Pierre Doris, l'identité nationale (selon Pialat) et le désastre
Dans l'ombre de Lévi-Strauss, un autre géant s'est éteint: Pierre Doris. Oh, je vous vois minauder: Pierre Doris? L'Académie des neuf avec la bande à Badie (Laurence): Harold Kay, Lucette Sahuquet, Patrick Topalov? Le gros Béru dégueulasse de San-Antonio? Un Pierre Olaf, un Jean Lefebvre, un Pierre Tornade des films de Dhéry ou de Pécas? Un "roi du gag" de chez Zidi? Et bien, non! Pas que! "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoutez pas les autres", comme on dit au Splendid.
Pierre Doris, c'est, en 1967, le paysan de The Story of a 3 days pass de Melvin Van Peebles.
Pierre Doris, c'est encore le garde-forestier dans le plus beau téléfilm du monde, un Pialat de 1970, La Maison des bois (ici, c'est plutôt Maurice Pialat qui parle d'un sujet à la mode ces jours-ci).
Pierre Doris, c'est aussi... Pierre Doris, c'est surtout l'inspirateur de Jean Yanne et de Pierre Desproges. "On me surnommait le Frankeinstein du rire, le Dracula de la facétie, voire le pape de l'humour noir. Le public me considérait comme un franc salaud, un bourreau d'enfants, un monstre."
Le mémorable auteur de la phrase: "C'est très beau un arbre dans un cimetière. On dirait un cercueil qui pousse..."


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Je partage votre avis concernant Pierre Doris,que j'ai connu un peu,et qui aurait fait un des plus beaux père Ubu possible. Il était formidable dans "La maison des bois" et fut ensuite injustement oublié !
Aujourd'hui,le comique branché,c'est Bigard...Tant pis pour nous.
Pierre Doris, c'était aussi le théâtre avec Pygmalion de GB Shaw, c'était la gouaille parisienne, l'humour en bandoulière, des aphorismes savoureux en pagaille et le (bon) mot qui fait mouche. C'est passé (presque) inaperçu. Merci à vous Edgar.
Oui, je l'ai appris par hasard aussi... Une part des comiques qui ont bercé mon enfance s'éteint.
Et en commentaire de la "phrase mémorable" que vous citez, Edgar : "Nuance : quand l'homme est mort, on l'enterre. Quand l'arbre est mort, on le déterre".
Et espérons qu'il n'aura pas la postérité de son bon mot : "Un jour, mon grand-père s'est penché sur son passé. Comme il n'y avait pas de garde-fou, il est tombé dans l'oubli"...
Excellente idée que de rendre hommage Pierre Doris, à qui l'on doit, entre autres, cette phrase : "Moi je ne badine pas avec les femmes. L'autre jour, il y en a une qui a tapé trois-quarts d'heure à ma porte...Je ne l'ai pas laissée sortir."
Excellent. Je propose qu'en hommage avec ce grand comique qui savait si bien rire avec la mort on institue un Doris Day tous les 27 octobre.
Pierre Doris, de mémoire :
- J'ai connu un gars qui avait les yeux plus gros que le ventre : on avait un mal fou à lui trouver des lunettes.
- Ma mère m'a toujours conseillé de voler dans les sébilles des aveugles : parce que, disait-elle, "pas vu, pas pris".
- Pendant la guerre et le rationnement, chez moi on mangeait à la carte : celui qui tirait l'as de trèfle, il bouffait.
Pierre Doris, Robert Lamoureux, Fernand Raynaud, etc ... autant en emporte le Bigard !
La maison des bois : C'est possible de trouver ce feuilleton quelque part, d'après vous ?
Désolé, mais je suis obligé de faire encore (et toujours ?) ce rappel en empruntant à l'excellent office québécois de la langue française :
"Eh et hé
Les interjections eh et hé sont des variantes graphiques d’une interjection d'origine onomatopéique, d'abord attestée avec la graphie e. Bien que ces deux interjections aient plusieurs emplois communs, elles diffèrent toutefois dans certains cas.
D'une manière générale, les interjections hé et eh sont utilisées pour interpeller quelqu'un ou pour exprimer une émotion. Elles sont généralement placées en début de phrase où elles donnent le ton à ce qui suit, hé présentant un degré d'intensité plus élevé que eh. De plus, la graphie hé est généralement moins fréquente et plus familière que eh.
Pour ce qui est de la ponctuation à utiliser avec ces interjections, on doit les faire suivre d'un point d'exclamation lorsqu'elles forment une sous-phrase à l'intérieur d'une autre phrase, sinon elles peuvent être suivies d'une virgule. Lorsque l'interjection forme une phrase complète, le mot qui suit le point d'exclamation doit commencer par une majuscule; si elle ne forme pas une phrase complète, le mot qui suit prend une minuscule initiale.
Eh et hé sont toutes les deux utilisées pour interpeller quelqu'un ou attirer son attention; pour marquer une émotion, comme la surprise, l'admiration ou une indignation; ou enfin, pour renforcer le mot ou le groupe de mots qu'elles précèdent.
Exemples :
- Eh! pourriez-vous baisser le ton s'il vous plaît!
- Hé! Pierre, viens ici!
- Eh! Tu t'es bien débrouillée!
- Hé! Que font-ils là?
- Ils se sont quittés! Eh oui!
- Hé non! La Terre n'arrêtera pas de tourner!
Lorsqu'elle est répétée, l’interjection eh introduit un sous-entendu généralement ironique ou un rire. Mais on emploie plus souvent l’interjection hé dans ce cas, pour exprimer de façon familière ou plaisante, selon le ton, des nuances d'approbation ou d'ironie.
Exemples :
- Hé, hé, je vais y penser. (ou Eh, eh)
- Hé! Hé! Ça aurait pu être pire! (ou Eh! Eh!)
La locution interjective eh bien marque principalement une interrogation, une réponse, une information ou une émotion. Elle s'écrit uniquement avec l'interjection eh, la variante hé bien étant aujourd'hui vieillie. Employée en début de phrase, eh bien est suivie d'une virgule; employée seule ou en fin de phrase, elle est suivie d'un point d'exclamation ou d'interrogation. On doit éviter l'erreur fréquente d'écrire et bien, avec la conjonction et, à la place de la locution eh bien. Il en est de même pour eh quoi, qui, lorsqu’elle est utilisée comme locution interjective, ne doit pas s'écrire avec la conjonction et. Évidemment, il est possible d'employer et bien et et quoi là où l'emploi de la conjonction et est requise, par exemple avec les locutions conjonctives bien que et quoi que.
Exemples :
- Eh bien, je vous souhaite de passer une agréable soirée! (et non : hé bien ou et bien)
- Oui, eh bien? (et non : hé bien ou et bien)
- Je viens d'acheter un chiot, et bien qu'il soit désobéissant, je le trouve absolument adorable! (et non : eh bien ou hé bien)
- Eh quoi? Vous ne vous en doutiez pas? (ou Hé quoi mais non : et quoi)
- J'ai quitté mon emploi, et quoi que vous en pensiez, je devais le faire. (et non : eh quoi ou hé quoi)"
Avec mes excuses pour ce hors sujet, mais je suis aussi un admirateur de Pierre Doris et votre papier est le bienvenu.
pour Fantie B.
Vous pourriez sans doute vous procurer "La maison des bois" de Pialat en vous adressant à l'INA.
@Fantie B
La maison des bois est disponible chez l'INA:
http://www.ina.fr/economie-et-societe/education-et-enseignement/video/CPF00012230/la-maison-des-bois-1er-episode.fr.html
@Edgar Salazar: Excellent hommage à Pierre Doris. Merci