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Va, vis, meurs et ressuscite, Russie ?

C’est la mort, qui me ramène à l’espoir, l’entêtement, l’admiration, le chagrin répété mais l’espoir toujours, de ce pays dit foutu.journaliste_inline.jpg

 

Ici, il y a dix jours c’était la Russie, ici, Deux Sèvres, trente centimètres de neige vierge et le feu insolent, un silence d’hibernation.. Je lisais un petit livre, intitulé les Années vingt, de Varlam Chalamov.Oui, le Chalamov de Récits de la Kolyma, qui je crois, bien plus ou bien plus profondément que Soljienytsine nous amène là, en ce point où la politique, l’humain et la littérature se croisent, au prix des vies.

Puis j’ai lu Gazprom, rien à voir en apparence, sauf que dans le constatglacé que dressent les journalistes apparaît la Russie d’aujourd’hui : un terrible compromis entre l’autoritarisme stalinien, le talent complotiste du KGB, le pragmatisme libéral, l’intérêt villageois,le cynisme à tous les étages.

Mais je lisais, je ne faisais que lire, devant mon feu, c’est pas tout ça, finir un texte, et. comme il dit, Chalamov, comme il dit si bien après vingt ans de Goulag, lorsqu’on lui demande de se replonger dans l’enthousiasme des années vingt, de la Révolution, alors qu’il écrit de nuit en nuit ses Récits de Kolyma, qu’il en meurt, en somme : « le journaliste est le subalterne du temps, l’écrivain en est le maître »

Et pourtant, 1962, la poitrine creuse et pas au top de la santé, Chalamov , avec l’émotion sans doute d’un homme vieillissant, se soumet au temps pour parler de ces années là, des empoignades littéraires, des folies et des redditions, du bonheur qu’il y avait à croire que le monde, on le changeait. C’est écrit foutraque, c’est bouleversant et passionnant.

Après vingt ans de goulag, voyez le mérite, et l’intelligence : savoir encore que pendant cinq ans, guère plus …

[3]

Mais moi, bien sûr, devant feu et neige et pluie, et texte que je me le termine dans ma datcha. Et indispensable distance, et ainsi de suite.

Sauf cette voix, au téléphone : Markelov, on l’a abattu. Sauf cette voix, qui m’épelle, bien ou mal, le nom de cette jeune journaliste inconnue de nous, Anastassia Barbourouva, qui a coursé le tueur dans la rue , qui a été tuée, elle aussi.

Je lis, dans Chalamov, les phrases troublées qu’il consacre à Larissa Reisner,si belle, écrivain si talentueuse, si combattante, si, morte du typhus, et il fallut soutenir Radek à son enterrement.Elle n’avait encore que peu écrit, Pasternak l’a résumé,elle incarnait le rêve, Larissa. Vingt ans plus tard, sans jamais l'avoir connue, il donna à l'héroïne du Docteur Jivago son prénom. Celle qui, souvenez-vous, disparut dans l'une de ces tourmentes...

Qui, aujourd’hui, écrira sur le rêve qu’incarne une très jeune journaliste courant après un meurtrier appointé, qui vient de tirer sur l’avocat qui défendait Anna Politkovskaïa, mais aussi, et surtout, peut-être, Elza Koungaïeva, 18 ans, tchétchène, violée , étranglée par un officier russe ?

Qui, aujourd’hui, écrira sur cet avocat de 34 ans abattu en pleine rue de Moscou ?

Depuis un siècle, voire plus, la Russie a exterminé avec conscience, ce que l’on appelle – terme, faut-il le rappeler, qui nous vient précisément de Russie alors impériale -l’intelligentsia.

Tout a eu lieu : les pires trahisons, les pires renoncements, les plus flamboyantes et inutiles affirmations ou fidélités aux idées, la mort en masse, savoir que l’on n’est que le numéro tant,la morne mais néanmoins répressive période de glaciation, l’explosion de liberté – et d’intérêts – la remise en ordre, l’indifférence ( et les affaires) de l’Occident, la mise au pas exemplaire de la Tchétchénie, l’atomisation des dictatures en Asie Centrale, j’en oublie, j’en oublie, et voilà : hier, sur le pavé de Moscou, un jeune avocat de 34 ans a été abattu, une jeune journaliste de Novaïa Gazeta , aussi.

J’avais autre chose à faire, et vous aussi.Fantie B., dans un commentaire, parle d’impuissance. C’est mon sentiment, ce n’est pas la réalité.

Me vl’à, me vl’à, disait Maïakovski, suicidé du rêve, moi devant un feu et c’est pas tout, il y a d’autres urgences. Mais depuis, nous le savons, notre regard, notre attention, peuvent peser: dérisoires et déterminants, c'est pas logique.

Là, en cet instant, bleu froid de l’hiver campagnard, je me dis que pas très loin, dans ce pays où Axionov meurt en coma depuis un an tout juste,vient de se passer en un lieu familier, au sortir d’une conférence de presse pour dénoncer l’absolution tacite d’un crime de guerre, d’un crime tout court, un assassinat,et deux morts.

Je ne sais pas qui étaient, en fait,Stanislav Markelov et Anastasia Babourouva.

 

Je sais quand même ce que c’est, une conférence de presse en milieu hostile.

 

Ces deux personnes n’auraient pas dû exister, en toute logique. Elles existaient car la Russie jamais n'a été logique.

Il serait exemplaire que tous les avocats d’Occident manifestent pour Markelov, que tous les journalistes, cdd ou cdi, manifestent pour Babourova.L’écho a sauvé tant de vies.

markelov

Mais cela n’aura pas lieu, car , les priorités et sait-on si...La video n'est rien, simple constat mediatique, comme quoi on pourrait se poser des questions, et toutes sont américaines, présentement. Pas de hasard, juste une traversée. La photo, peut-être, en dit plus: ce sourire étiré.

« L’autorité morale s’acquiert peu à peu tout au long de l’existence. Un pas de côté, un faux pas, et tout s’effondre de même qu’en mille morceaux se brise la fragile éprouvette remplie de sang vivant. En ces domaines, l’erreur ne vous sera pas pardonnée » ( bon, comme précisé plus haut, il nous le refile au débotté, Chalamov).

Cette voix au téléphone, ces deux morts une nuit m'ont occupée et plus, plus, bien sûr, empêchée de me penser ailleurs. Mais je ne savais comment en parler, pour que cela intéresse.

Je ne sais toujours pas.

Je me reporte au glossaire des Années vingt de Chalamov via Verdier : et je ne regarde que les dates de décès. Vous pariez sur 37, 38, ou 44 ? Entre, il y a un flou, mais tous ont diasparu, ennemis du peuple ou héros de la guerre.

Et pourtant, en 37, 40, 45, 62, 72, 82, 92, 2002, 2008 ils écrivent, ils disent .

Irréductibles, nécessaires, hors tendance. Ignorés des autorités, puis parfois ignorés du marché.

L’avocat courageux, la journaliste qui court après le tueur :des héros de sous le permafrost, qui jamais ne dégèle ? Des héros sans doute. Les miens c'est sûr, j'entends la voix usée de Chalamov, voix inusable.

Là, aujourd’hui, juste un effondrement central du sentiment . Hors sujet...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


[1]Varlam Chalamov, éditions Verdier poche, traduit du russe par Christiane Loré, septembre 2008.

[2] Gazprom, de Valéry Paniouchkine et Mikhail Zygar, traduit du russe par Michèle Kahn , octobre 2008, Actes Sud.

[3]Chalamov fut arrêté pour la première fois en 1929, comme oppositionnel. Ce qu’il était alors, en toute liberté..Il le fut à nouveau en 1937 : comme tout le monde…

Tous les commentaires

20/01/2009, 19:50 | Par ..

Merci de ce magnifique billet, Dominique, merci pour eux, pour elles; contre la Mafia... ( De Chalamov, je relis souvent les récits, mais ne connais pas " les années 20", dont tu parles.) Pas envie de commenter plus, juste te saluer, pour ce qui est important, que tu dis. Bérangère

20/01/2009, 21:02 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de .. le 20/01/2009 à 19:50

Eux, elles, nous. Les années vingt, au début, je me disais c'est génial, ce type qui a passé vingt ans au goulag, et plus, en fait, nous raconte en vrac ce que c'était d'être futuriste, constructiviste, phraséiste, nitchéviste, il nous raconte comment c'était, 17 ans, de galoper d'un lieu de rencontre à l'autre, dans un Moscou à la fois démantibulé et énergétique, il remet en place quelques légendes, il nous raconte une soirée magique, sans chauffage ni lumière, juste les volutes de fumées et la neige, noire, dit-il, derrière une fenêtre, tandis que se réunit une revue littéraire importante alors, oubliée aujourd'hui: mais pas ceux qui y clopaient. Il nous raconte le bouleversement, l'espoir sans guillemets ni limites raisonnables, ( et aussi les merdouilles, alors verbales). Axionov, enfant du goulag et de l'exil en Sibérie, fut révélé en France, si ma mémoire ne me trompe pas, par Vitez ( Le Héron, avant ?) Elles, lui, nous: de la note critique prévue pour plus tard ne reste rien, bazardée par les infos, qui tombent si mal ou si bien à propos en plein sacre Obama. Les blogs ne sont rien, sauf ça: un lieu où dire fugitivement, avant disparition.

20/01/2009, 20:28 | Par Fantie B.

La phrase la plus terrible de votre billet, Dominique : "je ne savais comment en parler, pour que cela intéresse." Merci de leur avoir consacré un billet. Stanislav Markelov et Anastasia Babourouva (journalistes) Et ces assassinées qu'ils tentaient de défendre, : Anna Politkovskaïa (journaliste) Elza Koungaïeva (jeune fille de Tchétchénie). Et derrière elles, tant et tant.

20/01/2009, 20:41 | Par ..

Et puis encore ça, ( ma japonaise), pour ta dernière phrase: "Le 20 Janvier, Lenz partit dans la montagne". " Büchner est celui qui retrace son chemin, non pour en faire une légende, mais parce que dans cet effondrement c'est toute une folie qui prend corps et qui bat comme un pouls, la folie de l'identification, celle de l'exactitude --une apogée du tremblement qui ne tremblerait plus, la conscience nue et nette basculée dans le froid. A cet effort toute poésie ramène, de cet éclat la poésie détourne. Je me souvenais mal d'avoir lu cela dans le texte que Paul Celan a consacré à Büchner. Ce qui y est dit va plus loin encore: " Peut-être, avancer qu'en tout poème un " 20 Janvier" persiste et demeure inscrit ?" ... Un être n'est jamais trop vivant. Vanc'

20/01/2009, 20:49 | Par Antoine Perraud

«Qui eût pu dire, dans les années vingt, quelles seraient les épreuves réservées à chacun. Avec mon ami, j’ai arpenté plus d’une nuit les rues tortueuses de Moscou, m’efforçant de comprendre le temps et d’y trouver ma place. Car nous ne voulions pas seulement faire de la poésie, nous voulions agir, nous voulions vivre.» Chalamov est devenu sourd et aveugle. Enfermé contre son gré dans un hôpital psychiatrique, il y est mort, au début de l'année 1982. ° Dans ses récits de la Kolyma, il y a deux pages, les plus cruelles pour la Russie et pour nos frères humains: un écureuil devient la proie d'une vindicte populaire; il saute de branche en branche, d'un arbre à l'autre, pour y échapper. Soudain, plus d'arbre. L'écureuil gît sur le sol. Le monde continue sans lui. La cruauté trouve à s'exercer ailleurs, à peine plus loin, si près de nous. ° Merci, chère Dominique Conil, d'avoir prêté votre plume aux derniers écureuils en date. Bien à vous cordialement,

20/01/2009, 21:41 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de Antoine Perraud le 20/01/2009 à 20:49

Cher Antoine Perraud, je n'avais rien oublié de l'écureuil, et voulu oublier, sans doute, 1982. Sourd, aveugle, un peu barjot dit-on, re-enfermé c'est sûr: mais là pur de bon. Chalamov raconte comment il hésitait entre brûler, manger, apprendre par coeur, faire passer, confier, et pour finir extraire un maigre cahier de la Kolyma. De ce maigre cahier, des années qui suivirent, il reste tant. Après le goulag, avant l'hôpital. "Trouver sa place": ce sont les termes qui reviennent lorsqu'il écrit à propos d'Essenine, Maïakovski, et quelques autres. Longue vie aux écureuils sans place. .

20/01/2009, 20:52 | Par Art Monica

Il serait exemplaire que tous les avocats d’Occident manifestent pour Markelov, que tous les journalistes, CDD ou CDI, manifestent pour Babourova. L’écho a sauvé tant de vies. C'est vrai. Pourquoi cet aveuglement et cette attention si sélectifs de notre part ? Pourquoi ? Merci de ce Billet, Dominique.

20/01/2009, 22:53 | Par Grain de Sel HV

J'avais lu à peine publié, j'avais voté, pas envie de commenter sur le moment (fait sur le Dufau dans le Journal) mais vraiment, Dominique, bravo.... et aussi envie de relayer ça: Il serait exemplaire que tous les avocats d’Occident manifestent pour Markelov, que tous les journalistes, cdd ou cdi, manifestent pour Babourova. L’écho a sauvé tant de vies. Et pourquoi pas aussi manifester au pied de l'ambassade de Russie ? Boycotter tout ce qui vient de là-bas (gaz compris) ? Et Kouchner ? Et Rama Yade ? Ils en disent quoi ?

20/01/2009, 23:01 | Par Serge Koulberg

Oui il faut de l'écriture pour secouer notre insensibilité farouche devant le cycle assassin paisible des mafias, mafias d'état, mafias privées, des morts qui ont un nom et une profession, des morts qui ne font que passer dans un café, dans une religion, dans une minorité ethnique...Merci de porter fort les mots de l'indignation. Serge Koulberg

20/01/2009, 23:38 | Par Grain de Sel HV

Et à cause du titre de ton billet, Dominique, une pensée pour "Bouge pas, meurs, ressuscite" de Vitali Kanevski qui n'est pas resté longtemps sur les écrans, pas facile il est vrai et en noir et blanc, mais qu'on peut apparemment encore voir à la Cinémathèque: http://www.seances.org/html/film.asp?id=6317

21/01/2009, 00:06 | Par jamesinparis en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 20/01/2009 à 23:38

Oui c'est le titre du film qui m'a attiré sur ce billet poignant, film vu dans une petite salle à Lyon et qui m'est resté dans la mémoire depuis une 15 d'années peut-être...

20/01/2009, 23:51 | Par Dominique Conil

Tout juste, Kanevski, belle carrière en dvd, quoique au delà des 25 euros, et surtout parce c'est tellement mieux de le voir en salle, je veux dire, ensemble.

21/01/2009, 00:40 | Par JoHa

Merci, dominique conil, d'avoir donné leur place à Markelov et Anastassia Barbourouva parmi tous ceux qui les ont précédé, qui leur succèdent et leur succéderont. Parmi les 'voix inusables' de Russie, celle, actuelle, d'Ivan Viriapev dont j'ai pu 'voir' la pièce, Genesis 2, mise en scène par Galin Stoev - 'voir' entre guillemets, vivre dirais-je plutôt car j'en ai été émue jusqu'aux larmes et aux frissons, ce qui n'est pas si fréquent au théâtre : http://www.theatre-russe.info/pages/whoswho/viripaev01.htm Et aussi, Doc.tor, texte d'Eléna Issaeva, mise en scène deVladimir Pankov : http://www.theatre-russe.info/pages/spectacles/docteur01.htm

21/01/2009, 22:22 | Par ..

Je reprends le fil...Vitez avait mis en scène, en 1983-84, en alternance, la Mouette de Tchekhov et le Héron de Vassili Axionov, oui.Extraits... "Les deux mots font assonance. Tchaïka la mouette, et Tsaplia le héron. Mais pas en français, et pour comble le héron est du genre masculin ici, féminin là-bas." (Dans la mise en scène d'Antoine, c'est l'actrice polonaise, Boguslawa Shubert ( coucou Bogusia), qui le jouait.) - za retch-naïa: L'autre rive. L'autre rive, dans le Héron, c'est la Pologne, là-bas, à l'Ouest. Toutes les nuits, l'oiselle franchit la frontière et nous appelle. .... " L'homme bon ...( Bon..Jour).." est au coeur de toute l'oeuvre d'Axionov. Il arrive, nous dit-on, marchant dans l'herbe. Et alors tout se résout devant lui. ..... Une chose cependant mérite d'être sue: cette oeuvre qui est - entre autres- l'hommage d'un poète russe à la Pologne fut écrite en 1979, un an avant Gdansk. Elle suit une longue tradition de la pensée démocratique en ce pays, celle de Herzen - qui s'exila -et de Tchekhov - qui fit le voyage de Sakhaline. Cette pensée-là ne pèse pas lourd sur les balances politiques. Elle est brimée là-bas, ignorée ici; l'obscurantisme est partout préféré: d'un côté il est un repoussoir commode, et de l'autre il sert les desseins de la Restauration internationale qui se prépare, un monde de Metternich sur les décombres de la Révolution. C'est contre celà, justement qu'il faut aimer Axionov, et nous donnons sa pièce à cause de cette raison politique et morale, et parce que nous avons foi dans le témoignage du théâtre, ici, à Chaillot. ...." Antoine Vitez- 1989.

21/01/2009, 13:49 | Par Jean-Louis Legalery

Merci, chère Dominique, de maintenir notre vigilance de citoyen libre, à travers ce billet magnifique et désespérant à la fois. Au risque de me répéter, je renouvelle mon admiration devant le style limpide et remarquable et je renvoie tous ceux qui ne l'auraient encore pas lu à "En espérant la guerre", Actes Sud.

21/01/2009, 23:31 | Par Dominique Conil

Etre avocat en Russie peut-être dangereux. Vassily Aleksanian, 35 ans aujourd’hui, ne donnait pas dans le pénal. Juriste, il a rejoint Ioukos en 1996, ( dont l’ex-dirigeant, Mikhail Khodorkovski est toujours détenu, sa libération conditionnelle lui ayant été refusée pour n’avoir pas déclaré le nombre exact d’occupants dans sa cellule, et pour inaptitude à la couture). Aleksanian a été arrêté en 2006. Atteint du sida, il s’est vu proposer une trithérapie contre une déposition à charge. Il a refusé. Il fut placé en cellule dans des conditions particulièrement pénibles, notamment en compagnie de personnes contagieuses. En février 2008, après intervention de la cour européenne des Droits de l’homme et mobilisation tant en Russie qu’à l’étranger, il a été hospitalisé : sida déclaré, tuberculose, cancer. En décembre 2008, le tribunal a autorisé sa remise en liberté, contre caution de 1,5 millions d’euros. La somme a été réunie en deux semaines : des dons ont afflué de partout en Russie, de l’étranger. Vassily Aleksanian a été libéré, c'est-à-dire qu’il est resté à l’hôpital : on a retiré caméras et gardes. Il a pu revoir son fils de six ans et sa famille. Il a tenu à rédiger une lettre de remerciements à ceux qui l’ont aidé. « C'est une joie de constater qu'un grand nombre de personnes en Russie n'a pas perdu le sens des valeurs éternelles. Je suis sûr que par les efforts conjugués de ces gens il sera possible de faire évoluer la situation en Russie dans le bon sens. J'espère que vous êtes tous en bonne santé, et que vous n'avez pas subi de préjudice à cause de l'aide que vous m'avez apportée. La vivacité et l'ampleur de vos réactions à ma situation me donnent la certitude que mes souffrances et ma résistance n'ont pas été vaines. Nous vaincrons, parce que le mal ne peut rien contre ceux qui ont cessé de le craindre. Soyez courageux! Avec tout mon respect, Il a ajouté : « Je ne trahirai pas votre confiance comme je n'ai jamais trahi personne jusqu'ici ». Précisions que dans les 117 tomes du dossier Ioukos, d’après ses avocats, le nom d’Aleksanian n’est quasiment jamais cité. Il est dangereux d’être avocat en Russie ( suite) Karinna Moskalenko est elle aussi avocate, entre autres, d’Anna Politkovskaïa, ainsi que de Mikhaïl Kordokovski, mais auprès de la cour européenne. En octobre dernier, l’avocate et sa famille ont commencé à ressentir des malaises dans leur voiture : maux de têtes, vertiges et nausées. Après examen du véhicule, Me Moskalenko y a recueilli plusieurs cuillères de mercure, et porté plainte. La police de Strasbourg enquête. La voiture avait été achetée en aout, entièrement nettoyée, et utilisée sans problème pendant les vacances d’été. @ .. Je dois avouer que je ne m’attendais pas à une fin aussi triste. Je ne cessais de rêver malgré tout à un sursaut, à une sorte de victoire, à l’apparition non de spectres mais d’êtres vivants, à une vague d’héroïsme désuet, mélange de douce mélancolie et de dure ironie. Quelque chose comme ça. Hélas cinq pages avant la fin, tout a tourné autrement. Cela s’est produit plusieurs fois dans ma pratique de romancier. Non seulement les personnages me tiennent tête, mais le plan lui-même me résiste. Le roman culbute et par là même s’accomplit. Dernières phrases de l’ultime roman d’Axionov, Terres rares.

22/01/2009, 20:37 | Par .. en réponse au commentaire de Dominique Conil le 21/01/2009 à 23:31

Merci. Aussi pour ton Ici et Maintenant. (La Russie ici, là-bas. C'est justement le titre d'un autre texte de A.V.( Mais, de 1984..)"..C'est comme avant", disent les uns. Et les autres disent:"tout est changé". " Mais Tchekhov se trompait; la Révolution à laquelle il ne croyait pas aura balayé Chamraïev, Borkine et Lopakhine: le nouveau propriétaire de la cerisaie aura péri dans les wagons à bestiaux de la dékoulakisation. Et pourtant Tchekhov avait raison, mais d'une autre façon, imprévisiblement. Car c'est bien Chamraïev qui a pris le pouvoir, finalement, en Russie, ou s'il est mort, lui, c'est son semblable, ...; regardez le, il pose pour la photographie officielle, couvert de médailles. Axionov reprend dans le Héron cette figure du danger sous le nom de Kampanéiets ( et c'est exprès qu'ici, le même acteur jouera les deux personnages..) Et à travers l'image qu'il nous donne- lui, le délicat, le débonnaire, l'instruit--de notre ennemi, le brutal, l'autoritaire, l'inculte, je saisis la Russie que j'aime; celle qui est profane, laïque, démocrate et cosmopolite. Elle existe, elle n'est pas au pouvoir...; mais elle persiste, elle donne l'exemple..") . Un jour avec les mains nous finirons l'image ! (Maria Soudaïeva Soudaïev-Soudaïeva= mitraillette...

23/01/2009, 02:52 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de .. le 22/01/2009 à 20:37

Comme j'aimerais retrouver quand il faut et où il faut les textes. Mais ma bibliothèque en deux lieux - le bon livre est toujours ailleurs - ma mémoire nulle des citations... Tchékhov pourtant croyait en la révolution. Il en voyait les développements potentiels, il n'était pas optimiste-né, affligé d'une terrible lucidité quoique rêvant d'un autre monde: proche, si proche.. Merci de retrouver ces lignes. Arthur Porto, non ce n'est pas désespérant. Le désespoir, c'est lorsqu'il n'y a personne à abattre. L'autre désespoir, c'est lorsque personne ne se soucie de ceux qui sont abattus. Et ça, c'est notre affaire.

22/01/2009, 08:46 | Par Arthur Porto

Merci pour votre texte qui vient nous éclairer sur notre incompréhension et notre impuissance devant ce drame. Ces crimes commis depuis si longtemps en Russie dans l'impunité du monde, occupés que nous sommes à d'autres priorités ou occupés que nous sommes dans l'évitement de "froisser" en haut lieu les responsables directes des massacres en Tchétchénie et indirectes des assassinats de Stanislav Markelov, et d'Anastassia Barbourouva

23/01/2009, 10:52 | Par ..

Tu dis, le bon livre est toujours ailleurs, et justement Aby Warburg avait inventé un système,de classement, de rangement des livres... dit du " Bon-Voisin"...comme quoi la solution du "problème", se trouvait, non dans le livre qu'on cherchait, mais dans celui à côté..Je n'ai plus de bibliothèque, ni vraiment de lieux, mais j'utilise ce "système", avec ceux qui restent et les nouveaux . Je crois que Tchekhov aimait les humains, comme on aime les insectes qu'on étudie, oui, tu as raison, avec lucidité. Un des "exercices" qu'Antoine V, nous faisait faire en classe, était de jouer la Cerisaie, comme une farce... Je profite de ton billet, Dominique pour faire un peu de pub, à une copine, Judith Depaule, qui met en scène parfois en Russie: http://www.mabeloctobre.net/ http://www.journal-laterrasse.fr/article_desc.php?men=1&id_art=3488 Bonne Journée ! b,

23/01/2009, 22:06 | Par JoHa en réponse au commentaire de .. le 23/01/2009 à 10:52

Les bibliothèques posent un problème : elles n'intègrent pas ce qu'il en est du vivant, non encore écrit, sachant que le vivant se soutient de ce qui fut dit et écrit d'abord, puis qui se vit, se dit et s'écrit ensuite, à condition que cette bibliothèque orale et écrite ne se prétende pas complète, Joha

23/01/2009, 22:30 | Par ..

La beauté de l'éphémère... "Qui est vivant ? Qui est mort ? "

24/01/2009, 22:47 | Par Dominique Conil

Joha, les bibliothèques palpitent, sauf si l'on s'y enferme. Il faut juste savoir marcher au dehors. Marcher au dehors peut -être mortel: voir ci-dessus. Ceux qui tombent en Russie ont souvent été nourris de ces bibliothèques, de cet autre monde. Sinon, bien sûr, ils seraient plus prudents. Mais les bibliothèques vivent, vont bien au delà de nous. Ce n'était pas le sujet, l'objet le bouleversement alors que cet avocat, cette journaliste sont morts: mais me voilà en train de lire un bouquin de 740 pages, de Boris Jitkov, intitulé Victor Vavitch, publié par Calmann-Lévy. Livre écrit dans les années 30, jusqu'à mort précoce de l'auteur, oublié depuis car il ne bénéficiait pas d'une réputation de victime - auteur à succès pour enfants - redécouvert, un peu diffusé en Russie nouvelle, néanmoins traduit, sur .. on pourrait dire la révolution de 1905 en Russie. Plus surement sur l'enthousiasme et le rêve et les renoncements. "Dernier grand roman russe", a dit la critique. Ni dernier, ni avant dernier sans doute, juste la persistance extraordinaire de quelque chose qui fait ressurgir, à l'heure de la Tchétchénie, l'idée même de vivre autrement.

25/01/2009, 15:09 | Par JoHa en réponse au commentaire de Dominique Conil le 24/01/2009 à 22:47

Chère Dominique, Vous répondez, il me semble, à mon assertion, écrite peut-être trop rapidement ? Les bibliothèques posent un problème : elles n'intègrent pas ce qu'il en est du vivant, non encore écrit, sachant que le vivant se soutient de ce qui fut dit et écrit d'abord, puis qui se vit, se dit et s'écrit ensuite, à condition que cette bibliothèque orale et écrite ne se prétende pas complète. Donc, de l'écrit, des paroles - qui soutiennent, structurent, vivifient notre émergence de corps vivants - puis les paroles, les actes, les écrits nouveaux que nous produisons en tant que corps vivants, and son on... Vous me dites que les bibliothèques palpitent. Je peux être d'accord avec vous au sens métaphorique du terme 'vivant', mais pas stricto sensu si je définis le vivant comme 'palpitation' puisque vous amenez ce beau terme. N'est-ce pas notre être de vivant qui palpite, en son corps, à lire certaines lignes, à en écrire d'autres, à nous souvenir de certaines ? Il y a les bibliothèques 'en marche', ouvertes à ce qui n'est pas déjà écrit, elles restent 'vivantes', incomplètes qui pourront accueillir les nouveaux ouvrages. 'Vivantes' aussi quand des êtres vivants continuent d'aller y chercher ce qui fera peut-être leur bonheur ; sans lecteurs, les textes restent lettre morte. Il y a ainsi des bibliothèques 'mortes' que plus personne ne consulte, triste. Bibliothèque, n'est pas exactement dans le sujet de votre billet mais proche quand vous dites : qui écrira ?, qui écrira sur ces jeunes gens qui viennent de mourir ? Là, je parie sur le 'vivant' au sens strict du terme, soit qu'il y a et aura encore des êtres humains qui écriront, témoigneront - d'ailleurs, n'écrivez-vous pas ? Ne venez-vous pas d'écrire un livre qui n'avait pas été écrit avant que vous y engagiez votre être de vivante ? 'Dernier grand roman russe' titre un critique. Vous avez raison d'y opposer votre persistance extraordinaire qui fait ressurgir l'idée même de vivre autrement. Bon, je me sens donc plutôt d'accord avec vous, peut-être y avait-il eu un malentendu ? D'autant plus d'accord avec vous, que depuis l'enfance, quand je lis, je suis toujours sensible à la position de l'énonciation de l'auteur et à cette perception vive : il y a quelques années, il / elle a vécu et a écrit ceci ou cela que je découvre aujourd'hui et que je vais transmettre à mon tour. La 'vie', c'est bien ce qu'il y a de plus merveilleux et de plus mystérieux : 'Vous ne vous émerveillez pas suffisamment des miracles du corps', disait Lacan s'adressant à des psychanalystes. Deux jeunes gens sont morts, nos corps ne sont pas promis aux jouissances éternelles - à moins que l'on soit religieux, ce qui n'est pas mon cas -, restent tous nos moyens de transmission de la 'vie' des idées, Joha
Je me risque 'en-corps' plus hors sujet...

Frères humains Léo Ferré - Villon

24/01/2009, 23:45 | Par Grain de Sel HV

Je ne sais plus non plus dans quelle bibliothèque, sur quelle étagère, mais souvent le souvenir, l'indignation, la colère, l'émotion restent. Et c'est aussi ça qui compte. Qui est vivant, qui est mort. De quels morts sont faits les vivants qui restent et quels sont les vivants qui continuent à honorer ces morts. Surtout espérer qu'ils ne soient pas morts pour rien...

25/01/2009, 18:38 | Par Grain de Sel HV

Et aussi, se souvenir d'Elle, Anna_Politkovskaya.jpg dont un des seuls "crimes" a été: 9782283020630.jpg et dont le meurtrier n'a toujours pas été arrêté !

25/01/2009, 20:56 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 25/01/2009 à 18:38

Oui, merci pour les photos ( va falloir que j'y arrive , à insérer dans le commentaire) et elle n'est pas oubliée. vraiment pas. Des milliers de personnes en quelques jours ont déposé des fleurs à Moscou, là où Stanilas Markelov et Anasstassia Barbourova ont été abattus. Il y avait aussi des photos d'elle. Hélas, le magistrat qui va enquêter sur leur mort est celui qui a si bien diligenté l'enquête sur Anna Politkovskaïa. Au demeurant, il importe moins de savoir qui a tenu l'arme que de voir un jour jugé le commanditaire... Pas pour tout de suite... Chère Joha, je répondais, je digressais moi aussi. Et surtout ne vous excusez pas de digresser: tout le monde ne partage pas ce point de vue, j'ai l'impression, mais j'aime que les commentaires partent vers ici, ou là, c'est souvent au contraire ce qui les nourrit. A coller au sujet, on peut finir par l'étouffer. Mais vous savez, vous, psychanalyste, tellement mieux que moi à quel point la divagation justement ramène à l'essentiel.. Et sur ce, je m'en retourne à ma bibli, si vivante qu'elle menace de me dégringoler prochainement sur la tête.

26/01/2009, 19:48 | Par Dominique Conil

Et re, désolée, simple transmission d'un mail reçu à ceux que, ceux qui.. A lire, donc: Assassinats politiques en Russie : ASSEZ ! Solidarité avec tous les défenseurs et militants pour les droits, les libertés et la justice en Russie! Tristesse et colère : tous ceux qui défendent les droits et les libertés chaque jour un peu plus menacés en Russie sont sous le choc après l'assassinat, lundi 19 janvier de l'avocat Stanislav Markelov et de la jeune journaliste Anastassia Babourova qui l'accompagnait. Ces assassinats sont les deux derniers d'une liste de meurtres et d'agressions de toute sorte dont la longueur nous est insupportable. Ces derniers mois les agressions n'ont fait que se multiplier en Russie, protester ou exprimer son désaccord devient une prise de risque pour sa propre vie. La menace s'est démultipliée et la violence contre les contestataires peut prendre bien des visages. La Russie ne doit pas être condamnée, dans l'indifférence générale, à un trou noir où la justice n'aurait plus de place. Stanislav Markelov était un des rares avocats défendant les militants des mouvements sociaux, des syndicats et plus généralement des droits de l'Homme en Fédération de Russie. Il ne plaidait pas seulement à Moscou mais n'avait de cesse de se déplacer dans toute la Russie, notamment dans le Caucase et même en Biélorussie, ou à Strasbourg devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Avocat engagé et homme de gauche, il prenait également part aux forums sociaux qu'ils soient russes ou européens. Ses activités dérangeaient beaucoup de personnes. Il avait défendu Anna Politkovskaïa, les victimes du Nord-Ost, celles d'un tabassage policier en Bachkirie. Plus récemment, il défendait un jeune tchétchène accusant Ramzan Kadyrov (Président de la Tchétchénie) d'enlèvement et de torture, le journaliste de Khimki, Mikhaïl Beketov, passé à tabac pour avoir dénoncé l'administration locale, la cause des ouvriers de la papeterie de Vyborg dans leur tentative d'autogestion, des militants antifascistes accusés injustement d'actes terroristes, des habitants de foyers menacés d'expulsion...Stanislav avait été violemment agressé dans le métro de Moscou en 2004. Suite à des dernières menaces par SMS, beaucoup font le lien entre son assassinat, lundi 19 janvier en plein centre de Moscou, et la libération le 15 janvier, pour bonne conduite, du colonel Boudanov, incarcéré en 2003 pour une peine de 10 ans suite au meurtre d'Elza Koungaieva. En effet Stas sortait d'une conférence de presse où il disait son indignation et sa volonté de poursuivre ce haut militaire accusé d'avoir étranglé de ces propres mains cette jeune Tchétchène lors d'un interrogatoire. Il avait l'intention de faire appel devant la Haute Cour de Justice. Sa connaissance et son engagement pour une paix en Tchétchénie et dans tout le Caucase Nord étaient larges, tout comme son soutien à la lutte contre le fascisme, le racisme et la xénophobie. Anastassia Babourova était journaliste à Novaïa Gazeta et avait le courage de se saisir du sujet de la Tchétchénie comme l'avait fait auparavant Anna Politkoskaïa. Nastia était une militante libertaire et son engagement se reflétait dans le thèmes de ses articles: la jeunesse informelle et anti-autoritaire, les actions protestataires de rue, la montée du néonazisme en Russie, les affaires judiciaires en lien avec Stas Markelov. Elle était d'ailleurs présente à ses côtés lors du dernier Forum Social Européen de Malmö. Elle est décédée à l'hôpital quelques heures après l'assassinat de Stanislav. C'est en voulant rattraper le meurtrier qu'elle a été abattue. Nous voulons dire notre soutien à toux ceux qui luttent pour que leurs droits soient défendus et pour qu'une société plus juste voie le jour en Fédération de Russie. Nous vous appelons à un rassemblement de solidarité et de recueillement en hommage à Stanislav Markelov et Anasstasia Babourova. Rassemblement Dimanche 1er Février à 15 heures sur le parvis de Beaubourg en solidarité avec le rassemblement à Moscou au même moment A l'initiative de : Convoi Syndical, FIDH, Assemblée Européenne des Citoyens, CEDETIM, Comité Tchétchénie Et je ne sais pas comment mettre en gras, ni introduire la Une du journal russe, mais: 1 er février

26/01/2009, 22:58 | Par Grain de Sel HV en réponse au commentaire de Dominique Conil le 26/01/2009 à 19:48

Alors je mets en gras pour toi... Je veux dire pour eux, pour elles, pour nous tous... Rassemblement Dimanche 1er Février à 15 heures sur le parvis de Beaubourg en solidarité avec le rassemblement à Moscou au même moment A l'initiative de : Convoi Syndical, FIDH, Assemblée Européenne des Citoyens, CEDETIM, Comité Tchétchénie Et je ne sais pas comment mettre en gras, ni introduire la Une du journal russe, mais: 1er février

02/02/2009, 22:56 | Par Dominique Conil

Simple mention et mention hélas habituelle: guère plus de 80, allez disons cent personnes en comptant large, dimanche 1er février. Comme... souvent. Ce n'est pas grave, ce n'est pas triste, cela relativise les indignations face à l'inertie des gouvernements: pourquoi bougeraient-ils, si personne ne bouge ? Glucksman était là, comité Tchétchénie oblige, une pitié, lui qui comptait tant sur la fermeté de Sarkozy. Dominique Voynet aussi était là. Et des russes, qu'il est utile d'écouter. La prochaine fois ?

02/02/2009, 22:56 | Par Dominique Conil

Simple mention et mention hélas habituelle: guère plus de 80, allez disons cent personnes en comptant large, dimanche 1er février. Comme... souvent. Ce n'est pas grave, ce n'est pas triste, cela relativise les indignations face à l'inertie des gouvernements: pourquoi bougeraient-ils, si personne ne bouge ? Glucksman était là, comité Tchétchénie oblige, une pitié, lui qui comptait tant sur la fermeté de Sarkozy. Dominique Voynet aussi était là. Et des russes, qu'il est utile d'écouter. La prochaine fois ?

02/02/2009, 22:57 | Par Dominique Conil

Simple mention et mention hélas habituelle: guère plus de 80, allez disons cent personnes en comptant large, dimanche 1er février. Comme... souvent. Ce n'est pas grave, ce n'est pas triste, cela relativise les indignations face à l'inertie des gouvernements: pourquoi bougeraient-ils, si personne ne bouge ? Glucksman était là, comité Tchétchénie oblige, une pitié, lui qui comptait tant sur la fermeté de Sarkozy. Dominique Voynet aussi était là. Et des russes, qu'il est utile d'écouter. La prochaine fois ?

02/02/2009, 23:07 | Par Fantie B.

Si, c'est triste quand même.

05/01/2013, 06:58 | Par bendidonc

magnifique billet ! et dans cette "grande démocratie" plus de 300 journalistes ont été tués depuis 1993....Réponse d'Edouard Limonov à la lettre de Depardieu :

"Gérard viens le 31 janvier sur la place Trioumfalnia (Moscou) avec ton nouveau passeport russe en poche. Tous les31 à 18 heures sur cette place des citoyens russes exigent le droit de se réunir paisiblement comme prévu par l'article 31 de la Constitution.

On t'attend Gérard".

05/01/2013, 08:48 | Par la dame du bois-joli en réponse au commentaire de bendidonc le 05/01/2013 à 06:58

il peut venir avec brigitte bardot ? ? Rigolant  ..  nos stars vieillissent mal ...

 

ai lu avec vif intérêt ce billet que je ne connaissais pas, merci

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