Thématiques du blog
Six feet upper, Guillaume Depardieu
Il était naze, aux rencontres littéraires de la Villa Gillet de Lyon, en juin dernier. Il était naze. Les gens quittaient la salle, les uns offusqués d’un « suce ma bite »,qui ne figure pas dans le « J’accuse » de Zola, pour sûr, il insultait,les autres partaient inquiets des cicatrices sur ses bras, certains n’avaient pas envie de le voir comme ça et partaient. D’autres restaient, en sympathie ou voyeurisme. Guillaume Depardieu, mort à 37 ans.
On disait alors qu’il entrait et sortait d’hôpital psy. Il est mort, ce n’est pas une surprise, pas vraiment, il se traînait la vie, il s’explosait la vie, il était parfois trop vivant pour la vie, je l’aimais bien, rien d’autre. Il avait du talent, voilà. Il était, sur le fil.
Guillaume Depardieu, fils de, incandescent, vite consumé. Ce garçon n’avait pas appris l’économie de soi. Il manquait de prudence. Il était un manque et ce manque parfois occupait l’écran, en un regard vite déplacé.
La première fois que je l’ai vu, c’était dans la salle bondée d’un tribunal versaillais, journalistes entassés pour un procès bien ordinaire de défonce en banlieue ouest, à savoir plus d’argent qu’ailleurs, plus de silence encore qu’ailleurs, plus d’ignorance des petites cuillères noircies qu’on met au lave-vaisselle, une stupéfaction parentale, un silence des inculpés.
Rien de spécial, sauf cette femme frêle, Elisabeth Depardieu, frêle genre acier trempé, qui parlait pour son fils. Le père, avait ajouté le président du tribunal, qui tournait alors « Mon père, ce héros », n’avait pas souhaité déposer.
Le père en plus, c’était 100 journalistes de plus, on pouvait comprendre, ou se dire, quand même. Le fils était là, cette mèche voilait son visage, il insistait, il était un parmi d’autres. Non pour se dédouaner, pour être condamné, comme les autres, surtout.
Après, il se faisait couper la jambe, saleté nosocomiale logée dans l’os, je m’étais dit : ne te démolis pas, idiot. Ne te démolis pas, survis.
Après, on racontait qu’il était fini, pas facile avec un bout de jambe en moins. Il avait tourné un film avec son père, « Aime ton père », « une réconciliation » disait la critique, une douleur réactivée, peut-être, qu’en sais-je ?
Il y a deux semaines, les Inrocks publiaient une colonne sur ces fils de et filles de du cinéma,ajoutant que ceux qui n’avaient pas de talent ne tardaient pas à disparaître – ah ? -que les autres irradiaient : dont Guillaume Depardieu. A Cannes quand on lui demandait pourquoi avez-vous accepté de jouer dans le film de Bertrand Bonello, De la guerre, il répondait: "Parce qu'il y avait le mot guerre dans le titre".
La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans La France de Serge Bozon, 10h du matin et salle bondée dans le cinquième arrondissement un dimanche. Ces soldats déserteurs qui longent la zone de combat en 14-18, leurs chansons improbables sur visages épuisés ( allez voir, si ce n’est fait). Sylvie Testud impeccable. Et à la fin, de ce film autant rêvé que filmé, cette apparition qui claudique dans un paysage neigeux, lui.Revenu d’entre les morts des tranchées. Super , m’étais-je dit, te v‘la. D’entre les morts, tu échappes.
Non, hélas, il n’a pas échappé et je ne vais pas ce soir, regarder sur internet les détails d'une pneumonie foudroyante. M’intéresse pas. Le manque est bien partagé. Aujourd’hui, c’est lui qui le crée.
37 ans, des accidents pour trois vies, Guillaume Depardieu.
Regardez la video. On en a enlevé plein, ce soir, sur You tube ou Dailymotion, de Guillaume "déchiré", et on a bien fait .

Tous les commentaires
Il est aussi beau qu'il etait lui, cet hommage. Je l'avais beaucoup aimé dans ne touchez pas a la hache, même si je connais peu sa filmographie. C'est con. Il avait des projets... un album de chansons je crois. C'est trop con parfois la vie.
A mon avis il fut également l'acteur le plus doué de sa génération comme le fut en son temps le regretté Patrick Deweare..il ne nous reste plus qu'a revoir ses films, Guillaume Depardieu y crève l'ecran.
Guillaume Depardieu n'est pas mort. Il survivra tant qu'en nous restera une once de vie. Une once de trop vite, trop loin, trop jeune , trop fou, trop à l'écart des normes, trop d'autodestruction, trop de folie, trop de génie, trop de jusqu'auboutisme, trop d'enfer, trop de paradis artificiels, trop de rebellion, trop refus de la norme, trop d'espoir et trop de desespoir, trop d'ongles griffant les murs, trop de volonté, trop d'involontaire, trop d'amour et de désamour.... . Guillaume Depardieu est ce sale gosse qu'on ne peut pas s'empêcher d'aimer. Il nous force à réflechir et à nous remettre en cause. A detester ses outrances tout en voulant avoir eu le courage de les commettre. . Je me rappelle un "Grand Journal" sur C+ pendant les présidentielles. Guillaume Depardieu arrive en plateau juste après que Nicolas Sarkozy l'ai quitté. " Houlà, ça pue la merde !" dit il d'entrée avant de se répandre sur NS. On envoie une page de pub. Retour au direct. Plus de Guillaume Depardieu.... Sans commentaire. . Au delà de ça nous avons perdu un grand acteur, construit sur ses blessures. . Merci dominique
Merci Dominique, et aussi pour lui. Le seul vrai hommage.
;-(
Peut-être, ainsi que le dit Dominique Conil, peut-être qu'il se traînait la vie. Ah, mais, c'est quoi la vie ? Il est des êtres qui ont une sorte d'hyper conscience de ce qu'est le monde, tandis que d'autres, souvent prompts à juger les premiers, glissent sur cette mer intérieure cosmique sans jamais y faire la moindre vague, se glissant dans le moule de la norme comme dans un chausson douillet dans le but de durer, durer jusqu'au bout du bout, à tout prix, sans se rendre compte qu'ils déroulent une non-existence, une existence de l'inutile, bien calés dans leurs préjugés et leurs certitudes sur ce que doit être la vie. Mais, sans doute cette lecture est-elle inévitable : donner l'illusion de traîner sa vie alors qu'on ne fait rien d'autre que la brûler pour se réchauffer de la froide puanteur du monde.
Dans le milieu des années 80, j'ai connu un adolescent qui faisait partie de la bande de copains et copines de ma fille, au lycée, à St Cloud. La flamme brûlait déjà dans son regard.
Juste merci, à lui, évidemment, et à votre texte magnifique.
Oui merci, pour ces mots justes et beaux posés sur cet homme, tragique météore, dont on gardera longtemps en coeur et en mémoire le regard.
réédité: Merci de ce vibrant et touchant billet, Dominique. Une pensée pour Elisabeth et Julie qui ont perdu leur fils et frère... et pour Gérard ( même si j'ai quelques réserves à son endroit et à ses envers). Comme l'avait noté puis effacé Vancouver, notre chère chasseuse de moustiques, j'avais oublié l'enfant (je ne savais pas, en fait, qu'il y en avait un). Quant à Cloclo, le provocateur venu aujourd'hui d'outre-tombe, on ne sait pas trop ce qui l'autorise à de tels jugements radicaux. Un manque d'empathie procédurale, déjà, assurément :-). Enfin...
Réédité: trop de moustiques..., je change d'endroit. ( pas chasseuse de..chassée par..) Merci Dominique. Et pour tous tes écrits.
C'est qui les mistouques, Vancouver ? LocLoc ou Colcol ? Il ne faut pas se laisser chasser mais chasser: rien de tel qu'un revers de main ou une bonne giclée d'essence de géranium !
Un soir, dans un bistrot de la rue Lemercier il a commandé un jambon beurre... Il l'a longuement mâché, et avalé... Il a réglé en liquide. C'était extraordinairement beau et simple. Simplet même !
Comme les sept nains !
D'ailleurs il adorait Blanche neige...
parce qu'elle s'était endormie...
Le lendemain il a repris un jambon beurre, et il en a donné la moitié à un pauvre... C'était beau !
Les Apprentis, avec Francois Cluzet et ... Marie Trintignan. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Le moins que l'on puisse dire est que je partage pas du tout les "éloges" ambiants. C'est toujours triste de voir quelqu'un disparaitre, mais j'aurai du mal à éprouver pour ce personnage la moindre sympathie. Il représente tout ce qui est de plus négatif dans le monde du spectacle, à savoir la drogue, la prison, les rechutes médiatisées, tout cela sans excuses valables. Les raisons avancées, conflit avec le père, enfance perturbée, sont des raisons tellement banales et communes que ce ne sont pas des excuses. Beaucoup d'autres avec les mêmes "excuses" et dans un environnement moins doté s'en sont très bien sortis. Je me souviens d'une de ses apparitions sur une chaine de télévision, une véritable loque, un parler plus que douteux, des pensées politiques injurieuses proches du primaire et de la débilité, bref d'une tristesse à en mourir. Sans jeux de mot .. Niveau films, le comédien qu'il était n'était ni plus ni moins bon qu'une centaine d'autres dans le cinéma Français et, à mon avis de cinéphile, si il a percé et si on en parle c'est parce que c'est le fils de .... Je ne pense pas qu'il aurait pu faire carrière dans le cinéma si il avait été un quidam anonyme et commun comme tant d'autres.
Tu peux pas minimiser comme ça quelqu'un qui dit "suce ma bite" quand même ! Il y a là du dionysiaque là dedans !
juste un mot, parce qu'il n'est pas possible que ces commentaires finissent par un billet qui pue la haine, la réaction et le conformisme. la chaine a laquelle vous faites allusion est evidemment C+ et les pensées politiques injurieuses s'en prenaient à Sarko je ne sais pas si le plateau "sentait la merde" après le passage de Sarkozy, ce qui est sûr c'est que votre papier, lui, empeste
Et bien si mon papier "vous" empeste, ce personnage empestait encore plus le moisi et la pourriture liée à la drogue et à sa suffisance bestiale. Je n'ai pas C+, et donc je parlais d'une autre émission. Mais il est probable que cette émission à laquelle vous faites allusion l'ait aussi déconsidéré aux yeux des médias, vu le spécimen. Si au moins il avait eu du talent, il aurait peut-être été, sinon pardonné, mais au moins toléré. Son seul talent était d'être le fils de ... comme l'a si bien analysé un article du Monde il y a quelque temps. Enfin ma plume et mon temps valent trop que j'insiste sur les turpitudes d'un tel personnage.
Vous avez de la chance, de mesurer votre empathie, votre sympathie, à l'aune du mérite et du pouvoir de résilience. Vous avez de la chance de savoir ce qu'il y avait dans la tête de Guillaume Depardieu, ce qui avait été déterminant, ou pas. Ou peut-être pas de chance du tout. Comme acteur, on l'a vu se construire d'année en année, de ces acteurs dont le visage raconte parfois une histoire qui n'est plus celle du film. Une vraie présence, et des choix qui s'affinaient. Il n'est pas mort de turpitudes, comme vous dites, mais d'un virus: pas assez de défenses, vous voyez. Réactions un peu haineuses: sans doute représentait-il plus que ce qu'il croyait.
je ne suis pas spécialement fan de Guillaume Depardieu, dont je n'ai pas suivi la filmographie, mais je trouve votre commentaire absolument et définitivement consternant : vous jugez un homme, et vous le condamnez parce qu'il s'est drogué, et parce que à vous il vous répugnait... je trouve ça complètement petit, mesquin et insultant envers sa mémoire... auriez-vous écrit le même billet sous votre nom plutôt que sous votre pseudo ??
Oui
eh bien modifiez votre identifiant, c'est très facile à faire, et au moins vous assumerez ouvertement vos commentaires nauséabonds, ce sera déjà ça !
Et moi, je l'amais bien. Merci Dominique, pour la musique, les images, les mots...
S'il y a un Depardieu qui un jour a eu du talent, il se prénomme Gérard. Et ne confondez pas la trajectoire de ce rejeton fébrile avec celle de Depardieu le Père ou de Patrick Dewaere.
Cessons effectivement de ramener Guillaume à son nom, à son père..... puisqu'il s'est avéré passionnant une fois qu'il en a été détaché Ses meilleurs films et rôles sont récents, chez des auteurs comme Rivette, Bonello, Serge Bozon. Le comparer en permanence à la plus grande carrière du cinéma français ne sert à rien et ne rime à rien.. C'est pour ça que l'article m'a plu, car il évoque la vitalité propre au défunt (et qui fait cruellement défaut au père depuis quelques années d'ailleurs). Pour le pseudo cinéphile qui érige un tribunal au pauvre diable: drogue, prison, rechutes médiatisées(dont il porte évidemment la seule responsabilité), suffisance bestiale(???).... et en plus, le bougre n'a jamais eu d'excuses valables!!! Ou alors si, mais elles sont tellement banales qu'elles n'en sont plus! Pensez - vous qu'on aurait autant parler de ces dérapages s'il n'était pas le fils Depardieu? J'ai l'impression que le grand reproche qu'on lui a fais est de ne pas sembler assez heureux, assez people fade. Avec cette approche judiciaire, il faudrait demander les excuses de beaucoup, beaucoup d'artistes..
Écorché? Comment ne pas l'être avec un père comme Gérard Depardieu, un personnage qui, lui, ne m'a jamais accroché, ni comme acteur, ni comme homme, ni comme père. "L'instinct paternel" comme "l'instinct maternel" n'est pas génétique et Gérard, comme Alain Delon, autre immense star, n'en est sans doute pas pourvu: la faute à personne. Grandir là derrière, pas facile. Guillaume et Antony ont essayé. Faut donc pas jeter la pierre. Guillaume fut-il un grand acteur? L'avenir le dira. Dans le genre, Dewaere, lui, crevait et crève toujours l'écran. Reste un homme. Un homme jeune, cassé. Paix sur lui.
Effectivement , respectons le fait qu'il soit enfin en paix avec lui-même.......
Effectivement , respectons le fait qu'il soit enfin en paix avec lui-même.......
Merci, Dominique, de votre billet, à mes yeux unique à plus d'un titre, témoignage personnel, sensible et respectueux, de quelques occasions où vos chemins se sont croisés, avec Guillaume. Grace à vous, j'en sais un peu plus à son sujet ; et ce n'est pas du "pipole" Bien à vous,
Certes Dominique, dans ce combat d'évitement du lendemain, on aurait aimé le voir plus longtemps encore vaincre l'instant rompu du bonheur, le voir plus longtemps encore nous restituer les paysages de ces champs de vie épuisés par le rendement et les portraits de ces âmes tirant le lourd wagon du genre humain enchaîné fuyant le crépuscule plus flamboyant, plus intime, plus sexué de la mésaventure solitaire, le voir encore une fois comme on rencontre un ami à l'abri du jour d'après & selon et occupé. Il semblait avoir cette fougue familière et lointaine, oui, lointaine et familière, de celui qui pour avancer, abat à la machette les jours végétaux, les jours épineux, les jours livrés, les jours assurés, les jours d'après & selon, les jours chronométrés, les jours hypothéqués, les jours dédiés, les jours éructés, les jours consacrés, les jours chômés, les jours réservistes … un abattage sans avenir devait-on juger du haut de la correctionnelle et de la conventionnelle. Il est de cette race dite maudite, celle des Caïn, avec une ligne de main trop courte ou une ligne de chance tracée au rasoir, qui n'a que pour seule éternité le présent et seul désespoir rennaissant, celui d'avoir jeté Dieu sur Terre. Oui, l'avenir n'est pas derrière les jours, les seules étendues de jour sans sont au creux des déserts, quand les mirages se forment et forment d'évanescents éblouissements de l'existence. Etait-il de ceux qui abattent ces jours comme un fugitif efface ses traces ? Ce sont eux qui pourtant laissent une empreinte dans l'histoire, celle qui se fait raconter pour que vive l'aventure humaine au plus près de la vérité des cœurs. Il est tombé au moment où la bourse remonte: je ne pense pas être le seul à me dire que l'inverse aurait été préférable.
Il était naze. Vous dites qu'il était naze. Bon ! C'est quoi le sens de naze ? Apparemment tout le monde applaudit, souscrit à ce... comment appeler ça, à ce nazerisme mettons... En tous cas, ça semble signifier que d'être naze, c'est plutôt pas mal. Et des écrits, des "romans de la rentrée", des films, sortent... qui s'emploient à bien rester dans le sillon du naze. C'est quoi le naze? Un snobisme ruralisé? Du kitsch un peu sexuel ? De la connerie célèbre ? Dick Rivers est-il plus naze que Benoit XVI, ou moins ? Et Bigard, il a droit au titre ?
Qui dit que tout le monde souscrit? pas moi. Naze est l'expression qu' a utilise Dominique pour definir son comportement au moment specifique dont elle parle... Naze définit quelquechose qui ne vaut rien, ne fonctionne pas, par extension, qui n’a aucun intérêt ou quelqu'un de fatigué et/ou de bon à rien. On a tous le droit d'être naze de temps à autre,, non? Personnellement, je me sens parfois naze.... le naze c'est juste un état d'être. On est naze un temps, pas tout le temps, ou tout le temps, mais là on est dans l'insulte ! Ce n'etait pas le cas à mon avis dans l'expression de la plupart de ceux qui se sont exprimés, sauf cloclo, mais le connaissant, cela ne m'etonne guere qu'il puisse juger de personne à l'emporte pièce... Il etait fils de, certes, et alors, ca change quoi à ce certain talent qu'il avait? A ce choix de carrière qu'il a fait? à ses choix personnels, surement beaucoup, et alors ! Parce que l'on est fils de, on n'aurait moins le droit ou plus le droit d'être apprécié ou déprécié? Si on arrétait de s'accuser de juger? Juste si on comprenait qu'on a tant le droit d'être naze que d'avoir du talent, ça depend des moments ! Je ne pense pas que ce soit necessairement positif ou negatif la nazitude. C'est comme de dire que c'est nul de se sentir seul ou talentueux. C'est comme tout, ca depend....
"Naze", ça veut dire, écorché vif, un peu déglingué, toujours limite borderline, Alain Gillis. Décidément après le "génial" chez Dominique Wittorski, nous revoilà à faire de l'explication de texte ! Pas mal de poètes que vous devez avoir sur les rayons de votre bibliothèque dans la collection Poésies/NRF Gallimard ou une autre.... correspondraient aujourd'hui parfaitement à cette définition. Maintenant reste à savoir si on apprécie ou non...
C'est gentil de m'expliquer. Naze, c'est positif ... Bon,, j'avais précisé un peu plus loin ce qui faisait le fond de ma question. Mais je crois que c'est trop compliqué. Ca prendrait la tête...
« Il était naze »…En fait pour moi, Guillaume Depardieu, c’est un exemple type du pauvre type qui se débat et qui inspire plutôt la pitié .Mais combien y en a-t-il tous les jours, qui meurent tristement et qui se sont battus d’une manière peut être plus honorable, sans que personne n’en parle ?
Décrire quelqu'un que l'on regrette ne veut pas dire oublier de quoi il était fait: des hauts, des bas. Des hauts très hauts, des bas très bas. Pour les hauts, je vous renvoie au cinéma: allez voir De la guerre, allez voir Versailles encore à l'affiche. Le pauvre type y a beaucoup de talent. Ces commentaires ne sont pas si surprenants: Guillaume Depardieu a toujours vécu avec pronostic réservé, assommé de comparatifs, excessif dans un monde mesuré. Ceci dit, en dépit des bas, il n'a cessé d'exercer son métier de comédien, y compris après amputation, il préparait un enregistrement: ce qui, pour un artiste, est une très honorable façon de se battre. Et hier soir, dans plusieurs cafés du 18 ème au 20 ème, des gens lui ont rendu hommage. Spontanément, amicalement.
Vous trouvez qu'il était excessif dans un monde mesuré. Je ne trouve pas que le monde soit très mesuré. Enfin bon. Pour ma part, ce qui m'intéresse c'est moins Depardieu que le style des commentaires. Très ampoulés. Et puis affectés à l'extrème. Ce goût du naze... L'élégance trouvée en retournant simplement l'étoffe des habitudes. Le style Roi d'Agobert en somme... Naze = bourré de charme... Mais bon, on va pas en faire une affaire.
Une anecdote qui m'a été racontée hier. Dans la nuit, une femme (réalisatrice) descend d'un taxi. Quelqu'un passe et lui arrache son sac. Elle poursuit un peu le voleur en criant et s'arrête. Un scooter qui passe à toute allure disparait dans la même direction. Quelques minutes après, le scooter revient en sens inverse, s'arrête à la hauteur de la femme, le conducteur lui tend son sac. C'était Guillaume Depardieu.
Pour parler au présent et puisque Dominique y fait allusion: allez voir "Versailles" de Pierre Schoëller. Un très beau film, avec Guillaume Depardieu, Judith Chemla et Max Baissette de Malglaive (6 ans). Un film audacieux, et pas seulement parce qu'il est sorti en plein mois d'août.
Guillaume Depardieu serait-il déjà en train de rejoindre James Dean, c'est à dire devenir UN MYTHE? A lire certains commentaires, on pourrait le penser.
les "détracteurs" et indifférents de tout poil s'épargneront la vision de cette vidéo, ...d'autres pourront l'afficher en plein écran.. :o) http://www.dailymotion.com/video/xsqbl_juliette-une-lettre-oubliee_events
Bonsoir, cette disparition me peine, bien que je ne le connaissais pas tant que ca. Pour ceux qui le souhaitent je vous recommande d'écouter l'émission de france inter Eclectik de ce matin, rediffusion d'une interview de Guillaume depardieu par Rebecca Manzoni. C'est là : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/eclectik_dim/ Merci pour l'article, et aussi le commentaire de pet de nonne qui a le don d'exprimer exactement ce que je ressens mais que je n'arrive pas à écrire...ou peut etre en empruntant ce couplet à Higelin (L comme Beauté): Tu es la beauté insoumise Rebelle comme un cri d'enfant Qui brandit sa rage de vivre Face à la masse des morts-vivants Sous la violence de leur bêtise
Après avoir vu Versailles, de Pierre Schoeller: un très beau film, à partir d'un sujet improbable, le sdf revendiqué et l'enfant posé là.. Juste superbe, au large de tous les pièges attendus, porté, aussi par cet enfant et Guillaume Depardieu qui y donne la mesure de ce qu'il était devenu, un grand acteur.