Ven.
28
Nov

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Salut, Maria

Rue de Buci, elle passa ce jour-là main dans la main avec une femme, elles s'enlacèrent devant les légumes, elles marchèrent rapides et droites, et c'est à cela, quelque chose dans les enjambées, que je la reconnus, Maria Schneider.l_29c50c374cc448619dcc8445b70c6feb.jpg

Elle ne regardait pas les gens ; eux la regardaient trop. Elle avait l'air bien, première tiédeur de printemps, sortie d'hiver à Paris, et remplissait un panier d'étal en étal, mais quelqu'un, tout près, à la terrasse du café, avec dans la voix cette gourmandise (passion d'enterrer les vivants) : « Oh, elle ne tourne plus, elle est complètement défoncée, plus personne ne prend le risque ». Ce n'était plus vrai, depuis des années déjà. Là bas, au bout de la rue, elles s'embrassèrent. Disparurent rapides et droites.

Enterrée, Maria Schneider va l'être, au Père Lachaise ; elle vient de mourir, à 58 ans, cancer.

 

Maison des arts et de la Culture, Festival international du film de femmes, Créteil, 2001. Veste sombre, regard passablement ironique, visage nu et beau, zéro concession aux petits arrangements avec l'âge, assez royale, oui, pas rangée. Lasse : « J'ai tourné dans plus de cinquante films, on ne me parle toujours que du Dernier Tango, il y a 35 ans », disait-elle encore il y a peu. Oui, oui, la scène de sodomie qui en vient à occulter le film, la rencontre foudroyée entre un veuf américain et une très jeune fille de la bourgeoisie en quête d'appartement. Film vu il y a longtemps, j'avais aimé le veuf Marlon, l'appartement vide de Bir Hakeim, et surtout, surtout la fille insolente et vacillante. Interdit dans l'Espagne de Franco, en Italie, Le dernier tango propulse l'actrice de 19 ans , fille de Gélin - qu'elle connaît à peine - en rupture de mère, hébergée dans une chambre de bonne par Brigitte Bardot, vers les paparazzis, les allusions salaces, les insultes, et les propositions en série de rôles de bimbos dénudées, qu'elle décline. Elle décline tout court. Comme Clémenti, comme quelques autres, à la fois au centre et en marge. On s'explose, la dope pleut. C'était avant le sida, avant les amis amaigris et tremblants, avant la tristesse des défonces répétées.

 

T802.jpg

Et pourtant, elle survit, Maria Schneider, et il serait temps plus que temps de se souvenir qu'elle a aussi tourné un film sublime et impossible à trouver de Philippe Garrel, Profession reporter d'Antonioni avec un Nicholson d'une rare sobriété, un Rivette improbable, elle, stupéfiante, habité La baby sitter de René Clément, ou même terrorisé Luis Bunuel en un flamenco déjanté, qui la congédie sans égards Cet obscur objet du désir, adapté de La femme et le pantin, sera tourné sans elle, en version tiède.

 

Elle dit ce que les jeunes actrices ne doivent pas dire. A Losey qui lui demande de ne pas fumer (de joints) pendant le tournage, elle rétorque que, dans ce cas, l'a qu'à arrêter de boire, lui... «On accepte d'un acteur homme qu'il soit dans un état second, mais, pour nous, c'est impardonnable. »

Elle dit aussi ce que les actrices vieillissantes ne disent pas : les hommes tournent toujours passé soixante ans, pour les femmes, « entre le sex symbol et la mamie, il n'y a pas grand-chose ». « L'actrice qui fait un bébé, ça se vend, mais celle qui vit très bien dans son coin, c'est pas possible. On a tous une ambiguïté sexuelle, mais ce n'est pas écrit sur le visage. Un jour, Delphine Seyrig est venue me voir à Los Angeles. Elle avait quarante ans, moi j'en avais vingt. Elle était plus motivée que moi par la lutte féministe. Moi, je disais : « On verra, je ne ferai peut-être plus cela dans deux ans. » Elle s'est fait des ennemi(e)s en rembarrant les journalistes, mais c'est sûr que, pour réussir, il faut aller dans le sens du poil, comme Nathalie Baye, comme Isabelle Huppert ».

 

Elle n'allait pas dans le sens du poil, était fascinée par Garbo, par la force de Magnani, une tendresse pour Vivien Leigh la fracassée.

Mais elle tournait, dans cette épreuve cinématographique que fut La Repentie, de Laetitia Masson, jusqu'au dernier rôle, que j'ai manqué : Cliente, de Balasko, en 2009.

 

L'été dernier, Frédéric Mitterrand l'a honorée d'un Chevalier des arts et des lettres, beau contre-emploi, mais pas immérité. Quant à Bertolucci, qu'elle n'a guère épargné, ni comme réalisateur, ni comme homme, il regrettait hier de n'avoir jamais pu lui demander pardon : « Sa mort est arrivée trop tôt. Avant que je ne puisse l'embrasser tendrement, lui dire que je me sentais liée à elle comme au premier jour. »

Trop tard de trop tard, en effet. Je n'ai jamais revu le film. Sans doute ne l'aimerais-je plus, aujourd'hui. Même pas sûr. Ni le veuf américain, ni la jeune bourgeoise affolée par sa propre audace n'étaient sales. Mais le regard des spectateurs peut l'être.

 


Tous les commentaires

04/02/2011, 11:36 | Par Mithra-Nomadeblues_

Très bel hommage à une femme qui osa... et cette écriture lui ressemble...

04/02/2011, 12:01 | Par max angel

Félicitations pour ce très bel hommage auquel je ne peux que m'associer, sans rien ajouter, si ce n'est ma tristesse.

04/02/2011, 12:07 | Par Evah

Merci pour ce très bel hommage. De l'avoir croisée ici ou là et qu'elle soit partie...mon coeur est triste..triste.

04/02/2011, 12:08 | Par Beatrice Bantman

@Dominique

J'ai revu Dernier Tango, il y a quelques années : le film m'avait bouleversée à 20 ans et n'avait pas vieilli. Comme l'avait relevé JL Bory à l'époque : dans ce film, une femme tue l'homme qui l'aime et ça ne choque personne; mais quand elle fait l'amour avec ce même homme, on hurle au sacndale...

Bravo pour ton beau papier.

04/02/2011, 12:22 | Par marguerite

"Trop tard de trop tard, en effet. Je n'ai jamais revu le film. Sans doute ne l'aimerais-je plus , aujourd'hui. Même pas sûr. Ni le veuf américain, ni la jeune bourgeoise affolée par sa propre audace n'étaient sales. Mais le regard des spectateurs peut l'être."

Oui. Je me souviens de sa présence brève et marquante dans le film de Bertrand Blier "Les Acteurs".

C'est un juste hommage que vous lui rendez ici.

04/02/2011, 12:27 | Par Philippe Haumont

Bel hommage !

04/02/2011, 12:54 | Par Anne Guérin-Castell

Merci, Dominique, de la faire exister autrement que comme celle qui aurait fait scandale dans un film (et bien sûr ni son partenaire masculin ni le metteur en scène).

Je n'avais pas vu, à l'époque, le film dont tout le monde parlait. Pas envie. Découvert des années plus tard. Pas assez marquant pour qu'il m'en reste quelque chose. Mais de Profession : reporter, oui…

P.-S. Peu de place pour elle, sur Mediapart, sa mort éclipsé par celle d'Édouard Glissant. L'inverse ce matin dans l'édition province du Parisien : un article sur elle, cinq lignes sur Glissant.

04/02/2011, 13:04 | Par Ludovic Lamant

A lire aussi, ce portrait de Philippe Azoury dans Libé d'il y a quelques années. L.

04/02/2011, 13:11 | Par Michel Puech

Ah bravo Dominique ! C'est exactement le genre de billet que j'avais envie de lire, que je ne trouvais pas dans la presse... Suis je bête, c'était ici et c'est toi. Merci

04/02/2011, 13:34 | Par Christine Marcandier

Ici et toi, comme le dit Michel. Voilà. Magnifique.

04/02/2011, 15:08 | Par ANDREE BEGON

Très émouvant;merci beaucoup

04/02/2011, 15:36 | Par Dominique Bry

Maria Schneider a aussi joué dans Bunker Palace Hotel d'Enki Bilal.

" Ni le veuf américain, ni la jeune bourgeoise affolée par sa propre audace n'étaient sales. Mais le regard des spectateurs peut l'être."

Je suis bien d'accord avec ce dernier point. Maria Schneider est aujourd'hui célébrée comme une icône féministe de la part de ceux-là même qui ne voulait lui faire tourner que des suites improbables du Dernier Tango... Le film de Bertolucci est sorti en 1972...

1965 : Réforme du régime matrimonial de 1804 : la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l'autorisation de son mari.

1970 : La mère devient l'égale du père en matière d'autorité parentale.

1971 : Loi rendant obligatoire l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour un même travail.

...

"Le regard des spectateurs". Et d'une société tout entière peut-être.

04/02/2011, 15:43 | Par Velveth

Billet tout autant magnifique qu'émouvant.

04/02/2011, 16:04 | Par cerragle

Bel hommage, Pour l'avoir croisée, aussi dans le 1er arrondissement. Salut Maria, aprés tout, tu as osé.

04/02/2011, 16:28 | Par patrick 44

Merci Dominique pour cette remise en perspective émouvante et solidaire qui fait tant défaut dans la presse d'aujourd'hui.

04/02/2011, 16:39 | Par Aurevoir!

En effet: votre hommage est beau et émouvant.

04/02/2011, 17:14 | Par Jean-Louis Legalery

Superbe et émouvant hommage, Dominique. Je garde en mémoire Profession reporter, dans lequel elle a montré qu'elle était une actrice, et capable de jouer dans un Antonioni !

04/02/2011, 17:38 | Par Sarah Faro

Sobre et juste, tu sais si bien faire, Dominique.

04/02/2011, 18:08 | Par Grain de Sel HV

Très bel hommage. Merci Dominique....

04/02/2011, 18:38 | Par Kaze tachinu

Votre article est beau pour une belle, émouvante actrice: je me souviens de son film avec Marlon Brando, une réussite; dommage qu'on l'ait réduite ( et que peut-être elle se soit laissée réduire) à une scène qui ne déparaît pas le film, ni lui, ni elle; on ne peut filmer un grand appartement vide sans que celui du Dernier Tango resurgisse! (par ex dans le dernier film de Nicole Garcia). C'est un espace de souvenirs (les nôtres et les leurs) et de cinéphilie.

Sans compter l'excellent Profession Reporter

04/02/2011, 18:54 | Par Erreur 403

Superbe, honnête, lucide.

Je me permets de vous citer pour clore le bec des bien-pensants qui refont le procès de 1972 en accusant Bertolucci de viol, après s'être défoulés sur Polanski, confondant image, personnes, réalités...

04/02/2011, 21:08 | Par espoir

Elle faisait partie de ces femmes belles et rebelles qui aurait du toujours se coucher sous la caméra en ayant la reconnaissance obéissante et conforme aux attentes de ses maîtres faiseurs d'images, la valorisation et l'entretien de cette image n'étaient ni un but ,ni un moyen,elle a préféré un passeport pour sa liberté,une rapide randonnée mortelle .Ceux-là même qui voulaient l'enterrer dans leur vision réduite à sa seule image, l'embaument pour "acte de résistance" ,quand aux jours de sa courte vie,ils la condamnaient pour cette même raison.

04/02/2011, 21:40 | Par Dominique Conil

Une chose que j'ai oublié d'ajouter, et qui m'a beaucoup étonnée. Maria Schneider dirigeait un organisme nommé "La roue tourne".

J'avais bien vu, enfant, une ou deux fois avant disparition totale, des comédiens et comédiennes agé(e)s arriver sur la scène des cinémas, et dire en cinq minutes que survivre, lorsqu'il n'y a plus d'engagement, était difficile. Ma grand mère m'avait donné un coup de coude: mais c'est Untel, une célébrité, autrefois! De quoi déprimer pendant tout le film.

Je pensais que La roue tourne, dons aux "sinistrés de la gloire", comme les appelait Maria Schneider, n'existait plus. Non, elle s'en occupait activement, ai-je découvert ce matin.

05/02/2011, 00:15 | Par gris

Belle époque où le cinéma était au coeur des mouvements de la société, cinéma à redécouvir (ceux dont on parle ici, le Zulawski de l'important c'est d'aimer, Bertolucci, Antonioni, Godard, Wenders après ... "toute une époque" comme disait réveusement Blier, un peu avant, dans Les Tontons)

 

Cette actrice nous a émus, saluons la et merci pour l'hommage

05/02/2011, 01:55 | Par michbret

Merci Dominique pour ce bel et émouvant hommage. Cela remue des souvenirs.

Bien à vous.

05/02/2011, 10:31 | Par Philips Michel

Quand on apprend que d'une part son père, l'acteur Daniel Gelin "refusa" de reconnaitre sa fille Maria et que, d'autre part et aujourd'hui, le réalisateur Bertolucci nous dit qu'il "aurait voulu lui demander pardon" (voir ICI)(pour la façon dont il a usé d'elle dans son film "Le Dernier Tango à Paris"), on ne peut qu'être dégouté par le rôle détestable joué par ces deux hommes dans la vie de cette gamine paumée.

Oui, le monde du cinéma est parfois un monde sinistre. Un monde dans lequel de jeunes actrices sont, parfois, utilisées comme des objets. Sinistre.

Comme une envie de vomir.

05/02/2011, 18:23 | Par Anne Guérin-Castell en réponse au commentaire de Philips Michel le 05/02/2011 à 10:31

Il y a beaucoup d'autres exemples. Les actrices parlent rarement de ce qu'elles ont dû subir. Delphine Seyrig, qui disait avoir été “démolie” par Alain Resnais, a mis fin à ce silence en tournant Sois belle et tais-toi. Maria Schneider faisait partie de celles qu'elle avait filmées. Seul extrait disponible sur la Toile, Jane Fonda : http://www.dailymotion.com/video/xb14ub_sois-belle-et-tais-toi-extrait-de-d_news

25/02/2014, 20:55 | Par Joe le Chat en réponse au commentaire de Philips Michel le 05/02/2011 à 10:31

Bonsoir Philips,

Je prends le train en marche. Je découvre cet article bien tard ! - un article très beau, en faisant des recherches sur Maria, pour des raisons qui me sont très personnelles. Et vous assure comme vous, de mon dégout, envers ces deux salauds qui ont profité comme vous le dites " de cette gamine ". Je ne parlerai pas de ma vie à cette époque et des rencontres intenses qui furent les miennes. A chacun sa vie. Mais cet acte est une façon de dénier la féminité d'une femme, et c'est aussi lui voler sa sexualité.

Et, tout ce que je sais, parce que le sais, est que Maria a été tuée par cet acte réalisé par deux pervers. Maria d'ailleurs, n'a jamais été mise au courant de cette scène-acte, qui devait tuer son corps et son esprit.

La suite je/on la connait, drogue alcool, dérives de toutes sortes...

Que ces deux pervers soient maudits. Je sais que ce que je dis va être très mal perçu, mais je n'ai n'ai jamais eu l'habitude de me taire. Je l'ai d'ailleurs souvent payé très cher, mais au moins je me regarde heureux dans mon miroir, avec un visage qui n'a jamais renié une seule de ses faces.

Dans un article de Libération, elle juge Bertolucci : «Bertolucci, audacieux ? Peu de gens savent qu’à l’origine mon personnage était celui d’un garçon - ce qui rend toute relative la soi-disant modernité provocante du film, non?»

Oui, comme une envie de vomir.

Cordialement à Vous.

05/02/2011, 10:34 | Par Philippe Riès

Dans son hommage à Maria Schneider, le quotidien portugais Publico rappelle hier que Le Dernier Tango fut évidemment interdit par les censeurs de la dictature salazariste, ne sortant en salle qu'après la révolution du 25 avril 1974, avec de longues files d'attente aux portes du cinéma Sao Jorge à Lisbonne.

05/02/2011, 12:01 | Par didier giner

Je ne l'ai pas croisée ou pas reconnue dans le Premier arrondissement mais j'ai toujours profondément admiré et peut-être aimé cette femme.

Les photos d'elle, ses yeux, tout cela me touche terriblement. Pourquoi?

 

05/02/2011, 13:18 | Par Philips Michel en réponse au commentaire de didier giner le 05/02/2011 à 12:01

didier,

Ne pourrait-on pas dire qu'il y a toujours quelque chose de pathétique (et donc de touchant) dans le regard de celles qui ont été déniées dans leur identité? (Maria, Marilyn,...)

 

05/02/2011, 15:18 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Philips Michel le 05/02/2011 à 13:18

Je vous trouve bien "paternalisant", cher Michel Philips... Comme si certains hommes n'étaient pas non plus déniés...

05/02/2011, 15:43 | Par Philips Michel en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 05/02/2011 à 15:18

Mithra,

"touché!"

Je veux dire que dans mon billet, initialement, j'avais écrit : "dans le regard de ceux qui ont été déniés"!

Bon w-e!Clin d'oeil!

05/02/2011, 16:32 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Philips Michel le 05/02/2011 à 15:43

Bon week-end à vous aussi !...

05/02/2011, 18:43 | Par LMICHEL

Respect.

05/02/2011, 19:03 | Par bendidonc

Merci pour ce merveilleux portrait.

elle disait aussi :

 

"J'avais des conflits assez violents avec ma mère, je suis partie a 15 ans.En 69, en faisant de la figuration, j'ai rencontré Brigitte Bardot sur le film de Jean Aurel, Les Femmes. Elle m'a proposé une chambre de bonne chez elle à Paris et j'y suis restée 2 ans, j'ai rencontré Warren Beatty et Alain Delon qui m'a fait demarré dans Madly"

"le Dernier Tango, c'est le et Dieu créa la femme des années 70..."

 

"Moi, j'étais une fan d'Antonioni...il ne manipule pas,c'est un peintre du cinéma.J'ai présenté Profession reporter à des jeunes de New York, le film a été ovationné, meme s'il peut paraitre lent, c'est une lenteur qui renvoie à une intériorité..."

 

"J'étais rock'n roll...Concernant la drogue, nous ne savions pas à l'époque, que c'était si dangereux, il y avat un idéal, changer la société et surtout une soif de fantaisie...J'ai commencé a me droguer au moment ou je suis devenue célèbre, je n'avais pas de famille derrière moi ou on te protège, j'étais traquée...j'ai pas fait de peinture mais je peins avec moi-meme. Donner des émotions aux gens, c'est un plaisir.."

propos recueillis par Jackie Buet et Elisabeth Jenny

 

 

 

 

 

06/02/2011, 23:12 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de bendidonc le 05/02/2011 à 19:03

Merci de la précision, lors de cet hommage de 2001, Jackie Buet ( qui préside le Fiff) et Elisabeth Jenny avaient rassemblé un bel "auto-portrait", dont une citation d'ailleurs, se retrouve dans le billet.

05/02/2011, 22:03 | Par Marielle Billy

************

05/02/2011, 22:16 | Par ujamaa

 

Magnifique, si touchant billet... comment respirer...

Maria, héroïne improbable de notre vie, toujours ailleurs, mais au centre de nos rebellions, de nos amours...

Et merci Bendidonc pour vos citations... oui, elle nous peignait nous-mêmes.

 

06/02/2011, 10:28 | Par françois périgny

Un talent.

11/02/2011, 01:41 | Par jmaloddognin

Et l' emission "Cinema, cinemas" s inscrit en filigrane dans votre papier...

Sublime.Pour Elle.Et pour nous.

Merci

12/02/2011, 02:05 | Par JJMU

J'admire ce style elliptique que je finis par identifier comme vôtre. Marrant, tout de même : ce qui me séduit dans les motifs que vous brodez m’indispose toujours un peu par les sujets que je lis de vous. Oh, la vie de Maria Schneider méritait sans doute que quelqu’un (et pourquoi pas vous, bien entendu ?) vienne rétablir devant tous la personne humaine, forte et fragile, sensible aussi, face aux représentations collectives qui circulent autour d’elle, soit, et je n’ai rien à dire là-dessus, au contraire, même. Cependant...

Pour autant que je puisse cerner la nature de ce malaise qui résiste à mon réel plaisir de lire vos phrases, c’est du côté d’un certain contre-pied systématique chez vous que je le situerai : un contre-pied au sordide, au macabre, c’est ça : je lis dans vos pages une sorte de contre-pied que vous placez à la frontière du vertige. Les gens dont vous parlez ont connu des destins fracassés, et vous nous en parlez pour attirer notre regard sur d’autres pans, plus proches de nous, comme si, en se reconnaissant des analogies avec eux, ou grâce à l’empathie que suscite votre écriture, alors, la fraternité humaine parvient à dépasser les ignorances ou les négligeances et les réhausse, les réhabilite, et vient participer à la rencontre de mains qui se tiennent immanquablement (pas simplement celle de l’actrice malade accompagnée de son amie qui soutient son regard devant un marché d’incompréhensions, mais la main de l’enfant qui desserre les poings fermés du père humilié à la toute fin du Voleur de bicyclette, de Vittorio de Sicca).

Bon, je finis par me dire que ces zones-frontières que vous mettez en lumière sont justement celles du passage de l’intime et du public – de l’art et de ce qu’on appelle les réalités, dans nos existences. Après vous avoir lue, des gens comme moi ont pu traverser des zones d’ombre, avec, en contre-point, quelques lueurs çà et là qui protègent de la désespérance. Merci à vous.

Newsletter