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Ce qui est encore invisible...

Dans la discussion à propos de l'article d'Edwy Plenel "Sarkozy ou le mépris du monde", j'ai lu des propos plus ou moins optimistes... et d'autres désespérés, ou désespérants...Plutôt que répondre en commentaires, me voilà donc en train de rédiger mon premier billet.

Si j'espère que se produise un sursaut populaire, et une montée en puissance des intellectuels, j'ai aussi des craintes...

 

Il se trouve que je suis amenée à cotoyer des gens de toutes origines sociales, dont une part de personnes du "petit peuple" d'un niveau d'études "bac" ou même (hélas pour eux ) "bac moins 2".
Lors d'une soirée (un apéritif dînatoire), j'ai eu, il y a un peu plus d'une semaine la suprise de voir des gens (sympathiques au demeurant, et pas forcément idiots), ni admirateurs de Sarkozy, tenir un raisonnement effrayant sur les inégalités sociales.


Je résume: partant du constat d'une de ces personnes qu'une artisanne coiffeuse de sa connaissance touchait 700 euros mensuels de retraite (sans doute par suite d'une mauvaise gestion de ses cotisations sociales), j'ai évoqué la proposition d'Europe-Ecologie de fixer un revenu minimu d'existence ET un plafond pour un revenu maximum admissible.
J'avoue ne pas être du tout spécialiste des questions économiques, mais -si l'on peut discuter de la hauteur de l'échelle à établir entre bas et hauts revenus- le principe ne me paraissait pas pouvoir être refusé par les 9 personnes présentes, dont le revenu est (pour certains largement) inférieur à 1300 €/mois.
Mon hypothèse était la suivante: si un revenu minimal d'existence tournait autour de 1200 €/mois, alors une échelle de 1 à 20 conduirait à un revenu maximum de 24000 € mensuels (je sais qu'on peut aussi se baser sur le revenu médian, ou fixer une échelle plus large, mais ce n'était pas mon but de rentrer dans de tels détails).
Ce n'est pas du stalinisme, quand même!
Je suis tombée de trrrrès haut! Car immédiatement, 5 des personnes présentes se sont récriées que ce serait "dégueulasse", car ceux qui gagnent bien leur vie le "méritent", parce qu'ils ont fait des "études", et qu'ils travaillent "beaucoup", bref ils n'avaient aucun recul, et fonctionnaient totalement dans le discours dominant inégalitaire et (à mon avis) anti-républicain.
Les esprits sont très largement empoisonnés par 2 ou 3 décennies de propagande, et "pensent" (si on peut appeler cela "penser"!) contre leurs propres intérêts (c'est à dire une meilleure répartition de la richesse)... Voilà où on en est!


De plus, pour la plupart, ils ne votent même pas (je ne sais pas si je dois me réjouir en me disant que c'est un moindre mal...) et éprouvent plus que de la méfiance pour le syndicalisme.
Nous avons là des ingrédients parfaits pour nous diriger vers un renouveau du fascisme...

 

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20/04/2009, 16:23 | Par Epaminondât

Je suis moins pessimiste que vous... du moins sur ce plan-là. Le plus grave danger, et le plus urgent, et tout aussi invisible, nous vient des menaces sur la biosphère. Question de vie ou de mort, et à court terme, pour l'espèce humaine, qui s'achemine tranquillement vers une mort douce par grillade.
Sur le plan social, le problème n'est pas du tout les hauts revenus en soi, mais les bas revenus et l'absence de redistribution efficace.. Quant au fascisme et au nazisme, ils étaient plutôt égalitaires en paroles.
Sur les syndicats et les partis, il y a un réel problème. Les syndicats sont divisés en 8 grandes centrales, qui à elles 8 ne rassemblent que 8% des salariés... Il y a là une énigme à résoudre, et un retard à combler.

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