Ven.
28
Nov

MEDIAPART

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Le Syndrome d’Aliénation Parentale: une idéologie sans aucune base scientifique et empirique

Excellent article de Stéphanie J. Dallam qui fait un examen critique des théories et des opinions de Richard Gardner, l'inventeur du SAP.

Stephanie J. Dallam est infirmière familiale, écrivaine, chercheuse et consultante. Elle possède dix ans d’expérience en soins intensifs pédiatriques et en traumatisme pédiatrique et a enseigné les soins infirmiers à l’University of Missouri-Columbia: http://sisyphe.org/spip.php?auteur43

Dans cet article, Stéphanie J. Dallam démontre que le SAP est une paralogique perverse (avec raisonnements circulaires) inventée de toute pièce par Richard Garder pour confirmer ses convictions (fausses allégations, etc.). Elle explique que l'expert judiciaire Richard Garner a défendu des meurtriers en invoquant le SAP, qu'il haïssait les mères (seul rempart contre les abus sexuels sur enfants) et a contribué à un retour de bâton anti-mères dans l'arène juridique.

Stéphanie J. Dallam dit aussi combien le SAP est un outil redoutable pour saper la crédibilité des mères qui dénoncent des agressions sexuelles sur leur(s) enfant(s).

Gardner : raisonnements circulaires entre son SAP  et son ELAS qui se confirment mutuellement

En effet, l'ELAS  (échelle de légitimité des agressions sexuelles créée par Gardner en 1987) repose sur le SAP (Syndrome d'Aliénation Parentale créé par Gardner en 1986) et le SAP s'appuie sur l'ELAS.

Et les deux, ELAS et SAP, dépendent d'un postulat fait par Richard Gardner d'une soit-disant épidémie actuelle de fausses allégations d'abus sexuels formulées par des mères à l'occasion d'un différend de garde.

Pourquoi l'abus sexuel est dénoncé en cas de séparation

Pourtant, il n'y a aucune preuve de ce postulat. Au contraire, les meilleures recherches montrent la rareté des fausses allégations d'abus sexuels portées dans les diffférends de droit de garde et que lors de séparation du couple parental, les enfants victimes peuvent enfin révéler l'abus sexuel.

Ces recherches montrent qu'en cas de séparation, les dénonciations d'abus sexuels résultent de 3 cas répertoriés :

- soit le divorce fait que le père précipite l'agression sexuelle,
- soit les enfants divulguent une agression de longue date,
- soit la découverte d'un abus sexuel a provoqué le divorce.

Des études montrent au contraire que les fausses allégations d'abus sexuels sont essentiellement faites par des pères : http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-ferrieres/091112/les-fausses-allegations-dabus-sexuels-sont-majoritairement-fait

Extrait de l'article de Stéphanie J. Dallam et article complet disponible en fichier attaché ci-dessous.

" En résumé, la théorie du SAP de Gardner et ses différentes échelles visant à distinguer les vraies et les fausses déclarations d'agressions sexuelles sur enfants ne sont pas informées par la science et n’ont pas été reconnues par la plupart des experts en agressions sur enfants. Plutôt que de soumettre ses théories à une évaluation scientifique, Gardner publie la plupart de ses écrits par l'intermédiaire de sa propre maison d’édition ou dans des revues non scientifiques.

Comme les théories de Gardner reposent sur ses propres observations cliniques – et non sur des données scientifiques – elles doivent être interprétées dans le contexte de ses conceptions atypiques concernant la pédophilie et de ce qu’il appelle le climat d’hystérie entourant les affaires d’agressions sexuelles sur enfants. Les théories de Gardner s'appuient sur sa présomption que les rapports sexuels entre un enfant et un adulte n’ont rien de néfaste en soi et sur sa conviction qu’il existe une épidémie de fausses allégations d'agressions sexuelles, formulées par des épouses vindicatives au moment de différends de garde.

Gardner persiste dans ces convictions en dépit d’une foule de données cliniques et expérimentales qui démontrent le contraire. Cela n’équivaut pas à prétendre que de telles allégations sont toujours exactes ou qu’il n’arrive jamais que des parents tentent de manipuler leurs enfants lorsqu'ils s’en disputent la garde. Cependant, tous les éléments d’expertise psychologique dont dépendra la sécurité d'un enfant doivent être soumises à des vérifications empiriques.

Lorsqu’une théorie est incapable d’évoluer et de s’améliorer en réponse aux résultats de la recherche, elle quitte le domaine de la science pour celui de l’idéologie et du dogme. Compte tenu des préjudices qui menacent les enfants et leur famille dans ce domaine, les professionnels du droit et de la santé mentale doivent constamment remettre en question leurs conceptions pour veiller à fonder leurs décisions de droit de garde sur les meilleures données scientifiques disponibles, plutôt que sur des opinions dépourvues de fondement, des préjugés sexistes ou une idéologie."

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