Ven.
24
Mai

MEDIAPART

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Les écoles d'art et le devenir

L’École supérieure d’art du Nord-Pas de Calais Tourcoing/Dunkerque aborde une nouvelle étape de son parcours. C’est l’aspect intellectuel de cette étape qui, bien entendu, convoque au premier chef les intervenants de cet espace Mediapart, créé de telle sorte que les débats corollaires qui portent sur les identités possibles de la pratique artistique au champ contemporain lato sensu et sur la formation à la mise en jeu critique de ces identités gagnent le forum.

Les écoles supérieures d’art de France se sont, depuis un demi-siècle, portées à l’avant-garde de la formulation de gestes transdisciplinaires, aliénés en objets de monstration, d’exposition, susceptibles de créer au coeur de la cité des espaces pratiques d’interrogation de son sens, c’est à dire d’angulation critique de ses logiques communément admises, de sa grammaire, de sa « syntaxe des jours », de cette « inquiétante étrangeté ».

Quelle que fût la destination artistique et professionnelle de leurs étudiants, elles ont cultivé une façon d’insularité engagée, un lointain de proximité au crible desquels la mécanique de la polis a trouvé à se « reprendre », à se formuler depuis un singulier point de vue de Sirius traduit en formes se pensant.

« Comment peut-on être un sujet contemporain ? » : la réponse à cette question fut au fond, toujours, le limon charrié par la pratique des acteurs à l’œuvre au sein des écoles supérieures d’art.

La tâche assignée à ces établissements par leurs tutelles, collectivités territoriales, ministère de la culture, n’était pas mince: elle consistait en une formation à la fabrication d’une autonomie matérielle du regard, à l’objectivation d’un écart valant espace d’aisance critique, « liberté en dur ».

Or, voici que l’avènement mondial du consumérisme académique, dont la face vertueuse est la tentation étudiante de la mobilité, du déplacement à travers institutions pédagogiques et frontières, contraint à une nouvelle discipline des établissements jaloux de ce qui en nourrissait l’éthique, l’exigence libre, célibataire, au coeur du temps, les contraint à confronter leur ipséité à celle d’un enseignement supérieur  conçu comme un corps unique, par-delà la marqueterie de ses logiques.

Cela les intrigue, les dispose à un déséquilibre, cela ne les sidère pas.

Elles ont en effet entrepris un dialogue à plein titre avec l’université au sein duquel elles font valoir leur goût de l’émergence, de l’ex nihilo, du « grand ressort du nouveau » cher à Apollinaire, du mode heuristique sous perfusion subjectale, au sein duquel elles reçoivent de leur interlocuteur celui de la paierie, de la part commune, de la reproduction comme règle, c’est à dire de l’irruption critique comme lumineuse exception.

 Elles cherchaient ? Voici qu’on leur enjoint de chercher.

 Elles formaient ? voici qu’on leur enjoint de former.

 Voici, en somme, qu’elles sont vouées à se livrer, aux côtés de l’université, à une définition stable, diffusable, exposable, à la définition comme objets, des termes depuis lesquels elles cheminent, rénovant le regard de leur partenaire sur ce dont il fait, pour sa part, fond.

Les écoles supérieures d’art, l’université, sont en somme aujourd’hui engagées de conserve dans une belle entreprise d’objectivation identitaire dont la portée n’est ni plus ni moins que la circonscription synergique des voies et moyens de la manifestation, au cœur de l’époque, d’une pensée de son devenir.

  

Ronan Prigent dit Emmanuel Tugny

Directeur des études de l’ESA Nord-Pas de Calais

Responsable du site de Dunkerque

http://www.facebook.com/profile.php?id=100001150549554

INSCRIPTION AU CONCOURS d'ENTREE 
sur www.admission-postbac.fr AVANT LE 20 MARS.

Tous les commentaires

Che bello, grazie !

Merci à vous, chère amie.

En Italie, nous sommes loin de cette étape...

Oui, je crois qu'on peut dire de la France qu'elle est novatrice, en matière de conception de l'ensiegnement artistique, y compris sur le plan de l'invention administrative.

Le comique involontaire du dialogue ci-dessus me ravit. Oui, le salon de Mme Verdurin est désormais planétaire…  

« C’est l’aspect intellectuel de cette étape qui, bien entendu, convoque au premier chef les intervenants de cet espace Mediapart créé de telle sorte que les débats corollaires des identités possibles de la pratique artistique au champ contemporain lato sensu et de la formation à la mise en jeu critique de ces identités gagnent le forum. » Eblouissant ! Quel style ! Quelle clarté ! Et Viviana qui déplore au lieu de s'en réjouir que les Italiens échappent encore à cela. Mais qu'elle se rassure : ça viendra. 

Merci pour cette intervention : que nommez-vous "cela" ?

On ne peut pas « nommer » un adjectif démonstratif — par définition. 

Reprenons (il ne s'agit pas d'un adjectif mais d'un pronom démonstratif) : quel nom recouvre ce "cela "?

Votre "par définition" assis sur une faute de grammaire est amusant !

En effet !

Juste pour dire...postez des images !

« Cela » recouvre tellement de choses que j'hésite à les énumérer. Toute chose n'est pas bonne à dire, si l'on en croit le proverbe. Or j'aime beaucoup les proverbes. Je me guide sur eux dans la vie. Ainsi vont les âmes simples…

...et le café du commerce...

Ah ! La sagesse populaire, y a que ça !

Oui, je trouve le texte brillant, vraiment. Et je suis favorable à ce que les chercheurs des nos universités et de nos académies travaillent en commun à ce que serait la production d'objets critiques, à l'époque contemporaine.

Oui, les deux installations présentées ici possèdent vraiment une force critique renversante. Originales, de surcroît ! L'innovation administrative doit y être pour quelque chose.  

Postez vos images !

Qu'appelez-vous "l'innovation administrative" ?

Ce que vous mettez vous-mêmes sous ce mot : « Oui, je crois qu'on peut dire de la France qu'elle est novatrice, en matière de conception de l'ensiegnement artistique, y compris sur le plan de l'invention administrative. »

ah, "l'invention", pas l'innovation...Viviana ?

Vous lisez entre les lignes mais pas si fidèlement que "cela" !

Je pensais par exemple à des laboratoires ou à des plateformes de recherche en art associant campus universitaires et écoles d'art.

De celles qu'on eût attendues d'un esprit acéré comme le vôtre ! 

En effet, et j'en suis marri. Je cherchais une muse et je l'ai trouvée en la personne de Viviana. L'accouplement de plateformes et de laboratoires ferait pâlir de jalousie les amours du parapluie et de la machine à coudre. Oh Viviana !

...

Les grands esprits s'rend'compte...

Je mets ce mauvais calembour sur le compte de la somnolence postprandiale.

Où de celle que suscitent vos saillies...

Cruelle ! 

Oui, c'est aussi flou qu'un cela...

Voici, par exemple, un « objet critique » que laisserait Adorno pantois ! 

"qui" laisserait...

Faire parler Adorno à titre posthume...hum... voilà qui illustre ironiquement la "théorie critique"...

Il est malheureux que la Théorie esthétique soit illisible dans la traduction française car nous aurions pu examiner ce qu'Adorno entendait par « critique ». Il a aussi écrit de très belles pages sur la jargon culturel.

Absolument.

Sur la jargon aussi...

Dont il n'a pas, à ses heures musicales, manqué de faire un usage tonitruant.

 

Décidément, « dialoguer » avec les écoles d'art me rend dyslexique.  A moins que ce soit l'intensité de l'expérience esthétique suggérée par les « objets critiques » montrés ici et qui suscitent votre enthousiasme, chère Viviana. 

Dialoguer avec les écoles d'art vous rend dialogique...

Postez donc vos images, négativiste !))))

Je ne suis pas « négativiste » (?!?).  J'admire au contraire la langue et le style de vos exposés programmatiques. J'envie vos étudiants d'être exposés à un enseignement aussi formateur.

Un "enseignement formateur" a des vertus tautologiques, non ?.

En tout cas, vous enseignez vous-mêmes, nous lisant... 

J'ai écrit « aussi formateur ». C'était une comparaison flatteuse, je l'espère.

Ah diantre, oui !

Dialogique ? 

Dialoguer avec les écoles d'art vous rend dialoguRigolantant.

Je ne vois pas ce que cette histoire de dialogisme vient faire ici. Feriez-vous lire B. à vous élèves ?  

Ma foi, pourquoi pas ?

Pour une philosophie de l'acte, par exemple.

Evidemment...

Bien sûr… Je vois d'ici Ronan lisant Bakhtine. Remarquez, un miracle est toujours possible pour qui a la foi comme Viviana.

?

Vous le voyez comment, lisant Bakhtine, quand vous relisez le Bled ?

A en juger par sa superbe boîte crânienne, je le vois distrait dans sa lecture par des considérations très étrangères au propos de Bakhtine. Peut-être songe-t-il à Viviana ? Allez savoir ! Quant à moi, oui, je vais le Bled à la main tel Don Camillo lisant son bréviaire.  Vous souvenez, Viviana, de ce héros transalpin ?

Un x à aux SVP.

J'espère que vous accordez une attention aussi zélée au français écrit de vos étudiants-chercheurs qui, à ma connaissance, sont quasi illettrés bien que bacheliers. Corriger leurs fautes d'orthographe et de grammaire devrait être facilité par le fait qu'ils remettent tous les mêmes travaux, copiés sur le Net.

Vous êtes insultant, vous l'êtes gratuitement et vous ignorez de quoi vous parlez.

Je suis réaliste. Vous devriez m'imiter au lieu d'entretenir des chimères sur la recherche en art et autres fariboles européennes. Un bachelier sur dix est capable de construire une proposition logique ou d'en comprendre une s'il la lit. Ce n'est pas insultant pour les étudiants mais pour les maîtres, ça oui.

Oh, c'est au-delà, je pense...

On dit des "étudiants", je crois...

On dit des « chercheurs » maintenant, je crois. Surtout en art…

One point.

mais moins qu'un "ça" !

Ça fait toujours ça de moins.

Two points

Ma phrase préférée est celle-ci, dont le galimatias passe tout ce que j'ai lu depuis longtemps, même sous la plume d'un professeur d'école d'art :

« Or, voici que l’avènement mondial du consumérisme académique, dont la face vertueuse est la tentation étudiante de la mobilité, du déplacement à travers institutions pédagogiques et frontières, contraint à une nouvelle discipline des établissements jaloux de ce qui en nourrissait l’éthique, l’exigence libre, célibataire, au coeur du temps, les contraint à confronter leur ipséité à celle d’un enseignement supérieur  conçu comme un corps unique, par-delà la marqueterie de ses logiques.  » Pièce d'anthologie !

Je n'enseigne pas l'art mais vous me flattez. Venant d'une plume qui confond adjectif et pronom, c'est du nanan.

A ceci , moi non plus, je n'entends rien : "Ma phrase préférée est celle-ci, dont le galimatias passe tout ce que j'ai lu depuis longtemps, même sous la plume d'un professeur d'école d'art "...

pas mal non plus...

Ah, ce "même sous la plume d'un professeur d'école d'art ", on en redemande...

vous avez la même, consacrée à une autre catégorie de la population ?

C'est que Richard trouve Adorno limpide...

Viviana carissima, oui, quand on a lu la prose de Ronan, Adorno semble limpide comme de l'eau de source.

C'est votre acharnement qui n'est pas limpide...

Au contraire : il respire le bonheur simple d'être !

Quelle perspicacité ! Il faut vraiment que je visite le Pas-de-Calais une fois pour voir autre chose que des Anthony Caro (que l'on montre, j'espère, aux étudiants).

Vous n'êtes pas modeste mais ici vous êtes utile.

Oui, on y évoque même parfois Picasso...

« Je ne cherche pas, je trouve », disait-il. Sa présence paraîtrait pour le moins incongrue dans une école d'art appliquant les directives alla bolognese du ministère de l'Education.

Enfin, voilà qui nous change du dragon exposé dans la cour et présenté ci-dessus. Mais ce n'est pas hélas ! du meilleur Caro. Evoquer Caro dans le Pas-de-Calais est maintenant signe d'immodestie ? Où allons-nous ? 

Dites, n'auriez-vous pas quelque chose d'Adorno à traduire...?

Quel rapport ?

Je pensais au Caro de Bourbourg. 

Je pensais modestement au Caro de Bourbourg.

Grande Farnese de Andrade !

Superbe. Qui a fait ça ?

Quoi, un professeur d'école d'art, ça n'existe pas ? Remarquez, c'est possible après tout. 

Si si.

Voulez-vous dire que ça n'existe pas ? Si oui, vous me rassurez.

Oui oui, on avait comme qui dirait compris.

Ouf.

"Quand il est bien traduit", chère Viviana, nuance...

Viviana, voyons ! 

Je vous demande pardon ?

Le « voyons » était une interjection rhétorique destinée à souligner à quel point vous devez être attentive à l'ironie de nos petits camarades.

Une "interjection rhétorique"...qu'en dirait  Adorno ? )))

Je l'ignore. Mais je vous invite à une petite séance de spiritisme lors de laquelle nous convoquerons son esprit. Ce sera l'occasion de faire plus ample connaissance. 

Vous nous invitez à votre atelier prosopopée ?

Si j'étais sûr que vous n'avez pas peur des fantômes, je serais enchanté de vous y accueillir. J'habite en effet une maison hantée. La nuit dernière, c'était Montaigne qui errait dans le grenier. Inoffensif. Mais souvent, c'est le spectre de Marx, et là, c'est autre chose. Si vous n'avez pas froid aux yeux malgré vos mauvaises fréquentations artistiques, vous êtes les bienvenus.

Quand vous serez à la chasse...

D'où tenez-vous que je suis chasseur ? Je traque en effet les coquecigrues. Le Pas-de-Calais me semble giboyeux. 

Le « voyons » était une interjection rhétorique destinée à souligner à quel point vous devez être attentive à l'ironie de nos petits camarades. J'imagine qu'il devra bientôt être mis fin à ce sympathique forum car nos chers pédagogues ont sans doute accompli pour aujourd'hui quelques-unes des seize heures de présence hebdomadaire auxquelles ils sont tenus. Les couloirs bruissent de leurs pas, les réunions se prolongent, les contrôles se multiplient, le maternage se poursuit dans des recoins. Dans cette ruche créatrice tout fait œuvre, comme disent les idéologues de l'« art contemporain », au point que les femmes de ménage n'osent plus rien jeter. En effet, sait-on jamais ? Si d'aventure un petit R. Mutt traînait par là…

C'est aussi amusant que cliché (Gérard Rinaldi, paix à ton âme)...

Nous avions compris l'idée et l'esprit de l'idée, je crois. Ainsi l'Auvergnat est pingre et le Breton têtu...

Requiescat in pace. Oui, ce sont toujours les mêmes qui meurent. A qui le tour ? A Robert Hughes, peut-être, qui a osé ce mot impie : ART NOW IS CAPITAL INVESTMENT.

Vous voyez, quand vous voulez...

mamma mia...

Bonjour Viviana. Mamma mia. Vous m'ôtez les mots de la bouche… Quel plaisir de vous retrouver ce matin dans ce forum feuilletonnesque pour évoquer ensemble l'hymen de l'ipséité et d'un corps unique tel qu'imaginé par Ronan, ce nouvel Ovide des métamorphoses alla bolognese des écoles d'art. 

En témoignage d'amitié, je vous offre ce ready-made intitulé Praefectus Studiorum (vue de profil), 2012. 

ça, c'est gentil !

L'Italie est alla Bolognese...

Ce cosa vuoi dire ?

Mi da anche del tu ?

Lasciamo perdere, dai, Richard...

« Dai » est un exemple d'interjection rhétorique. 

...

Viviana, j'adore vos silences. Ils confèrent à notre badinage une gravité qui me sied. 

ça, c'est limpide : "dans ce forum feuilletonnesque pour évoquer ensemble l'hymen de l'ipséité et d'un corps unique tel qu'imaginé par Ronan, ce nouvel Ovide des métamorphoses alla bolognese des écoles d'art. "

Rigolant

Isn't it ? Relisez la prose ronanesque et les écailles tomberont de vos yeux. Vous comprendrez alors la nature de cet hymen. Mais peut-être ignore-t-on en Italie ce qu'est un hymen ? Le cas échéant, je serai heureux, Viviana, de vous apporter tous les éclaircissements nécessaires - avec exemples à l'appui, bien entendu. 

A ce stade, cher Richard, je crois qu'il convient que vous vous réprimiez. C'est un espace où l'on n'insulte pas les gens. Cette phallocratie n'est pas soutenable.

Hymen signifie mariage. Je ne vois pas en quoi le fait d'évoquer l'hymen de l'ipséité ronanesque avec le « corps unique » est phallocratique. 

ça, c'est odieux.

@Richard

Vous devenez pénible...

Mea culpa. Mes intentions étaient pourtant des plus chastes. Je veux dire ; didactiques et platoniques.

Gentil ! Mais c'est le seul ready-made authentique produit en France depuis des décennies. Sinon, donnez-moi des exemples du contraire.

Chère Viviana, je n'ai que trop tardé à vous dire l'admiration qu'éveille chez moi cette œuvre (une photographie sans doute) intitulée, je crois, Enfant montant l'escalier dans les bras de sa mère. Il est émouvant de penser que cet enfant entre dans l'histoire de l'« art contemporain » innocemment, sans y être pour rien, le pauvre. Quant à sa mère, pourquoi se presse-t-elle ainsi ?  Sont-ce les derniers rayons d'un soleil d'automne et les courses à faire pour le repas du soir ? Et cette facture néo-académique qui rappelle les grandes heures de l'art italien des années 1920 et 1930. 

Sûr que ce Christ ne vaut pas Berlusconi. Mais ces braves gens ne le savent peut-être pas. C'est comme ça dans le Mezzogiorno, n'est-ce pas ?

?

 Ah oui, c'est "ça" !

Si jamais ce gros méchant de Guéant crée des ennuis à Viviana, il verra de quel bois je me chauffe ! 

VENEZ NOMBREUX !

J'y serai. La dissémination est l'une de mes passion. D'autant que c'est une idée neuve. Peut-être viendrai-je incognito cependant.

l'un de vos passion ?

On ne vous aurait pas nécessairement vu, vous savez..

Je ne passe pas inaperçu cependant. Grand, blond, l'œil bleu, musclé, la mâchoire volontaire, barbe de quatre jours seulement, look très « urbain  », je suis la terreur des couples monogames. 

Il se peut toutefois que ma présence vous gêne. Dites-le moi. Je comprendrai.

Au contraire, Franz.

Chan Kler...

FANTASTICO !

Viviana, voilà que vous transformez en cheerleader, quelle horreur !

Tiens, Richard...

Vous m'ennuyez, Richard... 

Moi qui suis prêt à croiser le fer avec Claude Guéant pour vous. Ingrate !

Je suis prêt à parier que le ministre en question jurerait votre point de vue tout à fait convaincant.

« Jurerait » ? Oh ! errare humanum est, n'est-ce pas ?

nananère

Je savais que les écoles d'art françaises étaient des maternelles pour adolescents attardés, mais de là à entendre nananère………

ça n'est pas volé

Ce siège-objet, d'être polypode, revêt une dimension critique évocatrice des pouvoirs de l'imagination créatrice livrée à elle-même sans les contraintes imbéciles que l'on associe trop souvent au concept d'Art. Tous les étudiants des écoles d'art cisalpines et transalpines y trouveront, à n'en pas douter, une source d'inspiration. On appréciera, entre autres qualités, l'économie des moyens, l'inscription de l'œuvre dans la tradition de l'objet trouvé, l'impraticabilité du siège qui l'arrache au monde de l'utilité et lui confère, n'est-ce pas, cette gratuité sans laquelle l'Art est un vain mot. Nous espérons que les générations futures verront dans cette pièce magnifique un témoignage du haut niveau de civilisation atteint par notre société. Profitons-en aussi pour rendre hommage à une institution pédagogique dont le corps professoral suscite, par le discours et l'exemple, la création de tels chefs-d'œuvre. Oui, comme l'écrivait récemment l'un de ses membres les plus éminents, les écoles d'art françaises ouvrent la voie. Le reste de l'Europe suivra, soyons-en certains. Il est certains signes qui ne trompent pas, tel l'engouement trans-frontalier que provoquent des metaphysical chairs telle celle-ci. 

Cette causerie au coin du feu vous est gracieusement offerte par la maison Tcha.

 

...dont le désoeuvrement stupéfie...

La clientèle se fait rare, le prix des thés chinois ayant triplé depuis deux ou trois mois. Je préfère correspondre avec de beaux esprits que surveiller la rue au cas ou le chaland surgirait. Au fond, je n'ai pas l'esprit boutiquier. Je songe parfois à me convertir dans l'art contemporain. Fabrice Hybert, le plus profond génie de notre temps, me le conseille parfois. Mais fréquenter le monde de l'art ne me sourit guère : tous ces vernissages où l'alcool est de qualité de plus en plus médiocre, l'air pénétré des amateurs, la stupidité des collectionneurs… Pinault me dit toujours : « Richard,  tu es un artiste conceptuel. Fais de l'art immatériel. Ce n'est pas encombrant et c'est facile d'entretien. » Peut-être que vous autres, qui êtes de la partie, pouvez m'éclairer sur tout cela. 

ça, en revanche, et je suis sincère, c'est TRES amusant !!!

Oui, mais je ne suis guère avancé.

Mais j'y pense : et si je devenais critique d'art ? Qu'en pensez-vous ?

Vous avez l'étoffe.

Merci de votre soutien. L'ennui, quand on est critique, c'est qu'il faut voir cette chose appelée « art contemporain ». Mais j'ai une idée. Afin d'être objectif dans mes critiques, j'éviterai de voir les œuvres pour n'être pas influencé. Voilà. Tel le narrateur de Proust dans Le Temps retrouvé, je sens que je viens de découvrir, tardivement il est vrai, ma véritable vocation. Dire que je devrai cette révélation à la laborieuse exégèse de la pensée ronanienne à laquelle je me suis livrée dans mes loisirs et dont je puis annoncer que j'en ai enfin compris la substantifique teneur. Je crois que je vais la traduire en langage gallique plutôt que de m'attaquer à Adorno ainsi que d'aucuns me le suggèrent.  

Une fois de plus, ça, c'est VRAIMENT très amusant. Nous ne sommes donc pas condamnés au pire, en glose richardesque...

Mais où est passée Viviana, grands dieux ? Ma nouvelle égérie me déserterait-elle alors même que ses murmures à mon oreille seraient mes seuls guides dans l'obscur taillis de l'affairement artistique où je m'enfoncerai désormais, loin de ma boutique, tel naguère son compatriote Dante dans la forêt du milieu de la vie ? Viviana, vous êtes ma Béatrice.  Les chiffons hypocritement commerciaux de Cécile Belmont m'indiffèrent, tout m'est désormais égal, même les bricoles de Damian et de Jeff. 

De mieux en mieux ! Il y avait des « peintres du dimanche », il y a maintenant des « artistes contemporains du dimanche », capables de bricoler des pièces rétro-minimalistes dont la maladresse d'exécution leur vaudra sûrement une mention au DNSEP vu les inclinations esthétiques des jurys. Et quelle laideur !!!

Hybert...

Hybert ? Moi qui le trouvais génial ! J'espère que le FRAC du Pas-de-Calais a acheté cette merveille.

Nous l'ignorons mais vous avez sans doute des lueurs...

DamiEn et Jeff.

Bel exemple d'aliénation culturelle, de régression infantile, de mimétisme artistique, de pseudo-trangression et de féminisme primaire, cet « objet » (critique ?) postmoderne est d'une laideur de bon aloi : elle le légitime comme art. Le « beau », en effet, est une catégorie  esthétique obsolète, voire « réactionnaire », dont les écoles d'art s'emploient à purger les étudiants, ainsi que l'écrivait récemment dans Mediapart un professeur de culture générale du Pas-de-Calais. Cette lobotomie ou lavage de cerveau, selon la radicalité de l'opération curative, destiné à substituer la catégorie du « laid » à la catégorie du « beau », se heurte à de telles résistances idéologiques que cinq années d'un traitement intense sont nécessaires. La cure suppose aussi qu'on expose les sujets à des « œuvres » comme celle ci-dessus afin qu'il apprennent à les « lire ». Ainsi, dans celle-ci, l'auteur, une artiste française, inscrit des mots anglais dans son canevas afin de bien indiquer son cosmopolitisme européen et mondialisé (et mercantile !) ; elle  régresse au stade œdipien, imite les objets pop des années 1970, barre la chose d'un phallus (geste original s'il en est) et parodie les travaux d'aiguille traditionnellement réservés au femmes (en Occident du moins).  

Les étudiants ont ainsi le privilège d'être placés devant un « modèle » tel que le recommande le ministère de la Culture dans sa réforme alla bolognese des écoles d'art, modèle qui les dispense de tout apprentissage artistique : en effet, à quoi bon apprendre à peindre ou à dessiner puisque Cécile, produit à n'en pas douter d'une école d'art française à en juger par la facture de cette pièce, s'en est bien passé et qu'on l'expose maintenant à l'école. 

Il est vrai que l'idéologie de l'« art contemporain » a aussi inventé une catégorie nouvelle dans l'histoire de l'art : celle de « jeune artiste ».  La bêtise… 

Excusez, je dois vous quitter. Le couple de Japonais qui dégustait un thé du mont Emei au fond de la salle demande l'addition. 

Cette causerie au coin du feu était gracieusement offerte par la boutique Tcha.

"Galimatias", disiez-vous ?

Migraine...

A l'ESA aujourd'hui, Alain Bourges :

Salut Alain ! Quelle surprise ! Toujours à Renne ? J'ai vu que les écoles de Bretagne avaient maintenant un Executive Managing Director. Tout va donc pour le mieux. Amitiés. 

RenneS

Fragmen Frac , projet de l'ESA

 

 

La manipulation d'objets aussi précieux que des « œuvres d'art contemporain » est un cérémonial exigeant des officiants qu'ils portent des gants. Un thuriféraire photographie le rituel afin que les archives en gardent une trace qui deviendra peut-être à son tour « œuvre d'art contemporain » conformément à la règle d'or des écoles d'art alla bologniaiserie :

 RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CREE

Vous êtes heureux, Richard, comme type ?

Non si direbbe

Eh bien eh bien...)))

Voilà enfin un commentaire qui en dit long.

Le 16 mars, Musée des Beaux-Arts de Dunkerque, lecture par Tugny de son dernier roman.

L'exposition ci-dessus a pour thème l'altérité. Encore ? Juste ciel ! Moi qui croyais que l'on était sorti de ce genre de platitude. Décidément, je vais de surprise en surprise.

Rien d'étonnant...

Michel CANTELOUP, enseignant à l'ESA, Grand Tafé n°1, 2009 - 180 x 130 cm peinture à la colle sur polyester / découpage, assemblage et collage sur papier Arches


"La surprise est le grand ressort du mou d'veau". Apollinerf.

Euh, il fait quoi, Richard Crevier, dans la vie...de la traduction...? Tout s'explique...

AM

Traduction de l'ami des arts, les Majeurs...

Le 104 a-t-il acheté cet ouvrage ?

Rigolant

4th edition FID
The international online competition
Drawing fair for the future 
Entries have just begun: onlineFID.com




VERNISSAGE Le jeudi 15 mars 2012 > 18 h
exposition visible du 15 mars au 27 avril 2012 
du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00 / entrée libre

A l'ESA, site de Tourcoing.

Ne soyons pas injustes, ça, c'est vachement bien :

INSCRIPTION AU CONCOURS d'ENTREE 
sur www.admission-postbac.fr AVANT LE 20 MARS.



INSCRIPTION AU CONCOURS d'ENTREE 
sur www.admission-postbac.fr AVANT LE 20 MARS.

Intervention de Anne Creissels, chercheur dans le cadre du centre d'étude des arts contemporains > le 22 MARS à 16h
; Lieu : Amphithéâtre Arts Plastiques Lille 3 / rue Leverrier - Tourcoing / métro : Tourcoing Centre.

Pour vous citer : "Les écoles supérieures d’art de France se sont, depuis un demi-siècle, portées à l’avant-garde de la formulation de gestes transdisciplinaires, aliénés en objets de monstration, d’exposition, susceptibles de créer au coeur de la cité des espaces pratiques d’interrogation de son sens, c’est à dire d’angulation critique de ses logiques communément admises, de sa grammaire, de sa « syntaxe des jours », de cette « inquiétante étrangeté »."

 

Personne n'est dupe : les écoles supérieures d'art de France n'ont transmis qu'un art contemporain sans art... fossoyeur de l'Art moderne.

 

Et à ce sujet...

 

Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

 

Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes...

  

On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

 

On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

 

Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

 

Alors...

 

Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

 

Sinon, l'éternité.

 

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Pour prolonger... cliquez

http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/22/fiac-2011-galeries-lafayette-partenaire-officiel.html#comments

Très beau commentaire avec lequel il est parfaitement possible d'être en accord.

Et parfaitement impossible d'être totalement en désaccord...

Seriez-vous disposé à nous proposer un éditorial consacré aux écoles d'art ?

e.tugny@yahoo.fr

J'ai votre mail. Je fais le nécessaire.

Formidable !

http://www.facebook.com/profile.php?id=1817268293

 

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