Thématiques du blog
Deux amis et une tourterelle
Ils ont tous les deux plus de soixante quinze printemps, deux anciens d'Algérie comme ils se définissent.
L'un est mon « père », l'autre son ami. Ils sont des mâles, qui gueulent fort dans les assemblées de leur association. Deux anciens qui se la jouent compète à l'apéro. Et pourtant, l'un a offert à l'autre un poème...
Le voici :
La tourterelle
Depuis peu dans cette villa, installé,
j'aime mon lopin de terre, jardiner.
La place était occupée à mon arrivée,
par une petite boule, colombidée,
qui s'enfuyait à tire d'aile,
car effrayée elle était, la tourterelle !
Oh ! Elle ne se cachait jamais bien loin,
tout simplement sur un arbre voisin,
d'où elle restait à m'observer,
en lançant des petits cris, roucoulés...
Gêné d'avoir perturbé ses habitudes,
je faisais attention à mes attitudes ;
je lui parlais, sans élever la voix.
Mes paroles semblaient l'émouvoir.
Puis ses envolées furent plus lentes ;
je sentais naître une forme d'attente.
Petit-à-petit, elle restait tout à côté...
J'étais heureux de ne plus l'effrayer !
Chaque jour, l'on se rencontrait.
Le premier attendait de l'autre l'arrivée.
Nous étions comme deux bons amis,
dans mon petit jardin, mon paradis...
Claude, pour son ami Pierrot...
02/11
D'accord, c'est pas de la grande poésie, mais c'est touchant. Comme quoi, l'enfant n'est jamais bien loin, quand on y pense. Même à plus de soixante quinze ans...


Tous les commentaires
Ben, si. Pour moi c'est ça la "grande poésie": des mots que l'on sent justes. Les vers de mirliton qui ont fait pleurer de joie ou de détresse ont plus de valeur à mes yeux que les trouvailles littéraires que l'on décortique en Sorbonne.
La poésie ne vaut que pour ce et ceux qui la portent.
Et mon Pierrot était ému jusqu'aux larmes, qui évidemment ne coulent pas. C'est juste le mistral qui souffle un peu trop fort et embue les yeux...
Idem Jonas, Elisa. Il n'y a pas de grande ou de petite poésie. Il n'y a pas de grands poètes ou de petits poètes. Il y a ce qu'on a envie de dire et d'offrir en partage.... Merci Elisette !
"l'enfant n'est jamais bien loin"
Et l'envie de créer, non plus.
Peut-être même qu'elle est là, en chacun et à tout âge, malgré les étouffements des institutions et du "ce qu'il est bien de faire"
Qu'elle subsiste (attendant une étincelle ?)
Et idem Fantie aussi....
Idem Jonas, la poésie, la vraie, "est dans la rue" comme le chantait Léo Ferré;
C'est vrai, sans doute. D'ailleurs les tourterelles ne sont plus du tout intimidées par ce personnage, haut en couleurs, béret sur la tête, qui roucoule en leur donnant du pain dans le jardin.
C'est sa manière à lui, mon père d'adoption, d'être un poète, tout en retenue, comme savent le faire les anciens. Plein, débordant même de tendresse, de gestes mesurés, sous son aspect bourru...
Son ami Claude l'a parfaitement "cerné" dans cette poésie
Le plus beau et le plus touchant de vôtre histoire c'est que cette tourterelle ait servi de pretexte à un vieil ami pour mettre en poésie cette affection qu'il porte à vôtre père.Tout est poésie dans cette anecdote.
Oui.
Ce qui est absolument craquant c'est quand on voit les gabarits...
Bonne soirée Espoir !
C'est une photo prise par le petit insecte qui va se faire dévorer ??
Ou par les grains de riz jetés par Pierrot pour ses amies bavardes...
Très jolie photo GdS dans ce matin nouveau