Il faut faire Solidarnosc ! Yes huit can !
"Il faut faire Solidarnosc !" nous dit François Bayrou...
Solidarnosc, n'est-ce pas cet agglomérat de singularités incompatibles et de visions politiques diamétralement opposées qu'un combat urgent contre le totalitarisme a réuni un temps, le temps exact de faire tomber ce totalitarisme, derrière une icône médiatique (sur-médiatisée) ? Les opportunismes et les clivages incompatibles ont ensuite refait surface, et, arrivé au pouvoir, Solidarnosc s'est montré incapable d'être à la hauteur des enjeux... Explosion totale et rapide.
Il faut reconnaître à Solidarnosc le combat indispensable et victorieux qu'il a mené pour abattre le communisme polonais. Mais il faut aussi être lucide sur la suite...
L'es-tu, Toi, mon Empireur ?
En tout cas, si je comprends bien, Bayrou pense que la Sarkozie c'est un peu l'empire soviétique...
Tremble, mon Empireur, parce que tout ça a mal fini.
Cependant, je ne me réjouis pas de la sortie de Bayrou.
Bayrou est-il lucide ? Veut-il le pouvoir à ce prix-là ? Ou est-il inculte politiquement ?
Dans tous les cas, c'est glaçant.
"Il faut faire Solidarnosc !" ?
Surtout pas !
Merci monsieur Bayrou d'être aussi clair sur vos intentions réelles.
Puissent les électeurs vous entendre vraiment...
Avec cette question en mode mineur : "Qui veut (peut) jouer le rôle de Lech Walesa ?". Pour jouer le rôle d'un électricien de chantier naval... je ne vois guère d'autre icône possible qu'un facteur à vélo...

Tous les commentaires
. La petite phrase qui clot le message sur le facteur à vélo susceptible d'être le sauveur en ces temps de démocratie réinventée est fort amusante, mais elle risque d'occulter trois questions, dites à effet glaçant , et qui sont : . "Bayrou est-il lucide ? Veut-il le pouvoir à ce prix-là ? Ou est-il inculte politiquement ? " . J'aurais bien envie, j'ai bien envie, j'en ai tellement envie que je le fais, de renverser un peu cet ordre et de reformuler complètement les questions, et même en rajouter, tout en en gardant l'inspiration. . 1) Les électeurs sont-ils incultes politiquement ? 2) Si Bayrou n'est pas est lucide, que faut-il, en termes d'expérience, pour qu'un politicien le soit ? 3) S'il est lucide et qu'il propose un modèle voué à l'échc (Solidarnosc), est-il cynique ? 4) Est-il le seul homme politique candidat au pouvoir suprême, ou sont-ils nombreux au sujet de qui l'on puisse s'interroger sur la lucidité ou le cynisme ? 5) Bayrou est-il un cas unique, où sont-ils nombreux, parmi les candidats au pouvoir suprême, à vouloir le pouvoir d'abord, à n'importe quel prix, quitte à décider ensuite de ce qu'on en fera ? . jean-paul yves le goff démocrate utopiste républicain réaliste militant anarcho-monarchiste
Cher JPY, J'adopte vos 5 questions.
Solidarnosc était voué à l'échec, c'était donc une mauvaise idée pour la Pologne, d'ailleurs elle aurait bien mieux fait de rester sagement et intelligemment sous le joug de la domination russe soviétique...
Axel, J'ai écrit le contraire. Bienvenue à votre mauvaise foi. Et j'entonne avec vous "vive Bayrou notre sauveur"
. Totalement à côté de ses pompes, et en permanence, ce cher Axel. . Mais une bonne volonté à toute épreuve. . Devrait être président de l'ALM . jpylg
Si Solidarnosc fut bon pour la Pologne, alors le prendre comme exemple est plutôt une image heureuse, non? Et si en plus c'est ce que vous disiez vous-même, pourquoi alors terminez-vous par ce "surtout pas"?
Merci d'avance pour vos explications, empressées je n'en doute pas.
Bayrou a voulu attirer l'attention avec un "bon mot" glissé par ses conseillers en communication à 20 000 euros par mois. Il ne sait manifestement rien sur ce que fut Solidarnosc, mouvement pour un socialisme autogestionnaire ! (voir mon blog) Comme le dit l'auteur de ce billet: "Bayrou est-il lucide ? Veut-il le pouvoir à ce prix-là ? Ou est-il inculte politiquement ? Dans tous les cas, c'est glaçant." C'est effectivement effarant.
Axel,
Voici mes explications. Empressées ? Je ne vois pas ce que vous voulez dire, mais bon. La France de 2009 n'est pas la Pologne de 1981. Sarkozy n'est pas Jaruzelski. Je suppose que vous adhèrerez à ces deux constats. Dans la France de 2009, il est insuffisant de réaliser une "union" avec, comme seul but, d'abattre Sarkozy. En Pologne de 1981, c'était indispensable... et peut-être déjà suffisant. Peut-être pas... Les Polonais ont ensuite massivement abandonné la branche politique du syndicat.
Pour qui connaît un peu la Pologne des années quatre-vingts, il ne fait aucun doute que l'action de Solidarnosc fut colossale et indispensable. Pour les Polonais, dans les années quatre-vingts-dix, l'efficacité de Solidarnosc a été, pour le moins, discutable. Aujourd'hui, en France, il ne s'agit en aucun cas de refaire Solidarnosc. Une fois Sarkozy sorti du jeu, si l'alliance n'est pas de meilleure qualité que ça, ce sera une catastrophe peut-être pire que toutes celles par lesquelles la France passe depuis des années. Un dernier déchirement pas rattrapable. La mythologie "solidarnosc" est peut-être très ronflante, très média(par)tiquement porteuse, très glamour. Mais elle ne vaut pas mieux que d'en référer à Gorbachev pour la Russie de la même époque. Un homme détesté dans son pays.
Par ailleurs, le 22 août 2006, Lech Wałęsa a annoncé sa démission du syndicat, dont il dénonce le soutien trop manifeste à la droite dure, et notamment le soutien public lors des élections législatives et présidentielle de l'automne 2005, au parti Droit et Justice (PiS) des jumeaux Kaczynski.
Enfin, en juin, la Pologne vote aussi pour l'Europe, cela ne vous aura pas échappé. On verra avec intérêt comment elle vote, aujourd'hui, après avoir été si bien sortie du totalitarisme par Solidarnosc... Très à droite, comme en 2005 ? Ou barre à gauche, très à gauche, par nostalgie d'un passé totalitaire qui s'éloigne et dont certains commence à oublier l'horreur, en idéalisant un Etat protecteur... On en viendrait presque à comprendre ceux des états signataires du Traité de Lisbonne qui veulent entériner l'économie de marché pour l'Europe, par crainte de certains pays aux démocraties récentes qui seraient tenté par un retour au Plan et au stalinisme. Solidarnosc n'a pas réussi à garder la Pologne de cet écueil.
Non, vraiment, foi de machinski, Solidarnosc d'après 1989 ne me fait pas rêver. Et Bayrou qui s'en réclame ne me plaît pas plus. Rêve-t-il d'être l'icône que fut Wałęsa ? Mais dans quel but ? Avec quelle efficacité ? Ici, retour aux questions posées par JPYLG ci-dessus...
Oui, bon, cher tous, En fait, il n'y a pas eu encore un salopard pour lui répondre la seule réponse valable: chiche! Et bien, vous voyez, moi, j'y crois. A quoi? Que Bayrou veut la peau de sarko. A n'importe quel prix. Et que si la situation de 2007 se représentait, il franchirait le pas, cette fois. Il a compris, c'est clair, le modèle sarkozien. Aux dirigeants des oppositions de se concerter, et de monter effectivement un mouvement qui sinon solidarnosc, rappellerait celui de 1968. Ce ne sont pas nos universitaires qui s'en plaindraient. J'imagine qu'à les voir en grève depuis tant de temps, ces repus d'ouvriers sont soulagés de voir d'autres porter la parole de la contestation. D'ailleurs, c'est connu, les profs, ça ne fout rien, ils peuvent bien faire grève, eux. Donc, nos ouvriers, si heureux, avec nos employés, hilares, n'ont pas jugé opportun de faire une grève générale. Pensez, le total cumulé de 7,5 millions de personnes dans les rues, c'est suffisant. On le voit tous les jours, sarkozy est en pleine dépression, Copé aussi n'a pas trop le moral, et la machine à décret tourne sans conviction, c'est sûr. Bon, ça fait mal quand même, mais enfin... Surtout que si les anti-sarkozistes, laissent le rêve d'un mouvement de masse à Bayrou, sans le porter un peu, autour d'eux, Solidarnosc, ce sera dur. Après tout le temps n'est pas à l'union sacrée, style conseil national de la Résistance, non, les syndicats ont fait front commun par hasard. Et, moi, imbécile heureux, je rêve d'un mouvement démocrate, pas le Modem, une chose de masse qui parte de la gauche gauche pour aller à la droite droite, démocrates, pour dire à sarkozy et les siens, foutez le camp, halte aux barbares, places aux civilisés. J'ai la bête idée qu'on sera mieux sans eux à la tête de ce pays.
Cher Pfsim, Merci pour votre long commentaire plein d'un enthousiasme salutaire pour la bagarre unie. Je dois confesser que j'ai un problème, qui ne tient en rien à Bayrou lui-même, et qui me rend certainement suspect pour la chose politique bien qu'elle m'intéresse et me fascine au plus haut point : c'est que je chante avec Brassens, à tue-tête, et avec conviction "Dès qu'on est plus de quatre, on est une bande de cons"... Avec ça, on va pas loin dans l'organisation sociale... On est juste méfiant. Ce que je suis. Sans contester que l'organisation sociale est indispensable. Me contente d'être du côté des alertes. Pas dangereux ? Voir.
Cher Dominique, Je n'ai plus d'enthousiasme pour la bagarre, depuis longtemps déjà. Et encore moins unie. Je ne connais rien de moins innocent qu'une réunion d'énergies en vue de détruire. J'avais fait, encore, un long commentaire. J'y parlais de morts, de prison, et de ce qui est l'avenir, quand il n'y a plus de droit. On sait un peu de cela, par ici. Mais je sais écouter Brassens, moi aussi. Et d'autres encore.
Cher Pfsim, J'avais fait, encore, un long commentaire. J'y parlais de morts, de prison, et de ce qui est l'avenir, quand il n'y a plus de droit. On sait un peu de cela, par ici. Expliquez-moi un peu plus. Je nous sens sur une ligne proche, mais je ne comprends pas tout.
Cher Dominique, Proches? C'est sans difficulté, je ne me sens loin de personne. Et je dis bien personne, parce que l'humain l'est trop, et pourtant jamais assez. Pour le reste, il faut reprendre beaucoup de choses du début. Finalement, si j'ai à subir des débats médiocres, sur des médias de masse médiocres, à propos de sujets dont on ne retient malheureusement que l'accessoire, ou la fausse apparence, c'est peut-être parce que, trop prétentieux, j'échoue à me hausser à la hauteur des enjeux. Pour reprendre de la profondeur, il faut s'enfoncer un peu dans le silence. Ensuite, on ne peut que remonter.
Merci Dominique pour le long développement sur Solidarnosc. Vous écrivez “Rêve-t-il d'être l'icône que fut Wałęsa? (...)” - Je dirais non, évidemment pas. Bien sûr que Bayrou a un ego surdimensionné, tout comme ses collègues Royal, Sarkozy et quelques autres. Mais il fait bien attention justement, de toujours "faire le modeste" et ne pas se mettre au niveau de ces personalités de l'histoire qu'il cite avec respect. Savez-vous, s'il aimerait "se prendre pour quelqu'un", je crois que ce serait plutôt Henry IV (sur qui il a écrit): un roi certes, mais genre "le bon roi", celui qui a laissé pour toujours une empreinte positive dans le coeur des Français. Et moi un type comme ça, un parmi tous les autres mégalos un mégalo aussi oui je l'admets sans peine, je le préfère quand même mille fois aux autres coqs.
Nous avons une petite collection de gens qui se sont sortis de leur histoire personnelle respective, je pense particulièrement à Royal par rapport au PS, Villepin par rapport à l'UMP, et Bayrou par rapport à l'UDF qui vécut toute sa vie sous la domination du RPR. Puissent-ils réussir à s'entendre et à faire quelque-chose ensemble!
Réussir en dix ans (voire moins on peut rêver) à nous concocter une sixième république qui aurait quelque-chose du système suisse par exemple, à la place d'un hyperprésident? En tous cas, relisez donc ce que Bayrou répond à son interview par Mediapart quand on lui demande quelles seraient ses mesures immédiates: La première serait de rendre à l'Assemblée son pouvoir et sa représentativité, confisquées depuis De Gaulle par l'hyperprésidentialisme (que entre parenthèses Mitterrand non seulement n'a pas changé, mais a même renforcé puisqu'il avait choisi et imposé à la France cette situation hautement intenable et blocante qu'était la cohabitation).
Axel, A cause de ma pratique de 30 ans de Belgique, j'ai une vision plutôt pessimiste des alliances trop vastes entre projets incompatibles. Je préfère que les projets se dessinent d'abord et que les gens se rassemblent derrière. Peut-être est-ce encore possible en France ? Je n'en sais rien. Une sixième république ? Il semble bien que cela devienne une urgence. Bayrou promet, comme Mitterrand promit... Le second ne fit pas, que ferait le premier ? Il y a une logique que je ne suis pas chez Bayrou, dans son interview, il disqualifie le PS à cause de ses guerres d'appareil. On ne peut nier que les guerres d'appareil du PS le plombe totalement aujourd'hui. Mais la seule solution contre l'idôlatrie et la personnalisation des élections, c'est la construction de collectifs (des appareils !) capables d'imposer les idées et non les icônes. A ce titre, Solidarnosc échoua. A ce jour, le PS et les Verts échouent. Leurs appareils les bouffent. Je ne crois pas que ce soit une question d'individualisme de la société. Je réfute complètement que la société d'aujourd'hui soit individualiste (je sais, cela semble paradoxal, mais un jour je m'en expliquerai longuement). Il faut, pour moi, continuer à espérer la construction d'un appareil politique dans lesquels les hommes qui le composent ne pourront trop tirer la couverture à eux. Il semble à ce titre que les élections européennes soient beaucoup plus efficaces pour ne pas personnaliser l'élection : les Français connaissent très peu les noms de leurs 77 députés. Pourvu que ça dure, et que les appareils restent plus forts que les apparatchiks. Qu'on a quand même beaucoup entendu brailler à gauche et à droite et ailleurs...
Bon, voilà, tout ça pour dire le contraire de "Quand on est plus de 4, on est une bande de cons"...
J'ai beaucoup apprécié votre réflexion dans ce commentaire, Dominique. Moi aussi j'aime bien les élections européennes parce qu'elles ne sont pas trop personnalisées. Sans l'idéaliser, je crois au travail du parlement européen, pour contribuer à "faire l'Europe" :au-delà ou deça même des partis, dans un "frottement" plus informel.
C'est étrange de penser que l'humanité en est restée à la recherhce d'icônes, d'étoiles à suivre, de révélateurs de destin etc. Dans tout groupe de plus de 4 : très vite...quel sera Le guide, L'animateur, etc. Les rôles e figent; c'est plus reposant ? Une suggestion : on devrait tous tenter de prendre tous les rôles possibles. Se mettre dans la peau de l'autre le temps d'une scène.
Alors, la société d'aujourd'hui est-elle individualiste ? Est-on individualiste quand on fait reposer son destiin ailleurs qu'en soi-même ? La discussion sera intéressante, quand vous voudrez !
Ce qui est rassurant avec l'Europe, c'est que, même si nos 77 députés devenaient des stars chez nous, nous ignorerions encore le nom de tous les autres, belges, italiens, tchèques... Le culte de la personnalité s'éloigne un peu. Et dire que certains rêvent d'un Président de l'Europe... D'après ce que j'ai compris, au contraire, l'Europe renforce le pouvoir du parlement européen (contrairement à ce que fait Sarkozy malgré ses promesses). Le problème, c'est : comment la gauche peut-elle être majoritaire au parlement européen ? L'émiettement profite toujours aux forces conservatrices : il est plus simple de faire consensus autour d'un projet qui conserve plutôt qu'un projet de progrès (avec tout ce qu'il peut avoir d'aléatoire). C'est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas partisan de la proportionnelle intégrale.