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26 septembre: Journée Européenne des langues

Communiqué de presse de "Espéranto-France: "L'espéranto, c'est déjà quelque chose"

A l'initiative du Conseil de l'Europe (Strasbourg), la Journée européenne des langues est célébrée chaque année le 26 septembre depuis 2001.

Les 800 millions d'Européens dans les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe sont encouragés à apprendre plus de langues, à tout âge, tant à l'école qu'en dehors.

Convaincu que la diversité linguistique est une voie vers une meilleure communication interculturelle et l'un des éléments clé du riche patrimoine culturel du continent, le Conseil de l'Europe soutient le plurilinguisme à travers toute l'Europe.
Toutefois, pour que la diversité ne soit pas un frein à la communication, une langue commune est souhaitable. Communiquer à l'échelle globale et sur un pied d'égalité, sans pour autant s'immiscer dans la vie privée des peuples, telle était l'idée du Dr Zamenhof lorsqu'il formula les bases de la langue espéranto en 1887. Langue auxiliaire facilitant l’apprentissage ultérieur des autres langues, l’espéranto préserve les langues maternelles tout en instaurant un véritable dialogue interculturel car il permet de sortir de la confrontation entre espaces linguistiques. Le peuple le plus puissant n'impose plus sa langue en se cachant derrière des « raisons pratiques », et ne s'arroge plus une position privilégiée sur le arché des idées, de l'enseignement, de la recherche, de l'édition et de la production cinématographique.
L'espéranto est une solution reconnue par l'Unesco depuis 1987 mais elle avait le désavantage d'être inconnue pour beaucoup de personnes. Profitons de l'occasion pour faire un point sur ses progrès récents.
Dans les recueils de bonnes pratiques européennes, la diffusion des nouveaux concepts technologiques au sein des populations européennes est appréhendé selon trois phases successives :
– de rien à un peu,
– d'un peu à beaucoup,
– de beaucoup à beaucoup plus.
En 2007, le Conseil de l'Europe a traduit en espéranto son cadre européen commun de référence pour les langues. Tout citoyen peut désormais prouver son niveau par un examen officiel de l'état hongrois. Ce n'est pas rien.
En 2009, le Brésil reconnait la valeur de l’espéranto et exprime son admiration envers les efforts des espérantophones pour la diffusion de cette langue partout dans le monde :
« Dans l’histoire de l’humanité, des langues se sont imposées au moyen de politiques hégémoniques, comme le latin et jusqu’à un certain point, le français et l’anglais. Le Brésil désire ardemment qu’un jour, l’espéranto puisse être accepté de la plupart des nations comme langue facilitant la communication au-delà des privilèges linguistiques ». Ce n'est pas rien.
En 2011, Un rapport commandé par la Commission Européenne à des acteurs de la société civile mentionne plusieurs fois l'espéranto. L'une des recommandations invite à étudier scientifiquement quelle langue, apprise comme première langue étrangère, permettrait d'aider à l'apprentissage ultérieur d'autres langues. Cette recommandation fait référence au projet pilote développé en Grande-Bretagne "Springboard to languages" qui utilise l'espéranto comme introduction à l'apprentissage des langues, et comme outil permettant d'augmenter la conscience des enfants sur la diversité des langues et leur façon de fonctionner. Parmi les exemples de bonnes pratiques citées, deux se basent sur l'usage de l'espéranto.
Enfin, en août 2011, la version en espéranto de l'encyclopédie libre Wikipédia a dépassé les 150 000 articles. Ce n'est pas rien.
De plus en plus, l'espéranto est visible dans l'espace public. Il est en train de passer de « rien » à un « peu ». Pour toutes ces raisons, être moderne au 21ème siècle, c'est communiquer dans beaucoup de langues ET en espéranto.

Cyrille Hurstel, vice-président chargé des relations extérieures

 

Original en pdf

Tous les commentaires

26/09/2011, 02:07 | Par JJMU

Comment dit-on « Bonne chance au long cours », en espéranto ?...

Jean-Jacques M’µ

26/09/2011, 11:51 | Par Dominique C

Merci JJMU

"Traduttore, traditore" di le proverbe.

Donc, au lieu de chercher une traduction mot-à-mot de "au long cours" je dirais:

"Longdaŭra bonŝancon", qui pourrait, vers le français, se traduire par: "Que la chance vous sourie dans la durée". J'ai entendu ce matin une citation d'Edgar Morin qui commençait par "Le pire n'est jamais sûr..." et disait en substance que les combats qui paraissent perdus d'avance sont nécessaires.

J'ai beaucoup aimé cette citation, mais pour la restituer dans son intégralité, je dois réécouter l'émission...

 

26/09/2011, 12:24 | Par Dominique C

En attendant, je vais essayer "d'occuper le terrain" ici, pour que la célébration d'aujourd'hui ne reste pas qu'une date théorique dans un recoin des agendas.

26/09/2011, 14:14 | Par Dominique C

Il y a des jours où... mais bon.

26/09/2011, 15:44 | Par Dominique C

Kompreneble, tiuj, kiuj povus helpi, ne estas antaŭ siaj komputiloj.

26/09/2011, 15:58 | Par Dominique C

... Kvankam la tago ne jam finiĝis.

26/09/2011, 16:15 | Par Dominique C

"On est pauvre en langues en Europe par rapport au continent africain" dit la représentante européenne interviewée.

Et elle enfile une succession de lieux communs et de voeux pieux sur l'apprentissage des langues.

Ecoutez l'émission de 4 mn sur France-Inter

On en reparle ensemble?

26/09/2011, 17:13 | Par Dominique C

Poussez, poussez l'escarpolette.... heu non, "hissez le drapeau sur le pisteur"

26/09/2011, 17:32 | Par JOSE CARUJO

Dominique,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt le document que vous avez transcrit dans votre billet. Savez-vous me dire quelle entité brésilienne a écrit la phrase suivante ?

« Dans l’histoire de l’humanité, des langues se sont imposées au moyen de politiques hégémoniques, comme le latin et jusqu’à un certain point, le français et l’anglais. Le Brésil désire ardemment qu’un jour, l’espéranto puisse être accepté de la plupart des nations comme langue facilitant la communication au-delà des privilèges linguistiques ».

S'agit-il d'un ministère ou d'un autre organisme officiel ou d'une association espérantiste ?

Merci.

 

26/09/2011, 20:03 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JOSE CARUJO le 26/09/2011 à 17:32

Si l'on en croit le document suivant (communiqué de presse de 2009), il s'agit bien d'une prise de position officielle, de Claudio Soares Rocha (directeur de la documentation nationale) au nom de Luis Ignácio Lula da Silva (président il me semble, à cette époque).

26/09/2011, 19:40 | Par corinne.daudier@numericable.fr

C'est vrai que ce n'est pas rien! J'attends avec impatience la sotie du film Esperanto à la fin de l'année!

26/09/2011, 19:57 | Par Dominique C

J'ai participé à la souscription pour les DVD "familiaux" et commandé un DVD "projection publique". Mais je croyais que ça devait sortir à l'automne (c'est à dire maintenant, en gros).

26/09/2011, 20:33 | Par Corinne N

langue_babel.jpg

 

 

26/09/2011, 21:37 | Par Dominique C

Très sympa, cette image!... Sourire

26/09/2011, 23:26 | Par Tepjag

Cette journée est utile parce qu'elle souligne qu'il n'y pas qu'une seule langue étrangère, comme semble le croire notre ministère de l'Éducation nationale mais autant de langues que de peuples (approximativement) et que si on veut assurer l'égalité en droit de ces langues, il faut bien prévoir une langue auxilliaire neutre.

27/09/2011, 00:58 | Par Dominique C en réponse au commentaire de Tepjag le 26/09/2011 à 23:26

Voui voui... On peut le voir comme ça.

Mais franchement, c'est "décoratif", sans plus... Et cette vision "angélique" de la multiplicité des langues, mais sans prendre vraiment de décisions pour endiguer la rouleau-compresseur, ça me ferait marrer si je n'avais parfois presque envie d'en pleurer.

Mais, stop. Pour le moment passons à autre chose. Je reprends mes traductions, sans parvenir à rattraper mon retard!!!

28/09/2011, 21:45 | Par corinne.daudier@numericable.fr en réponse au commentaire de Tepjag le 26/09/2011 à 23:26

C'est très important d'apprendre la langue des voisins. c'eux qui sont juste de l'autre côté de la frontière.L'italien, le Catalan, l'Espagnol...Et oui je suis dans le sud au bord de la méditerranée...

27/09/2011, 13:02 | Par JJMU

Ouai !...

Chacun de nous en est réduit à des expédients pour se faire comprendre. Même dans la langue que nous maîtrisons le mieux, les malentendus et les imprécisions demeurent. Il y a toujours une frange d'incertitude, et c'est d'ailleurs ce qui nous fait tant aimer les arts, c'est qu'ils sont aux frontières entre le supposé connu (ou connaissable) et le totalement inconnu, ignoré, surprenant, étonnant. Pourtant, en matière d'arts comme en matière de langues, nombreux sont ceux qui vont se référer au seul connu, au répertoire, au patrimoine. Cette grande majorité n'est pas conservatrice de manière éclairée et consciente, en ayant comparé plusieurs propositions, elle est conservatrice par réflexe conditionné, sans avoir réfléchi ni pensé qu'il fallait réfléchir.

Ainsi : que ferait-t-on, nous, aujourd'hui, d'une langue comme l'espéranto, si, individuellement, nous nous mettions à l'apprendre ?... Je pose la question à chacun de nous en tant qu'individu, et non pas en supposant je ne sais quel groupe concerté et consensuel. Moi, le temps que je mettrais à l'apprendre serait pris sur les actions, sur la volonté de me rapprocher de celle que j'aime et qui parle le chinois et l'anglais pas mal, l'espagnol, un peu, et, face à elle : moi qui parle de français et l'anglais, un peu, l'espagnol pas mal... Il y a des choix, des priorités affectives, intellectuelles...

C'est dans cette optique que je me dis qu'une langue n'existe que si elle est parlée. Il faut l'entretenir avec des interlocuteurs, en situation. Sinon, tant qu'il n'y a personne, en face, alors, nous risquons de perdre ce temps qui est si précieux. Je dis ça, moi, ici, et je fais par ailleurs l'éloge de la lenteur.

Jean-Jacques M’µ

27/09/2011, 14:11 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JJMU le 27/09/2011 à 13:02

Je suis assez d'accord avec votre message. Les priorités des un-e-s et des autres sont très variées, et il est hors de question de demander à chaque citoyen-ne de prendre sur son temps personnel pour apprendre l'Eo.

Par contre, il est possible de pousser chacun-e (dans le cadre du savoir que peut balayer un "honnête homme") à s'informer avant de prendre position.

Ceci pour

  • éviter que continuent de se diffuser des mythes mystificateurs (genre: "Tout le monde parle anglais" ou "Les Français sont plus nuls que les autres").
  • inciter les parents ou futurs parents à faire pression sur les autorités pour, au moins, des expérimentations auprès de populations (enseignants, parents enfants;.) volontaires.
  • valider l'effort de ceux qui ont appris eux-mêmes (que la motivation soit "égoïste" comme se faire des potes un peu partout, ou "idéaliste")

C'est un enjeu d'éducation populaire et d'émancipation humaine, comme l'explique le Manifeste de Prague.

En ce qui concerne le temps nécessaire, je donne une échelle. Je suis autodidacte en espagnol (Assimil: environ 3 ans) et en espéranto (Assimil: 6 mois).

Mais un des intérêts propres de cette langue, c'est sa valeur propédeutique, complètement méconnue de ses détracteurs. Ainsi on pourrait éviter des échecs en anglais allemand etc...et accélerer leur apprentissage! J'y reviendrai.

29/09/2011, 00:44 | Par JJMU en réponse au commentaire de Dominique C le 27/09/2011 à 14:11

J'ai lu ta réponse (permets que je te tutoie, tu as des messages qui me font croire une certaine proximité de pensée entre nous).

Je ne connais pas le manifeste de Prague, et je ne vois pas pourquoi l'espéranto serait propédeutique davantage qu'une autre langue au monde.

Mais je suis fatigué.

Ah, si !...

... Je viens de m’inscrire au CNED pour des cours de chinois : les premiers cours, sur les 38 syllabes, franchement, c’est nettement plus facile que je ne croyais (craignais). Tant mieux !

(Comment dit-on en espéranto : « Pourvou que ça doure ! » ?).

Jean-Jacques M’µ

29/09/2011, 01:44 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JJMU le 29/09/2011 à 00:44

Ben les mots " Manifeste de Prague", dans mon commentaire précédent, est un lien clicable vers l'article de l'édition "Rencontres avec l'espéranto".

A découvrir, donc...

Pour le reste... c'est sûr que comme ça, a priori, juste par la rumeur ou les présupposés, on ne "voit pas" pourquoi l'espéranto aurait telle ou telle qualité que n'auraient pas les autres langues... et c'est sans doute justement parce que ça semble incroyable que beaucoup de gens ne cherchent pas à "gratter" un peu pour en savoir plus. Mais le fait est. Il engendre moins d'échec que d'autres langues, il est amusant parce que logique.

Tiens, un conseil, visionner les vidéos des mini-conférences de Claude Piron sur Youtube. Elles sont listées dans ce billet sur Ipernity

Comme je suis fatiguée par plusieurs heures de traduction de "spanish revolution", je ne développe pas.. En fait, les gens qui ont envie de savoir, un jour où l'autre ils "grattent" et font le chemin. Les autres, ceux qui sont réticents et souhaitent le rester... ben ça ne vaut pas le coup de s'épuiser à tenter de les convaincre... TranquileClin d'oeil

PS traduction de "pourvu que ça dure":

"espereble tio daŭru"

 

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