs décennies : disparues avec des savoir-faire d'une préciosité que l'on n'a jamais évalué à la hauteur de ce qu'ils valaient. Il est vrai que de nombreux salariés de ces services ont été mutés dans les Conseils Généraux. Cependant nombreux services des Conseils Généraux sont destinés à disparaitre pour être centralisés sur les Régions. Toutefois certains services ont été repris par les communautés de communes, mais le transfert des compétences n'a pas toujours été bien effectuée, et les salariés des communautés de communes sont bien souvent soumis aux pressions des petits potentats locaux. La neutralité des services communs de l'Etat a disparu, les jeux sont devenus parfois malsains, et les politiques sociales nationales sont devenues de moins en moins efficaces parce que les relais se sont affaiblis quand ils n'ont pas totalement disparu. Sans être contre une déconcentration, là on voit surtout un affaiblissement généralisé des services communs et une perte de "neutralité".
Aujourd'hui, dans les ruines de l'ancienne DDE, aujourd'hui appelé DDTM (Direction Départementale du Territoire et la Mer), il n'y a plus que de "vieux" salariés qui ne voient plus arriver aucun jeune à qui transmettre un savoir-faire qui a été dévalorisé par le mythe du néo-management moderne qui pousse dans le même temps des salariés de France Telecom au suicide.
Dans les anciennes DDASS (Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Santé). Cette structure qui dirige depuis très longtemps des milliers de salariés (les assistantes sociales par exemple), a vu son champ de compétence refilé aux Conseils Généraux qui, comme dit plus haut, vont être centralisés sur les régions. Les Conseils Généraux sont totalement débordés et n'ont pas les moyens nécessaires, en argent et en personnel, pour assurer leurs nouvelles missions. Le bilan est une DDASS moribonde, en manque de moyen, avec des cadres et des salariés qui tentent de sauver les meubles. Et d'autre part, ce sont des Conseils Généraux, soumis aux potentats locaux, qui parviennent difficilement à mettre des politiques sociales efficaces avec des visées à long terme et qui sont de toute façon destinés à être encore démembrés, brisés au profit d'un centralisme accru basé sur les capitales régionales. Et tout ça dans une confusion et dans un manque de respect des salariés total !
De plus, les DDAS, appelé maintenant DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale, ça fait rire) ont été fusionnés avec une administration qui nous vient directement du Front Populaire, du Conseil de la Résistance, et de l'Education Populaire, c'est à dire "Jeunesse et sport". Pour quoi cette fonte ? Pour pêter sans doute l'une des administrations la plus originale et la plus intéressante de nos services communs !
Et les fameuses Préfectures ! On peut les détester à juste titre pour des tas de raison, elles sont le bras droit de l'Etat, celle de la répression... Cependant, elles ont aussi une dimension (contestable sur certain point) de service commun : passeports, cartes grises, carnet de circulation des gens du voyage (très très contestable), etc. De nombreuses sous-préfectures vont disparaître ! Fini la Sous-Préfecture, il n'y aura bientôt plus que des préfectures ou des sous-préfectures avec un service minimum. Comme dans les DDE, plus que des vieux et des savoir-faire pas toujours que répressifs qui disparaissent, qui s'évanouissent. Et c'est aussi le contrôle des projets économiques locaux, de l'utilisation de l'argent public, etc. qui en prend un coup. C'est-à-dire le contrôle des petits potentats locaux qui veulent, par exemple, construire une entreprise sur le territoire d'un arrondissement : la Sous-Préfecture vérifie alors que tout est fait dans les règles et sans pot de vin. L'affaiblissement de ces services va sans doute permettre dans l'avenir quelques petits arrangements en douce qui étaient difficilement dissimulables auparavant, donc un accroissement de la corruption est prévisible.
Je ne parle pas de nos anciens services communs comme la poste ou France Telecom, on sait déjà que c'est le chaos. Et la SNCF !! La direction a bien du mal à dissimuler que leurs nouvelles techniques modernes de management font que les trains sont de plus en plus en retard.
Et l'Education Nationale bien entendu ! Je dirai rien tout est dit dans les commentaires précédents et dans l'article.
Il faut réagir ! tout est à reconstruire ! Profitons pour re-faire des services communs encore mieux réfléchis, plus démocratiques, et moins "guichets" ! Mais pour ça, il faut redorer le blason du "bien commun", du "service commun", et avoir une offensive sociale bouleversante !
+ 1000
excellent texte qui synthétise bien la situation. Bravo !
Dans le panorama, ajoutons la "réforme" de l'Université, dont les effets néfastes ont souvent été décrits, et contre laquelle les universitaires se sont massivement élévés, pendant de longs mois, dans l'indifférence générale et sous les quolibets de l'opinion publique... La "mastérisation" de la formation des enseignants faisait partie de ce train de mesures, et les universitaires aviaent dénoncés il y a plus de deux ans les effets néfastes de la suppression pure et simple de l'année de formation dans les IUFM, après l'obtention des concours...
En effet ce texte contient plein de choses intéressantes.
Je suis très surpris par le silence du PS: est-il satisfait que Chatel fasse tout le boulot??? J'ai écrit une fois un mot à J Lang, qui m'a répondu 3 mois après: oui tout à fait c'est lamentable, et patati...peut-on espérer que le PS revienne en arrière: j'y crois très peu.
Par ailleurs ce qui me terrifie , c'est l'apathie de mes collègues; tout le monde est inquiet pour l'avenir mais personne ne bouge. Je ne comprends pas ce qui nous arrête. Tout le monde ra^le mais tout le monde suit les directives...
Quant aus syndicats, c'est peut-être le pire de tout: ils sont nuls et ne pensent qu'à sauver leur prébende.
Je vais tacher de re-travailler ce texte en l'argumentant de manière plus systématique et en faisant un effort de construction et de style pour un article plus en vue si possible.
Acutellement même, nous pouvons observer un mouvement de contestation exceptionnel, ce n'est jamais arrivé de mémoire de certains salariés, à la Sous-Préfecture de Brest contre leur employeur. C'est très intéressant. Je ne sais pas comment alerter la rédaction de Médiapart, peut-être serait-elle intéressée.
C'est un épiphénomène en apparence qui révèle un profond malaise dont la dimension est sans doute nationale. Les services de la Sous-Préfecture de Brest vont être diminués, voire supprimer, les salariés déplacés à Quimper, voire pour certains à Rennes. Ils n'auront pas le choix : soit accepter leurs nouveaux postes, soit démissionner, donc mobilité obligatoire. D'autre part, comme dit précédemment, les services de contrôle de légalité, sans doute les plus utiles pour lutter contre toute forme de corruption ou d'abus sociaux, vont voir leur personnel diminuer, leurs champs d'investigation s'accroitre et donc leur efficacité décliner. D'autre part, Brest est une commune aussi importante que la Préfecture du Finistère, Quimper. Il n'est pas sûr que les brestois ne seront pas obligés de faire 60 km pour avoir une simple carte grise, ou tout autre formulaire délivré par la Sous-Préfecture brestoise actuellement. Tout cela peut sembler anodin, mais en réalité il révèle toute la politique actuelle : démantèlement des services publics dans une dangereuse confusion et au dépend des salariés et des populations.
Ce mouvement de contestation exceptionnel même s'il reste modeste, est finalement, en vue de l'histoire des Préfectures, un événement historique.Les salariés se sont réunis devant la Préfecture ce midi (même les RG étaient solidaires). Les salariés de la Sous-Préfecture ont décidé cet après-midi de boycotter la réunion proposée par le Sous-Préfet. Les salariés de la Sous-Préfecture habituellement dociles, commencent à inquiéter la hiérarchie. Nous sommes loin de la Tunisie ou de l'Egypte, mais c'est un fait de désobéissance civique qui mérite notre attention.
@ Hastal,
Tout ce que vous écrivez là est certainement très juste, je ne le conteste pas. Par contre, je suis sincèrement désolé de vous le dire de façon aussi abrupte mais il est quasiment certain que votre texte ne parlera qu'à une très petite partie de la population. Celle qui sait relier le contenu des réformes ou plutôt le vide qu'elles créent avec la baisse de qualité des services rendus et les risques encourus pour la démocratie.
C'est sur ce lien qu'il faut oeuvrer en mettant le doigt là où ça fait mal quand ça fait mal ! Pas avant, ni après. Par exemple, lorsque qu'une personne se plaint d'un service moins bien rendu, il faut lui dérouler gentiment votre argumentaire mais doucement pas tout d'un coup !
Il faut aussi se préparer à défendre l'évidence : Pourquoi faudrait-il préserver le statut de fonctionnaire pour des enseignants, des postiers, des techniciens,... ? Ah ben oui, tiens au fait pourquoi ce statut a-t-il été inventé ? Quels sont ses avantages et inconvénients vu de l'intérêt général ? Comment l'expliquer clairement ? Et si il disparaît ce statut, qu'est-ce qui changera ? Un historien pédagogue et littéraire s'est-il déjà penché sur la question ?
Parce que sinon, ça n'est même pas la peine de commencer à faire l'inventaire des suppressions de postes et des embauches sur contrat de droit privé, car aux yeux des néophytes, ce sera contre productif et vous fera passer pour un corporatiste.
Prenons exemple sur les juges d'instructions, car c'est plus simple de comprendre l'intérêt d'une justice impartiale et indépendante, mais pour un prof, ne faut-il pas argumenter et illustrer le propos d'avantage ? Idem pour un employé de préfecture.
Et si personne ne parvient à être clair et pédagogue pour le plus grand nombre à ce sujet, alors c'est fichu.
Si j'ai écrit cette remarque (ce n'est pas un article), sur un modeste forum de blog,c'est justement parceque je n'avais aucune prétention scientifique ou d'exaustivité en le faisant.Je ne m'attendais même pas à avoir des réactions.
Pour approfondir votre réflexion de manière substantielle sur le service public vous pouvez lire les résultats d'une monographie dirigée par Danièle Linhart ici : "Les différents visages de la modernisation du service public" ou aussi (même si je n'aime pas le pillage fait par google livre) : Entre bureaucratie, service public et expertise professionnelle : les métiers de la fonction publique
Il y en a beaucoup d'autres, ce sont là des aperçus sociologiques. Pour chaque administration il faudrait faire un point. Ces articles expliquent les valeurs non marchandes du service public, les identités professionnelles très spécifiques qui s'y sont construites, et le déclin actuel de ces valeurs du service public au nom d'une modernisation managériale.
A lire aussi sur les valeurs dans le service public toujours de Danièle linhart dans le Monde Diplomatique (texte complet ici) :
"En effet, comme le montrent toutes les enquêtes (1), c’est dans le secteur public que l’engagement, la loyauté, le dévouement apparaissent comme des qualités répandues. Les agents sont souvent très impliqués dans leur travail, s’identifient à leur institution et à leurs missions, sont capables de se dépenser de façon désintéressée, sans quêter en permanence de la reconnaissance. Bien sûr, ces comportements n’existent pas partout. Il y a — chacun a pu en faire l’expérience malheureuse — des agents tire-au-flanc, déraisonnablement tatillons, autoritaires ou peu scrupuleux. Mais ce n’est pas la dominante. Lorsque les conditions s’y prêtent, on voit s’affirmer une conscience professionnelle moulée dans la spécificité du service public.
Si la logique bureaucratique et le respect du règlement sont omniprésents, ils peuvent être tenus à distance par le métier et le sens du public. Cela dépend beaucoup des institutions : au sein de différentes entreprises et administrations, il nous a été donné de voir comment des formes d’organisation du travail variées déterminent des identités professionnelles différentes, et, in fine, une manière d’assumer le service public tout aussi différente (lire « Paroles de salariés »)."
Ce ne sont pas les ouvrages sur le service public qui manque, ce sont les lecteurs...
Bonne lecture !
Merci pour toutes ces références très intéressantes.
Vous dites :
" Ce ne sont pas les ouvrages sur le service public qui manque, ce sont les lecteurs..."
Ce sont aussi les relais médiatiques généralistes qui manquent. Le "Monde diplomatique", on ne le trouve pas sur la table de salon de la ménagère de moins de 50 ans, et les titres abruptes des autres publications refroidiraient hélas n'importe quel lecteur qui n'est pas de la maison.
Pendant, ce temps, il y a toujours un François de Closet qui fait sa promo sur toutes les ondes pour affirmer que les fonctionnaires sont des privilégiés sans jamais être contredit !
Comment s'étonner ensuite que l'électorat le moins politisé se tourne vers ceux qui mettent les fonctionnaires à l'index ?
Au fait, que dit le parti socialiste à ce sujet ??? Personnellement, je n'entends rien, c'est étrange non ?
Vous dites : (Diplodocus)
"Ce sont aussi les relais médiatiques généralistes qui manquent. Le "Monde diplomatique", on ne le trouve pas sur la table de salon de la ménagère de moins de 50 ans, et les titres abruptes des autres publications refroidiraient hélas n'importe quel lecteur qui n'est pas de la maison."
Certes vous avez raison. Cependant, il ne faut pas forcément chercher du côté des chercheurs le déficit de transmission publique et vulgarisée. Il fut une époque où les syndicats et dans une certaine mesure, le parti communiste, dans une moindre mesure, le parti socialiste, et dans une plus ample mesure, la JOC, et beaucoup d'autres associations libertaires entre autres, faisaient un travail d'Education Populaire remarquable. Aujourd'hui, ce sont dans ces structures qu'il y a un déficit. Mais il serait trop facile de leur jeter la pierre sans réfléchir aux causes de ce déficit. Il y a un déficit d'engagement politique généralisé depuis les années 80. Cette évolution a suivi à la fois celle de la remise en question des idéologies communistes marquée symboliquement en 1989 par la chute du mur de Berlin, et d'autre part, par la montée du chômage à partir de 1973 et l'augmentation des délocalisations, qui a inversé le rapport de force: la peur a changé de camp. Mais plus que tout, ce déficit de transmission populaire des sciences sociales s'est accéléré avec l'émergence de la politique "spectacle" et de la télévision commerciale et propagandiste, et d'une idéologie de la société de loisir où le club de foot, les associations de loisir divers et variés, ont remplacés les maisons du peuple,entre autres lieux traditionnels de transmission des sciences sociales. Les grands secteurs de lutte étaient des lieux de transmission et de vulgarisation des sciences sociales : les bassins mîneurs, les grandes usines automobiles, les PTT, les DDE, une grande partie des services publiques, tous les grands bastions de résistance d'après-guerre ont disparu ou se sont affaiblis depuis les années70.
On va dire que les zones de lutte sont en reconstruction accélérée depuis 1995, année qui a marqué une relance positive des mouvements sociaux. Surtout, de nombreuses nouvelles associations (AC!, Droit au logement, etc.) se sont construites, de nouveaux syndicats sont apparus (Solidaires en particulier), mais ont encore beaucoup de chemin à parcourir, dans un monde salarial qui subit des attaques de toute part, avant d'arriver à faire poids.
Malgré tout, de nombreuses nouvelles associations ont émergé un peu partout en France comme le démontre la floraison de festival alternatif, d'initiatives "citoyennes", d'ONG, d'échanges internationaux, d'expériences collectives autour du bio, etc. mais il est vrai, l'ensemble de ces associations sont bien souvent absentes des quartiers populaires ou insuffisamment présentes.
Quant aux PS, le premier parti de gauche qui accumule la plus grosse somme de moyens, et qui n'en fait... rien d'autre que de la pub...
Je suis bien d'accord avec tout ce que vous écrivez là et je veux bien prendre ma part au passage, si ça peut aider !
Effectivement, je crois aussi que c'est ce trop plein narcissique qui rend les citoyens incapables de s'engager (cf. Emmanuel Todd). Mais c'est aussi une force contre électromotrice qui mènera sans doute à des déséquilibres encore plus graves qui nous contraindront peut-être cette fois à réinvestir les forums et les lieux de pouvoir de la Cité. A suivre ! Voir ce qui se passe en Islande et partout autour de nous, ça ne fait que commencer.
Chers tous,
Je rappelle mes propositions pour en finir avec l'enkoulakisation de l'Education Nationale (qui devrait devenir Education Internationaliste Démocratique et Populaire, selon moi) :
- transfert vers des travaux d'intérêts généraux des enseignants n'obéissant pas à la hiérarchie
- suppression des recours devant la juridiction administrative
- suppression des vacances jusqu'à ce que le déficit de l'Etat soit résorbé (les enseignants encadreront les enfants pendant les vacances dans des camps de vacances démocratiques et populaires)
-suppression du salaire des enseignants, remplacé par des bons d'alimentation et un système d'allocation de logement.
Cordialement et bonne lecture sur "Mediapart".
.....eh bien, boddy, en forme sur ce coup-ci, quoique bien trop généreux par rapport à la réalité des projets gouvernementaux : des systèmes d'allocaion logement ? mais vous n'y pensez pas !— en région parisienne, une telle mesure plomberait le budget de la France (à un moment où, je vous le rappelle, cher boddy, le ouvernment à juste titre cherche à alléger le si lourd fardeau de l'impôt confiscatoire qui accable tous les Neuilléens euh Français....)...
Camarade Bibliophylos,
Ainsi que l'avait réclamé Georges Marchais, Neuilly sera rasé, le problème ne se pose donc pas.
Je n'ai pas voulu parler d'allocation logement mais d'allocation de logements : il reste des HLM vides à Stains et à La Courneuve, on pourra y mettre les agrégés.
Les instituteurs pourront être logés dans Paris.
J'ai un ancêtre qui a réquisitionné un logement en 1944 le fusil à la main, sous couvert d'une carte des FFI. Pourquoi un gouvernement au service du peuple ne pourrait-il pas loger ses enseignants d'une manière ou d'une autre, plutôt que leur servir un salaire leur permettant accumulation et embourgeoisement ?
Cordialement et bonne lecture sur "Mediapart"
oh mais je vois, cher Boddy, que vous ne connaissez pas encore tous les bienfaits de notre gouvernment actuel.
Car il lutte avec efficacité contre l'embourgeoisement des enseignants -- en favorisant, par exemple, l'emploi de vacataires. Dans l'Ouest parisien, les enfants de cadres qui doivent faire face à ces loqueteux témoignent d'un mépris d'ailleurs largement justifié envers ces gueux qui ne gagnent (et à juste titre, je vous le concède : les enseignants sont d'affreux rabacheurs qui se contentent de répéter pendant quarante ans les rudiments de culture ou de savoir qui leur furent enseignés dans leur jeunesse) qu'un tiers ou un quart du salaire de leurs propres parents...
Vive Neuilly, vive la République !
Le statut de fonctionnaire et une garantie d'emploi empêchaient un truc très simple et qui fait fureur partout ailleurs qui s'appelle la corruption. Cela permettait d'empêcher des pressions diverses, variées voire financières sur le duconneau qui avait un jour à s'occuper de vous, le citoyen lambda.
Fonctionnaire cela voulait dire accepter une petite vie tranquille, ne pas rêver de yachts à rolex, et ne pas accepter un billet vert/bleu/jaune qu'on pouvait présenter à vos yeux horrifiés.
En Algérie, les diplômes s'achetaient avec assez de facilité dans les années 80 ( avant/après je ne saurai dire, je ne parle que de faits constatés ). C'est pratique d'acheter un diplôme, et ça évite de travailler. Evidemment, quand on achète un diplôme d'économiste ou de toubib, ça peut entraîner des complications, mais bon... On achetait aussi les douaniers, les flics, le kadi.
Je pense donc que pour achever la ruine de la société française actuelle, et sur les ruines se mettre à reconstruire, il faut supprimer le statut de fonctionnaire, continuer à les précariser et les amener tous à être enfin corruptibles, comme tout le monde vers là-haut.
Parce que la différence entre lmétier de fonction publique et métier du privé, c'est aussi et beaucoup que le fonctionnaire a un petit rôle qui est de contraindre le citoyen à rester dans les règles de la société....
Cela aura aussi un avantage pour eux : ils verront un médecin du travail, ils pourront obtenir des commissions d'hygiène et de sécurité et faire fermer les lieux dangereux pour eux et les usagers, ils pourront parler au lieu d'être astreints au devoir de réserve et ils pourront déposer des plaintes au lieu d'oublier tout ça mon bon ami, ce n'est rien, vous ne voudriez pas être muté quand même ?
Une rancoeur particulière vis-à-vis de l'école ?
Pourquoi loger les agrégés à Stains ; d'ailleurs pourquoi les agrégés ?
ça va mal sous certain scalp.
non, non, c'est la lecture du Figaro (et celle des commentaires du Figaro) qui semble inspirer Boddy: un lecteur du Figaro sait où sont les vrais privilégiés:
- les fonctionnaires: ils ont la garantie de l'emploi
- et parmi eux, les enseignants : ils ont plein de vacances, la vache
Les plus cultivés parmi les lecteurs et usagers du Figaro savent faire la différence entre les différents concoursde la fonction publique, et savant donc qu'un agrégé, scandale, ne fait que 15 heures statutaires
Un certifié, c'est déjà un trop-payé, mais il fait trois heures de plus --mais un agrégé c'est carrément le scandale...
Un lecteur du Figaro sait où sont les vrais privilégiés: quand d'affreux socialo-communisses se scandalisent de la fortune des Bettencourt, ou critiquent les accomodements des ministres de la République ou du Président avec le principe du non-enrichisssment des serviteurs de l'État, les lecteurs du Figaro soulignent qu'il s'agit d'accusations populacières, ils savent que ceux qui émettent de telles critiques sont très très jaloux... et, d'un même mouvement, ils débusquent les vrais privilégiés, les fonctionnaires, les RMIstes, les syndicalistes...
Le Lycée Autogéré de Paris est menacé de fermeture à la rentrée 2011 car la réduction des dépenses de l’Éducation nationale et les décisions du Rectorat de Paris, suppriment cinq postes de professeurs sur une équipe de 25.Vous trouverez des informations sur le site du LAP :
http://www.l-a-p.org/
Vous pouvez signer la pétition :
http://lapetition.be/en-ligne/petition-9263.html
Une assemblée générale d’information se tiendra au LAP le mercredi 9 février 2011 à 19h00.
Une bien mauvaise nouvelle, pour un projet qui a toujours été méprisé par les syndicats enseignants, préférant une uniformisation de l'enseignement sur le modèle de la défunte RDA.
Une pensée pour le fondateur du LAP, le regretté Jean Lévi.
Cordialement
On parle du LAP ici :
http://www.mediapart.fr/club/blog/bernard-elman/280810/six-effets-pour-une-approche-du-lycee-autogere
Cordialement
tout ceci est très bien, mais jeudi 10 février, il y a des mouvements qui sont pévus dans toute la france !!!
pour défendre notre école publique, notre justice, enfin la démocratie, chacun doit se sentir concerné,et soutenir ces manifestations !!!
tous dans la rue !!!!!!!!!!! sarko dégage , ainsi que toute ta clique........
Oui !!!!!
@chantal messines
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