Sam.
29
Nov

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Marche des Indignés - 21/09 - Prise de la Place

"La place rectangulaire est assez grande pour installer un campement. Elle est dominée par l'immense temple du commerce, de style gréco-romain. Sur le côté opposé se dressent des banques prestigieuses et un bar de luxe. Dans un angle se trouve le siège de l'Autorité des Marchés Financiers." ----- Comme les autres billets sur la Marche, celui-ci n'est pas de moi, mais juste une traduction que j'en fais aussi souvent que je peux (voir le lien en bas de billet)

Paris, 21 Septembre , 58 jour de la Marche vers Bruxelles, Action surprise

Chers tous,

C'est ce dont je vous parlais hier. Une action suprise, préparée dans le secret, et exécutée à la perfection par la totalité du groupe. Nous sommes une armée.

À dix heures du matin, les tentes de Bercy ont été pliées. Les flics étaient là en nombre restreint pour surveiller ce qu'on faisait. Après le petit déjeuner, les gens ont commencé à se rassembler, très probablement pour le reste de la journée. J'ai rejoint le squatt de Communication -plus communément connu comme le « Centre de Médias »-, afin d'envoyer de l'information et me mettre, avec la Commission du Trajet, à travailler sur l'itinéraire vers Bruxelles.

Après avoir fini, le reste retourne à l'Assemblée à Bercy. Seuls le camarade Roberto et moi, la commission du Renseignement, restons dans le coin pour faire du tourisme d'investigation à Paris. Nous marchons vers l'Opéra, cherchant des indices de ce que fut l'ancien Paris. Nous n'en trouvons pas la moindre, mais ce que nous trouvons en fait, est bien plus intéressant. Nous trouvons la Place de la Bourse.

La place rectangulaire est assez grande pour installer un campement. Elle est dominée par l'immense temple du commerce, de style gréco-romain. Sur le côté opposé se dressent des banques prestigieuses et un bar de luxe. Dans un angle se trouve le siège de l'Autorité des Marchés Financiers. Et sur le flanc le plus distant, l'état-major de l'Agence France-Presse. Pas un seul membre de la police en vue. Le site est parfait.

« C'est là qu'il faut que nous tenions notre Assemblée , dis-je, ça ne peut être qu'ici. »

Nous allons nous cacher dans une boulangerie, nous extirpons notre plan touristique standard de la ville, et nous commençons à échafauder un plan. L'idée est très simple, mais brillante. Nous décidons de retourner à Bercy pour nous organiser.

A Bercy, l'Assemblée a mis moins de sept heures à prendre une décision. L'idée était de tenir une Assemblée populaires à Notre-Dame, et d'aller là-bas en une marche silencieuse, à la queue-leu-leu, afin d'échapper à toute tentative de nous accuser de faire une manifestation illégale.

L'idée est bonne. Mais la nôtre est meilleure. Nous commençons à en parler aux personnes appropriées, et pour résumer, on se passe le mot qu'il y a un plan B. Seules quatre personnes en connaissent la teneur. Les autres devront avoir confiance.

A six heures, les gens commencent à se mouvoir en silence. La longue file se dirige vers le centre-ville. C'est impressionnant à voir. Malheureusement, beaucoup de nos copains des Communications sont absents. A la gare de Lyon, je ne sais pas de qui nous recevons un message disant que Notre-Dame grouille de policiers, et que le bus est déjà prêt pour nous embarquer.

On y est. On peut agir. Le jeu a redémarré.

Une fois que la file au complet a pénétré dans la station de métro de Gare de Lyon, on s'arrête. On est cinq a passer le mot. On va passer au plan B/. Tout le monde se retourne. La queue devient la tête et commence à descendre dans le métro.

Maintenant, il faut que tout baigne. On ne peut pas se permettre de se louper, il faut garder tout le monde ensemble, et bouger vite. Divisés dans deux rames, nous allons jusqu'au terminus, gare St Lazare. Une fois tout le monde sur le quai, on prend la ligne n° 3 dans l'autre sens. Quatre stations, et nous voilà à la Bourse.

Quand nous sommes tous rassemblés, levant tous les mains pour signaler sa présence, je prends la tête vers la sortie, un peu préoccupé par le risque de trouver la place fourmillant de policiers. Mais non, la consigne n'a pas fuité. La place est à nous. Je pousse un cri de joie tandis que nous débouchons à la lumière. « Assemblée populaire! Ici! Maintenant! Faites passer sur sur Twitter, Facebook et partout ailleurs. Nous sommes ici, en face de la Bourse! »

Ça prend cinq minutes, on est prêts à s'asseoir en cercle, quand on entend les sirènes d ela police. Deux camionnettes arrivent. Nous sommes immédiatement encerclés. En quelques instants il y a un policier derrière chacun d'entre nous. Je me déplace au centre du cercle et je me mets à filmer.

« Jesus-Christ », une des quatre personnes qui étaient au courant du plan, ainsi que Robeto et Geraldo et moi, modérons l'assemblée. Il garde son calme. Nous gardons tous notre calme. Nous continuons comme si de rien n'était. Les gens de l'AFP n'ont qu'à jeter un oeil par leurs fenêtres pour recueillir de l'information. Je jubile, le déplacement a fonctonné comme je l'avais projeté. Le reste ne dépend plus de moi.

On nous informe que l'Assemblée constiue une manifestation illégale, parce qu'elle n'a pas été annoncée à la police. Nous répondons que nous sommes des citoyens pacifiques rassemblés sur une place publique, non pour manifester, mais pour tenir une assemblée.

S'autres gens commencent à arriver. Ils veulent se joindre à nous, et commencent à s'asseoir à l'extérieur du périmètre policier, en les encerclant. La police se retire pour briser le siège et laisse les gens s'intégrer dans notre assemblée. De derrière leurs fenêtres, les gens de l'AFP regardent en bas avec curiosité.

Comme la police se prépare à nettoyer la place, nous nous déplaçons tous vers son centre, entrelaçant tous nos bras et nos jambes. Ça leur prend du temps et beaucoup d'efforts de nous extirper. A l'extérieur du cercle les sympathisants nous acclament, tandis que quelqu'un chante l'Hymne à la Joie de Schiller. Étrangement, les policiers respectent ceux qui filment. On nous permet de tout prendre du début à la fin, de près. Nous sommes les derniers à être embarqués. Pendant qu'ils m'emmènent, queqlu'un commence à chanter la « Marseillaise ». Je ne peux résister. Je me joins à leur chant.

Allons enfants de la patrie / Le jour du gloire est arrivé / Contre nous de la tyrannie / L’étendard sanglant est levé”

Alors, une fois de plus, ils n ous emmènent dans un grand bus et plusieurs camionnettes. Dix-huit personnes en tout. Mais cette fois ils ne bous emportent pas à un vulaire poste de police. En à peine deux jours nous avons eu une énorme promotion. Ils nous conduisent à un bureau des Renseignements français.

Ils contrôlent tout ce qu'il sont à contrôler. Les heures passent, mais ils n'interrogent personne. A minuit, une fois de plus, nous sommes libérés.

Bon, alors vous savez quoi? Nous retournons à la Bourse pour notre rendez-vous. Nous pouvons dormir là si nous le voulons. Les RG ont été déjoués par notre propre intelligence aujourd'hui, et j'en suis fier. Maintenant nous pouvons quitter Paris la tête haute.

---------------------------------

Retrouvez l'original en anglais avec les photos sur le blog "Spanish Revolution"

 

NB: J'ai du mal à suivre le rythme. Non que traduire me pose beaucoup de problèmes, mais tout de mêem ces textes sont assez longs, et il faut au moins le temps de les taper. Or, j'ai pas mal d'autres choses à faire ces temps-ci, et j'aime bien aussi aller voir ce qui se passe chez les autres membres du Club... C'est dur, c'est dur!!! Du coup c'est un peu en désordre chronologique, mais tant pis!!!

L'auteur de ce billet a décidé d'en fermer les commentaires
Newsletter