Liban : nouveau gouvernement dominé par le Hezbollah
Le portefeuille des Affaires étrangères échoit au chiite Adnan Mansour, ancien ambassadeur en Iran.
Après 5 mois d’atermoiements, le premier ministre libanais Najib Mikati (sunnite) a finalement annoncé la composition d’un nouveau gouvernement, dominé par le Hezbollah et ses alliés : sur 30 ministres, 18 appartiennent à la coalition du 8 mars (contre 11 dans le précédent cabinet de Saad Hariri).
En janvier dernier, le gouvernement de Saad Hariri avait chuté lorsque les ministres de la coalition du 8 mars avaient démissionné pour protester contre le soutien apporté par le Liban au Tribunal Spécial chargé d'enquêter sur l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth en février 2005.
Depuis, la formation du nouveau gouvernement avait été retardée par des désaccords concernant l’attribution de plusieurs portefeuilles clés, dont celui de l’Intérieur, qui échoit finalement à un proche du général Aoun (Courant Patriotique Libre, allié du Hezbollah).
Celui des Affaires étrangères a été attribué au chiite Adnan Mansour, membre du Parti Amal et ancien ambassadeur en Iran de 1999 à 2007.
Renforcement d’un axe Liban-Syrie-Iran
La formation de ce nouveau cabinet a donc pour principale conséquence un renforcement de l’influence syro-iranienne sur le Liban - influence qui pourra s’exercer sans garde-fous dans la mesure où l’ex-premier ministre Saad Hariri (proche des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite) avait préalablement refusé de participer au gouvernement.
Du côté des voisins du Liban, si c’est l’inquiétude qui prévaut en Israël, la formation de ce nouveau cabinet a de quoi rassurer la Syrie, de plus en plus isolée sur la scène internationale du fait de la répression des mouvements de protestation dans le pays. Bachar El-Assad a d’ailleurs été le premier dirigeant étranger à féliciter Najib Mikati.
Prise de distance avec le TSL
Principal dossier sur l'agenda de cette nouvelle équipe : celui du Tribunal Spécial sur le Liban (TSL) dont les actes d’accusation devraient être rendus publics dans les mois à venir. Et de nombreuses fuites indiquent que le Hezbollah pourrait être mis en cause.
Comment réagira le gouvernement si ce scénario se confirmait ? Dans une interview accordée lundi à la chaîne Al-Manar (télévision du Hezbollah), le nouveau ministre des Affaires étrangères Adnan Mansour a déjà pris ses distances avec le TSL en déclarant que seul le gouvernement libanais était habilité à décider du sort des résolutions internationales « si celles-ci sont politisées ou si elles menacent la sécurité nationale ».
A n'en pas douter, la politique étrangère du Liban risque donc d'être une source de tensions accrue dans les mois à venir.

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Addenda :
Dans un article daté du 26 juin, le quotidien israélien Haaretz rapporte la première entrevue officielle entre Mahmoud Ahmadinejad et le nouveau Ministre des Affaires étrangères du Liban, Ahmad Mansour.
La rencontre a eu lieu à Téhéran, à l'occasion de la "Conférence internationale sur la lutte globale contre le terrorisme", en présence notamment des présidents soudanais et tadjik.
L'article est accessible en ligne : http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/iran-and-lebanon-brand-israel-main-source-of-terror-in-mideast-1.369665