L'absurdité comme règle de société
Je discutais hier avec mes collègues d'économie de politique, d'environnement, du droit des femmes, et je me sens seul et déprimé! J'écoute Mermet avec grand intérêt, regarde Taddei, ne regarde plus la télé, lis Mediapart, Virginie Despentes, Marx, écoute Franck Lepage, Yves Cusset… Mais je me sens seul! Être anti-capitaliste n'est toujours pas avouable et surtout synonyme de dictature de goulag de malheur de folie d'utopie…
Et bien, plus le temps passe et plus je suis anti-capitaliste. Pas Communiste au sens qu'on lui donne aujourd'hui, pas stalinien ni trotskiste, marxiste peut-être mais surtout anti-capitaliste!
La pauvreté n'a jamais été aussi présente en France, en Europe, dans le monde. Le quart-monde se rapproche dangereusement. Mais rien n'y fait, les idées capitalistes ont la peau dure alors qu'on a la preuve chaque jour des inégalités, de la misère que ça crée. Au nom de la liberté d'entreprendre, la liberté financière, les banquiers se goinfrent sur le dos des ménages et des États, les riches ne payent pas d'impôts, les actionnaires pressent les salariés et détruisent leurs droits leurs emplois en profitant de leur misère pour accroître toujours plus leurs profits.
On le sait, ils mettent les travailleurs en danger pour ne pas perdre en gain de productivité (travailler en interim dans une centrale nucléaire par exemple!) , ils nous mettent en concurrence jusqu'à l'autre bout de la planète. Des entreprises où nous sommes tous allés pour nous vêtir pratique même l'esclavage, pas le moderne, celui d'antan!
Aujourd'hui on laisse tout juste de quoi survivre à ces travailleurs, un smic! Comment ne pas être écœuré par le traitement réservé aux salariés de la grande distribution quand on sait les bénéfices colossales réalisés sur le dos de ces mêmes salariés!
Comment ne pas s'indigner devant le sort des femmes sous-payées à mi-temps précaires qui servent de main-d'oeuvre bon marché aux actionnaires, le sort des prisonniers payés 1,60€ de l'heure pour faire de la hotline... Et les exemples sont nombreux de droits bafoués sur l'autel du grand capital.
Comment ne pas être écœuré par l'injustice de la fiscalité! Les niches fiscales, celle qui coûtent cher aux caisses de l'état, elles, existent toujours (loi Derobien, etc) mais la niche fiscale des mères célibataires, celle-là on la supprime, alors que les mères célibataires sont toujours plus nombreuses au resto du cœur!
Comment comprendre qu'on prétende encore que chaque citoyen doit faire un effort pour la collectivité, que la sécurité sociale ne pourra plus perdurer, qu'on veuille absolument placer les retraites en bourse, plutôt que ce bon vieux système de répartition qui marche et permet même de légitimer l'entrée légale d'étranger sur le territoire ! Comment encore accepter qu'on nous culpabilise de toutes ces dépenses alors qu'il suffirait d'imposer tout le monde (de la même manière serait déjà énorme!). Non on préfère le système ancestral de la charité. Et les riches n'ont qu'à le demander "Nous on préfère une participation exceptionnelle à une imposition durable" Ben tient donc!
Comment accepter ces plans de rigueur, d'austérité au nom de dettes que la bourgeoisie a contracté pour elle même et qu'elle nous impose de rembourser. Alors qu'on le sait, l'argent publique, elle en croque toujours plus.
Comment comprendre qu'on fasse l'apologie d'un système qui fabrique la misère; en spéculant sur les denrées alimentaires, en augmentant donc atrificiellement le prix de ces marchandises, on fabrique des famines dans les pays que nous avons asservi par leurs dettes, en spéculant sur la santé, en faisant de ce secteur une source de bénéfices, on s'habitue à voir des gens mourir de maladies tout à fait soignables, des gens face au dilemne se soigner se loger se nourrir! Et tout ça dans notre monde de surabondance! Nous avons créer un paradis, nous savons nous prémunir de la famine des maladies et des intempéries mais en ne voulant surtout pas partager, la plus part d'entre nous en sommes exclus!
Comment peut-on encore cautionner cette politique, cette société? Comment y croire encore? Quand on pense que notre alternative à l'UMP c'était Strauss Kahn ça fait froid dans le dos!
Et malgré tout, j'entends partout que l'anti-capitalisme c'est dangereux. Mais dangereux pour qui? La redistribution des richesses, un monde qui ne produirait que ce dont il a besoin, un monde où tout un chacun aurait de quoi vivre dignement, un toit un repas une éducation de qualité quelque soit son sexe son origine sa région sa religion sa classe (Il est hallucinant qu'à l'heure où le logement est devenu un luxe et où tant de gens sont mal ou voir pas logés du tout, il est interdit de vivre dans un habitat alternatif (yourte, chalet,...). Le gouvernement voulait même pénalisé le caravaning ou l'habitat léger! Pourquoi? Pour garantir une hausse infinie des prix locatifs? Pour faire peur à tous ceux qui rêveraient de vivre autrement?). N'a t on pas assez d'exemples pour prouver que le capitalisme nous emmène droit dans le mur? Sans même parler d'écologie d'environnement ! Est-ce si dangereux de rêver d'une autre société? Nous sommes plus nombreux à souffrir de ce système qu'à en jouir, nous le savons, tout est dit à présent, nous savons en regardant la télé, en lisant les journaux, toujours des scandales des fraudes des chiffres des salaires mirobolants. Nous savons!
Mais nous n'avons toujours pas le droit d'être anti-capitaliste sans être taxés d'utopistes de doux rêveurs ou alors de dangereux terroristes réactionnaires et rétrogrades!
Ça fait mal !



Tous les commentaires
Très bien!!! C'est mieux quand c'est dit, ça fait un bien fou
!
C'est vrai.... Ça fait du bien!
Ce n'est pas si simple.
Si on alignait la raison, et l'économie, au résultat de la confrontaton, on éviterait du gaspillage.
Le problème n'est pas posé complètement quand on observe le fonctionnement social, bien sûr.
On omet le fait psychologique.
Il commence avec le fonctionnement de la psyché, et se termine avec le comportement des acteurs du monde.
Ensuite il faut ajouter les acquis émotionnels, et enfin une dynamique propre à la réunion en groupes plus ou moins importants d'undividus qui créent une autre espèces d'acteurs, qui semble avoir son propre raisonnement et ses propres objectifs indépendamment des personnes pris individuellement.
La réalité est tellement multiple et complexe, que si 'lon se bloque sur un des éléments qui font l'édifice, on ne comprend plus rien.
La sanction, c'est bien sur la souffrance.
Le fait que quelque chose ne fonctionne n'est pas une objection contre son existence, ou la légitimité de son avènement.
C'est toute la problématique de la tentative.
Pour réussi, il faut tenter, et donc prendre le risque d'échouer.
L'imortant c'est de trouver, et d'entretenir la ressource de continuer, et de recommencer.
Et on le trouve dans la résolution des problème avec la gratification qu'on en obtient.
Si un problème résolu apporte moins de plaisir ou se trouve moins rentable qu'un problème qui ne l'est pas, il n'est pas étonnant que tout le monde s'acharne à bloquer la résolution.
C'est bien sûr terrifiant, pour certains esprits.
Mais ce qui devrait les terrifier c'est leur incapacité de trouver la souplesse nécessaire à s'en accomoder, pour réellement pouvoir à travailler le sujet.
Parce que la constante, c'est que si la psychologie domine, rien n'est plus tendu vers l'évolution et le changement que l'esprit et le coeur humain. Comme son corps.
Et la fxation, le blocage, la raideur ne sont qu'une étape.
Courage.
Un peu de positivisme ne fait pas de mal.
L'homme évolue beaucoup plus vite techniquement que psychologiquement. Nos instincts sont encore omniprésents et dominants. C'est d'ailleurs ce qui justifie souvent le monde actuel; n'entend on pas fréquemment que l'individualisme est la nature de l'homme, qu'aucun autre monde n'est possible.
Par choc ou naturellement j'espère que la prochaine évolution darwinienne de l'homme sera le savoir vivre ensemble pour tous... Il en ira peut-être de la survie de notre espèce.
Je me dis tout ça depuis longtemps, plus de 20 ans, me demandant pourquoi, pourquoi, mais pourquoi donc les autres gens de la même classe sociale que moi (disons "moyenne inférieure") ou même les plus "prolos" ne pigent pas.
Manipulation des esprits par la répétition quotidienne des mensonges, de l'idéologie dominante chaque jour sur la TV, sur les radios, dans la presse, tout cela soumis au pognon et pratiquant le psittascisme.
Lire ou relire "Propaganda" d'Edward Bernays préfacé par Baillargeon.
Lire et diffuser le journal Fakir, accessible à un grand nombre de lecteurs et non "marqué" politiquement.
Oui pallier la propagande est important. Mais je perds espoir parfois quand j'entends mon entourage commenter l'actualité, "la règle d'or" par exemple.
Mais continuons, il n'y a que ça à faire....
Quand je vois les foules qui lisent les lamentables "journaux gratuits" chaque matin dans le métro... je me demande quelle forme de servitude volontaire se renforce chaque jour, insidueusement...