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Fév

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Haïti, envoyez ! Français SVP

C’est sur le site de TF1, c’est ailleurs. Envoyez !  On aimerait bien que les victimes, les proches de. Haïti.

Il y a des immeubles pleins de corps, il y a des corps qui dépassent des décombres, il y a des vivants sous les décombres, il y a des rues où l’on marche , les enfants ensanglantés, l’odeur de mort qui monte, bouffer et boire, merci de nous dire, si vous avez témoignages. De Français. A part qu’ils parlent français, en Haïti.

 

Oh, j’ai fait comme nous tous, j’ai fait pire que nous tous car ici je n’ai pas de télé, j’ai cliqué, tweetté,  suivi les liens, écouté la rumeur, lu trente fois que l’archevêque était mort, téléphoné, j’ai essayé de savoir pour quelqu’un.

Pour l’avoir constaté une fois, pour avoir vomi dans l’odeur de cadavres montante, je me demande ce qui va se passer dans « ces villes de moindre importance » qui sont coupées , routes,  monde et  secours.

Envoyez ! Français. Ce soir, un dailymotionyoutube montre : une équipe de recherche, dans l’immeuble effondré de la Minustah, mission de stabilisation de l’ONU.

 

Recherches dans les ruines de la Minustah

Effondrée elle l’est, effondrée, cette mission où l’on aura pu voir travailler Louis Joinet , magistrat fondateur du SM, ou bien Thierry Fagart, avocat de l’extrême gauche, qui un jour dans un café  d’Hotel de Ville m’a dit qu’il y avait des tas de raisons, que rien n’était si simple, mais qu’il partait au Cambdoge , que dans ce pays où le droit n’était même pas mémoire, il y avait à faire. Ben, on verra, je sais pas, on verra. Il n’était sûr de rien, mais il était parti déjà.

Je me suis dit, celui-là, dans un an il revient.  J’ai repris mon métro, finaude. Ben tiens, le Cambodge, allait souffrir le pointu de la faute de procédure.

Il n’est pas revenu. Après le Cambodge, j’abrège, s’est retrouvé en Haïti. « Monsieur droits de l’homme », on l’appelait.

ONU, droits de l’homme, rapports terribles, quotidien minant, attention à l’une, prisonnière politique, à l’autre, torturé dans un commissariat, rappel permanent : il y a des lynchages, justice immédiate, drames, car de justice il n’y  a pas, qu’est-ce que le droit quand on ne peut ni boire ni manger ?

Non, pas de suspens, ce héros là n’est pas mort dans le tremblement de terre, sa mission de six ans s’est achevée à temps.

Des chiens aux reins souples crapahutent dans les ruines, ce feuilleté terrible qu’est devenu la Minustah, où d’autres, que je n’ai jamais connus, sont morts. Là plutôt qu’ailleurs ? Là comme ailleurs, la ligne de fracture n’a pas choisi . Mais  on filme là.

Il n’y a pas de nouvelles, non plus, de la « prison des enfants », peu connue à Port au Prince,  encore moins ailleurs, où des 10-17 ans passaient plusieurs années, parce que. Raflés, pour faire le chiffre, parce que. Pas jugés, ni entendus, ni rien. Juste là, une heure de récré par jour hors cellule. Envoyez ?  Non pas ceux-là.

Envoyez ! Les clients de la prison qu’on pourrait expédier à Guantanamo, un peu vide ces temps-ci, à part les fichus yéménites. Le pire c’est que, hors spécialités d’interrogatoires et tortures sonores et climatiques, ils pourraient s’en trouver mieux, les détenus qui ne se sont pas enfuis lorsque les murs de la prison de Port au Prince se sont effondrés. Guantanamo, qui fit déjà hébergement haïtien, comme amélioration pénitentiaire.

Envoyez !  Nous recherchons des témoignages.

Juste là, ce soir, sans la distance requise, sans savoir encore car les dizaines de milliers, au moins, plus sans doute, se résument terriblement à ces écrans qui nous envoient l’image sans le sens, parce que je sais que nous ne voyons pas le pire, le pire est durable et parfois prévisible.

Des gens sans électricité ni toit chantent Dieu, sauve-nous. Je crois bien que je ferai pareil, en grimpant  vers la colline, si jamais en plus on faisait tsunami. Oui Dieu, auquel je pense si peu, en écho à ce terrible titre de Libération, Terre maudite. Zéro fatalité, tant de souffrance, terre de colère, comme initialement, peut-être. Zéro maudit, sinon par nous.

Pour l’heure, pas mieux, non pas d’Envoyez ! Français Svp,  dans cette foule  haïtienne qui erre tourne dans la rue car où errer, où tourner,  quand il n’est plus de repère, où errer, où tourner, où aider, ce nulle part est hélas le mien, ce nulle part affolé est ce que nous partageons, sauf que dans ce partage ils ont un bras en moins, une famille en moins, tout en moins.

Peut-être pleurerons-nous de plus en plus ? M’écrit un ami. Non pleurer, non, mais pleurer pour les non-Envoyez !, parfois, oui. Pleurer, M., c'est déjà un luxe, j'espère que tu liras, le pire est dans la douleur sèche.

 

Ps : Sarkozy veut convoquer une mega conférence. Il a mis 24 heures à comprendre qu’il tenait le super fait-divers. Nous éradiquerons les tremblements de terre, la récidive, les pédophiles, les méchants, les pauvres c’est plus compliqué, il faut qu’ils y mettent du leur.

 Envoyez ! Tournons, dans le dévasté.

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

Comme je vous comprends...comme vos mots font échos... "jette l'éponge"... Non ! C'est l'injustice qu'il faut jeter...L'exécrable injustice qui ronge de l'intérieur les valeurs humaines, celle qui mine, qui déprime... Si la vie vaut la peine d'être vécue... C'est contre le Désespoir...que j'écris...je cris... je provoque... Poétiquement incorrecte... humainement poétique...

Dominique,

C'est un peu hors sujet, mais ça me poursuit. N'avez vous pas été aussi choquée par le fait qu'on nous parlait des sauveteurs sur les lieux du "grand hôtel de luxe" effondré? Je ne connais pas du tout l'endroit, mais cet hôtel était-il une "vraie" priorité? Comme s'il y avait déjà comme deux poids, deux mesures, non? Pour le reste, tout cela est terrible, effrayant, injuste à l'infini. Bien à vous

Haiti, la vie dans la survie, terriblement entretenue...

Merci Dominique Conil pour ce beau billet.

Cela dit il est important de faire des dons, les plus minimes soient-ils, car les Etats donateurs prennent en compte ces dons pour décider du montant de leurs propres aides.

Comme l'a dit Rony Brauman hier il faut donner de l'argent.

Attention aux assoc bidons. Perso je donne à MSF et à Save the children. La Fondation de France présente toutes les garanties de sérieux mais je préfère savoir à quelle association précisément je donne.

Cordialement

Saines colères. Tu résumes tout le paradoxe : le soulagement de savoir ceux qui nous sont proches sains et saufs, le désespoir des images, de ce que l'on ne peut qu'imaginer, l'horreur totale.

J'ai beau avoir la télé, impossible de regarder. Vu un bout de reportage hier, zappé dès les premiers commentaires, racolage, insupportable.

Alors donner, oui, pour tenter de sortir de l'impuissance, de la douleur passive. Âller vers le partage.

B, Christine, bien sûr que le racolage d'images ou de témoignages, rien à voir avec le fait d'expédier de l'argent. Nous nous somes retrouvées à deux, en même temps ou presque hier à indiquer les diverses associations auxquelles il est possible de faire des dons sous l'article :

http://www.mediapart.fr/journal/international/130110/haiti-50000-morts-selon-la-croix-rouge

 

Et comme dans la famille on oublie de se concerter, il y en a un qui a donné côté Fondation de France, l'autre à MSF.

Pour ma part MSF, je connais leur travail, ils sont présents là bas et pas d'aujourd'hui, leurs comptes sont limpides. Mais aussi, lorsqu'on les connait, des associations locales, qui savent utiliser chaque centime d'euro, là ou de grosses structures gâchent beaucoup.

Nous aussi MSF.

Et je suis en train de voir avec notre cousine (ses parents vivent en Haïti) comment envoyer des vêtements, couvertures, etc. Dès que je sais plus concrètement, je posterai ici.

La télé etSsarkozy et les voyeurs en nous tiennent leur fait divers pour dis-traire l'hiver.

Et d'un autre côté l'urgence, la vraie, celle qui n' pas besoin d'images pour se mobiliser.

Et en soubassement, le fonds d'injustice sauvage qui est le quotidien de tant d'endroits sur cette planète.

Les enfants qui errent dans les rues après le tremblement de terre, si nombreux.

Mais les enfants des rues des temps d'avant ? Moins insupportable ?

Pousser ce cri avec vous.  Libérer l'émotion, d'abord. Hurler de rage. Pleurer d'impuissance.

Puis, peu à peu, un doute, un soupçon. Comment et pourquoi la premiére république noire, d'esclaves s'affranchissant eux-mêmes, abandonnée par les grandes puissances sur cette terre-ci, précisément celle-ci, sous les ouragans et sur la faille...  Un hasard? Ou un manque d'intérêt sonnant et trébuchant. "Sans intérêt". On n'a rien trouvé sur la surface, ni dessous, de cette partie de l'île qui "vaille la peine"? L'autre partie suffit comme porte-avions, pour surveiller les Caraïbes?

   Envoyer, alors, oui, bien sûr, et vraiment bien sûr, mais envoyer à bon escient et, pour ma part, avec grande méfiance : tant de dons "disparaissent" dans de grandes poches "mystérieuses". Envoyer, oui, à celui qui fut un enfant, dont je fus le parrain, un temps. 

  Et si nous pouvions aussi leur envoyer des papiers, pour une libre circulation de leur humanité, des laisser-passer, des passeports internationaux, qu'ils viennent nous dire eux-mêmes ce que nous avons besoin d'entendre, en échange...

A propos du "PS" au billet, je me suis en effet interrogé sur l'intention de Nicolas Sarkozy de se rendre sur place. Le coût énorme du déplacement présidentiel ne pourrait-il pas être mieux affecté, par un don à des ONG, par exemple ? L'affaire des vaccins ne semble rien avoir appris au pouvoir exécutif.

L'image, Boddi, l'image... Une campagne publicitaire (toute cette émotion a ramasser, les chiffres des sondages qui ne sont pas bon) a un coût. Et tant pis si c'est nous qui payons. (Et tant pis si l'avion et sa suite encombre un peu plus un tramc déjà surchargé. L'important étant d'aller se faire voir.)

Comme le remarque Lamia Oualalou sur son billet, le secrétaire de l'ONU n'y va pas.

Mais à vous lire, je trouve que c'est peut-être un bien (tout dépend de son intention ..) L'événement est suffisamment médiatisé. Ce qui est nécessaire sur place: du matériel avec des compétences, que ce soit pour l'urgence ou l'accompagnement de ce qui existe et existera.

 

Oui, mais le site de la Minustah a été actualisé aujourd'hui. L'ONU, le président Préval, et d'autres se sont réunis pour dresser une liste des urgences, vu l'absence totale de coordination présentement.

Recopié:

  • Télécommunications Aussi, importe-t-il, selon le Président Préval, de faire venir dans le pays des téléphones satellitaires, des radios de communication et d’aider Digicel, Haitel et autres compagnies de téléphonie locale à réhabiliter leurs infrastructures endommagées à la communauté des bailleurs. 
  •   le nettoyage des rues. En effet, plusieurs débris d’habitations et carcasses jonchent encore les rues de Port-au-Prince, de même que les corps sans vie. Or dès demain, vendredi, ces routes doivent servir à acheminer de l’aide humanitaire aux rescapés.
  • L’installation des centres d’abris provisoire et la distribution de l’aide alimentaire aux des victimes. Le Gouvernement   dit avoir besoin d’au moins 15 sites pour accueillir les personnes ayant survécu à la catastrophe du 12 janvier.

« La communauté internationale manifeste une solidarité sans précédant » , a déclaré le Président de la République. L’aide de la Jamaïque se matérialisera par l’envoie des équipements à Digicel, qui fonctionne actuellement à 60% seulement de sa capacité. Pour sa part, la République Dominicaine, dont le président a effectué une visite surprise cet après midi, promet d’étendre la couverture de ses réseaux téléphoniques pour combler provisoirement le besoin d’Haïti.

Autre promesse de la République Dominicaine, l’ouverture de ses ports à recevoir de l’aide à destination d’Haïti. Actuellement,   aucun port ne fonctionne à Port-au-Prince."

Donc en effet, pas de visite, mais l'esquisse d'une coordination.

 

 

Je relaie volontiers ce texte de Joël Martin

Béber a raison de poser cette question :

" Le coût énorme du déplacement présidentiel ne pourrait-il pas être mieux affecté, par un don à des ONG, par exemple ?"

Coût énorme, c'est le mot.

Comme tout voyage du pharaon et de sa suite.

Celui en Réunion a coûté 1,6 millions d'euros.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=234114&page=article

 

La réponse est dans la question, peut-être ?

 

Et sur je ne sais plus quelle chaîne, le présentateur de JT qui demandait à l'ambassadeur, effondré, combien il y avait exactement de FRANÇAIS  disparus et qui insitait, insistait ! 

Pour nous, ce sera Médecins du Monde, une vieille habitude, malheureusement, une fidélité aussi, la confiance...

PS: moi aussi, d'abord le projet de voyage sur place et la conférence m'ont fait bondir. Etre sur la photo, à n'importe quel prix, jusqu'à l'indécence ! Dégoût. Abjection...

"combien il y avait exactement de FRANÇAIS  disparus et qui insitait, insistait !"

Même chose à la radio, hier (France Inter ou Info), c'était violent symboliquement, cette insistance de la journaliste, je n'en pouvais plus : description des blessures légères de certains des 90 premiers évacués etc.

Alors qu'il suffisait de dire, tant de blessés graves parmis eux, et voici le numéro pour se renseigner.

2 ou 3 millions de personnes sont touchées par ce séisme !

Même chose ce matin sur le résumé de l'actu de "Mediapart" : nombre de Français. Plus exotique dans le même genre : le fait que l'artiste agressée soit reçue par Nadine Morano  figurait en caractères gras, comme si être reçue par Nadine Morano était une sorte de distinction. Ca a été "corrigé" depuis.

http://www.mediapart.fr/journal/conference/150110/9

On sait bien évidemment pourquoi il faut donner, en revanche, beaucoup s'arrêtent et ne donnent pas, à cause (notamment) du comment et à qui donner. Trop d'exemples de cas de dons, de générosités détournés ont fait de cas d'espèces des généralités. Et qui servent désormais d'excuses aux donateurs potentiels dans un cynisme commode : "j'aurais bien donné quelque chose, mais qui sait où ira mon argent ? Alors je ne donne pas..." 



Comme le disait David Abiker ce matin sur France Info en substance : depuis deux jours, internet se déchaine dans un bel élan de solidarité, preuve que tout n'est pas mauvais sur la toile. J'ai en tête ces messages relayés sur les réseaux sociaux : "pour x, avez vous des nouvelles de y ? merci de laisser vos messages, je transmettrai..." 

En ce qui concerne la télévision (et j'enfonce des portes ouvertes) on ne pourra jamais éviter les vautours de se repaitre de sensationnalisme pour faire de l'audience sous prétexte d'informer. 

 Quant aux déplacements de personnalités politiques sur les lieux pour constater leur impuissance et les dégâts... et se montrer au milieu des décombres, ils sont inévitables, je dirai même nécessaire... pour elles. Si elles ne le faisaient pas, il se trouverait bien quelqu'un pour parler de manque de solidarité, de désintérêt...  Entretemps, la cause doit être entendue (à tous les égards) : il faut donner. 

"il se trouverait bien quelqu'un pour parler de manque de solidarité, de désintérêt..."

Tant pis.  Laissons causer. Grandissons. Nous n'avons pas besoin de représentations en notre honneur.

Ces personnalités peuvent très bien dire, je n'y vais pas mais je m'en soucie, je m'informe, je suis en contact avec mes représentants sur place, je n'y vais pas mais l'argent économisé servira à ceci, j'y vais mais dans un avion qui transporte du matériel, etc.

Mais y aller et se faire tirer le portrait là bas : non, je ne supporte pas.

Il y a quand même des gens dont la présence symbolique est importante. Le fait que le secrétaire général de l'ONU n'ait pas annoncé son déplacement, par exemple, comme le souligne Lamia Oualalou est une honte.

Pardon, je n'avais pas lu ton commentaire! Il a envoyé son adjoint, qui connaît l'île, peut-être était-ce mieux ? Et sur place ( voir là haut), ils bougent.  Mais comme l'écrit Lamia dans son billet, l'Onu, il y a des gens extraordinaires, il y a des nuls, etc.

Ce n'était pas une condamnation de l'ensemble de l'ONU... Bill Clinton a été nommé émissaire spécial pour Haïti par l'ONU, en mai dernier, et il bouge, beaucoup. Avec le gouvernement américain, avec sa fondation, dans le Times hier. "Why is Haiti so special to me ?" et ses réflexions sur l'aide nécessaire, la place d'Haïti etc. A lire ici.

Dont cette phrase, conclusive, essentielle, en réponse aux horreurs que j'ai lues ici ou là :

"Before this disaster, Haiti had the best chance in my lifetime to fulfill its potential as a country, to basically escape the chains of the past 200 years. I still believe that if we rally around them now and support them in the right way, the Haitian people can reclaim their destiny."

 .

Et c'est dans le TIME, le -s m'a échappé.

Et, sur la question de la "malédiction" haïtienne, la mise au point d'Alain Mabanckou sur son blog.

Oui, l'écriture cri pour sortir des mots et des images insupportables, pour rappeler la pauvreté au centre du tremblement de terre, pour ne pas oublier l'inquiétude et le deuil lorsque des proches sont concernés, ni le devoir de sauver ceux qui peuvent l'être, de la mort, de la faim, de la souffrance.

Comme je l'ai déja indiqué sur mon blog dans le billet "Quelle tristesse", je recommande l'association Accueil et Partage qui depuis plus de vingt ans fait de l'aide sur place en Haiti (parrainages, aide à la scolarisation, création d'une école des métiers, aide alimentaire pour des orphelinats...)

Malgré nos petits moyens, nous n'avons pas attendu les catastrophes pour agir!

Mais peu importe à qui l'on donnera. L'essentiel, c'est que les dons soient réellement bien utilisés.

Je ne veux pas avoir l'air de faire de la retape pour l'ONG à laquelle je donne (MSF) mais pour le moment il y a surtout un problème d'aide d'urgence. C'est un domaine très spécifique de l'humanitaire.

Evidemment il serait mieux de ne pas oublier Haïti une fois l'émotion médiatique et l'urgence humanitaire passées...

C'est aussi pour cela que j'évoquais aussi MSF. C'est simple : on se connecte, on donne son numéro de carte bleue, aussitôt pensé, aussitôt fait. Sécurisé, immédiat. Au moins on n'oublie pas, on ne joue pas les cyniques et les à quoi bon.

Rappel pragmatique :

Un don de 50,00 € ne me coûtera réellement, après déduction fiscale, que 12,50 €.

Un don de 100,00 € ne me coûtera réellement, après déduction fiscale, que 25,00 €.

Un don de 150,00 € ne me coûtera réellement, après déduction fiscale, que 37,50 €.

Un don de 500,00 € ne me coûtera réellement, après déduction fiscale, que 125,45 €.

A prendre en compte aussi.

 Accueil et Partage ( chèques seulement je crois), voici le lien pour poster ou les contacter:

http://www.aep.asso.fr/

Merci pour eux.

Si la France "le gouvernement" aimait Haïti, elle aurait déjà restitué les 21 milliards de dollars payés à la France par Haïti pour son indépendance.

Le reste c'est de la littérature de bas niveau. Désolé pour les personnes qui ne connaissent pas l'histoire d'Haïti et font semblant de s'y intéresser parce que c'est tendance.

 

Les articles, sur mediapart, et sur Haïti avant le tremblement de terre, ne manquent pas, pour rappeler tout cela. Anciens comme récents.

Les gens "qui font semblant de s'intéresser parce que c'est tendance": je peux partager une impatience, on a déjà dit, on a déja montré, surement pas votre mépris.

Faute de pensée cohérente, nous sommes souvent renvoyés à nos spécialités geopolitiques, très diverses.

En fait, je voulais retirer ce billet, écrit à chaud, en vrac, pur machin émotionnel,  je ne l'ai pas fait parce qu'il y avait déjà des commentaires et que les commentaires: je n'enlève pas.

Mais votre phrase m'amène à ajouter ceci: je ne sais pas si la mort de milliers d'haîtiens est soudainement devenue tendance, si l'impuissance est tendance. Mais je suis sûre que  pour les milliers, les dizaines de milliers de français qui découvrent un réel, ce n'est pas inutile.  C'est une occasion sinistre, terrible, mais tendance: non, on ne peut réduire le regard à cela.

ps: en évoquant rapidement un ou deux de la Minustah, je pensais justement  à ceux qui depuis longtemps...

Bonsoir,

Pour préciser : la mort de milliers d'haïtiens n'est pas tendance et je ne l'ai absolument pas écrit, mon texte l'atteste.
"Etre tendance" est un concept qui n'a pas cours en Haïti.
"Etre tendance", chez nos hommes de marketing, c'est la réalisation d'un désir par laquelle on obtient un avantage imaginaire dans "le paraitre" ou un statut social particulier.

Quant aux "soldats de la PAIE" de la MINUSTAH, la lettre ouverte relative au renouvellement de leur mandat pour 2009-2010, révèlent que le comportement des "Soldats de la Paix" est souvent à reprendre  http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/retrieveattachments?openagent&shortid=DKAN-7WLLLP&file=Rapport_complet.pdf 

On peut en parler, comme des photos d'enfants nus de l'école de Gonaïves à tendance pornographique figurant sur le site de la MINUSTAH. C'est comme en Sierra Leone. Sophie Boutaud de la Combe (porte-parole) à PTP camoufle la vérité avec adresse. Les personnels de UN sont des bizarres, souvenez-vous du français Didier Bourguet, membre de la MONUC en RDC.

Il faut dire la vérité au public et ne pas seulement lui raconter des histoires pour lui faire mettre la main au porte-monnaie.

Cordialement

J'avais compris - sans comprendre tout ce que vous avancez, par ailleurs - cette différence entre le paraître et le faire. Je ne vais pas non plus entamer un chant à la gloire de la Minustah sous tous ses aspects, loin de là; et c'est de certains, à la Minustah, que je tiens des informations qui nuisent à l'image. Comme quoi, pas si simple.

 Je vais essayer de suivre les pistes que vous suggérez, mais lorsque vous écrivez que les les "personnels de UN sont des bizarres", je ne peux souscrire. Autant l'action de l'ONU peut être interrogée, le mot est faible souvent,  autant il m'est arrivé, un peu partout, d'y rencontrer des gens biens, des gens qui font, moyens du bord et ruses de sioux.

Et la Minustah n'est qu'une petite partie, une queue de comète...

Pour information : lorsque en France, quelqu'un appelle le numéro d'urgence pour avoir des nouvelles d'un proche, la question immédiatement posée : "Est-il Français ? Nous ne donnons que des informations pour les nationaux". Est ce dû à la difficulté de centraliser toutes les informations ?La personne angoissée qui tentait ainsi de se renseigner, a été particulièrement choquée par la réponse.

En accord avec plusieurs commentaires, espérons que l'intérêt pour Haïti perdurera au-delà de cette catastrophe. Pour avoir des liens très forts avec ce pays j'en doute. L'histoire de ce pays si liée à la France est largement méconnue de la majorité des Français. La construction de l'histoire en France depuis la période Napoléon n'a jamais donné sa place à cette histoire commune 

 

 

 

Pourtant, comme cette ignorance, cette indifférence, sont des pertes.

Comme le disait tout à l'heure Daniel Maximin*, à propos des Caraïbes, elles sont un lien, des traits d'union, entre trois continents.

*romancier, poète, essayiste - (invité des Retours du dimanche, France Culture, émission qui fait un retour sur les évévements de la semaine, le dimanche de 18 h 10 à 20h, après le journal)

N'oublions jamais combien les liens étaient forts entre ce pays et la France et combien de noms de personnes nées en Haïti sont liés à notre histoire à la culture française : Alexandre Dumas, Philippe Kieffer (né en Haïti) créateur des Bérets Verts seul commando français à avoir débarqué à Ouistream en Normandie le 6 juin 1944 et dont le fils fut fusillé quelques jours après,  avec un groupe d'étudiants résistants à Paris.

Ces deux noms sont des symboles de cette histoire commune ignorée des Français. De multiples exemples pourraient être donnés.

Oui, il faut soutenir ce peuple qui souffre maintenant et après.

@ Dominique Gautier, oui, sans doute ne faut-il pas confondre la difficulté qu'il y a à réunir des informations - comment savoir pour X des bidonvilles ? - avec la traduction téléphonique: nationaux seulement. Le choc n'en existe pas moins. Chercher une personne est, aussi, une façon de demander pour tous, sans doute.

Et ensuite ? Je ne sais pas. Je lis Régis Debray, en me disant qu'il rappelle des choses ( et il faudrait y voir de plus près, au demeurant, sur l'"émergence d'un interlocuteur politique")  en me disant qu'il faut de l'eau, des soins, sauver des vies, et qu'il y a une sorte d'indécence à réfléchir à l'avant, au plus tard.

A tort sans doute. Je n'ai pas, comme vous, des liens si forts, ni une connaissance si approfondie.  Notre attention sombre dans la complexité, le parcellaire.

Mais, et ceci est aussi une réponse @Fantie. B, j'ai détesté il y a quelques années un film de Charlie Najman sur Haïti, où l'affranchissement devenait folle caricature. Maintenant, faudrait revoir. Lorsque l'attention enfin s'éveille, trait d'union ou pas, elle peut perdurer, changer la vision que nous avons, de l'histoire et des peuples.

Pardon; nous avons écrit au même moment! 

 

@ Dominique Conil : Je réfléchis au pourquoi, à l'histoire d'Haïti, parce que je suis énervée contre la lenteur des secours.
A tort ?

Haïti est tout près des USA, de Cuba, de St Domingue etc.Et du siège de l'ONU.

Et l'acheminement traine, par rapport à cette petite distance par rapport à l'énorme puissance des USA voisins.

Est-ce seulement naturel ?  Ou bien y a t-il des problèmes de coordination, ou bien des problèmes d'intentions futures de tel pays par rapport à tel autre ?

Est-ce seulement naturel qu'il y ait si peu de points d'acheminement ? Ou bien ce pays, soit disant aidé après chaque catastrophe, est-il en réalité maintenu dans une dépendance par différents intérêts plus ou moins conjugués ?

Voilà les questions qui m'agitent, bien plus de questions que lors du tsunami en Indonésie.

 

 

@ Fantie : la lenteur vient, pour une part, des rues et routes qui entourent l'aéroport et qui sont complètement obstruées par les gravats et la population. Le port est détruit. Il n'y a pas en Haïti de nombreux points d'accès. Mais comme dans toutes ces situations catastrophiques il ne fautpas minimiser les enjeux de dominations et de recherches de pouvoir des nations intervenantes.

j'ai demandé des nouvelles de 2 personnes habitant dans la quartier Bourdon : il m'a été répondu que le quartier était inaccessible.

Par ailleurs des listes circulent par mail faisant un point sur les personnes disparues, déclarées décédées, blessées et l'état des bâtiments. On s'aperçoit que les renseignements sont très précis sur les lieux les moins pauvres ou pour les salariés de sociétés ayant une certaine notoriété. Ainsi l'immeuble 'Unibank a été entièrement détruit. La liste précise la fonction et l'état des personnes : ex M X... marketing Unibank disparu ou mort confirmé. Cette liste est mise à jour quotidiennement. Dans les zones à forte population, bidonvilles etc... c'est effectivement plus difficile.

Je suis toutefois étonnée qu'au bout de 6 jours  la logistique soit toujours aussi désorganisée même si la situation est exceptionnelle. La rivalité entre les organismes intervenants n'y est pas pour rien avec la volonté des USA de tout contrôler sans vraiment se révéler capable de mettre en place un semblant d'organisation efficace.

 Tous les mails que je reçois disent tous la même chose : la situation est pire que celle que l'on peut avoir à travers les images diffusées par les télévisions. Alors oui il faut aider comme nous le pouvons, c'est à dire en faisant des dons.

 

 

 

Ca  m'agite de même, en lisant - ce que l'on peut lire et voir, nantie d'un ordinateur en rase campagne - je laisse  de côté les effets d'annonce, je regarde ce qui se passe: lorsque MSF, pourtant drôlement aguerri en matière d'urgence, ne peut se poser distribuer, agir, je me dis: c'est une île, partie d'une île, sans port et sans aéroport d'où l'on peut repartir, routes un peu foutues .Peut-être plus notre impuissance face aux éléments, à ce qui existait avant.

Mais aussi, surement: a-t'on laissé passer un "délai" de deux jours avant de débarquer des gens, en cas de répliques ?  Possible.

Je m'inquiète, bien sûr, des troupes qui débarqueront afin d'empêcher "le pillage", quest-ce que le pillage quand il n'y a rien ? De la survie.

De ce qu'il adviendra après, car à la dépendance antérieure peut succéder une nouvelle dépendance consentie. Mais comme vous, Fantie B., je ne sais pas. 

Tsunami ? Avez-vous lu D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère ? En dépit de l'aspect - je vous l'écris donc moitié pardonné, position qui me tue - son regard à lui, vacancier qui se trouve là et cherche, et ne vois vraiment que des français - est juste, aigu.Pas le type le plus collectif du monde, à part ça.

@ dominique Gautier : "la volonté des USA de tout contrôler sans vraiment se révéler capable de mettre en place un semblant d'organisation efficace."

C'est bien ce que je crains, ce qui commence peut-être à se dessiner.
Je me disais ce midi : je comprends mieux pourquoi ils ne peuvent plus gagner leurs guerres.

mais je me trompe peut-être. 

ce que je pense, c'est qu'on ne peut aps aider quand on ne connait pas, quand on ne comprend pas, quand on ne sait aps trouver les bons interlocuteurs "traducteurs" du pays, quand on croit qu'on est meilleur que les gens du cru.

Pas de meilleurs, que des complémentaires.

 

@ Dominique Conil. Non, je n'ai pas lu c elivre là. mais je vais le faire. J'aime bien Emmanuel Carrère en tant qu'écrivain, ou parlant de son travail d'écrivain.

J'ai cessé de regarder les infos, mais je vois aussi que je les écoute moins. Dans la voiture ce matin, France Info parlait de deux "miraculés", ce soir France Musique ou Inter parlait de 50 personnes sorties aujourd'hui des décombres - et  ça me donne envie de crier, taisez vous, 2 et 50 ce n'est pas assez pour en parler, parlez nous de un million de doses d'eau ou de nourriture...

 

 

@ Fantie, je pense, tout comme Dominique Gautier que les priorités sont hiérarchisées, mais dans une impuissance générale.

On rassure les adoptants français d'enfants haïtiens, on se demande ce qu'il advient des autres.

Mais je ne crois pas, pour l'heure, que l'inefficacité américaine, patente ailleurs, soit due à une ignorance de la langue, du pays, à un sentiment de supériorité. C'est juste que tout le monde est en échec, on voit pour les ressortissants. Ce qui, sans doute, changera dans les jours qui viennent.

Oui, nous aurons des miraculés, et des bilans alourdis par ailleurs.

ps: J'aime beaucoup Emmanuel carrère, en dépit de son côté"actu" ( du vrai de vrai garanti sur moi-même), et auto-centré: dans ce livre, c'est justement ce qu'il démonte.

@Fantie,

On peut toujours tout évoquer, tout imaginer bien sûr mais les difficultés dues à la langue n'est certainement pas la cause des difficultés. Tous les Haïtiens ayant un minimum de responsabilité à Haïti parlent l'anglais couramment. Ceux qui font des études le font aux USA, les affaires idem. Un va et vient permanent entre les deux pays Hélas je constate souvent que, chez les jeunes générations instruites, le français est en régression notamment à l'écrit. ils parlent et rédigent parfaitement l'anglais, plus mal le Français (langue officielle)ce qui n'était pas le cas pour les générations précédentes. La majorité de la population parle créole, favorisé par Duvalier au détriment du français mais la communication en Anglais comme en français se fait parfaitement dans l'ensemble du pays.

Il va falloir attendre et suivre l'évolution au cours des jours prochains en espérant que les secours puissent enfin se déployer de façon rationnelle.

 Et ici une photo de Benjamin Struelens prise avant le séisme et mise en vente par Geomoun pour la réconstruction de Timkatec

http://www.geomoun.org/vente-aux-encheres-pour-les-victimes-du-seisme-en-haiti/

 Vente aux enchères au profit des victimes du séisme

  Histoire de cette photo

http://www.lesoir.be/dossiers/Haiti/article_748734.shtml

Je relaie bien volontiers cette question de Joël Martin

Je débarque peut-être, mais a-t-on envisagé d'organiser un "Haïtéléthon ?

Pardon pour le retard, mais pour ce que je peux en voir, une sorte de mega Haïtithon semble se tenir partout. Appels multiples semble-t'il à la télévision, et jusqu'à mon anti-virus qui promet de reverser de l'argent si je prends la version ultime.

Sans compter les avertissements qui surgissent: attention, des malins détournent les dons internet...

Oui, en peu de jours (votre retard à répondre est minime, Dominique, face à la durée nécessaire pour reconstruire ce pays désintégré) ont démarré des concerts pour Haïti dans le monde entier.

Et plus de 23 millions d'euros reçus à la date du 20 janvier par les ONG basée en France.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41455618@7-40,0.html

J'ai suivi les conseils de Beber pour l'ONG à laquelle j'ai confié des sous.

Annulé

 Extrait du blog de Joyandet. 

Création d'un jeu de hasard pour l'Afrique Par Alain Joyandet le jeudi 6 août 2009


En marge de mon déplacement de cette semaine en Afrique (Guinée - Mali - Mauritanie), j'ai réaffirmé mon souhait de créer sur internet un jeu de hasard pour l'Afrique. Une partie de la mise servirait ainsi une bonne cause. Il pourrait ainsi être possible de récupérer environ 10 millions d'euros par an à partir de 2010. Avec cette source de financement innovant pour l'aide au développement, il serait ainsi possible de faire beaucoup plus. Je pense en particulier au développement du volet éducation, notamment des jeunes filles, en Afrique. Je vous tiendrai informé de l'évolution de ce projet et de sa mise en œuvre.

C'était en 2009.

Haïtithons ?

Aucun rapport ? je voudrais l'espérer, mais..

Cet article de Ludovic Lamant, remonté aujourd'hui dans le tracker : Un an après les émeutes de la faim, qui se souvient des promesses ?

Je relaie volontiers ce commentaire de Joël Martin

Deux problèmes dans l'afflux des dons :

Dans l'émotion, on se dit qu'on va donner, puis on oublie si on le fait pas vite.

Et tout l'argent n'est pas utilisé pour reconstruire, nourrir, soigner.

Mais, voir quelques commentaires plus haut, il y a des concerts un peu partout sur le globe, et en France, les ONG ont déjà recueilli 23 millions d'euros (environ 32 millions de dollars).

Espérons que cet argent ira là où il sera le plus utile...

Un peu trop littéraire pour un tel sujet ce billet !  " les chiens aux reins souples " n' était pas indispensable .

J'ai fait suggerer au Maire de Paris de rassembler les maires de 15 plus grandes ville de France pour mettre au point un programme de reconstruction pour l'immédiat aprés...manifestement la routine s'est installée et l'imagination, la créativité sont fatiguées. La gauche sera-t-elle un jour majeure et saura-t-elle un jour decider, sera -t-elle un jour decomplexée, et aller de l'avant. Toujours garder son droit à l'indignation, oui mais aussi à l'action, alors on se bouge! on aura tout le loisir de causer aprés.

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