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May

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Des vœux aux artistes... mangent pas de pain

Faudrait être de mauvaise foi !
Les faits sont là : dans la foulée de ton élection, conformément à tes promesses, tu réalises le « Grenelle Environnement » pour combattre le réchauffement climatique... Un an s’écoule. Janvier 2009 : 30 cm de neige à Marseille !
Si ça, ce n’est pas de l’excellence, et si ça, ça ne vaut pas une prime au mérite, c’est à désespérer de tout.
Mon Empireur,

Non ?
Un type qui fait 30 cm de neige à Marseille, contre le réchauffement climatique, c’est un gars qui sait mener les affaires. Qui tient ses promesses.
Tout ça pour dire,
Que quand tu nous annonces la création d’un « Conseil pour la création artistique »,
Que tu vas présider, ben oui,
C’est clair qu’on est totalement rassuré.
La Culture est enfin sauvée.

C’est marrant,
Au même moment,
tu affirmes ton « attachement au régime des intermittents »,
Ce 13 janvier 2009,
Alors que les partenaires sociaux viennent d’en causer
(voir mon billet
http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-wittorski/051208/intermittents-du-spectacle-3eme-part-renegociations-actuelles )
et qu’il eût été efficace d’intervenir le mois dernier pour infléchir le Medef...
(Les négociations à ce propos se sont clôturées le 23 décembre 2008).

C’est balaud.
A trois semaines près, ton attachement aurait pu devenir concret...

Et puis, dans le même discours
tu vantes l’intérêt des enseignements artistiques.

- J’ouvre une parenthèse.
Ça te donne l’occasion, d’ailleurs,
d’opposer un Spinoza oublié à un Descartes glorifié.
Oublié où ? Glorifié où ?
C’est pas que j’aurais aimé t’entendre dire deux phrases de plus
Sur ce sujet,
Mais si, quand même,
Si si.
Une ou deux phrases sur Spinoza,
A mon avis, c’eut été fendard -

Donc, je reviens à l’enseignement artistique
« une affaire à laquelle j’attache une grande importance » dis-tu... :
Tu veilleras à ce que soient signés des partenariats pour que chaque enfant ait la chance de rencontrer des artistes...

Question de cohérence, ajoutes-tu : et tu énumères « Education, Architecture, Télévision Publique ».
Je la vois pas, ta cohérence. Qu’est-ce qui unit ces trois mots, sinon les sinuosités de ton discours toursiveux ? Words, words, words... disait Bill.

C’est marrant, parce que moi, la cohérence, je ne la vois pas comme toi.
Je la vois comme ceci :

Tu es attaché à l’intermittence.
Icelle a été profondément modifiée ces dernières années. Tu le sais.
Un des points cruciaux a été d’exclure les heures prestées par les artistes dans les écoles, des heures comptant pour le calcul des indemnités.

Plus ça va,
Plus le Politique demande que les artistes interviennent en « Action culturelle »,
Moins il y a de manière de financer ces « Actions » correctement.
L’Artiste doit s’y consacrer, mais ça ne compte pas pour du travail.
Cohérence dis-tu ? Mon Empireur.
Sont-ce les écoles, lycées, universités... qui doivent financer cela ?
Au moment où les cordons de la bourse (oui, je sais l’expression est mal choisie) sont resserrés ?
Ou bien, cela va être pris en charge par un Etat qui, schizophrène, va continuer à tolérer qu’on ne reconnaisse pas cela pour du travail d’artiste ?

Et alors qu’il y avait à faire sur ce sujet il n’y a pas trois semaines,
Et que tu n’as pas bougé,
Aujourd’hui, à Nîmes,
tu nous prétends qu’en prenant la Présidence d’un Conseil pour la Création artistique,
et en visant l’Excellence,
la Culture va entrer dans une ère solaire, telle que la rêvait Albert Camus ?

Pour ma part, je crains fort qu’il neige l’année prochaine sur la Culture.
Et pour te le dire tout franc,
Ton discours de 25 pages, j’ai bien l’impression qu’il était fait de 18 pages au moins hors sujet... Méditerranée, mixité sociale... toutes choses fondamentales... Mais éclairaient-elles la question du « Conseil pour la création artistique » ou de « l’enseignement »... ?

Je vais terminer en te citant une dernière fois,
Mon Empireur,
Ce 13 janvier à Nîmes :
Après un rappel, orchestré comme une Samba lors d’un discours de Fidel C

(ta vieille technique "un coup trop à droite, un coup trop à gauche... même le centre s'y reconnaitra"),
tu conclus en lançant
« Faites-moi partir, car j’ai encore beaucoup de choses à vous dire et je pourrais rester ».

Eh oui !
On en a bien conscience.
Tu pourrais rester, Mon Empireur,
Et c’est à nous de te faire partir...

Tous les commentaires

Après avoir entendu Ariane Mouchkine s'étrangler au micro de France Inter au sujet de ce fameux Conseil de la Création Artistique, j'ai été lire les voeux de notre Empireur en version intégrale... Une chose me frappe, c'est quoi ce fameux conseil ? Comme toujours un effet d'annonce avec un titre bien ronflant, et quoi derrière ? Quel est l'objectif, la mission, les prérogatives de ce nouveau gadget ? Rien n'est dit, pas une phrase. Et Ariane s'indigne au lieu de demander au Monsieur de s'expliquer, d'argumenter, et d'arrêter de jeter des phrases en l'air, d'avoir deux sous de cohérence. C'est bien pratique, comme ça l'Empireur peut continuer à se poser en victime de l'opposition systèmatique, de la pensée unique. C'est dommage, c'est perdre des forces inutilement à mon avis. Heureusement qu'il y en a quelques uns comme toi Dominique, pour planter leur plume ironique là ou ça fait mal. Cela dit, que Sarko s'auto-proclame président de quelque instance culturelle que ce soit, rien que ça, c'est à s'étrangler... de rire ! Une dernière chose Dominique, ce discours mériterait peut-être une seconde analyse, un deuxième billet qui relève par exemple le nombre de phrases où notre remplisseur de charter bien aimé proclame son attachement viscéral aux valeurs de la diversité, du métissage, du mélange des cultures, de la mixité, de l'ouverture à l'autre... dans sa bouche, c'est assez inattendu, non ?

...pour planter leur plume ironique là où ça fait mal... Merci cara Caro, Mais c'est un clavier que je plante... c'est tout un clavier ! ;-)

Et un clavier bien affûté avec ça ! Une critique quand même. Pourquoi vouloir à tout pris que le calendrier de l'actualité des problèmes des intermittents prime sur le calendrier de l'empireur. C'est l'actualité qui est sensée tourner autour de l'empireur et non l'empireur autour de l'actualité. La preuve, justement pointée : la neige à Marseille.

Bon sang, mais c'est bien sûr... Disons que c'est le calendrier du Medef (c'est le Medef qui gère l'Unedic qui gère les intermittents) qui doit s'adapter au calendrier de l'Empireur... Argh ! Ça marche plus. Parce que l'Empireur agite les bras, mais le Medef continue son bonhomme de chemin ! Vite un "Grenelle du Climat social"

L'Empireur n'aime pas Descartes. Il est vrai que Cogito ergo sum doit lui être un peu difficile. Lui, ce serait plutôt Agito ergo sum. L'intermittence, il connaît bien l'Empireur. Il intermitte tout le temps, à droite, à gauche, au centre, au nord, au sud... C'est l'éclipse chronique de la pensée, disparaissant derrière la planète de l'agitation. On a noté aussi le constant renversement temporel: il dit qu'il va lancer des Commissions pour traiter des sujets sur lesquels il a déjà tranché. Donc, Dominique, le 13 janvier 2009, il a causé d'une situation ... dont les négociations se sont clôturées le 23 décembre 2008 ? Quel Empireur ! Retour vers le futur, en arrière toute ! Quand il n'y a plus de pain, rappelle Anne, il reste la brioche. A quoi on pourrait ajouter les biscottes, cuites et recuites ? Du pain perdu ? Ou du pudding avec des vieux morceaux de pain rassis ? Ah, pauvres de nous !

Art, Deux jours que je passe à relire Spinoza pour trouver une réplique drôle en miroir de votre très à propos "Agito ergo sum"... C'est passionnant, Spinoza. Mais j'ai pas encore trouver la réplique cinglante de drôlerie... Bon, au bout de deux jours sans rien trouver, je suis obligé de confesser que je cherchais à vous répondre sans rien pouvoir ajouter... P.S. n'est-ce pas "dubito ergo sum", l'original ? P.S2 : je viens d'aller lire votre dernier billet, et du coup, je tiens à préciser ici que je n'ai pas fait précéder "Art" d'un "chère", non par hiérarchie dans mes amitiés, mais simplement parce que "Chère Art" me déchire l'oreille poétique. N'y voyez donc aucun "battage froid".

Cher Dominique, Vous avez aimé mon Agito ergo sum  ? Il n'est pas mal, hein ? J'ai supprimé mon dernier Billet - une erreur involontaire de casting. L'erreur est humaine, n'est-il pas ? Vous pouvez m'appeler Monika si vous voulez ;o) Continuez à décortiquer l'Empireur comme vous le faites !

Je trolle :
Mais qui a dit que les artistes avaient besoin d'un ministère, d'un président ou d'un faux-cul Karmitzien ?
C'est la meilleure nouvelle qu'on ait entendu en ce début d'année. Alors que nous étions entrés (côté musées et centres d'art contemporain), depuis le départ de Jean-Louis Froment du CAPC, dans le vampirisme mou, étatique et académique d'un art "institutionalisé" et sa troupe de toutous curato-commissérant que la cour de Valois avait instauré dans une "avant-garde" fantoche (puisqu'elle est morte depuis Wharol ne l'oublions pas) fabriquant de l'"underground" de salon et pour magazine culturo-people (qui n'en peuvent plus encore de subsumer leur réalité wharolienne) et que c'était une honte de critiquer la moindre de ses actions au risque de passer pour le pire des réacs...
Nous avons enfin un vrai ministère qui va assumer une vraie propagande "culturelle".
Les artistes sont libres de leur sous-exposition assumée.

C'est pourquoi le statut de salarié intermittent pour les artistes est tellement important. Au contraire de ce que dit l'idée reçue communément répandue et répétée partout (i.e. "les intermittents coûtent chers et vivent aux crochets des travailleurs" - Tiens ? Ils n'en sont pas, des travailleurs ?), ce statut de salarié permet de ne pas dépendre du Prince et du Fait du Prince. La parole est alors libre, et le geste créateur autonome, grâce à la solidarité interprofessionnelle, c'est-à-dire, à la population de la France. Aux créateurs de s'en souvenir. L'on en voit certains encore très attentifs aux Princes de toute sorte... Hélas.

Sans doute Dominique.
Dans le capitalisme cognitif, on parle de revenu garanti, en tant que citoyen au droit à vivre, que l'on soit artiste ou non.
Cordialement,
Stéphane Léger

Cette définition est certainement plus intéressante, parce qu'elle donne à entendre qu'il faut agrandir son domaine d'effet. Il y a comme un paradoxe dans le statut de salarié intermittent, c'est que, contrairement aux salariés en général, le lien de subordination avec l'employeur est extrêmement faible. C'est donc une sorte de salarié assez libre... Ce qui dérange beaucoup aussi.
Je ne peux que renvoyer vers cette étude qui pointe comment le statut de salarié intermittent pourrait être innovant et une refondation des liens unissant employeur et employé : http://www.laviedesidees.fr/De-l-intermittence-comme-nouveau.html
Le paradoxe est aussi celui-ci : l'intermittence est un précariat. Ce précariat pourrait être le modèle d'un revenu garanti qui libère...

Le capitalisme cognitif pense justement que le travail n'est pas subordonné à un emploi, mais (pour résumer) il s'inscrit dans le réseau sociale et ce qui s'y échange qui est alors considéré comme richesse et comme valeur (la pollenisation et pas seulement le miel). En clair, il y a de l'activité partout en dehors des cadres classiques du travail (temps accordé à la matérialité quantifiable), c'est-à-dire qu'il y a de l'activité informelle (échange des savoirs, activité mentale, procès). Il y a de l'activité vivante dans tout le cycle de production.
Nous sommes en train d'inventer une nouvelle société sans même que ces crétins y comprennent quoi que ce soit. Ils se ringardisent eux-mêmes en pensant être à la pointe. Ils sont déjà morts, ils sont les derniers avatars d'un siècle déjà passé. Regardons le spectacle de leur chute, en silence...
Chut !
Bonne soirée.

Paroles d'espoir. Merci Stéphane.

Si les artistes ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche… Ce n'est pas ce que vous vouliez dire, Dominique ?
Oui, la création de ce Conseil pour la création artistique est indécente, comme il est indécent qu'elle soit présidée par Sarkozy, que des Karmitz ou Piccoli acceptent d'en faire partie, quand le projet Lang d'un enseignement artistique généralisé a été enterré à peine esquissé, quand l'État se défausse sur les régions pour soutenir les expériences innovantes, comme le fut le dispositif "Lycéens au cinéma".

Oui, Anne, C'est un peu ça ;-) Encore un conseil et des paroles, alors que des actes pouvaient être posés et ne l'ont pas été... Une sorte de royal aveuglement doublé d'avérée incompétence. Une chose m'inquiète, que je veux éclairer suite à votre commentaire et celui de Stéphane Léger ci-dessus : Sarkozy dit dans son discours, à propos du "régime de l'intermittence", ceci "il doit perdurer, tout en étant réservé aux situations pour lesquelles il est réellement légitime". Il est clair que, dans l'esprit de l'Empireur, il n'est pas question de l'étendre, ni de le voir comme un chemin de réflexion autour du précariat... On peut même se demander ce que veut dire ce "réellement légitime"...

Bonjour Dominique Ce qu'il y a de bien avec notre cultivateur en chef des inégalités, c'est qu'on peut partir quinze jours sans être dépaysé dans sa pensée : mise en parole de l'inexistant et brouillage de l'existant. C'est peut-être comme ça qu'il comprend le travail de l'artiste, moitié caporal du verbe, moitié aide de camp, comme une bonne partie de nos "intellectuels" avec les trente centimètres de neige à Marseille au bout du réchauffement climatique. Quant aux bidouillages comptables qui permettent de décompter sur une colonne ce qui a été compté sur une autre et de négationner en passant une partie du travail réalisé je me demande si ce n'est pas la leçon N°1 de toutes les écoles d'Administration publiques ou privées. Serge Koulberg

Cher Dominique, Quand Nicolas Sarkozy affirme son « attachement au régime des intermittents », on peut remarquer qu'il n'utilise pas le concept de "statut des intermittents" trop connoté. Un statut, ce sont des droits collectifs... qui évoquent le statut des fonctionnaires... Si il disait qu'il est attaché au "régime des fonctionnaires", on comprendrait tout de suite qu'il s'agit de dégraisser la fonction publique. Pour les services publics, comme pour les artistes, mieux vaut un bon régime qu'un statut qui, sous couvert de protéger les individus contre les risques sociaux, anihile toute créativité chez les artistes et toute productivité chez les fonctionnaires. A moins que ce ne soit le contraire ? A force de vouloir plaquer les logiques marchandes partout, on en finit par ne plus savoir qui est sensé faire quoi... Amicalement

Bonsoir Farid, vous croyez vraiment que les artistes veulent être "statufiés" ... ?

Bonjour Stéphane (je crois que c'est vous), Il faudrait que vous précisiez votre question car, si j'apprécie le jeu de mots, j'avoue que le sens m'échappe un peu. Je vais essayer de vous répondre quand même. J'ai cru comprendre, en vous lisant que vous étiez pour "un revenu universel". L'instauration de ce revenu peut se justifier sur plusieurs fondements, notamment celui de l'égalité des humains ou de l'usage par certains d'entre eux, dans notre système actuel, de savoirs, techniques, sciences... hérités de nos ancêtres à leur seul bénéfice. Une espèce de privatisation de notre patrimoine commun, en somme. Bien. Qu'est-ce qu'un revenu universel, si ce n'est un revenu attaché au statut d'être humain, ou d'être humain français ? Croyez-vous vraiment que les êtres humains veulent être statufiés ? pourrais-je vous répondre. C'est bien parce que les externalités positives évoquées dans votre commentaire, n'ont aucune reconnaissance officielle, donc aucun statut, que le capitalisme cognitif pense... mais que ce revenu que vous appelez de vos voeux n'existe pas. Sur le fond de cette proposition, le revenu garanti, je crois qu'il faut être prudent : outre le fait que les ultra-libéraux s'accomoderaient très bien de ce dispositif, je sais que l'expérience en a déjà été faite à speenhamland, en Angleterre (je crois) ou en tout cas au Royaume uni, dans un passé lointain. Conséquence : tassement des salaires, paupérisation, pauvreté, misère... (cf. La grande transformation de Polaniy). Donc, vigilance. Très cordialement.

J'ai parlé de "revenu garanti". Je ne suis ni pour ni contre. Je réfléchis à la chose.
"L'instauration de ce revenu peut se justifier sur plusieurs fondements, notamment celui de l'égalité des humains ou de l'usage par certains d'entre eux, dans notre système actuel, de savoirs, techniques, sciences... hérités de nos ancêtres à leur seul bénéfice. Une espèce de privatisation de notre patrimoine commun, en somme." Vous interprétez. C'est le contraire, puisque la privatisation du patrimoine savant est justement ce qui a déjà été organisé dans le capitalisme industriel (le copyright, le corporate). On parle ici de l'activité du savoir (se rapporte à toute sorte de savoir et ne concerne pas la substance savante, mais bien son activité comme recherche, échange, circulation, etc. dans l'ensemble du champs social) qui n'est pas reconnu comme travail puisque ce dernier est toujours considéré dans le sens du "labeur". Relisez mon résumé.
Vous confondez "revenu minimum" et "revenu garanti". Ce n'est pas un revenu du pauvre, il concerne tout le monde. Le système Speenhamland est une expérience du revenu minimum pour les "looser" au XVIIIe siècle.
"Qu'est-ce qu'un revenu universel, si ce n'est un revenu attaché au statut d'être humain, ou d'être humain français ?" Non, le revenu garanti est pensé justement en terme globale dans le présent de la mondialisation, sinon cela n'aurait aucun sens.
Le revenu garanti ne renvoie à aucun statut puisqu'il n'existe pas dans le cadre d'un rapport de norme salariale, mais je dirais dans le cadre plus large d'un contrat social à redéfinir où on reconnaît le caractère productif immanent de la force de travail du champs social en son entier.
Je ne souhaitais pas débattre du capitalisme cognitif ici, cela n'a pas de sens.
Vigilance sur toute pensée oui... ;-) ... penser est une arme de destruction massive !
Bon week-end Farid.
P.-S. : je me rends compte qu'il faudrait développer, mais je n'ai pas le temps actuellement.

Cher Stéphane, Désolé d'avoir pensé que vous souhaitiez un revenu garanti alors que vous ne faites qu'y réfléchir. Cela dit, je n'y vois rien d'infamant et je pense que la question mérite d'être posée. "C'est le contraire, puisque la privatisation du patrimoine savant est justement ce qui a déjà été organisé dans le capitalisme industriel (le copyright, le corporate). " Je crois que nous sommes d'accord. C'est donc à mon tour de vous inviter à relire la phrase que vous avez relevée. Je ne faisais qu'y présenter l'un des fondements possibles du revenu universel ou garanti et, lorsque j'évoquai la privatisation du patrimoine commun, j'avançai l'un des arguments pour instaurer ce revenu. Je confonds peut-être revenu universel et revenu garanti. Cependant, sans doute parce que vous n'en avez pas eu le temps, votre réponse ne m'éclaire pas du tout. Je crois comprendre que le revenu garanti est plus important que le revenu universel. Avouez que la distinction n'est pas limpide. "Qu'est-ce qu'un revenu universel, si ce n'est un revenu attaché au statut d'être humain, ou d'être humain français ?" Non, le revenu garanti est pensé justement en terme globale dans le présent de la mondialisation, sinon cela n'aurait aucun sens". Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Quant au reste, c'est-à-dire à la notion de statut, sur laquelle vous m'avez interpellé, j'ai l'impression que c'est plus le mot qui vous gêne que la chose. Un statut, c'est je crois, un ensemble de droits attachés à une condition qui peut être salariale mais pas obligatoirement (il existe par exemple un statut de l'embryon). C'est pourquoi j'ai écrit qu'un revenu universel consisterait en un nouveau droit pour les les bipèdes ayant le statut d'humain. J'avais donc bien compris le résumé que vous m'invité à relire puisque j'ai précisé que les activités que vous réfléchissez à valoriser ne le sont actuellement pas car justement, elles ne sont pas reconnues et n'ont donc pas de statut. Enfin, je crois qu'il serait plus facile de débattre si vous m'expliquiez ce que vous entendez par statut et, ce que vous reprochez à ce concept. Pour ce qui est du capitalisme cognitif, je ne souhaite pas en débattre non plus d'autant que je n'y connais pas grand chose. Bon week-end à vous aussi Stéphane. Très cordialement.

Hello Farid...
Je NE fais QUE penser ... oui...
"Je confonds peut-être revenu universel et revenu garanti. Cependant, sans doute parce que vous n'en avez pas eu le temps, votre réponse ne m'éclaire pas du tout. Je crois comprendre que le revenu garanti est plus important que le revenu universel. Avouez que la distinction n'est pas limpide." Historiquement si. Le système du Speenhamland le démontre. Une recherche rapide dans Wikipédia : "La loi de Speenhamland, communément appelée la « loi sur les pauvres », a été en vigueur en Grande-Bretagne de 1795 à 1834. C'est l'une des nombreuses Poor Laws. Cette loi a assuré jusqu'en 1834 un revenu minimum aux pauvres dans chaque paroisse, grâce à l'octroi d'un complément de ressources en numéraire indexé sur le prix du pain (ou du blé) et sur la taille de la famille à prendre en charge. Ce revenu était accordé en sus du salaire versé lorsque celui-ci ne suffisait pas à assurer l'existence du travailleur." Alors que le revenu garanti serait inconditionnel, universel et cumulable, indexé sur l’évolution du coût de la vie et des gains de productivité, ce ne serait pas une aide ou une assistance considérée dans le cadre classique d'une force de travail quantifiable et contractuelle d'un emploi (sous entendu avec période chômée), mais comme force de travail immédiatement productive du champs social en tant que tel, ce n'est donc déjà plus la logique de redistribution du Welfare. On parle de "dividende" sociale distribuée remplaçant la logique privée de rente du capital où la valeur de la productivité serait considérée alors comme le commun immédiatement produit par les subjectivités de la société dans son entier.
""Qu'est-ce qu'un revenu universel, si ce n'est un revenu attaché au statut d'être humain, ou d'être humain français ?" Non, le revenu garanti est pensé justement en terme globale dans le présent de la mondialisation, sinon cela n'aurait aucun sens". Je ne comprends pas ce que vous voulez dire." Cela ne concerne pas seulement la France, mais ceci est inscrit dans le monde dans lequel nous vivons, c'est-à-dire globale, mondialisé. Je ne sais pas quoi vous dire de plus.
"J'avais donc bien compris le résumé que vous m'invité à relire puisque j'ai précisé que les activités que vous réfléchissez à valoriser ne le sont actuellement pas car justement, elles ne sont pas reconnues et n'ont donc pas de statut." C'est justement ce sur quoi travaille le concept de capitalisme cognitif.
Oui le concept de "statut" me gêne rapporté à l'artiste, et à l'humain encore plus puisque vous y faites référence. Pour moi l'humain n'est pas une fonction sociale dont la garantie peut être légiférée par un texte, mais une puissance de la nature (dans le sens de physis, nature naturante), en tant que tel il est donc son propre processus d'existence (c'est comme parler du "statut de la femme", je trouve cela illogique d'un point de vue anthropologique même si je comprends la logique historique et politique de la chose). Quant à l'artiste, aucun texte possible ne pourra légiférer sa position dans la société. Être artiste à mon sens c'est d'abord un rapport intime de son être-au-monde (c'est même là toute sa problématique) avant d'être une fonction socialement et économiquement absorbable. La création artistique est comme une seconde physis, et non une imitation des effets de la nature, mais de la puissance de cette nature.

Cher Stéphane, Merci de ces précisions. J'espère que vous n'avez pas mal interprêté mon "QUE penser". Il n'avait rien de malicieux et visait simplement à corriger mes propos antérieurs. J'ai d'ailleurs ecrit " Désolé d'avoir pensé que vous souhaitiez un revenu garanti alors que vous ne faites qu'y réfléchir". Il me semble que cette phrase est moins chargée négativement que les propos que vous me prêtez. Le revenu garanti est donc un revenu inconditionnel, mondial, fondé sur la richesse qu'apporte chaque personne de part sa simple existence et la richesse qu'elle produit dans ses interactions avec les autres ou fait circuler... Vaste mais stimulant programme que le capitalisme cognitif s'emploie à fonder théoriquement. Que ces activités soient saisies par le droit et se voit conférer un statut ne vous gêne pas, ce qui vous gêne, c'est que l'on parle du statut d'un être humain ou d'un artiste. C'est là qu'est notre désaccord. Nous sommes là sur le terrrain, glissant pour moi, de la philosophie. Je ne vais pas tenter de contredire votre conception, spinoziste il me semble (mais je peux me tromper), de l'être humain ou de l'artiste mais tenter de montrer qu'elle n'est pas incompatible avec mon propos. 1/ Je ne vois pas en quoi l'humain ne pourrait pas être conçu comme une puissance de la nature et une fonction sociale dont la garantie peut être légiférée. Si c'est bien à une philosophie spinoziste que vous faites référence (j'espère que vous le confirmerez ou l'infirmerez), les récents travaux de Lordon et Citton s'emploient à fonder un paradigme à partir de sa pensée, en sciences sociales. Ils expliquent par exemple la genèse de la monnaie, objet eminnement social, à partir d'une anthropologie spinoziste. Un texte est aussi consacré à l'émergence de l'Etat donc, dans nos sociétés, au droit... 2/ Vous semblez avoir une conception "inspirée", donc difficilement saisissable par le droit, de l'artiste. Mais là encore, sans nier votre conception, je ne vois pas en quoi elle interdirait l'inscription du travail (peut-être ce mot vous choquera-t-il ?) artististique dans la division du travail sociale et de reconnaitre ce travail en ajustant à ces activités un mode de rémunération qui leur permette d'être aussi libre qu'on peut l'être dans notre société. 3/ Je poursuis en faisant comme si vos propos étaient bien spinozistes (si ce n'est pas le cas, je serai hors-sujet mais ce n'est pas dramatique). Il me semble qu'il y a chez cet auteur, un naturalisme intégral. "L'homme n'est pas un empire dans un empire"... Pour accorder un revenu garanti, il faut bien que quelque chose comme le droit viennent distinguer les hommes des autres espèces. Il faut donc qu'existe quelque chose comme "un statut" d'être humain ce qui ne le disqualifie pas comme puissance de la nature. En espérant ne pas être hors sujet... Très cordialement

"Si si. Une ou deux phrases sur Spinoza, A mon avis, c’eut été fendard -" On attend le journaliste qui osera les lui demander..

Hélas, chère Fantie, Je crains que, sur ce sujet, une branlée de journalistes soient un peu aux taquets aussi... P.S. Addendum minorant : suis pas sûr de pouvoir beaucoup faire mon malin non plus ;-)

Mon Empireur, "Et pour te le dire tout franc, Ton discours de 25 pages," Comme le reste d'ailleurs, Voilà l'effet qu'il nous fait: http://www.wat.tv/video/dalida-parole-parole-1974-ujb8_ufcz_.html

Hello grain de sel qui revenueeeeeee (Puisque tout finit par des chansons)

Oh, que je suis contente, revoila grain de sel en bleu !! c'est pour longtemps, ou tu fais comme Serval, un petit tour, joue, noir et rouge et passe ??? :)

Coucou, Grain de Sel ! ça fait comment, le bleu ? Tu as bien raison pour l'effet des discours de l'Empireur, dont je lis surtout la version Wittorskisée.

Merci pour ce billet! Un petit florilège complémentaire : "Bien plus qu’une crise financière, qu’une crise économique ou sociale, c’est une crise morale et culturelle que nous traversons. Au-delà de la cupidité des uns, de l’aveuglement des autres, il y a une perte collective du bon sens, du sens de la mesure, et une grande confusion dans les esprits, confusion entre les moyens et les finalités." dixit notre Président dans ces voeux. ==> Et il doit en effet bien savoir de quoi il parle. "Oui, on peut être Président de la République et aussi avoir des convictions, ce n’est pas absurde, ce n’est pas interdit." ==> La précision était utile, en effet! "Pour vivre, tout homme doit travailler le jour mais aussi rêver la nuit. Les artistes sont ceux qui rêvent la société, la décryptent, l’interprètent, prédisent l’avenir, préviennent les risques : sans les artistes la société mourrait." ==> Donc que les artistes aillent se chercher un vrai boulot pour la journée, non mais!

Ah dites donc ! La dernière je l'avais pas vue. Elle est formidable. Travailler le jour, rêver la nuit. Les artistes rêvent. Conclusion imparable : qu'ils bossent le jour ! Merci Marc

Que disait Clemenceau quand il voulait se débarasser d'un problème ? Il créait une commission. Maintenant on crée des conseils... Ô Tempora, ô Mores. On crée des conseils, car la culture fait peur. La culture fait réfléchir, donne des idées et permet d'en comparer. C'est délétère la culture. La culture, c'est le dernier des Cerbère. Ce qui distingue l'homme engagé de l'homme encagé. Et il n'y a pas qu'une lettre qui est différente. C'est aussi une question de culture... Bravo pour ces mots...

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