Réflexions d'un médecin assermenté au sujet des viols d'adolescentes
J'ai centré mon billet sur le viol des jeunes filles plutôt
que sur les abus sexuels de l’enfant en général car ce dernier terme est plus
large, et englobe la pédophilie.
Mes professeurs d'université m'ont souvent expliqué qu'il
fallait dans une réunion n'aborder qu'un thème à la fois pour éviter la
confusion et c'est donc ce que je vais faire, car après avoir relu plusieurs
intervention dans le club de MDP (fil de POL), je pense que c'est suite au
comportement de Polanski et de ses rapports sexuels sur une mineure de 13 ans
qu'est parti ma réflexion autour du ressenti de la victime.
Sur les pages de MDP, beaucoup de personne ont défendu
Polanski sur des principes politiques, et le philosophe ( ?) Finkielkraut
sur France Inter l'a même défendu en prétextant une pseudo-maturité de sa
victime. Peu de personnes sont parties des faits incriminés et des conséquences
que cela a pu avoir (et a encore je pense) sur elle.
Cette intervention de Finkielkraut m'a fortement agacé et je
suis tombé quelques jours plus tard sur votre blog, et, avec soulagement, j'ai
vu que son intervention avait choqué d'autres personnes (http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/m-philips/091009/alain-fin...).
J'ai exercé pendant plusieurs années comme médecin légiste expert auprès des
tribunaux dans une grande ville. Je ne suis pas psychiatre ou psychologue, j'ai
seulement œuvré comme technicien spécialisé dans le secteur médical pour
éclairer les magistrats ou les officiers de police judiciaire au cours de leur
enquête lorsque leur travail nécessitait un éclairage d'expert sur un point
particulier. Mon rôle peut donc faire partie de ce que l'on nomme maintenant la
victimologie, car je recherchais tout indice sur la victime pouvant servir à
éclairer une situation judiciaire.
Mon travail consistait à rechercher des lésions cutanées,
muqueuses de la sphère sexuelle, mais également sur le reste du corps à la recherche
de toutes autres lésions, notamment post-traumatiques, pouvant amener une
meilleure compréhension du délit ou du crime. Cela pouvait être la recherche de
lésions dites "de défense" (sur la face postérieure des avant bras
lorsqu'on se protège de coups), des lésions dites de "préhension" au
niveau des zones de prise (poignets, chevilles), de traces de coup sur le
visage, de lésions tympaniques post traumatiques suite à des gifles ... je recherchais
également des traces biologiques des
faits incriminés (recherche de sperme sur les différentes partie du corps,
recueil de fragments d'ADN de l'agresseur sous les ongles de la victime)
et donnais des indices aux enquêteurs
par rapport à la saisie d'objet pouvant comporter des éléments biologiques
(draps, vêtements...).
Tout ce travail de recueil nécessitait au départ un
interrogatoire médical de la victime (que vous a fait l’agresseur
exactement ? dans quelle chronologie ? à combien de reprise ?
avec quel instrument ?...). Cette victime était rencontrée plus ou moins
longtemps après les faits pour lesquels elle déposait plainte. J'ai comme cela
pu observer et interroger des jeunes filles, soit immédiatement
après un viol (à ce moment là, c'est souvent par un inconnu ou un groupe
d'agresseur inconnu qui ont commis le viol et le dépôt de plainte est
immédiat), soit, et c'est la majorité des cas, la plainte a eu lieu à distance
des faits ou du début des faits (inceste intra familial ou viol par un proche). Dans ce dernier cas, la plainte est souvent plus tardive car la
victime a été manipulée et trompée par un individu en qui elle avait confiance
et la plainte est retardée du fait que la victime se sent en partie responsable
de ce qui lui est arrivée.
Le fait d’interroger ces personnes puis de voir leurs
dépositions en cours d’Assises m’a transformé en un témoin indirect des dégâts
psychologiques qu’elles avaient subi suite à leur(s) viol(s). Ce qui ressortait
le plus était le sentiment de culpabilité qui les rongeait même après des
dizaines d’année (pourquoi n’avoir pas réagit sur le coup ? ne pas s’être
battue ? avoir tellement été paralysée par l’effroi que l’esprit voulait
s’enfuir mais le corps restait immobile ?). La déposition en cours
d’Assises accentue le malaise de la victime : il ne faut plus parler
devant un ou 2 enquêteurs (la police et les gendarmes se sont améliorés et
proposent maintenant au moins une enquêtrice quand ils le peuvent) ni devant un
psychiatre mais devant 3 juges, des avocats, un procureur, un groupe d’une dizaine de jurés, des
greffiers, l’auteur du crime, les policiers qui le gardent, des membres des
familles du jugé et de la victime. L’intimité d’un procès en huis clos,
quoi !
Au cours de ce procès, les vies et les faits vont être
disséqués, décortiqués devant tout ce monde, tout va être dit, même des choses
qui parfois sont éloignées des faits mais qui peuvent aider à prendre la
décision finale, ou parfois non, mais elles sont dites. Au cours de ce type de procès, après plusieurs dizaines de
dépositions, je peux vous dire qu’on entend fréquemment les mêmes excuses
verbalisées par les violeurs de jeunes filles, à croire qu’ils se passent le
mot d’une cellule à l’autre en maison d’Arrêt. Et oui, un tiers des maisons
d’Arrêt sont peuplées par des agresseurs sexuels. "Elle m'allumait",
"elle me montrait ses jambes", "elle n’attendait que ça" ...
Au cours de la déposition de la victime, on palpe sa honte et son sentiment de
culpabilité pendant qu’elle essaye de mettre des mots sur ce qu’il lui est
arrivé. Elle décrit le fréquent syndrome post-traumatique qu’elle a laissé
s’installer et se développer en gardant tous ses affects en elle pour se
protéger et ne pas craquer. Elle décrit la maigre vie émotionnelle qui lui
reste, sa vie sexuelle parfois brisée par un relationnel avec les garçons qui
reste pathologique et faussé. Et lorsqu’on entend ces jeunes filles qui sont
parfois devenues des femmes, et qu’on s’aperçoit que même si le corps n’a pas
été meurtri initialement, qu’il n’y a pas eu de violences physiques majeurs, qu’il
n’y a pas de séquelles physiques et que la femme reste belle, il n’en est pas
de même pour leur esprit. Bien sûr, quelques unes ont été remarquablement
fortes, et ont réussi à transformer leur épreuve en quelque chose de positif,
mais toujours au prix d’un manque (moins de douceur, moins de confiance dans
les autres).
Pour ma part, je pense que la réparation financière même de
600000 dollars n’est qu’une indemnisation et ne pourra jamais rendre à la jeune
fille ou la femme qu'elle est devenue, ce qui a été brisé chez elle. Même
contre de l’argent, je ne pense pas accepter de vivre l'équivalent de ce qu'a
vécu cette jeune fille de 13 ans qui découvrait la vie et faisait (trop)
confiance aux adultes dans son corps de femme tout neuf et son immaturité de jeune
adolescente. L'argent ne fait pas tout, les médecins et les milliardaires
cancéreux le savent bien.
Quant au procureur, je pense que comme en France, il
représente la société civile, et qu’il a le droit d’avoir un avis sur les
poursuites qui est différent de celui de la victime. La victime veut tourner
une page, traiter son cas individuel le plus rapidement possible pour revivre
cahin caha. Le procureur peut juger que l’indemnisation n’est pas suffisante en
soit et que la société souhaite aller plus loin, lutter contre un tabou encore
très présent. Pourquoi pas ?
Le but de ce billet n’est pas d’être « à charge »
ou à « décharge », il est de rééquilibrer les deux plateaux de
la balance de la justice afin de se forger une opinion sincère. Pour le moment,
je trouve que l’on mettait des éléments à charge ou à décharge, mais
seulement pour l’auteur des faits, donc sur un seul des côtés de la balance. Le
deuxième côté de la balance existe et compte.
Forgez-vous votre propre opinion après cela.



Tous les commentaires
Pour moi, tout est dit. Merci à vous. Et que celui qui ne comprend pas tout à la première lecture se donne la peine d'en faire une relecture. Merci pour "elles".
PS. Pour ceux qui ne m'auraient pas lu début octobre, mon point de vue de pédiatre sur le sujet ici
Merci.
Merci beaucoup de votre témoignage. Sans vouloir relancer la polémique, je poste ici le lien d'un autre article de M Philips sur cette question. Ce billet et la discussion qui lui a fait suite, ont tenté, comme votre texte, d'apporter des éclairages dépassionnés mais essentiels pour approcher ces questions:
http://www.mediapart.fr/club/blog/m-philips/031009/affaire-polanski-considerations-pediatriques
PS : M Philips vient de rappeler l'existence de ce même fil, mais je ne modifie pas mon commentaire...
Eh oui le viol c'est pas bien mais bon tout le monde en est déjà persuadé.
Le Père,
"tout le monde en est déjà persuadé " Quand on a vu certains commentaires, pas rares, réitérés, banalisant, excusant, culpabilisants, choquants ou tout simplement cons, depuis 3 semaines, on peut quand même se poser la question, même sur Médiapart! Bonne soirée
bonjour
comme je l'ai précisé dans mon billet, j'ai réagi à une intervention de finkielkraut sur france inter d'il y a quelques jours.
Son sentiment par rapport à un très probable viol d'ado et ses observations vis à vis de la fillette ne font pas apparaitre votre remarque précédente comme allant de soi.
C'est pour cela que j'ai pris le temps de rédiger un billet victimologique.
cordialement.
Bonjour,
Les propos de Finkelkraut (que je n'approuve pas soit dit en passant) voulaient démontrer qu'il n'y avait pas forcément eu viol et non pas que le viol était acceptable dans certaines conditions.
Le débat dans l'affaire Polanski n'est pas de savoir si le présumé viol est condamnable ou non; il l'est si il a été effectivement commis. Le débat est de savoir si Polanski a droit à la présomption d'innocence, et accessoirement si on peut défendre cette dernière option sans se faire traiter de pédophile comme le fait allègrement notre ami Passifou dans un commentaire sur ce fil.
Cordialement
Le Père,
Désolant de constater que, après 3 semaines, vous en êtes toujours au stade de dire "qu'il n'y avait pas forcément eu viol". Comme si les éléments dont tout le monde dispose (et reconnus par Polanski) ne correspondaient pas "forcément" à un viol. Là est chez vous, soit une volonté de refuser la réalité des faits, soit l'idée que la réalités des faits ne correspond pas forcément à un viol. De toute façon, soit de la mauvaise foi, soit de la cécité mentale. J'ai le regret de devoir vous le dire. Ceci ou cela expliquant d'ailleurs votre entêtement au bout de 3 semaines de débat. Bien à vous.
Non justement, M. Philips,
Si vous voulez connaitre les éléments que reconnait Polanski, lisez son autobiographie.
Mais ce n'est pas là l'objet de mon propos. Que ces éléments soient avérés ou moi, ce n'est ni à vous ni à moi d'établir un jugement de culpabilité, ne vous en déplaise. Et cela même si Polanski a fui le tribunal.
Quant à ma mauvaise foi ou ma cécité mentale, elle prouve surtout votre aptitude à débattre sereinement sans vous en prendre à vos interlocuteurs.
Le Père,
Ceci sera ma dernière réponse, il faut bien en terminer un jour!
"Que ces éléments soient avérés ou moi," Lapsus révélateur!
Bonne journée.
Vous revenez à nouveau sur la réalité ou pas de ce viol ("lisez son autobiographie").
"Mais ce n'est pas là l'objet de mon propos." Mais si et c'est justement ce que je vous "reproche"!
"elle prouve surtout votre aptitude à débattre sereinement sans vous en prendre à vos interlocuteurs." Merci pour le premier degré. Plutôt à côté de la plaque si c'est ironique!
Eh bien si vous savez mieux ce que je veux dire, il n'est effectivement guère utile de discuter. Je vous laisse à vos certitudes.
Pervers, vous niez depuis le début de l'affaire qu'il y ait une affaire.
Chaque fois qu'un nouvel élément apparaît vous l'éclipsez.
Mais ce n'est pas l'important. La cinéaste elle même, qui défendait la thèse d'un complot judiciaire contre polanski, n'a pas soutenu qu'il n'ait pas commis l'irréparable.
L'affaire en elle-même pour grave qu'elle soit, concerne un passé, devenu anecdotique d'un déroulement habituel d'une affaire de viol.
Où vous devenez insupportable c'est quand comme d'autres sur les fils, vous commencez à soutenir en collection et en meute, des discours de déni de ce qu'est un viol, et aussi un viol d'enfant.
Votre problème est ailleurs que dans l'établissement d'une vérité ou des échanges qui visent à établir une bonne compréhension.
Vous êtes une espèce de tordu qui venez comme d'autres jouer ici, mettre votre grain de sel et faire miroiter les couleurs de votre ego dans une sorte de plaisir malsain, qui nous écoeure.
Nous ne sommes pas vos partenaires dans je ne sais quel amusement pervers, monsieur, vous nous fatiguez à défendre l'indéfendable, et à soutenir des points de vue impossibles.
Disparaissez donc, vous et vos semblables de la maison tordus..
Je vous mets au défi de citer un de mes commentaires où je nierai la réalité de l'affaire. Votre haine vous empêche de lire correctement, mon pauvre ami.
Moi aussi, j'ai assez discuté. Vous n'êtes plus un partenaire reconnaissable sur MDP depuis trop longtemps, pervers. C'est assez de vos jeux et de votre méthode. Jouez tout seul.
Toujours pervers...
Le viol, c'est pas bien.
C'est autrement pire que pas bien, le déni, encore une fois que vous affichez, comme toutes vos interventions sont parfaitement insoutenables.
Tout le monde en est déjà persuadé, donc forcément ou facilement sous-entendu, qu'est-ce que vous venez en parler à nouveau?
Encore le silence et la chape sur le crime, après le déni.
Et oui, voilà encore un des soutiens objectifs des pédophiles et des violeurs, encore aux premières loges pour porter la contradiction et promouvoir l'indéfendable.
Pour ce qui me concerne, je n'ai pas assez de merci à vous adresser, cher Discret, pour la force malgré le terrible de votre témoignage, qui, j'espère, dessillera quelques yeux parmi nous.
Bien à vous.
Dans le viol avéré il y a, comme dans tout délit au moins trois aspect
Le dommage subi par la victime et sa réparation
La sanction pénale
La récidive
Parcequ'il touche au comportement sexuel ces trois aspects ont des incidences psychologiques importantes que l'on du mal à prendre en charge.
Concernant le dommage c'est un traumatisme psychologique touchant l'intégrité de la personnalité que notre époque juge plus sévèrement qu'autrefois et c'est tant mieux. L'argent (le pretium doloris) n'est pas la réparation la plus adaptée, un suivi psychologique est la moins mauvaise solution pour aider à la reconstruction de la personne.
La sanction pénale elle est nécessaire mais devrait être modulée en fonction d'un travail psychologique contrôlé que devrait effectuer obligatoirement le violeur.Ce travail viserait à prévenir la récidive.
La justice a beaucoup de mal à moderniser son approche sur les aspects psychologiques de la délinquance, reconnaissons que pour le viol elle a fait des progrès depuis 20 ans, mais ça n'est pas suffisant
Cher christian,
On oublie trop facilement que dans le viol, il y a l'agression. La plupart des gens supportent mal une queue de poisson en voiture, ou qu'on prenne leur place dans une file d'attente.
Généralement, on se sent nié.
Quand on se fait voler, sa voiture, ou cambrioler sa maison, la sensation de l'agression est très mal vécue. On se sent touché profondément.
Quel jeune qui arrive pour récupérer sa moto ou son vélo n'a-t-il pas ressenti ce vide, ce béant tout à coup d'iun ordre qu'on ne comprend plus?
L'agression physique est d'une autre sorte.
Pour ceux qui y sont préparés, ou pour ceux qui en ont déjà subi les effets, ils sauront reconnaître les effets de la chose.
On comprend tout à coup sa faiblesse, on ressent la peine, et la douleur, la peur, et l'on y réagit très différemment.
Parfois, c'est l'occasion de grandir, d'autres fois, le mal est tel moralement et physiquement que les conséquences sont difficilement mesurables.
De toutes façons quelque chose s'est produit qui vous rendra un lieu, une idée, des gens à jamais inoubliables. Et pour toujours inquiétants, voire plus.
Mais pour le viol?
On cumule l'ensemble de tout cela, et de qui parle-t-on ici?
D'une jeunesse qui ne connaît encore de la vie que le partage entre les découvertes agréables, ou les angoisses de son âge, et l'affection habituelle pour y faire face, de ses amis, de sa famille, avec l'éveil des qualités de son intelligence et de son jugement. Une jeunesse qui commence à peine à construire la citadelle d'elle même, qui l'aidera à protéger ce qu'il faut pour vivre pour elle et pour d'autres.
Les conséquences sont le plus souvent incalculables. Si l'on est comme trop souvent dans uns situation qui va se répéter, alors, c'est la fin d'une vie et d'un regard normaux sur soi, les gens, le monde en général, et le plus souvent aussi, la reproduction programmée du mal plus tard.
Le déni, le silence, toute cette attitude qui veut oublier, effacer, ne visent pas au pardon, ils ne visent pas non plus à la guérison. c'est une attitude de protection, d'abord des agresseurs.
Qui isole la victime, l'enferme dans le malheur. Et permet à l'agresseur de continuer de faire d'autres victimes, ou de revenir.
Il faut aller au bout, exposer le premier et le dernier des évènements, exiger et appliquer la sanction, donner son droit, et une possibilité de réparation à la victime, lui faire savoir qu'elle est bien victime, et non l'objet ou la proie de droit, de qui que ce soit, et lui donner raison des malheurs subis.
Il n' y a pas de pardon possible de quelque chose qui n'est pas reconnu par les deux parties. L'agresseur vit son droit du plus fort, et la victime n'en n'a, pour lui, aucun.
Demander le pardon, c'est demander simplement l'oubli.
Alors oui, c'est bien pour une personne, mais la société n'a rien à oublier, elle est là pour prévenir la répétition des faits.
Celui qui est pris, heureusement, est pris. Là au moins se trouve la chance de donner à tous le moyen de faire des victimes autre chose que des condamnés à perpétuité.
Remarquable billet.
Avec Passifou et M Philips, vous rétablissez des vérités et ce fait vous honore.
Comment, mieux que vous trois, rendre hommage à ces jeunes victimes ?
Merci pour elles.
Merci pour ce billet rigoureusement documenté et au ton très juste. Ce n'est évidemment pas le dernier mot de l'affaire Polanski mais c'est un élément précieux à prendre en considération pour ette affaire et au-delà.
Cher Passifou,
Vous exprimez très bien le caractère inhumain incontournable de ce délit .Mais cela ne suffit pas, c'est ce que j'ai voulu exprimer en montrant que la sanction pénale était un alibi commode qui évite d'aborder le problème à la base. L'aide psychologique aux victimes que pratiquement tout le monde considère comme implicite, ne va pas de soi, il faudrait que d'une manière ou d'une autre elle se substitue au pretium doloris, vision marchande de la douleur morale.
Le bon sens populaire suppose que "Qui aime bien châtie bien".
En ce qui concerne Polanski on pourrait dire "Qui aime bien pardonne tout. Y compris l'ordure"
Oui et puis aussi " Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. "
Sauf qu'il est des actes qui, s'ils ne nous tuent pas, nous font mourir un peu.
Et continuer à vivre avec une partie de soi morte, ça ne s'appelle plus vivre, mais survivre.
Merci Discret d'avoir distingué les choses, en particulier le viol des enfants et delui des adolescents.
Le psychisme des premiers n'étant pas celui des seconds, le traumatisme psychique est différent.
Concernant l'affaire Polanski, un autre problème se greffe, la qualification des faits.
*Le problème de la qualification des faits se pose dans la justice des USA, à cause du "plaider coupable", qui peut faire que la qualification pénale des faits est différente de ceux ci.
*Le débat sur les faits est ouvert pour certaines personnes (cf l'auteur du documentaire pour Polanski).
Du coup personnellement je me suis arrêtée là et c'est toujours le cas, pour ce qui concerne l'affaire Polanski, n'en sachant pas plus, et surtout, compte tenu du fait que l'agressée demande à ce que l'affaire ne soit pas réouverte.
Car comme vous le rappelez, Discret, le parcours judiciaire est lui aussi un traumatisme psychique.