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May

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Une question de Nina (10 ans) - Création d'un fonds de questions métaphysiques

Mon Empireur,

 

Je sors d'une conversation prandiale d'avec ma fille :

 

- Et Untel, il a déjà été président ?

- Non.

- Et si Untel était président, qu'est-ce qui se passerait ?

- Bah, tu sais, en France le pouvoir est partagé entre tellement de niveaux qu'on ne courrait pas forcément à la catastrophe. Il se trouverait des tas de contre-pouvoirs.

 

La conversation va son chemin, je réponds aux interrogations politiques de ma petite de dix ans.

 

Puis le sol se dérobe sous mes pieds.

 

- Et si tout le monde votait blanc, qu'est-ce qui se passe ?

- (long silence) ... Tu veux du dessert ?

- Et si tout le monde votait blanc, papa, qu'est-ce qui se passe ?

 

Tu le sais, toi, Mon Empireur,

ce qui se passerait ?

Parce que moi, j'ai rien pu répondre d'autre que

"cas d'école, ma fille, monte faire tes devoirs"

 

Elle fait ses devoirs.

Mais...

Qu'est-ce qui se passe si tout le monde votait blanc ?

Quelqu'un sait ?

 

 

Tous les commentaires

Hum, ils ont de ces questions les mômes ! Peut-être lui dire que c'est impossible que tout le monde vote de la même façon (sauf en dictature bien sûr mais alors, le vote n'est pas blanc), lui dire que la société est traversée de rapports de force tels que chacun engage sa subjectivité dans son vote, et la subjectivité, c'est le domaine des variations ? Peut-être vous posera-t-elle alors une autre question ? Parfois nos enfants cherchent notre je ne sais pas... Cela leur ouvre aussi des chemins inédits.

C'est ce que j'ai résumé par "cas d'école" et que j'avais un peu développé avec Nina. Oui, c'est impossible. Et pourtant, quel est la réponse à cette question ? Il se passe tant de choses impossibles. Et puis, simplement, pour faire avancer la pensée parfois il faut tenter de répondre à des questions impossibles, aux cas limites, ça donne l'idée d'autre chose... de révolution... Ça nous ouvre à nous aussi des chemins inédits.

Tu embrasseras ta fille de ma part, Dominique. Elle est géniale !

C'est pas génial, c'est enfantin, et intéressant... Pourquoi hisser cette enfant à des hauteurs dont il faudra ensuite la faire descendre. Enfin bon, on l'a envoyée faire ses devoirs...

Poser des questions auxquelles personne ne sait répondre mais qui ouvrent des champs entiers de réflexion, excusez-moi, mais moi je trouve cela génial. Les enfants ont souvent cet art "génial" de mettre le doigt sur des trucs qu'on n'aurait pas imaginés... Je ne la hisse à aucune "hauteur", c'est elle qui nous hisse à un vertige de réflexion ! Et je trouve cela "génial"... C'est le mot qui vous choque ?

"Alain et Grain de sel, ils se disputent pour savoir si je suis géniale ou non..." "C'est un peu idiot... Mais c'est gentil !" Dixit

Bon ! Elle a fini ses devoirs au moins ? Mais oui, nous sommes gentils !

Les devoirs d'hier, oui. Mais chaque jour y en a d'autres ! Hélas, elle ne me fournit pas quotidiennement des questions retorses qui me permettent de lui ordonner de les faire. Ce soir : rien. J'espère que le week-end ne passera pas sans quelque chose, je crains de voir sa moyenne baisser...

Allez, Alain, vous ne trouvez pas que nous sommes géniaux aussi !

Si, si, justement, j'allais vous le dire, c'est drôle ! Mais j'hésitais... C'est tout moi ça !

Sans prétendre "savoir", il me semble que le vote blanc n'est pas compté dans les votes exprimés. L'hypothèse d'un vote blanc unanime conduirait surement a considérer que la consultation ne donne pas de résultat. Après, pour détailler les conséquences, il s'agit de distinguer de quel scrutin il s'agit, et les conséquences sont différentes selon les cas. Dans le cas d'une élection présidentielle, par exemple, la conséquence est que le nouveau président n'est donc pas élu. Le mandat du précédent va prendre fin, mais les textes prévoient le remplacement en cas de vacance de ce poste. . Un petit lien sur l'analyse de la signification des votes blancs et des abstentions: http://www.tns-sofres.com/2007/interview.php?id=206

Merci Christophe pour cette réponse concrète. "L'hypothèse d'un vote blanc unanime conduirait sûrement à considérer que la consultation ne donne pas de résultat." C'est justement ça le problème, puisqu'il y en aurait un, de résultat ! Ce qui me pousse à un complément pour ce billet vite écrit hier soir après dîner (souper chez nos voisins).
Primo : Si cette question m'a paru valoir quelques lignes ici, c'est qu'elle m'a semblé être un exemple éclatant du fonctionnement du cerveau humain et de sa mécanique d'apprentissage. Loin de l'idée largement répandue de l'imitation comme mode d'apprentissage (chez l'enfant comme chez les pré-humains...), force est de constater que l'enfant conceptualise, théorise, tente de dégager des mécanismes. Il ne parle le français (en France) que par souci d'assimilation affectueuse ; mais son apprentissage du français passe autant, sinon plus, par une observation qui le conduit à tirer des conclusions théoriques et conceptuelles que par imitation (j'ai entendu une enfant de trois ans dire "ils sontaient" pour le verbe "être" à la troisième personne du pluriel de l'indicatif imparfait, ce qui était d'une logique totale, une fois établie la règle générale qui unit l'imparfait au présent ; son "sontaient" ne sortait d'aucune imitation). Dans cet exemple, la réflexion d'une enfant de dix ans se concentre sur ce paradoxe intuitivement soulevé par elle : à quoi sert le vote blanc si, quand on le pousse à bout, l'on découvre qu'il ne sert à rien... A partir de quel endroit, il ne sert à rien ? Ai-je intérêt à pousser une réflexion sur mon propre choix d'électeur en direction du vote blanc puisqu'il ne servira à rien ? ... etc.
Deuxio : Dans quelle démocratie vivons-nous si, in fine, un des mécanismes de l'élection ne sert à rien ? Et que le Politique ne souhaite rien y changer ? Et que penser du droit de vote limité à certains citoyens quand on entend qu'une enfant de dix ans est capable de se poser ce type de question sur la valeur et l'effet du vote ?
Je suis d'accord avec Alain, ce n'est pas du génie... Mais l'expression du "ça pense" dans la génération qui suit. "Ça pense naturellement", sans que nous, nous y pensions.

Cher Dominique, A propos du "Ça pense naturellement", merci pour vos guillemets. Car de nos jours, il y a une idéologie qui tend à assimiler l'être humain à l'animal - comparaisons régulières avec nos amis les singes auxquels on inflige d'ailleurs pas mal d'expériences désagréables ! Malgré mon amour des animaux, il me semble que votre fille, et les exemples que vous amenez ensuite, démontrent que l'être humain est naturellement langagier, soit que, s'il lui faut un cerveau pour penser, ses pensées se développent dans cet univers langagier : le sontaient est impeccable comme démonstration de ce que les enfants nous écoutent et nous entendent au-delà même de ce que nous croyons penser consciemment, et qu'ils le font en logiciens. Freud parlait d'ailleurs des enfants comme de petits "scientifiques" : en cela, les nombreuses réponses à la Walt Disney que les adultes adressent aux enfants me semblent affligeantes. Vous témoignez en tout cas d'un dialogue digne de ce nom avec votre Nina.

@Joha, Oui, ce mot "naturellement" n'est pas heureux sans une explication. Je me range à la vôtre totalement.

C'est sûr que les enfants nous étonnent souvent. Enfin, les miens m'étonnent quotidiennement. Je n'ai par contre aucune expérience des pré-humains ;-). . Quant à l'utilité du vote blanc, on peut en trouver. Le problème c'est que le sens donné au vote blanc est différente selon les électeurs. Pour beaucoup, c'est la marque d'un mécontentement, d'un non choix devant des alternatives qu'ils trouvent ineptes. On peut s'interroger sur le choix de ce moyen d'expression pour signifier son mécontentement. Pour d'autres et notamment dans les petites villes où tous le monde se connait, cela peut aussi être l'expression d'une abstention pour le scrutin ET d'un engagement citoyen au yeux de la communauté. Là aussi on peut discuter de la possibilité de concilier abstention et engagement citoyen. Un "bon" citoyen doit-il obligatoirement prendre position lors d'un scrutin? De même que le choix de l'abstention sans aller aux urnes peut aussi être la marque d'une expression volontaire ou non. Y-a-t- il une utilité à l'abstention? (on pourra penser à Cécilia Ciganer-Albeniz). Voilà autant de questions qui n'ont, je crois, pas de réponse absolue. . Enfin, je ne suis pas sûr que le vote blanc soit un "mécanisme" de l'élection, mais plus une conséquence du comportement des électeurs. Il faudrait reprendre la genèse du vote blanc, mais je crois que celui ci est plutôt né d'une volonté de classifier les réactions réelles de électeurs au moment du dépouillement, que de la volonté de laisser une autre possibilité de vote que celle prévue pas l'enjeu du scrutin. Enfin, c'est comme ça que je l'expliquerais à mes enfants...

@Christophe Merci de faire vivre la réflexion autour de ce mot d'enfant. Ouaip "mécanisme", c'est pas le mot adéquat. C'est ce qui m'est venu. On écrit toujours trop vite. Cependant, comme vous le soulignez, il y a : - le vote blanc (abstention avec déplacement) - l'abstention sans déplacement - le vote nul Est-il légitime de compter ensemble les votes blancs et les votes nuls ? Puisqu'on peut distinguer trois postures différentes, ne peut-on imaginer leur donner trois significations différentes, et donc les faire suivre de trois conséquences différentes ? Tout s'organise dans une élection, et tout est (ou devrait être pensé). La Belgique rend le vote obligatoire, la France non. Je ne sais quel est le meilleur des deux systèmes (enfin, j'ai bien une opinion, mais je la tais ici). Mais je vois clairement quel type de conséquences chaque système entraîne, et à quel degré le paradoxe du vote blanc s'élève dans chacun des systèmes... Vous écrivez à juste titre Le problème c'est que le sens donné au vote blanc est différente selon les électeurs. N'est pas au législateur de préciser les choses afin que l'électeur sache ce qu'il exprime de différent en choisissant l'un ou l'autre mode de contestation ou de refus, d'évitement ou de jem'enfoutisme... Et pour finir, je pense, à la suite de tout un tas de gens, que tout système porte en lui sa propre perversion, que, donc, il est illusoire d'imaginer arriver à une perfection. Mais tout de même, ça n'interdit pas de faire évoluer.
Je n'ai, hélas, aucune expérience des pré-humains non plus. Sauf ce qu'on nous balance médiocrement à la télé dans des séries prétendûment scientifiques et parfaitement navrantes où l'on ne peut s'empêcher d'illustrer la conquête du couteau de chasse ou de la lance par l'homme par un pitoyable jeu de scène où le protagoniste se blesse d'abord trois fois avec un bâton avant de blesser par maladresse quelqu'un d'autre pour enfin arriver à une conclusion imitative. Je me demande par quelle imitation l'homme est passé de la pierre taillée à la pierre polie et en a mis au point la savante technique... A-t-il observé puis imité un tailleur de pierre animal ? Non. Là encore, l'illustration passera alors par "l'accidentel", jamais par la réflexion et l'établissement d'un concept ou d'une théorie. Or même les enfants de trois apportent la preuve qu'ils en font en permanence. Et j'affirme même que les enfants beaucoup plus jeunes en font. L'être humain maîtrise une grande partie de la grammaire (la partie hors exception) avant même d'être capable de maîtriser les muscles de ses lèvres... On frise-là régulièrement le ridicule, avant une arrière-pensée (pas très saine) : l'homme d'autrefois était moins malin que nous aujourd'hui, l'évolution est un progrès non un simple changement lié aux changements extérieurs. Hélas, nous sommes régulièrement affublé d'un tropisme qui nous laisse penser la même chose des enfants et des étrangers... Ah ! si l'humanité était en progrès dans quel bonheur nous nagerions...

Je n'ai jamais voté blanc dans ma vie... mais la question de Nina m'a posée cette question, qu'est ce qui me ferait voter blanc? Je n'ai pas trouvé de réponse. Est ce si impossible que tout le monde vote blanc? Oui, je crois, moi, que c'est résolument impossible. Certains peuvent le faire, en protestation? En véritable difficulté de choix? Je ne sais pas... je ne sais pas.
Moi, je ne sais pas voter blanc. Alors je me suis interrogée. Est que je ne sais pas parce qu'on m'a toujours résolument dit que dans la vie, il faut avoir une opinion sur tout, et surtout en politique? Est que je ne sais pas parce que je ne me questionne pas, tout simplement, (enfin pas autant que Nina !)? Est que je ne sais pas parce que je crois que à toute question, on se doit d'apporter une réponse? Est que je ne sais pas, enfin, tout simplement parce que moi, pn me l'a donné sans rechigner le droit de vote. A la réflexion, suite à la lecture des commentaires, je me demande si ce qui ne me ferait pas voter blanc (en protestation) c'est que justement on refuse le droit de vote à certains et qu'on le donne à d'autres ! Mais même là, je ne sais pas, je crois que tout compte fait, je suis réellement incapable de voter blanc !

Et dans tout ça, désolée pour Nina, je n'ai pas répondu à sa question, j'en ai juste posé d'autres, c'est malin !!

Bah ! Les questions semblent déclencher les questions. Personnellement, je trouve ça excellent. Les réponses, c'est plutôt fatigant.

Non, mais elle est bien votre jeune fille, c'est sûr. Vous le saviez en plus... Ma remarque sur le "génial" de ma camarade GDS là haut, c'était pour dire ma réticence devant les manifestations d'admiration dont les enfants sont parfois "victimes". Parce que souvent, les admirer dispense de les élever. Et je trouve bien d'élever les enfants. J'en ai vu tant qui s'abîmaient dans la célébration de leur génie, proclamé par des familles ivres d'admiration... Et les réveils, vers l'âge de... 35ans, furent brutaux. Mais là, je ne parle pas pour vous. C'est un propos qui concerne les temps modernes et sa majesté le Baby. Et puis d'ailleurs, la vôtre, elle "monte" faire ses devoirs... Sur vos conseils, elle s'élève donc ! Il y a une question d'enfant, que j'ai rencontrée à plusieurs reprises, c'est : comment ça serait, le monde, si tout disparaissait ? Plusieurs personne m'ont dit avoir posé cette question lorsqu'elles étaient enfants. Comment ce serait si tout disparaissait, même le dernier grain de sable, plus rien quoi ! Ce qui est la même (ou à peu près) question que celle, reprise par Heidegger dès la première ligne de "L'introduction à la métaphysique" : "Pourquoi y-a-t-il quelque chose et non pas plutôt rien ?" Un peu de la même veine que "et si tout le monde votait blanc"... Ca questionne les extrêmes, les limites, le sens enfin... C'est dire si ça m'intéresse les rapports entre la pensée des enfants et la pensée tout court. Mais le génie de nos "mômes", de nos "ados", de nos "petites puces"... Je freine !

Votre camarade GdS précise, Alain, elle employait ce mot au sens de "formidable"... rien à voir avec le QI. Et je ne suis jamais tombée dans le culte de l'enfance "piedestalisée" et de l'enfant-roi adulé comme une semi-divinité, pas plus que je n'ai pensé que l'enfance était forcément toujours synonyme d'innocence ou de pureté. Les enfants sont des gens comme les autres... qui ont parfois l'art de poser des questions qui nous laissent comme deux ronds de flanc et auxquelles on est bien en mal de répondre, ce qui est à mes yeux un vrai talent. Sur ce je vous dis bonsoir... car il faut quand même que je monte faire mes devoirs ! Amicalement. GdS

Les mots nous divisent autant qu'ils nous rassemblent... Je fais une distinction (que personne n'est obligé de partager) entre 'être génial' et 'avoir du génie'. Dans la langue courante, génial est souvent employé pour formidable (ce qui est nettement minorant par rapport au génie). Les enfants peuvent l'être, les encourager peut être positif. Les abstraire de toute réalité, non.
"Comment ce serait si tout disparaissait ?" Voilà une nouvelle question qui nous montre que c'est plutôt nous qui sommes collé habituellement sur le plancher des vaches de notre rationalisme corseté. Et devant cette liberté de pensée nous sommes scotchés. Il se passe malheureusement avec la pensée ce qui se passe avec le dessin : aucune structure ne vient encadrer le jet spontané d'un dessin de jeune enfant. Cela fait sa force, et sa faiblesse... Puis l'enfant grandit et il cherche à se confronter au réalisme des représentations. Tout le monde fait le constat d'un assèchement des dessins vers 6-7 ans. C'est un long travail ensuite de reconquérir une liberté de mouvement, une maîtrise technique qui permette à nouveau à la spontanéité de s'exprimer ("Sans technique, le génie n'est rien qu'une sale manie" Brassens). Il en est de même pour la pensée. Il ne faut pas qu'un fond de "génie" (encore faut-il s'entendre sur ce mot) vienne faire croire qu'il est inutile d'acquérir la technique : c'est me semble-t-il ce que vous déplorez, en le constatant comme une constante d'aujourd'hui. Ça n'est pas faux. Constatons quand même que les enfants font de la métaphysique alors que nous les considérons parfois comme de vulgaires tuyaux. Et profitons-en pour descendre les métaphysiciens de leur piedestal (surtout s'ils ne sont que des "nouveaux philosophes", beurk).
J'en profite pour abonder ce fonds de questions métaphysiques : "Elle va où la lumière, quand on éteint ?"

Ah, vous ne saviez pas ? Mais elle va juste à côté de l'âme, quand ça s'éteint!

Oui mais l'ame, on sait pas ou elle est ?

ben, juste à côté d'où va la lumière quand on éteint, c'est quand même pas très compliqué ;-)

Quand meme, c'est pas clair quand ça s'éteint...

Alain, Effectivement cette question-ci (où va la lumière quand on éteint ?) m'a effectivement semblé avoir un côté purement technique en même temps qu'un plan purement métaphysique : "qu'est-ce que c'est disparaître ?". Votre réponse est poétique ; je sais que ma réponse bafouillée ne fut pas aussi élégante (et cash, d'ailleurs ; comment parler de la mort à une enfant de 5 ans qui vous pose cette question...). Au plan technique, il faut quand même s'étonner que cet enfant (cinq ans, donc) pose sa question en donnant un cadre qui pose comme prémisse "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme...". Qu'il lie cela à la question de la mort, et l'on comprend pourquoi l'homme préfère croire à une vie après la mort plutôt qu'à rien : une intuition d'enfant de 5 ans.

Entendu une fois à un enterrement, un garçon de 6 ans, demander à son père, pourquoi les gens faisaient le signe de croix. Le père, répondit: pour que la personne monte au ciel. Et le loupiot de répondre: Alors, si on fait le signe de croix à l'envers, la personne va revenir ?

La réponse est "oui, et elle va bouffer ta part d'ostie". Non ?

Personne n'a répondu ce jour là. Une autre fois, il avait 9 ans, il dit: comment tu peux me prouver que Superman n'existe pas ? Qu'on ne peut pas revenir en arrière Mais me suis éloignée du vote blanc...Oups,

"Tu peux me prouver que..." Peu importe qu'on s'éloigne du vote blanc, c'était à peine la question. "Tu peux me prouver que..." Les enfants sont-ils des esprits scientifiques, ou les scientifiques ont-ils des esprits d'enfants de 5 ans... ?

Mais quoi, je ne vous comprends plus, là, tous les deux.... Superman existe bel et bien, non ? Moi j'y crois dur comme fer (si je mens je vais en enfer...) !!!

Y a de ces soirs, à 00h30, moment où je commence à rédiger ce petit commentaire, où j'ai vraiment envie de faire cause commune avec Nina et ses bonnes questions aux grandes personnes. Parce qu'aucun(e) enfant ne m'a jamais parlé de l'âme - ni de près ni de loin -, parce que de nombreux enfants et adultes m'ont parlé de la vie et de la mort, parce qu'ils posaient d'abord tous et toutes des questions de vie, parce que la question de savoir où j'étais avant de naître et où je serai quand je serai morte, c'est juste des questions qui se posent quand on ne sait plus quoi penser de nos questions de vie. La question de vie de Nina, c'est : Et si tout le monde votait blanc, qu'est-ce qui se passe ?

Et bien , moi, je peux vous dire que, pendant ma petite enfance, la question de l'ame des morts qui "montait au ciel" m'a souvent interrogée. Mais, à l'époque, on ne s'autorisait pas à en parler car c'était une vérité d'adulte qu'on n' osait pas mettre en doute.

F. Denizot, je me posais la même question que vous et me demandais comment toutes les âmes des morts coexistaient derrière les nuages, hors de la vue. Je me demandais également Qu'y-a-il après l'infini? Vertigineux. Mais les questions des enfants sont fortement fonction des mots et notions que l'on emploie autour d'eux, des croyances, peurs, angoisses et certitudes que les adultes qui les entourent leur communiquent consciemment et inconsciemment. Je connais peu d'enfants qui demanderaient à leur père Que se passerait-il si tout le monde votait blanc?. Cela me laisse rêveuse...Elle a déjà une sacrée conscience politique cette petiote ! Et un fichu attachement pour son papa, qui nous communique avec douceur son propre attendrissement :-)

La réponse est non, quelle était la question ? Voter blanc, c'est ne pas donner de réponse, alors quelle était la question ?

Les enfants sont géniaux, parce qu'ils se posent des questions. Le scientifique ne fait de découvertes que s'il se pose des questions, s'il s'interroge, s'il s'étonne, s'il garde son esprit d'enfant. De nombreux scientifiques avaient jeté des cultures dont ils avaient considéré qu'elles étaient gachées par des pourritures. Pasteur s'est étonné , c'est lui qui a fait la découverte. Les mots d'enfant dérangent, parce que l'on n'a pas la réponse à leurs questions. Ils ont la fraicheur d'âme et ils n'ont pas peur de poser la question Alors, quand ils posent la question on peut réponde "parce que", c'est rester coi, dire "quia" On peut leur dire d'aller faire leur devoir , et ainsi les décourager de se poser des questions et faire des devoirs un moyen de les réduire au silence Pourquoi ne pas leur dire " Bonne question, je n'ai pas la réponse, j'y réfléchis" L'adulte doit il prétendre qu'il sait tout , ne doit il pas assumer qu'il ne comprend pas tout , et dire à l'enfant qu'au fil des années il comprendra plus de chose, mais aussi que plus de choses deviendront incompréhensibles ?

« J’ai rencontré un jour une femme qui se souvenait avec précision du jour ou, assise sur les genoux d’un aïeul chevronné, elle avait posé la question de savoir comment « ça »serait, s’il n’y avait plus rien. Comment serait l’état du monde si tout venait à s’en aller? Elle avait insisté : s’il ne restait plus rien ? Même plus un grain de sable ? L’aïeul ne savait pas… Sa question était de la même famille que mon étonnement devant le monde. »… Extrait du livre « L’ENFANT GRAVE », aux éditions « La chambre d’échos », par A.Gillis.

Et aussi: "Il est bon, il est sain, qu'un enfant ait ses heures d'ennui." ( G.Bachelard).

- Je m'ennuie, me dit Nina. - C'est bien, continue... Tu vas pouvoir commencer à penser. - Pfff ! (je sais, je transpire le conformisme, dixit G.M.)

Guy Bedos n'a pas 10 ans. Siné non plus. Dans siné -hebdo numéro 5, Bedos dit: Ecoutez, il y a un permis de chasse, un permis de pêche, un permis de conduire, pourquoi il n'y aurait pas un permis de vote ? :-)

Je ne sais pas si cette question viendra enrichir votre prometteur "fonds de questions métaphysiques", elle touche en tout cas à l'actualité: http://www.mediapart.fr/club/blog/samuel-dixneuf/081008/question-candide-sur-les-flux-monetaires Bisous Nina

Bon, j'hésite, pas de quoi écrire un nouveau billet... Mais ici, sur ce billet vieux de 19 jours sera-t-il encore lu ? Enfin...
Fin de repas, hier soir, (je me demande si je ne devrais pas supprimer ces repas !) Nina clôt brutalement la conversation qui tourne autour de questions scolaires. Et de but en blanc : - Ah ! Papa ! oui oui, j'ai bien compris la dernière fois... que tout le monde vote blanc en même temps, ça n'est pas possible. J'ai compris. J'ai compris. C'est impossible. Mais je pensais... Ah l'insolente ! - Je pensais... Si, à l'élection présidentielle, les deux candidats recueillaient exactement le même nombre de voix... qu'est-ce qui se passe ? Bon, c'est pas complètement possible, mais déjà plus, non ? Je recrache dans un hoquet ma dernière bouchée de dessert... - Oui, je sais, poursuit-elle, c'est pas parce que je suis née un jour d'élection que j'ai le droit de poser toutes ces questions. Mais quand même. C'est idiot ce que je demande ?

Il est encore lu.

Merci Farida

Farida ! Mauvaise pioche...

Pouf pouf ! Toutes mes confuses. Ma mémoire est aloïsée, j'ai confondu avec F.Gillot... Trois lettres communes. Honte sur moi. Mes excuses à elle, et à vous ! François... peut-être ?

F - - - - - - - - - avec le hic en commun, vous et moi . Demandez à Nina, elle va trouver.

Au nombre de tirets : Frédérique ;-)

Gagné. Pour la peine, je dirais à Nina que, si les deux candidats recueillaient exactement le meme nombre de voix, ils pourraient gouverner ensemble. Ca serait peut etre mieux que ce qui se passe maintenant. Les enfants ont toujours le droit de rèver...et bon appétit!

Je ne sais pas si vous le lirez, mais en tous cas, aujourd'hui, 22 novembre, prémonitoire, la question de votre fille...

Bonsoir Frédérique, J'étais au volant, ce soir, écoutant les infos. La voiture active la pensée. Et le souvenir de cette question, et de ce billet, m'est revenu. Je voulais le ressortir... Vous m'avez devancé. Tant mieux. Eh oui ! Prémonitoire. J'ai envie d'envoyer aussi lire mon dernier billet : http://www.mediapart.fr/club/blog/dominique-wittorski/171108/tu-ne-peux-rien-tout-seul-o-mon-excroissance-2 que nulle n'oublie la dimension exacte d'une telle fonction... Si ça pouvait calmer les gnons... On peut rêver.

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