
Thématiques du blog
Ce que j’ai dit chez Ségolène Royal
Il arrive aussi que les journalistes soient victimes des médias. De mon intervention, samedi 28 juin, à la Maison de la Chimie à Paris, comme témoin extérieur et invité, lors d'une réunion des partisans socialistes de Ségolène Royal, la rumeur médiatique n'aura retenu qu'une présence hâtivement assimilée à un soutien partisan. De ce que j'ai dit, rien ou presque. Légitimement, puisque mal informés, quelques amis et abonnés de Mediapart s'en sont inquiétés : qu'allait-il faire sinon dans cette galère, du moins dans ce sillage ?
Jusqu'à maintenant, j'ai pensé que nos explications préventives, dès le 27 juin, dans un billet de Républico, et les précisions qui les prolongeaient dans les commentaires, sur nos raisons d'avoir accepté cette invitation à témoigner en toute indépendance, étaient suffisantes. Tant il est vrai que la liberté ne se démontre pas en paroles, mais se prouve, en actes et par les faits, je ne me sens pas particulièrement concerné par tous ces procès en dépendance, soumission, résignation. Si j'étais contrôlable par la droite ou par la gauche de pouvoir, depuis le temps, cela se saurait - et j'assume, depuis longtemps, le prix à payer, fût-il de caricatures, de cabales ou de calomnies, pour cette indépendance d'inclassable, autrement dit véritable.
Je pensais donc en rester là, pariant sur Mediapart, sa réalité faite de liberté, de diversité et de pluralité, pour balayer toutes les interprétations malveillantes. Mais, me voyant aimablement portraituré dans Le Nouvel Observateur paru ce jour en « chauffeur de salle » ségolénien ou royaliste, je me sens obligé d'y revenir. D'abord pour rappeler l'essentiel : ce que j'ai dit ce jour-là. Vous pouvez l'écouter sur cette vidéo, cela dure environ dix minutes - on ne se refait pas : je me suis permis de doubler le temps de parole qui m'était imparti :
Ce que j'ai dit là, j'aurais pu le dire aussi bien devant une assemblée du Modem de François Bayrou ou du NPA d'Olivier Besancenot, devant une loge maçonnique ou dans un cercle de chrétiens de gauche, dans un club de militants UMP proches de Dominique de Villepin ou dans un rassemblement de journalistes professionnels - et vous pouvez allonger la liste à loisir tant je suis œcuménique, du moment qu'on me laisse dire ce qui me tient à cœur. En l'occurrence, je remercie les militants socialistes présents ce samedi-là (Ségolène Royal incluse) d'avoir applaudi un propos qui, dans leur famille politique, n'a pas toujours été évident. Et qui, plus généralement, ne coule pas de source pour des militants, de quelque parti que ce soit, tant ils sont d'ordinaire convaincus que leurs idées ou leurs valeurs sont plus pertinentes que les faits et les réalités rapportés par le journalisme de terrain.
Je leur ai donc parlé du journalisme, de ce qui le légitimait (la quête des vérités de fait plutôt que des vérités d'opinion), de son extrême nécessité démocratique face aux mensonges d'Etat, du fait qu'ils devaient soutenir cette liberté même si son exercice les dérangeait parfois dans leurs convictions, du souvenir que la gauche au pouvoir avait pu, elle aussi, tout comme la droite, empiéter sur cette liberté, de la protection que représentait face à ces éventuels abus de pouvoir la définition par la jurisprudence européenne du journalisme comme « chien de garde de la démocratie », etc., etc.
Surtout, je ne me suis pas contenté d'accabler l'actuel « coup d'Etat médiatique permanent » mené à train infernal par Nicolas Sarkozy. J'ai aussi, de façon explicite, relié ma critique de cette présidence-là à l'occasion manquée qu'avait été, de ce point de vue, la présidence de François Mitterrand, meilleur procureur d'institutions dangereuses qu'hélas, il ne sut pas transformer une fois au pouvoir, au point de nous les laisser en héritage, prêtes à l'emploi pour des aventures encore plus dangereuses. La privatisation du pouvoir suppose le présidentialisme. Si ma citation du Coup d'Etat permanent, le livre de François Mitterrand paru en 1964, a été accueillie dans un silence retenu, c'est que l'assistance a bien compris qu'il y avait là une mise en garde qui visait aussi l'usage du présidentialisme par la gauche.
Reste évidemment une question, entre texte et contexte : fallait-il dire cela en cet endroit, à cette occasion, dans cette compagnie ? Pour parler franc, je trouve ce questionnement politiquement douteux et professionnellement hypocrite. Politiquement douteux parce qu'il sous-entend que la démocratie (donc la liberté de l'information) doit se construire dans une mise à distance du politique, de ses représentants, de ses élus, de ses militants : je crois, tout au contraire, qu'en tant que journalistes nous devons interpeller ceux qui s'engagent en politique sur nos attentes, sur nos besoins, sur nos exigences. La démocratie est notre bien à tous, et non pas l'affaire de professionnels qu'il faudrait laisser vivre et prospérer en milieu fermé.
Mais, surtout, cette question cache une grande hypocrisie : elle met l'indépendance là où elle ne se joue aucunement, tandis qu'elle ferme les yeux sur les pratiques où elle s'égare. Il me semble qu'il y a bien plus de péril dans des fréquentations aussi complices qu'occultes que dans cette prise de parole publique et, finalement, distante. Tutoyer les politiques, devenir leur ami, les fréquenter en privé, accepter d'eux des nominations, des rapports, des commissions, des missions officielles, des fonctions honorifiques, des médailles ou des décorations, des services ou des promotions, tout cela me semble autrement répandu parmi certaines notabilités médiatiques et autrement compromettant qu'un discours devant une assemblée de citoyens libres et égaux.
Quant au fond du discours, à propos de l'actuelle présidence, il est comme toute analyse discutable et perfectible. Mais on conviendra qu'il n'était pas de circonstance ségolénienne et qu'en cette matière, je n'ai jamais varié. Oui, je crois que la sarkozysme est l'adversaire du journalisme. Oui, je pense qu'aux raisons partisanes que tout un chacun peut avoir de critiquer cette présidence, s'ajoutent, pour les journalistes que nous sommes, dans toutes les rédactions et par-delà les sensibilités, des raisons professionnelles de s'y opposer. Car ce pouvoir gouverne comme il a été élu : par les médias et contre les médias, en les séduisant, en les manipulant, en les soumettant, en les corrompant, en les paralysant, en les neutralisant, en les dévitalisant.
De la conférence de presse du 8 janvier à l'offensive contre le service public télévisuel, en passant par la mise en scène indécente de sa nouvelle moitié, les six derniers mois montrent à satiété comment ce président s'acharne à masquer ses échecs politiques, économiques, diplomatiques, par une offensive médiatique. C'est là, sur notre terrain, dans notre métier, au cœur de notre identité, qu'il se prolonge et se renouvelle. Et c'est bien pourquoi il s'entête à réduire toutes les poches d'autonomie restantes, la prochaine offensive, déjà entamée, visant évidemment Internet et son indocile liberté.
Mediapart – avec d'autres, comme d'autres et solidaires d'autres – incarne l'une des formes de résistance à cette normalisation médiatique. Et il n'y a aucune mauvaise tribune pour le faire savoir.


Tous les commentaires
Ce que j'ai dit là, j'aurais pu le dire aussi bien devant une assemblée du Modem de François Bayrou ou du NPA d'Olivier Besancenot, devant une loge maçonnique ou dans un cercle de chrétiens de gauche, dans un club de militants UMP proches de Dominique de Villepin ou dans un rassemblement de journalistes professionnels - et vous pouvez allonger la liste à loisir tant je suis œcuménique, du moment qu'on me laisse dire ce qui me tient à cœur. edwy plenel . Bien sûr, Edwy, que vous auriez pu dire la même chose à tous ! . Je vais me permettre de vous faire une critique, même si on vous en accable: du moins, celle-ci, d'habitude on ne vous la fait pas. . Il ne faut pas dire la même chose à tous ! Il faut dire à chacun son truc. . Ce qui signifie, dans mon idée, si vous me recevez bien, qu'aussi performant que vous soyez, vous pouvez encore progresser ! . jpylg
Cher Jean Paul Yves, "Dire à chacun son truc…" Vous avez entièrement raison : pour bien convaincre, il ne faut pas parler en l'air ou en boucle, mais s'adresser à un public défini. C'est ce que j'ai essayé de faire devant cette assemblée socialiste : leur dire que ce qui leur déplaît chez Sarkozy n'est pas sans rapport avec un questionnement démocratique plus général qui interpelle aussi la gauche. Mais, pour moi, c'est plutôt une variation de forme (comment on construit le propos) que de fond (l'enseignement, c'est la répétition). Fidèlement à vous !
. Merci de votre commentaire. Alors, pour aller sur le fond, je vous avouerai que j'ai tiqué sur votre hommage au Mitterrand de l'opposition. Moi aussi, j'ai cru au Mitterrand de l'opposition; j'ai fini par penser que le Mitterrand de l'opposition valait ce qu'on a vu que valait le Mitterrand du pouvoir. Il n'y en a jamais eu qu'un. Son discours avait évolué parce que les choses avaient changé. Elles avaient changé, bien sûr, en partie, par lui, mais surtout, elles avaient changé pour lui, c'est-à-dire pour son bénéfice. J'ai peur que ses héritiers en soient toujours là : vouloir faire changer les choses pour eux. . Ce serait un service à me rendre que de me montrer que je me trompe. J'ai peur que çà ne soit pas facile. . Amicalement. . jpylg
Sans doute faut-il prendre une vie politique en bloc et, dans ce cas, de la jeunesse nationaliste à la vieillesse présidentialiste, l'itinéraire mitterrandiste n'aura pas vraiment innové. Mais le Mitterrand d'opposition ne se réduit pas au personnage: il incarne un refus qui, alors, va au-delà de sa personne, de ses calculs et de ses tactiques. Et c'est bien pour cela qu'il réussit à l'époque à s'imposer en leader de l'union de la gauche. Car c'est le refus du pouvoir personnel qui, à l'époque, mobilise, rassemble et unifie. Si je m'y réfère, c'est donc pour rappeler cette espérance. Ce n'est pas parce qu'elle fut trahie qu'elle ne demeure pas. Par ailleurs, cette formule n'est pas nouvelle dans ma bouche : c'est le propos de ma préface (2006), intitulée "Grand deuil" au livre "Le journaliste et le Président" (Stock) où j'ai réuni les trois livres, plutôt critiques à tout le moins, que j'ai consacrés à la longue présidence de François Mitterrand ("La part d'ombre", "Un temps de chien", "Les mots volés").
il incarne un refus qui, alors, va au-delà de sa personne, de ses calculs et de ses tactiques. Et c'est bien pour cela qu'il réussit à l'époque à s'imposer en leader de l'union de la gauche. Car c'est le refus du pouvoir personnel qui, à l'époque, mobilise, rassemble et unifie. Edwy Plenel . Bien sûr, bien sûr, bien sûr...D'ailleurs, en politique, on a vu pire que Mitterrand. C'est moins Mitterrand qui me gêne, aujourd'hui, que les mitterrandiens. . Je soupçonne les "héritiers" (Ségolène, y compris) d'être moins portés par l'espérance que vous évoquez et qui fut trahie que par les mille et un stratagèmes qu'il inventa et qui,ceux-là, réussirent... à l'amener à l'Elysée... . jpylg
Il y a eu aussi un petit papier plein de sournoise ironie dans le Canard enchaîné d'hier. Et ça glose ici et là, comme tu peux l'imaginer... Ça n'arrête pas ! Mais pour tout te dire, Edwy, nous nous sommes suffisamment entre-étripés dans le papier "préventif " de Stéphane Alliès, le 27 juin, anticipant tous les reproches possibles qui pouvaient être faits à MdP pour ta présence à la Maison de la Chimie, pour avoir encore grand chose à dire sur ce sujet. D'autant que nous en avons pris pour certains plein la gueule. Si tu en as le courage, relis les commentaires qui ont suivi ce billet. Tu y découvriras ce que tu savais déjà sûrement: que tu (et au travers toi le concept d'une presse indépendante, libre et non inféodée à qui que ce soit) as des adeptes prosélytes et "évangélistes" (pour reprendre un terme prononcé le 21 juin) acharnés. Et que ce ne sont pas eux qui sont "à convaincre". Mais les autres. Les "gloseurs". Et les militants. Pour ma part, je t'avoue que je n'ai jamais douté à ce sujet, ce qui fait que je n'aurais jamais dû m'en mêler. Mais que j'ai eu la désagréable impression d'avoir été manipulée dans ce débat. Avec toute mon amitié (et comme toujours toute ma confiance). Bien @ toi !
Beau combat que le votre, que le notre. Via Mediapart c'est vraiment une action politique qui est possible au sens même où l'entendait Arendt , alors que beaucoup parmi les politiques ont abandonné les incertitudes et risques de l'action pour la sécurité apparente de la gestion .
Cher Edwy, Votre consoeur de France-Inter, Françoise Degois, dont le commentaire (samedi 28 juin) sur votre présence à cette réunion m'a mis en rage par sa perfidie, son manque de confraternité et d'honnêteté intellectuelle, serait bien inspirée de lire votre remarquable article et d'écouter votre excellent discours sur la défense de la liberté de la presse. J'ai beaucoup apprécié, je cite "Mitterrand m'a beaucoup écouté mais ne m'a pas entendu." Là est sans aucun doute le drame et l'étroitesse d'esprit de bon nombre de responsables du PS, c'est-à-dire de ne pas admettre que Sarkozy est, en quelque sorte, le fils politique de Chirac et de Mitterrand. Ce dernier était sans doute moins arrogant, mais il a fait preuve, envers les médias, du même mépris et du même cynisme que ses deux successeurs. Bravo et merci.
L'article de Rue89 était manipulateur, mais je considérais ce genre de "raccourci" comme étant de bonne guerre, provenant d'un concurrent direct (lectorat de sensibilité à priori assez proche, structure légère) en prise avec ses propres difficultés. D'autant que Mediapart a publié le lendemain même (heureux hasard ?) un article qui m'a fait sourire mais qui en a certainement calmé plus d'un chez Rue89... En revanche l'article du nouvelobs Plenel, nouveau royaliste est à mon sens bien plus perfide car provenant d'un des principaux journaux nationaux de gauche que beaucoup de lecteurs assimilent toujours à une source d'opposition crédible (cela a été le cas pendant des années, pourquoi cela changerait ?). Certains pourraient aussi penser qu'Olivennes est resté trotskyste, et que ses liens avec le gouvernement et l'entourage du gouvernement n'affecte en rien sa direction de ce journal in-dé-pen-dant. Humm... Et alors la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu...
Cher Pierre-Mael Cretinon,
Etant l'auteur de l'article paru dans Mediapart, dont vous vous demandez s'il fut publié par un «heureux hasard», je tiens à vous préciser qu'il n'y a, en fait, aucun hasard. En effet, depuis ma présence sur la toile, j'ai toujours tenu le même discours face à l'invasion publicitaire du web. La sortie de Firefox 3 était donc un prétexte idéal pour rappeler qu'une autre information est possible, et que d'autres échanges le sont aussi. D'où l'interview de Wladimir Palant, le développeur de l'extension tueuse-de-pub. Donc, oui, aucun hasard. Mais delà à penser qu'il s'agissait de «calmer» quiconque, vous vous méprenez. J'ai toujours pris soin de n'être l'otage d'aucun directeur de rédaction, ni le bras armé de quiconque. Ainsi, cet article n'engage que moi.
Tout comme, je l'espère, la présence d'Edwy Plenel à la tribune de Ségolène Royal, n'engage que lui, et aucunement la rédaction de Mediapart.
Chers tous, Vous avez là, avec la claire mise au point de David, une illustration de ce que, pour nous tous, doit être Mediapart : non seulement un média participatif (le journal de ses lecteurs avec le club), mais aussi un journal plus horizontal que vertical, dont les journalistes sont maîtres d'eux-mêmes, sans dépendances ni servitudes, étant entendu qu'aussi bien la rédaction que les abonnés partagent quelques principes et valeurs qui garantissent la qualité et le sérieux de nos contributions et échanges. Depuis que Mediapart existe, il m'est plusieurs fois arrivé de dire à des officiels, à des sources ou à des contacts, qui se souciaient, s'inquiétaient ou se préoccupaient auprès de moi de tel ou tel article ou de tel ou tel oubli qu'ils devaient entrer en relation directe avec l'auteur de l'article concerné – et de n'en rien dire à l'équipe car ce serait déjà une forme de pression. Mediapart est aussi le journal de ses journalistes dans leur diversité et leur pluralité, dont le premier garant est François Bonnet, son directeur éditorial. La notoriété, en l'occurrence la mienne, a cet inconvénient qu'on a tendance à tout ramener à elle, à tout réduire, à tout rétrécir. Je n'ai d'autre but, dans cet aventure, que de la mettre au service d'une aventure collective dont je répète qu'elle ne se réduit pas à ma personne, aussi présente soit-elle.
@David Dufresne votre indépendance de journal par rapport aux pouvoirs (politiques / économiques), et de journaliste par rapport à votre direction de rédaction, constituent le socle solide de ma confiance et de mon soutien ferme. Il s'agit de loin du critère principal pour lequel Mediapart est devenu ma source d'information principale, et un des seuls relais d'opposition actuellement en place. Mais comme tout est éphémère et que rien n'est définitivement acquis je tiens à souligner l'importance du travail permanent d'explication et de rappel des faits démontrants votre intégrité (la simple vidéo sur ce billet en est un excellent exemple, tout comme votre intervention pour rappeler votre indépendance face à votre direction de rédaction). Merci pour votre action de soutien de la démocratie, et bon courage pour la suite !
J'étais dans la salle,Edwy Plenel et ce que vous avez crié m'a tiré les larmes des yeux,de même que l'intervention d'Ariane Mnouchkine. Moi,je vous dis tout simplement merci d'avoir été là. Avec nous,les militants qui n'en peuvent plus d'entendre et voir ce qu'ils ententent et voient au sein du principal parti d'opposition. Et tant pis pour les autres qui n'ont pas eu cette intelligence de vous convier. Aujourd'hui,la contribution Royal approche des 6000 signatures,5 fois plus que Delanoë,8 fois plus qu'Aubry,3 fois plus que Moscovici et 2 fois plus que Hamon. Non,les militants ne l'ont pas laissés tombés ,eux dont les signatures ne sont même pas cités par les autres contributeurs. Nous souffrons tous de la présidence de Sarkozy,nous souffrons tant!
Mais personne ne s'intéresse au nombre de signatures des dizaines de contributeurs du PS. Nous parlions "liberté de la presse" et engagement contre le sarkozysme. Que vient faire Ségolène Royal et ses 6000 signatures sinon de remettre une louche au "Plenel Royaliste" du Nouvel Obs ? Franchement, pour ce qu'est devenu le PS, je me demande ce qu'Edwy Plenel est allé faire dans cette arène d'égos de centre droit... La même chose, dit-il, qu'il ferait devant les militants NPA - LCR ou une congrégation intellectuelle quelconque. Je le crois sur parole. Pour cette fois !
Personnellement je m'en branle des 6000 signature pour "ça". J'espère que c'est assez vulgaire et assez bas pour que même vous puissiez le comprendre Le débat n'est pas là. Le débat est sur l'indépendance de la presse. Alors arrêtez pauvre idolatre d'ensencer votre madonne d'abribus et de porter sa parole pire que ne l'auraient fait les témoins de Jéhovah. Et quant à moi je maintiens que si "ça" se retrouve à devenir le fossoyeur du parti après le congrès, j'irais déchirer ma carte devant la rue de Soférino.
Je partage cet avis , j'étais également à la Maison de la Chimie. A la sortie j'ai remercié Ariane Mnouchkine et j'ai également remercié Edwy Plenel pour son intervention faite en toute indépendance n'en doutez pas, messieurs et mesdames coupeurs de cheveux en quatre. Et pour nous nouveaux militants du PS qui voulont, qui espéront que ce vieux parti "ouvre enfin les portes et les fenêtres"cela nous a particulièrement touchés cette intervention sans complaisance. Et si nous avons l'intelligence de ne pas laisser passer la chance de changer ce vieux parti en permettant la mise en place de l'équipe de Ségolène Royal, car elle n'est pas seule figurez vous, pour lui donner une nouvelle impulsion, nous saurons tirer profit des critiques constructives qui sont faites, n'en doutez pas. Cordialement et encore merci Edwy Plenel d'avoir accepté de venir parler ce jour-là du problème des médias et de leur indépendance aujourd'hui particulièrement compromise.
Je voudrais préciser que c'est l'avis de Menez Guen que je partage et non pas celui de Serval qui lui est l'illustration parfaite de ce dont souffre aujourd'hui le PS. Cordialement
A MENEZ.GUEN : je suis de tout coeur avec vous et ai du mal à tenir rigueur à ceux qui cherchent un peu d'oxygène autour d'eux... Où exactement ? Dans quelles idées si ce n'est S'OPPOSER au radicalisme rampant ? Où peut se trouver l'homme ou la femme de la situation ? Il n'y en a pas. En conséquence, peu importe qu'on se tourne vers ce que peut dire Ségolène Royal ou quelqu'un d'autre étiqueté plutôt à Gauche, franchement, peut-on faire la fine bouche, continuer à être perfectionniste ? On se détourne surtout du gouvernement en place, trop cynique, trop machiavélique pour peu qu'on en décèle les intentions profondes, la pire des choses serait bien de se laisser dévorer sans broncher !
" La calomnie est une guêpe qui vous importune et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu'on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais" ( Chamfort, "Pensées, Maximes et Anecdotes" ). Bon courage et solidarité!
Je viens d'écouter tranquillement et avec un plaisir "militant" tout ce que vous avez dit à la Maison de la Chimie l'autre jour et qui m'avait déjà "enflammée" lors du direct. J'avais eu une petite pointe d'appréhension lorsque' j'avais vu figurer votre nom (d'autres camarades m'ont dit l'avoir eue aussi) parmi les intervenants. Je vous présente mes excuses d'avoir douté et de vous et de l'équipe de Ségolène Royal... Nous voulons, tout autant que vous, une presse indépendante qui sache chercher, vérifier et lancer l'information malgré la couleur du pouvoir en place, fût-elle la nôtre et ceci pour notre propre sauvegarde. Ce qui manque à cette vidéo, c'est la durée de l'ovation finale qui a salué votre magnifique plaidoirie; sans applaudimètre mais "au pif" je dirais que vous n'étiez pas loin de celle qui a accompagnée la déclamation faite par Ariane Mnouschkine à l'Etat-providence. A vous deux, vous avez mis le feu à la salle et à l'exaltation citoyenne. Pour ce qui est des portraits des concurrents à votre encontre, c'est bien triste de voir le délitement de ce qui fut la presse de référence et je ne me rejouis pas, loin de là, mais ces commentaires sont au niveau de ce que cette presse est en train d'atteindre. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur leurs forums, mais pour cela il faut choisir un jour où vous vous sentez d'attaque. Pour ce qui est du Nouvel Obs, c'était, il y a quelques années, l'hebdo qui trainait toujours chez moi et même mes enfants piquaient dedans; il y a lontemps qu'il est absent de mes lectures. Une presse qui ne tire pas ses lecteurs vers le haut ou qui ne releve de plusieurs crans les débats, ne mérite pas son nom! Amitiés citoyennes.
Entièrement d'accord , je n'ai rien à ajouter tout est dit. Cordialement
Etre journaliste, c'est aussi être présent dans la cité, et vous l'avez donné à voir.
merci Mr Plenel pour cette mise au point qui me conforte dans la confiance que j'ai placée en vous (et aux autres journalistes ) lorsque je me suis abonnée à Médiapart. Par contre, j'aimerais vous voir ou vous entendre chez F. Bayrou (ou O. Besancenot )comme vous le mentionnez ...il y a et il y aura des occasions et des invitations de leur part, n'oubliez pas.
Edwy Plenel a déjà été invité et a participé à maints débats lors de l'université d'été de la LCR. J'y étais. J'en témoigne.
Cher Velveth, Je confirme, et ce fut, à l'époque, ajouté par la cellule de l'Elysée au dossier policier du dangereux journaliste que je suis. Dans ses débats à venir, le NPA en gestation se souciera-t-il autant que le font Bayrou ou Royal de cette question, la liberté de l'information et l'indépendance des journalistes ? Si c'est le cas, toujours partant.
Cher Edwy Plenel, Je fais part aux "autorités compétentes" (rires) de votre bonne disposition à l'égard de l'Université d'été qui sera, cette année, mi NPA mi LCR. N'ayant pas suivi les dernières thématiques qui seront abordées fin août, je ne sais si la liberté de l'information et l'indépendance des journalistes peut s'ajouter au programme. Bien à vous.
Mediapart – avec d'autres, comme d'autres et solidaires d'autres – incarne l'une des formes de résistance à cette normalisation médiatique. Et il n'y a aucune mauvaise tribune pour le faire savoir.
Certainement très vrai.... Je suis d'accord avec vous sur ce que vous dites sur Internet, et je lisais aujourd'hui dans Marianne les propos de Jean François Kahn que je cite :
"La crise des médias classiques va considérablement s'accentuer à l'avantage d'Internet qui joue un peu le rôle des samizdats en Russie brejnévienne. (...)
et comme vous dans votre allocution, il reste optimiste et il nous faut l'être tous, je pense, et aussi convaincus pour convaincre :
"Mais cela dit, je suis également convaincu que l'excès même de l'uniformisation ou de la normalisation médiatique entraîne de voilentes réaction qui engendreront, à leur tour, une véritable correction."
Je conseille la lecture de l'article à tous !!
Ainsi d'ailleurs que l'article d'Edwy Plenel en page 31 où il reprend certains des propos tenus dans la vidéo que je viens de visionner avec beaucoup d'attention. Il faut continuer, sur toutes les tribunes possibles. Ce combat est celui des journalistes, mais aussi celui des citoyens qui veulent croire en leur droit à l'information distanciée et diverse.
Moi je trouve qu'Edwy Plenel s'occupe plutôt bien de la promotion de Mediapart, et je l'en remercie.
Mediapart n'est pas seulement le beau bébé prometteur de quelques professionnels journalistes. Mediapart appartient à tous les démocrates qui ont compris que la démocratie ne peut exister que si la liberté de parole –et de la presse– est vivante, non anesthésiée dans un grand et permanent show paillettes mercantile décervelant.
Maintenant, que certains politiciens sentent le vent tourner et cherchent à profiter de l'image de Mediapart, ce n'est pas très surprenant. Il y a même une part de sincérité chez Ségolène Royal, comme chez tous ceux qui soutiennent Mediapart, tant le problème de la presse française est évident et criant.
Il y a dans nos médias autant sinon plus de réducteurs de têtes de journalistes et de sujets à traiter qu'au sein du sérail politique. L'autocensure et la censure directe ou indirecte sont les maux prégnants de la presse actuelle, qu'elle soit internationale et francophone, pour le moins, nationale, régionale et dans une moindre proportion me semble-t-il mais peut-être me trompe-je dans la presse dite spécialisée. Rappeler à la classe politique de quelque bord qu'elle soit qu'il n'y a pas de République possible sans crédit total et confiance non naïve accordée aux médias vaut à condition que ceci ne passent pas l'essentiel de leur temps d'écriture ou de parole à véhiculer des clichés pour alimenter le militantisme d'un côté, de l'autre ou entre deux et aux extrêmes. A vous Edwy, qui écriviez dans "La part d'ombre" avoir choisi de rédiger ce livre pour n'avoir pas pu développer en détail dans les colonnes du Monde ce qu'il exposait, j'ai envie de dire que l'intérêt que j'éprouve pour Médiapart.fr est que j'y lis actuellement des choses que l'on ne trouve justement plus que dans des bouquins, des essais, des pamphlets parfois. Des choses dont la place est pourtant bien dans les "médias"... Il est donc possible, sans doute urgent aussi, de ressourcer le genre, de rappeler que le journalisme n'est pas seulement le style sans l'expression de l'auteur en situation, mais à la fois la crédibilité fondée sur des enquêtes rigoureuses, et le style, donc aussi la réaction effective et affective de l'auteur en situation décodée pour ce qu'elle est, ni plus, ni moins. Mais énoncée en clair. Ainsi, vous pouvez écrire que le sarkozysme, que Nicolas Sarkozy vous paraît dangereux dans sa relation aux médias et de par l'usage qu'il vous semble en avoir, et vous l'écrivez en clair, ce que ne font pas de nombreux confrères et consoeurs qui traduisent leur opinion entre les lignes par la façon dont ils équilibrent les contenus en défaveur du personnage. A la télé, cela se traduit soit par l'inverse lorsque le média ( TF1) est majoritairement pro-Sarkozy, soit par une saturation inverse lorsque la rédaction est majoritairement dans la défiance vis-à-vis du même homme et de son appareil, (France 2, France 3, me semble-t-il), alors qu'une poussée diamétralement inverse me semble s'exercer dans la façon qu'ont ces différents canaux de mettre en images et en propos les ténors de la gauche de gouvernement. La lecture de Marianne, par exemple, me laisse régulièrement le sentiment que le consensus abonde dans le sens défini par Jean-François Kahn, dont l'analyse "centriste" répétée à longueur d'éditos ou de textes d'opinions depuis des lustres a contribué largement à poser dans l'espace média francophone la place utile à l'expansion de François Bayrou, davantage que celle où pourraient être écoutés les centristes de gauche ou de droite non modemisés. Il n'empêche que la sphère média actuelle fonctionne largement comme un repoussoir au sens physique du terme : on "repousse" une feuille d'aluminium à dessein pour obtenir la marque de ce que l'on veut imprimer ensuite en blanc sur un fond d'encre noire, puis repartir du négatif pour avoir les traits finaux du dessin. Cela s'apprenait autrefois en maternelle supérieure... Le texte journalistique écrit ou parlé fonctionne souvent de la même façon, mais en mimant plus ou moins la culture de chaque public concerné, afin de mieux s'assurer d'une réception correcte des faits et des idées développées. La chance que les journalistes ont de pouvoir rencontrer en chair et en os les personnages publics qui demeurent des clichés ou des images pour les autres est à la mesure du respect qu'ils ont de la réalité de ces personnes, que leur propre ressenti lors de la rencontre va leur permettre de traduire sans gommer le positif de façon strictement idéologique s'il y en a dans leur perception, ni modérer le négatif lorsque c'est le cas. La propension des politiques à user de la réthorique - parfois proche de la démagogie mais pas toujours - pour s'assurer de la qualité de leurs démonstrations sociétales, économiques, culturelles, politiques en résumé, n'est jamais que proportionnelle à leur plus ou moins grande maîtrise de l'ensemble des langages qu'ils maîtrisent, dont le parler n'est malheureusement qu'un des aspects, faute de quoi François Bayrou aurait été élu l'an dernier, étant sans doute celui qui maîtrise le mieux la langue française dans ses discours publics. S'y ajoute leur théâtralité, leur sincérité "apparente" ou travaillée, le choix des thèmes développés face à tel ou tel public et invariablement un jeu d'affects - démonstration brillante hier soir encore lors du discours d'après libération d'Ingrid B. de Nicolas Sarkozy - ce qui amène à se poser la question de savoir aussi pourquoi cette sincérité, cette émotion - là leur serait interdite, et non aux autres, notamment aux journalistes qui ont donné dans l'affect et la surmesure pendant les dernières 24h, au point de zapper 80% au moins des autres faits intervenus à la surface du monde. En tout cas pour nos médias français, car un rapide tour des sites webs étrangers semblaient indiquer une moindre passion pour l'affaire Bétancourt que dans la sphère franco-française. Le paradoxe est que la culture journalistique actuelle que les politiques de droite analysent comme étant majoritairement à gauche et que les politiques de gauche - hormis les plus paranos - tentent d'instrumentaliser parce que la présupposant aussi plutôt en leur faveur, a été l'an dernier et est encore selon moi le meilleur vecteur d'image pour ceux des politiques qui sont les moins "réfléchis" et qui donnent le plus dans le spectacle. Et là, égalité à gauche, à droite, au centre, ailleurs... Guy Debord et les "situationnistes" n'avaient pas tort sur ce plan. La société de l'information conçue comme un spectacle est suicidaire. C'est l'histoire de l'homme qui a vu l'ours, à l'infini! La société dont j'ai le sentiment que Médiapart peut favoriser l'émergence, si l'économie et son audience s'y prêtaient bien sûr, serait une société d'après le spectacle et d'après la communication camouflée en information, celle qui nous est couramment servie par l'audiovisuel en particulier, mais aussi par les grands quotidiens. Apprendre à lire, cela restera toujours apprendre à croiser les lectures une fois que l'acquisition des bases de la lecture est faite et que la pensée de chacun prend le relais. Sans cela, les internautes, comme les lecteurs du "papier" se contenteront d'aboyer dans le sens de leurs éditorialistes préférés, sans jamais réfléchir deux minutes aux dangers du lobbying, aux connotations à peine voilées qui s'expriment dans la façon de traiter un fait quel qu'il soit, depuis la plus banale des campagnes durant les municipales jusqu'à l'affaire Clearstream, dont on sait qu'elle a été largement instrumentalisée par les courants de chaque parti pour tenter d'en obtenir des effets pendant la présidentielle pour ou contre tel ou tel candidat durant les primaires, à gauche comme à droite. Pourquoi ce flot soudain de mots en réponse à votre texte d'après passage "chez Ségolène", ainsi qu'aux commentaires tous aussi intéressants les uns que les autres? Parce que je crois de plus en plus que le suffrage universel n'est crédible, que si le portrait en pied des candidats réalisé par l'ensemble informel des médias ne renforce pas cette inégalité entre la classe journalistique (qui sait de qui elle parle pour les avoir cotoyé physiquement), et les électeurs-lecteurs-spectateurs, dont les choix reposent intégralement sur les valeurs posées de façon implicite la plupart du temps par les commentateurs, pas sur un ressenti direct, autre chose qu'une vision transférée du personnage. Oswald Ducrot écrivait que le "problème général de l'implicite est (...) de savoir comment on peut dire quelque chose sans pour autant accepter la responsabilité de l'avoir dit, ce qui revient à bénéficier à la fois de l'efficacité de la parole et de l'innocence du silence". On sait à quel point les silences peuvent aussi tuer. Quelques chercheurs ont analysé les discours du Président de la République actuel ou l'on retrouve selon eux la même propension que dans ceux du candidat qu'il était à fonctionner davantage à partir de l'exposé de valeurs implicites - sémantiquement, cela fonctionne comme le billard à deux bandes, on ne "tape" pas forcément directement vers la boule visée car le jeu impose de toucher deux fois les bords du tapis avant de faire mouche - qu'à partir de thèmes explicitement exprimés. Un peu de trivialité suffit à gommer cet effet. Edwy, ce n'est pas votre cas. Ni l'orientation globale du mode d'expression des investigateurs. Malheureusement, c'est exactement la méthode qui colle aux basques du très grand nombre de nos confrères qui préfèrent balayer le champ du réel de façon allusive et finalement "orientée" qu'en jouant à la fois du miroir et - à part - de leur opinion. Un jour, un politique connu m'avait refusé un moment d'interview pour un quotidien "papier", en prétextant un engagement pressé à suivre, mais il s'était arrêté deux ou trois minutes plus tard pour accepter un question - réponse rapide d'une consoeur travaillant pour une télé nationale. J'étais aussitôt allé lui faire remarquer que c'était faible déontologiquement. Nombre de nos politiques en sont réduits à croire qu'il vaut mieux accorder du temps à la télé qui touche selon eux plus de monde, et à discréditer du coup ceux des médias qui répercutent pourtant le mieux leur réalité, pas seulement l'image que les professionnels font passer d'eux. C'est le drame de ce pays, de l'Europe actuelle, et tout le travail qui s'ouvre pour Médiapart et les autres médias "neufs" que de lutter contre les poncifs, contre la loi du "télécran", celle évoquée par George Orwell dans 1984, pour ne pas vivre "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley avant que nous parvenions à la retraite, si tant est que nous pourrons y avoir droit un jour! Le 4e pouvoir décrit pour la première fois par Tocqueville en 1883 dans "De la démocratie en Amérique" touche à ses limites : être à son tour corrompu par le désir latent chez les journalistes d'influer en même temps qu'ils informent. Le web n'échappera pas à cette variable d'ajustement. Le pouvoir corrompt "absolument", il est à souhaiter qu'il n'en soit pas forcément de même de l'usage du pouvoir d'informer, celui de choisir à bon escient son positionnement lorsqu'on parle des autres à d'autres que soi ou au premier cercle de ses amis.
Et dire que nous en sommes là! La question n'est pas de tenir ses propos devant tel ou tel auditoire... mais bien d'entendre, de comprendre, de tirer les conséquences de ce terme " de coup d'état médiatique". Merci Edwy Plenel, de tenir ce discours, merci de bien vouloir éditer ces lignes (ci ce n'est déjà fait - où peut-on le trouver pour le diffuser, avant que Victor Hugo ne se retrouve censuré. Ce qui est dommage, c'est que ce genre d'exercice: le journaliste qui tient son rôle avec son discours citoyen, ne permet pas d'aborder le thème un peu plus largement. S'il y a un "coup d'état permanent médiatique" alors il ne faut pas seulement défendre les "chiens de garde" que seraient les journalistes (à détourner les formules installées Plenel prend des risques) mais il faudrait à mon sens, être un peu moins centrer sur le métier et défendre la liberté de pensée et de création. Comment faire son métier d'écrivain, de cinéaste, de téléaste, d'auteur aujourd'hui dans ce "terrorisme intellectuel" permanent de ce pouvoir actuel? POL
merci Edwy PLENEL pour votre brillante intervention à la maison de la chimie. Merci pour votre indépendance d'esprit et votre clairvoyance! merci aussi pour le combat citoyen que vous menez et que vive médiapart!
J'étais à la Maison de la Chimie.......personne n'a instrumentalisé Edwy Plenel et son propos était fort! C'est à l'honneur de Ségolène Royal et de son équipe de l'avoir invité...et cela donne à ce groupe autour d'elle,beaucoup de responsabilités pour l'avenir du PS : donner enfin un souffle nouveau à un parti dont les militants anciens et nouveaux n'en peuvent plus des chamailleries de collégiens de ses dirigeants !! et enfin donner le change à la politique de Nicolas Sarkozy qui aujourd'hui est en train d'accélérer le "descenseur social" Puisse Mediapart accompagner ce combat sans esprit partisan!
Je vous ai croisé en 1985 quand vous meniez une entrevues de Didier Motchane au CERES, rue de Bourgogne, avec votre complice Alain Rollat. Vous cerniez votre sujet avec rigueur, méthode et respect et ce brin de regard malicieux. Vous n'avez pas changé dun poil. S'il existe des professionnels rigoureux, il existe peu de journalistes à honnêteté durable: vous êtes le modèle de ceux-là.
PLENEL Edwy, Ce que j’ai dit chez Ségolène ROYAL, Cher Edwy PLENEL , Je puis témoigner de l’extraordinaire enthousiasme des militants (et de leur exigence...) à la Maison de la Chimie, le samedi 28 juin. Tous attendaient que les prises de position soient claires, solidement défendues sur les graves dangers qui s’accumulent contre la liberté de la presse et la démocratie. J’avais lu auparavant les réactions et votre mise au point sur Media part, relatives à votre participation à ce débat. Evidemment, vous avez eu totalement raison d’y être, ce qui confirme le courage, la rigueur qui vous caractérisent depuis longtemps, et vous en avez, hélas toujours assumé les conséquences (en d’autres temps, j’ai entendu de mes « oreilles » ce que disait l’Elysée à ce sujet)! Quant à la réaction du Nouvel Obs.…quelle dégringolade, quelle irresponsabilité, quelle soumission à l’ordre établi. (de guerre lasse, j’ai motivé ma résiliation d’abonnements au « Monde » -fidèle lecteur depuis un demi siècle- et au Nl Obs que je soutenais depuis sa création auprès de Pierre MENDES-FRANCE). OUI, votre évocation du Coup d’Etat permanent était opportune, OUI la démocratie (la liberté d’information) doivent se construire dans une mise à distance du politique- (c’est ce que nous prétendons avec Bernard Henri LEVY pour la laïcité= mise à distance de toutes les croyances religieuses). OUI, vos propos sont dénoncés, parce que vous êtes précis, rigoureux, parce qu’armé de formules synthétiques imparables. L’honnêteté et le courage civique, politique nécessitent un dépassement de soi qui coûte, et dont sont incapables les « imbéciles » qui soutiennent une dérive actuelle grave pour la démocratie, une gestion « hystérique »- facteur d’appauvrissement de ceux qui travaillent et produisent, et de marginalisation des plus démunis- ce qui nous ramène vers de sinistres époques… j.ghérardi, 4 juillet 2008
gherardi@ bravo ,tout est dit,rien a ajouter
Je découvre toute cette polémique aujourd'hui. Et je dois dire que les arguments et commentaires de tous les médiamis, juste au-dessus, sont très intéressants et prouvent que la communauté des lecteurs de médiapart aiment à se disputer avec des arguments et pas avec des formules à l'emporte-pièce qui montrent souvent une certaine précipitation intellectuelle (voire pas de pensée du tout!) Pour ma part, je dis BRAVO à edwy plenel. il a des convictions fortes, des arguments forts et cohérents, une aura certaine, et il a bien raison de s'exprimer comme il l'a fait. alors on peut être en désaccord avec certains points, mais l'intelligence, dans la contradiction, c'est de respecter autrui. à ceux qui considèrent qu'il n'aurait pas dû s'afficher au meeting, je dis que je préfère un journaliste engagé, avec des arguments et une histoire qu'il peut faire partager à tous, à un journaliste fade, sans arguments, sans culture -ou si peu- et qui se tait car il a peur, soit de se faire mal voir, soit de gêner son patron ou ses sources politiques ou économiques. Le courage est un atout du premier, pas du second. et c'est parfois de courage que manquent certains journalistes. florent
Merci de votre intervention , je souhaite que votre article soit une référence et non une justification, car ceux sont toujours les mêmes qui critiquent parce qu'ils sont borgnes, grincheux , avec une arrière pensée : ils ne veulent pas que ça change! Il faut être honnête quand on se positionne vis à vis de la gauche, ou d'autres , dire ce que l'on pense même quand ça fait mal à entendre, cela remet les pendules à l'heure... et surtout cela fait de soi un citoyen.engagé et vigilant. Je reprendrai votre phrase "La démocratie est notre bien à tous, et non pas l'affaire de professionnels qu'il faudrait laisser vivre et prospérer en milieu fermé." poursuivez votre (notre) belle aventure Mr PLENEL, même si parfois je suis en désaccord avec vous. Que Mediapart soit aussi LA référence pour débattre et faire avancer la société
Sans la presse ... pas de Sarkozy ... sommes bien d'accord. "Coup d'état médiatique permanent"... belle trouvaille juste et synthétique et bonne référence.... Mais attention, pour ton info et celle des lectrices et lecteurs de Médiapart, la prochaine attaque (qui a déja commencé) est dirigée contre l'AFP (3e agence mondiale d'information et principale source d'info de nos concitoyens) qu'il veut privatiser avec un tour de table où les chaises de ses petits camarades du monde des affaires sont déjà réservés. Le combat va être rude... C'est pour la rentrée, c'est lui qui l'a dit il y a quelques jours dans une conversation semi-privée qui nous a été rapportée par un (une?) témoin direct. Le moment venu, on aura besoin (aussi) de Médiapart. PF (journaliste)
Cher PF, Vous avez entièrement raison : dans mon énumération, j'ai eu tort d'oublier l'AFP dont Nicolas Sarkozy et ses relais dans l'UMP ont clairement attaqué l'indépendance. Si vous en savez plus sur ce dossier et si vous avez des pistes d'enquête à nous indiquer, merci de contacter sur la messagerie interne François Bonnet ou moi-même ou quiconque de l'équipe à votre choix. Très confraternellement !
Une fois encore la qualité de l'article et celle des commentaires me rappellent toutes les raisons que j'ai d'adhérer et de soutenir de mon mieux le projet Médiapart. Qualité que, comme d'autres ici, et dans une autre vie de ces journaux j'ai pu trouver au Nouvel Obs ou dans le Monde. Un point tout de même : certains expriment des doutes à partir de ce qu'ils pressentent de ce que sera le pouvoir exercé par telle ou telle personnalité de gauche. Il me semble plus important de faire exister une exigence, une analyse et chaque fois que possible une pression... se démarquer en quelque sorte d'une position de consommateur qui hésite entre le navet et le radis noir en promotion pour exercer sa petite part de responsabilité de résistance aux idées dominantes. Et se dire comme le fait Edwy Plenel que la gauche au pouvoir ce sera encore le pouvoir et que nous serons encore citoyens et donc critiques. Serge Koulberg
Il faut soutenir les gens qui essayent de soutenir la démocratie. L'histoire personnelle d'E. Plenel tend à montrer qu'il fait partie de ces gens. Médiapart offre un espace de liberté. Le reste appartient à chacun. Je serais vraiment déçu si cette aventure prenait fin, essaye à mon modeste niveau de la faire vivre. Good lucke!
Bravo EDDY ! Bravo Mediapart ! Continuons le combat pour la liberté, valeur crédible quand incarnée par la gauche. Bravo enfin à l'équipe de SEGOLENE pour son esprit d'ouverture terme galvaudé par l'occupant de l'Elysée et ses chasseurs de porte-feuilles et de missions. C'est aussi avec ce combat que nous arriverons à libérer 55, rue du faubourg Saint-Honoré.
Bravo EDDY ! Bravo Mediapart ! Continuons le combat pour la liberté, valeur crédible quand incarnée par la gauche. Bravo enfin à l'équipe de SEGOLENE pour son esprit d'ouverture terme galvaudé par l'occupant de l'Elysée et ses chasseurs de porte-feuilles et de missions. C'est aussi avec ce combat que nous arriverons à libérer le 55, rue du faubourg Saint-Honoré.
kairos Bonjour, Je me demande si ce qui vous avez dit ou pu dire, ne compte pas moins que ce que vous n'avez pas dit à Ségolène Royal? par exemple, que déclarer Sarkozy étranger à la libération d'Ingrid Betancourt est une grave faute de communication dont devrait se garder un responsable politique de premier plan... Sinon, j'admire l'importance que vous donnez à l'ouvrage savoureux de François Mitterrand, "le coup d'état permanent", contre l'opinion générale... et peut-être aussi un peu les faits?
Merci @ Edwy pour ce combat primordial pour l'indépendance de la presse et des médias, indispensable à l'exercice de la démocratie. Oui Edwy vous avez eu raison de vous rendre à ce meeting, ce qui ne signifie en aucun cas une quelconque inféodation à un parti. Si Ségolène Royal trouve ce sujet important et vous convie pour le défendre, c'est tant mieux ! Je soutiens moi-même François Bayrou et me réjouis de voir que d'autres personnalités politiques considèrent ce sujet d'extrême importance. Nicolas Sarkozy avait annoncé le 27 mai sur RTL qu'il souhaitait la réunion d'Etats généraux de la presse écrite, radio et audiovisuelle pour trouver des solutions aux problèmes économiques de la presse. Il en a annoncé la tenue à l’automne. Il faudra être très vigilant car en effet, au motif que internet et sa gratuité ruine la presse traditionnelle, il va certainement s'en prendre à internet, qu'il n'arrive pas à contrôler. Il avait affirmé que "La démocratie ne peut fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique", que "le problème d'internet est considérable parce que comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'il est gratuit sur internet", et ajouté "Il y a un gigantesque problème de distribution. Il faut aider la presse écrite à faire du portage à domicile qui créera des emplois et qui permette d'avoir son journal tôt le matin", "Il faut également multiplier les points de vente de journaux parce qu'aujourd'hui, dans les grandes villes, pour trouver son journal, c'est un plein travail". Ne va-t-il évoquer que les apects économiques de la presse ? Ne se demande-t-il pas si la désertion des lecteurs vient en partie d'une lassitude de la pensée unique, de la dévotion et de la courtisanerie croissante des journalistes et des directions rédactionnelles, elles-mêmes sous la coupe d'actionnaires dont les intérêts sont liés au pouvoir ? Va-t-on parler du pluralisme et de l'indépendance de la presse à l'occasion de ces états généraux ? Il évoque la presse écrite, radio et télévisuelle, mais pas de nouveaux médias internet payant comme Mediapart ... Nicolas Sarkozy est de plus en plus critiqué sur on comportent à l'égard des médias. Il va essayer de casser cette image en montrant une volonté de sauver la presse pour désamorcer les critiques. Mais franchement, ses idées de la sauver économiquement en multipliant les points de vente sans attaquer le problème de fond, c'est se moquer du monde ! J'en profite pour vous inciter à signer la pétition de VIGILANCE ORANGE sur l'indépendance de la presse : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1304
Cette démocratie qui nous est si chère, nous ne pouvons pas laisser faire les dirigeants qui lui coupent les ailes ! Cette bataille pour la liberté de la presse et les journalistes est déjà un combat bien laborieux. On ferme, on licencie, on pousse au départ journalistes et équipes de rédaction ! Qui sera là demain pour dénoncer et défendre les "otages" qui seront mis pour dix huit mois dans les centres de rétention, lutter contre cette directive de la honte, dans notre Europe des droits de l'homme, où les conditions de "détention" n'intéresseront personne ! Ceux là n'ont pas une image populaire, comme la célèbre et courageuse Ingrid ! Pourra t-on encore demain sur Médiapart communiquer à travers le monde et dénoncer les excès de l'HYPER présidence ? Qui pourra nous garantir de pouvoir, dire, écrire et parler encore et encore dans des débats houleux mais constructifs pour la libre expression ? Que font nos parlementaires pour enrayer cette débâcle de l'information tronquée ou mise au service de l'économie libérale ? Je me le demande, et je vous félicite tous de participer au delà des clivages droite et gauche à maintenir l'esprit de résistance qui pourra peut-être réduire le mépris que les autres états nous adressent : nous sommes vus comme "les Français donneurs de leçons", imbus de cette nouvelle "identité" populaire pourtant si impopulaire, amnésique sur nos actions colonisatrices et maintenant assoiffés de gains dans une politique libérale où la consommation prend la place de l'intelligence. Gageons que Médiapart contribuera encore à nous aider à réfléchir à une stratégie où "l'humain" reste notre unique préoccupation, où la pensée ne laisse pas la place à la manigance, où aucun protocole n'aura l'intelligence du dialogue.
Cher Edwy Plenel Je n'étais pas présent lors de la présentation du texte de Ségolène Royal à la Maison de la Chimie. Votre intervention, en tant que personnalité indépendante, me semble normal, dans la mesure où elle aurait pu avoir lieu dans un autre contexte respectable. Je suis donc très heureux d'avoir pris connaissance de votre intervention dont je salue la qualité. J'ai particulièrement apprécié votre citation d'Hannah Arrendt sur la mise en évidence des faits. La société du spectacle construit sur du virtuel son Pouvoir. Le déni de réalité est permanent, notre société dérive lentement vers un totalitarisme d'image, monstrueuse manipulation générale...Lorsque l'on connait bien une question , la manipulation faite par les politiques et sa traduction en langue de bois par l'administration conduisent à mon étonnement récurrent. Les faits, les faits, rien que les faits et tous les faits : telle est la justification de votre métier et de Médiapart. Quant aux articles mesquins ou teigneux, ils s'oublient très vite et ne convainquent personne...
Je souhaite que tous les journalistes de ce pays vous aient entendu et prennent conscience , qu'ils ont intérêt à serrer les coudes. La liberté de la presse est dépendante de la liberté individuelle. A l'heure de la démesure égotique, et de la toute puissance du fric, votre engagement durable,ferme et enthousiaste pour les valeurs ethiques est extrêmement important pour la démocratie. Vous portez haut et fort ce que beaucoup voudraient pouvoir dire. Merci aussi de ne pas vous laisser enfermer dans des propos partisans, ou restrictifs. Mieux vaut magnifier ce qui est positif, et rassembler plutôt que de perdre son énergie à se tirer dans les pattes. Merci encore, car ce n'est pas un simple beau discours, c'est la capacité à croire à une autre façon de vivre ensemble, et de la partager. Comme ça fait du bien par les temps qui courent!
J'ai essayé de lire tous les commentaires,j'ai apprécié les érudits,les habitués des polémiques et des diatribes...et j'ai calé au bout d'un moment... Juste pour dire que les commentaires et les commentaires sur ceux-ci etc...me paraissent le danger fondamental pour la presse internet et Médiapart en particulier.Il n'y a plus de limite entre le commentaire réfléchi,travaillé...et concis! et la discussion privée de 2 internautes en mal d'occupations,ou la provocation d'un autre . Comment arriver à un niveau de tri qui permette à chacun de s'exprimer...mais aussi de ne pas tout lire!!!Avoir une espèce de Digest ,un premier niveau trié,sélectionné à la manière d'une revue de presse(?).....et pour les accrocs,les bavards,les inoccupés un deuxième niveau où on pourrait tout ,mais tout lire...mais on saurait qu'on est là pour un bon(?) moment. P.S ce n'est pas que pour cet article bien sûr!!
Bonsoir, Nous en avons parlé lors de la rencontre au journal le 21 juin. Des propositions ont été faites que l'équipe doit étudier (entre autres celles de définit des onglets de tri pour les commentaires style (réactions, compléments d'information, opposition..... ). Et aussi un système qui permettrait de donner un titre au commentaire (commentaire que l'on pourrait alors ouvrir à partir de son titre, sans être obligé de tout lire, pour le coup !! Je ne sais pas quand, mais nous veronns quelque chose de ce genre. La richesse des commentaires est importante, mais je suis d'accord avec vous, cela demanderait une sorte de classification.... :)
kairos Sans doute est-ce inévitable... les étiquettes, le classement, les flèches directionnelles, les passages cloutés... Mais un petit coin de nature libre? ça manque toujours au coeur et au rêve, non?
Il ne faut pas tout mélanger. Le problème n'est pas de savoir ce que vous avez dit ou pas dit à cette tribune de Ségolène Royal, non pas du tout. La question est: un directeur de journal, journaliste lui même, peut il se mettre en situation d'être classé dans la "garde rapprochée" d'un personnage politique d'importance? Pour moi, la réponse est clairement non. Vous n'auriez jamais fait cette démarche en tant que directeur du Monde à moins deprovoquer un beau tollé. Et ce n'est pas parce que je suis généralement d'accord avec vos prises de position ou que votre discours était parfait que ça change quoi que ce soit à mon opinion sur cette affaire que je trouve tout à fait regretable. Un directeur de journal ne peux et ne doit pas s'afficher de la sorte.
Il ne faut pas tout mélanger. Le problème n'est pas de savoir ce que vous avez dit ou pas dit à cette tribune de Ségolène Royal, non pas du tout. La question est: un directeur de journal, journaliste lui même, peut il se mettre en situation d'être classé dans la "garde rapprochée" d'un personnage politique d'importance? Pour moi, la réponse est clairement non. Vous n'auriez jamais fait cette démarche en tant que directeur du Monde à moins deprovoquer un beau tollé. Et ce n'est pas parce que je suis généralement d'accord avec vos prises de position ou que votre discours était parfait que ça change quoi que ce soit à mon opinion sur cette affaire que je trouve tout à fait regretable. Un directeur de journal ne peux et ne doit pas s'afficher de la sorte.
Cher leveou.JG, Votre objection est solide. Mais vous avez à la fois raison et tort. Raison car, en effet, directeur de la rédaction d'un journal installé, déjà cinquantenaire, devenu un titre de référence, lieu de pouvoir autant que de contre-pouvoir, je n'aurais probablement pas été parler dans une telle assemblée et, surtout, n'y aurait sans doute jamais été invité. Tort car Mediapart n'est pas dans cette situation. Aucunement. Avec moins de quatre mois d'existence, c'est un tout jeune journal dont la survie est encore loin d'être gagnée. C'est aussi un journal qui mène un combat dans un contexte particulier, économique et politique. Mediapart se bat à contre-courant, entre la révolution industrielle que symbolise le numérique et la régression démocratique qu'incarne le sarkozysme. Il se bat pour la valeur de l'information (le payant contre la gratuité, l'indépendance contre la soumission). C'est ce qui, à mon sens, justifie de saisir toutes les tribunes démocratiques qui nous sont proposées. Car le temps presse et, sincèrement, ce combat est encore trop solitaire. Bien à vous et merci de votre fidélité.
"saisir toutes les tribunes démocratiques qui nous sont proposées". L'idée est bonne à condition que vous ayez d'autres tribunes démocratiques ET politiques pour contrebalancer l'effet d'une seule (quelle qu'elle soit) pour éviter le risque averé de connotation. Toute la problématique se trouve la, à mon sens. . PS (et pour sourire un peu) : j'ai depuis deux jours reçu suffisamment de bois pour me chauffer cet hiver, pas mal de légumes et quelques costards trois-pièces, ce qui en ces temps de baisse du pouvoir d'achat n'est pas négligeable. Moralité, l'indépendance et le pluralisme sont toujours payants. Je ne doute donc pas du succès de Médiapart, et j'engage chaque abonné à démontrer par ses talents de blogueur que nous ne sommes pas une courroie de transmission mais bel et bien l'expression de Nouveaux Observateurs de la vie politique ;-))
Entièrement d'accord avec Edwy Plenel. Les espaces de liberté démocratique se réduisent de plus en plus. Aucune possibilité d'exprimer un avis divergent sur la liberté de la presse dans les grands médias traditionnels (presse - TV - y compris la presse internet lorsque l'on voit la réaction aujourd'hui de Rue89 à la naissance de Médiapart , ou les info reprises par les autres médias sans citation etc...) Médiapart se doit de s'engouffrer dans tous les espaces qui lui sont proposés pour défendre sa position et mettre en alerte le plus de citoyens possible sur les dangers d'une information de plus en plus formatée et soumise. A nous d'en faire autant et de ne pas chipoter sur telle ou telle intervention d'Edwy Plenel ! Son combat est le nôtre !
D'accord à 200 pour cent!!! Pour arrêter les critiques, allons plus loin... La meilleure défense, c'est l'attaque et j'invite Plenel à reproduire cette action de mise en avant, par lui-même, du journal (ce que j'entendais dans mon billet "autocritiques médiapartiennes" aussi...). Poussons toutes les portes et nous deviendrons ce que nous sommes... Un volcan social!
Un volcan social, Mediapart? Cher Gwénaël, quand on tombe sur un de vos commentaires enflammés, on ne peut réprimer un envieux "c'est beau, la jeunesse" (et pourtant perso je ne suis pas très vieux...) et une irrepressible envie de vous rencontrer autour d'un verre pour lier amitié. Mais bon, minute quand même à propos de récupérer Mediapart à des fins révolutionnaires... :-) :-) :-) L'information fiable, le travail sérieux de journalistes responsables et libres et conscients de ce qu'ils font, tout le monde en a besoin, et tout le monde doit en profiter, aussi bien vous, gauchiste affirmé et enthousiaste, que certain chef d'entreprise pas du tout mais alors pas du tout enclin aux mêmes valeurs que vous, qui calé sur le siège arrière de sa limousine sur le chemin d'un conseil d'administration, consultera Mediapart sur son ordinateur de bord pour, lui aussi et entre autres journaux financiers qu'il lit aussi régulièrement, profiter d'une information dont il peut être certain du sérieux et de la fiabilité indépendante.
Mediapart n'est pas un journal "de gauchistes". Mediapart doit ambitionner de se placer hors des penchants et affinités, sur un plan strictement de sérieux et de confiance retrouvée dans le journalisme.
D'accord avec vous. La liberté de la presse devrait être une valeur consensuelle pour tous ceux qui se déclarent démocrates quelque soit leur affinité politique, religieuse etc... Hélas il faut croire que non. Il y a ceux qui font l'autruche et continuent leur petit bonhomme de chemin sans rien voir (il y a de nombreux exemples dans le passé), il y a ceux dont l'ego leur font croire, qu'intelligents comme ils sont, il leur suffit de lire un quotidien, un new et regarder la télé pour être bien informés (sachant que c'est bien connu ils savent lire entre les lignes), il y a ceux qui sont contents car leurs amis sont au pouvoir et cela leur suffit. Et puis un grand nombre également qui ressentent comme un malaise sans trop savoir pourquoi. C'est la raison pour laquelle toute intervention ou conférence d'Edwy Plenel pour une prise de conscience du plus grand nombre est salutaire. Dans notre pays la liberté de la presse est un combat constant.
Je suis abonné depuis longtemps au Nouvel Obs ... et depuis quelques mois à MEDIAPART. Si Mediapart est aujourd'hui -me semble t'il- si nécessaire, n'est pas parce que les hebdos d'opinion ne font plus leur boulot ? La relecture des "Nouveaux chiens de garde" de Serge Halimi, que vous avez cité, est plus que jamais d'actualité (il a été publié il y a 10 ans). Merci à Mediapart d'exister.
Voilà un très beau discours, mais une phrase laisse penser que cette brève ambigüe parue dans le journal n'était pas totalement injustifiée :
"Qu'aurait dit un authentique démocrate - bien sûr ! - et c'était déjà dans les propositions de la campagne de Ségolène Royal [...]"
Ségolène Royal n'est pas vraiment une authentique démocrate viscéralement parlant, vous en conviendrez ; n'avez vous pas carressé dans le sens du poil ses militants en complimentant sa campagne ?! ; dans ce cadre-là, comment pourrez-vous citer (de manière identique) avec admiration le programme du candidat de l'UMP devant ses militants ? ; la même question se pose pour MM. François Bayrou et O. Besancenot, puisque vous indiquez fièrement (à juste titre) pouvoir être présents à une de leurs conventions tant qu'ils vous laisseront vous exprimer...