Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Après la résorption du chômage en 100 jours... voici le RSA !

Bon, Mon Empireur,
Te voilà bien empêtré avec ton RSA !
Faut dire que t’as pas beaucoup de choix.
A défaut de réussir à supprimer le chômage, il faut bien supprimer les chômeurs.
Comme tu dis chaque fois,
« C’est pas ma faute, j’ai trouvé la maison dans cet état quand on m’a filé les clefs ».
Et c’est vrai : Villepin, tu sais le Premier Ministre UMP du temps où tu étais président de ce parti de gouvernement, juste après que tu as été Ministre de l’Economie,
Et juste avant que tu sois Empireur des froncés,
il devait éradiquer le chômage en 100 jours...
(c'est lui qui l'avait dit ; il disait n'importe quoi, parfois, non ?)

Blague à part, il m'avait flanqué une trouille pas possible...
Je te raconte en deux mots : j'ai écrit une pièce qui se passe dans une ANPE.
J'étais persuadé d'avoir écrit une oeuvre sociale contemporaine...
Et tout à coup, Villepin, il faisait de mon Œuvre en phase avec mon Temps
Du poussiéreux théâtre historique !
"Ohne" allait devenir en 100 jours "Henry V" sans le talent de William !
Déclassée !

Bon, au bout du bout...
Villepin il a juste éradiqué le dialogue social...
C'était un bon début mais ça n’a rien changé au chômage.
Il n'y a toujours pas de travail !

Par contre, plus de dialogue social,
Faut dire ce qui est,
C’est un cadeau qui t’a fait plaisir,
Un acquis de la Droite Umpiste que tu n’hésites pas à faire croître et embellir.

Enfin bon !
Le chômage n’est toujours pas éradiqué.
Et le froncé, il n’a plus que le Pouvoir d’Achat dans la tête
(Là, faut dire que c’est un peu de ta faute, c’est toi qui lui en a parlé, aussi).

Finaud comme tu es,
Tu as bien compris qu’on ne pouvait pas promettre deux fois la même chose
à même pas un an d’intervalle.
Du coup, tu te lances dans l’accompagnement du pauvre.
En deux temps,
D’abord, tu protèges ceux qui paient trop d’impôts à leur goût parmi tes amis (ceux du club bling bling),
Ça s’appelle « le bouclier fiscal »,
Ensuite tu remontes les impôts pour les autres…
Ceux qui ont voté pour toi grâce au slogan vide de sens
« Travailler plus pour gagner plus ».
Total : ce que tu viens de ne pas donner d’une main,
Tu le reprends de l’autre.

T’es un Artiste. On appelle ça « Prestidigitateur ».

Tout ça pour le but le plus noble :
« s’occuper de la Pauvreté ».
Faut bien quelqu’un qui paie, non ?

Comme tu ne peux pas éradiquer le chômage (ni en 100 jours, ni en 1000),
Tu vas supprimer les chômeurs.
Les exclusions ont fait une partie du travail,
Le RSA va faire l’autre…
C’est un mécanisme qui vise à inciter un bénéficiaire d’allocations à accepter du travail malgré la faiblesse du salaire proposé.
Donc, fondamentalement, un risque de pression supplémentaire sur les bas salaires.

Est-ce que ça va changer quoi que ce soit au chômage ?
J’ai pas l’impression que ça va créer les postes qui manquent. Si ?

Pour supprimer le chômage,
Il n’y a qu’une solution.
Et je te la file, Mon Empireur.

Pourquoi ?
Parce que j'ai confiance en Toi, tu te dégonfleras pas,
Et que ça demande d’être sacrément burné.

Tu sais pourquoi il y a tant de chômeurs ?
Ben, parce qu'il y a une assurance chômage, banane.
Supprime l'assurance chômage...
et il n'y aura plus de chômeurs (indemnisés... les seuls dont tu parles dans tes annonces trimestrielles)

Tu crois que je bouffonne ?
Que c'est de la provoc' à deux balles ?
Tu te trompes.

Penses-tu que les employeurs pourraient se permettre
de délester leurs "ressources humaines" afin d'accroître leur rentabilité,
sans que cela ne déclenche des jacqueries,
s'il n'existait un système collectif,
payé par l'ensemble des employés

et nommé "assurance chômage" ?
(ben oui, comme dans toute assurance, c'est l'assuré qui finance le système avec son salaire, non ? – et c’est une arnaque de première classe de faire croire que c’est l’employeur qui paie et que c’est d’une lourdeur… En clair, la lourdeur c’est le salaire)
Le chômage indemnisé est la clé de la paix sociale.
Paix sociale qui rend possible l'inacceptable :
On vire pour maximiser des profits privés en faisant supporter le coût social à la collectivité.
Et en culpabilisant celui qui se contente de l'aumône.

Supprime l'UNEDIC, et les patrons seront obligés d'embaucher
pour éviter de voir leurs têtes au bout de piques...
Et voilà le chômage éradiqué !

Evidemment, les patrons vont pas accepter que tu le supprimes...
Ben oui : ou ils perdent leurs profits, ou ils perdent leurs têtes !
Cruel dilemme
(ceci dit, leur bouclier, du coup, ils pourront réellement s’en servir,
tu vois, ta notion de bouclier, je commence à la comprendre).

D'autant que le chômage de masse sert en même temps
à exercer une pression modératrice sur les salaires !
Donc à maximiser les profits !!!
Tant qu'il y a des chômeurs, ceux qui travaillent modèrent leurs appétits salariaux...

Donc, Ô Empireur des Froncés,
(froncés du pli rectal par peur d’un prochain et supplémentaire clystère économique par tes soins prodigué)
tant que les salaires des employés seront considérés comme des coûts,
et les salaires des actionnaires comme des bénéfices,
le problème du chômage n'aura pas de solution économique libérale.

A moins que ce ne soit le libéralisme qui ne soit pas une solution ?
- Oh non ?
- Ah si !

Tous les commentaires

Dominique, depuis "Not' Roi", j'ai l'impression que tu écris tout en chansons. Comme c'était écrit en italique, figure-toi que j'ai commencé par chercher l'air (la mélodie, quoi) pour paslmodier ton billet à haute voix. Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Peut-être l'air de "Ah ça ira ça ira ça ira" ? J'ai pas essayé ! ;-)

Essaie le premier et tu me diras ?

Essai peu concluant. Je vais tenté de retrouver le Strawinsky proposé l'autre jour.

ADDENDUM :
Il me vient en tête, au sujet de ce RSA, un parallèle avec le fameux "statut des intermittents du spectacle". Peut-être faudrait-il que je revienne en un billet sur ce fumeux statut qui n'en est pas un (ce n'est qu'une variante du statut des salariés -qui, lui est un statut- variante accordée à une branche spécifique des salariés dont les employeurs ont le droit de multiplier à l'infini les CDD contrairement aux autres employeurs contraints au CDI après deux CDD) ? Bon, on verra ça plus tard.
Au sein des "intermittents du spectacle", les artistes qui sortent des sections "Interprétation dramatique" (les jeunes acteurs, quoi) des Grandes Ecoles de la République (Conservatoire de Paris, de Strasbourg, St Etienne, ENSATT, ...) bénéficient du soutient d'un système qui s'appelle le JTN (Jeune Théâtre National).
Pendant les deux années qui suivent leur sortie d'école, ils font partie de ce JTN. Un employeur qui fera appel à eux recevra une aide au salaire versé. Le mécanisme est prétendument mis en place pour favoriser l'accès d'acteurs inconnus sur les scènes de théâtre... Las ! Pour la plupart des comédiens qui en bénéficient, cela fournit du travail (un peu) durant les deux années où ils sont sous statut, puis... dégage Mauricette, il y a d'autres jeunes qui accèdent au statut JTN... Le travail en question est en général le rôle du hallebardier qui entre pour dire "madame est servie" au quatrième acte. Aucune production ne peut plus se permettre de payer plein tarif un acteur pour cela. Et l'on nous parle d'expérience professionnelle pour justifier de l'existence dudit statut ! Salaire miteux en compensation... Les jeunes comédiens qui sortent d'écoles qui n'ont pas accès au JTN ? Eh bien, ils n'ont qu'à aller se faire voir ailleurs. Ils sont impayables. On a mis en place un système inefficace et inégalitaire !
Il y a longtemps que j'ai la conviction qu'on va détricoter totalement le statut de salarié CDI pour aller vers la flexibilité totale. Ce détricotage ne vaudra que si l'on détricote parallèlement le pseudo-statut d'intermittence, puisqu'il est déjà un sous statut de flexibilité totale mais probablement pas applicable à la totalité des travailleurs (en tout cas du point de vue des employeurs, puisque les charges y sont beaucoup plus élevée). D'où les attaques régulières contre les intermittents de ces dernières années. Mais laissons cela. Là où je veux en venir, c'est que l'intermittence est un système de relation employeur-employé extrêmement libéral. L'on peut le regarder comme un essai (en plein détricotage donc) de ce qui se passera pour tous les CDI dans l'avenir. Le RSA, pour moi, ce n'est que ce JTN, à durée indéterminée dans le bas salaire...
Et il y aurait quelque chose de gauche là-dedans ? Pffff !

Changement de titre, parce que j'ai découvert tardivement l'article de Michaël Hajdenberg du 24 avril 2008, intitulé RSA : RAS ou si peu . Finalement mon "RSA : RAS sur le front du chômage" faisait vil plagiat. Donc exit.

Oui, Dominique, ce serait intéressant de vous lire aussi sur le statut des intermittents du spectacle comme "travaux pratiques" de mise en précarité. Vous connaissez certainement ce site : http://www.cip-idf.org/

CIP-IDF : coordination des intermittents et précaires d'île de France. Ce serait intéressant de connaître leur analyse du RSA. Effectivement.

Newsletter
Je m'identifie