Les médecins de Molière sont toujours parmi nous !
- En restant dans la région, j'ai une autre histoire à vous raconter, elle concerne une personne que j'ai eu la malchance de côtoyer pendant quelques années, je vous rassure, à mon corps défendant : mon ancien médecin généraliste.
- Nous craignons le pire, quand des grands professeurs se permettent de déconner grave, il faut s'attendre à tout dans la médecine d'en bas !
- Vous faites bien d'envisager l'ultime degré sur l'échelle de Manu ! C'est un mauvais médecin, qui se permet de faire ses visites à domicile dans une grosse Mercédès. Ça eut payé, la mauvaise médecine, mais ça paye plus, c'est ce qu'il a dû se dire, quand avec ses confrères, il a réclamé et obtenu une grosse augmentation de leurs honoraires.
- J'appelle ça une prime à la démission, de moins en moins de généralistes assurent leur obligation morale de garde de nuit ou de week-end, ce qui réduit évidemment leur revenu. Que penserait-on d'un salarié travaillant de nuit avec une prime liée à cette contrainte, qui revenant à un travail diurne, exigerait le maintien de l'avantage, tout le monde dirait qu'il charrie et son patron l'enverrait paître ! Quand je vois ça, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société française !
- C'est sans doute la prime au cossard et à l'irresponsable ! Mais ton copain charlatan, que veux-tu, s'il fait ses visites en Mercédès, c'est qu'il n'a pas les moyens de s'offrir une petite voiture. Avec l'augmentation il va pouvoir s'en payer une !
- Comme dans rave, plus que rêve il y a betterave, dans un cabinet médical, on ne peut mieux le nommer, les lieux d'aisance ne sont pas toujours situés au bon endroit. Ceux qui ont l'habitude de lire en attendant la délivrance peuvent être légitimement perturbés, voire se retrouver dans une situation embarrassante !
- Une confusion difficile à soigner, un outrage impossible à essuyer, un affront non remboursé par la sécu.
Ce jour là, il fallait absolument que je consulte un généraliste. Mon praticien habituel était tout indiqué pour cette indispensable corvée. En réalité, c'était le remplaçant du médecin de famille de mes parents, par une curieuse fidélité qui m'étonne encore aujourd'hui je perpétuais la tradition familiale. Je ne le connaissais pas réellement, en dix ans je n'avais eu besoin de ses services que deux ou trois fois pour des broutilles. Comme il arrivait normalement à neuf heures, je me rendis au centre médical à huit heures vingt-cinq, afin d'expédier au plus vite cette contrainte, le travail m'attendant avec une impatience non dissimulée.
En pénétrant dans la salle d'attente, j'eus comme un choc ! Elle était quasiment pleine ! Je repérais néanmoins une chaise bizarre, surprenante, au style plus qu'incertain, elle ne dénotait cependant pas au milieu des sièges disparates qui meublaient le salon style rat médical et elle se trouvait miraculeusement libre, curieux me dis-je ! Je compris vite pourquoi. Mentalement, je remerciais les bambins qui avaient préféré les genoux accueillants de leur maman, au charme rustique du siège, quelle imprudence ! Très vite, je regrettais ma virtuelle gratitude tant l'objet saugrenu sensé me supporter s'avéra aussi branlant qu'inconfortable.
Je m'en voulus également de m'être installé aussi inconsidérément, pas moins d'une douzaine de personnes me précédaient dans la consultation. La matinée n'y suffirait pas. Comment allais-je expédier les affaires pressantes, urgentissimes dirait le cadre pédant, avant le début de l'après-midi ? Me lever, tenter ma chance auprès d'un autre médecin ? L'idée me tourmenta quelques minutes, mais j'hésitais ! À la crainte d'affronter un praticien tout à fait inconnu, s'ajoutait celle d'y rencontrer un aussi bel embouteillage.
Un silence pesant, les angoisses pour ma chaise s'en accroissaient d'autant, avait succédé aux joyeuses, quoique contenues, réparties que s'échangeaient les personnes de connaissance. Il était neuf heures trente, pas la queue d'un toubib à l'horizon, trois nouveaux candidats à l'attente indéterminée s'étaient joints à notre équipe, dont le moral s'effritait de minute en minute. Un des derniers arrivants sortit au bout de dix minutes en grommelant des propos incompréhensibles, certainement inconvenants, il n'avait pas l'air content ! D'aucuns trompaient leur impatience en feuilletant distraitement les édifiants magazines surannés, qui encombraient la table basse avachie au milieu de la pièce.
Un événement inattendu se produisit un peu plus tard, la secrétaire ouvrit la porte en parlant à une personne que je ne faisais qu'entrevoir : « voyez, il y a des gens debout, avec lui on ne sait jamais, il est toujours en retard ! L'autre docteur qui doit venir ? Il était de garde cette nuit, il a laissé un message indiquant qu'il ne serait pas là avant onze heures... », le reste se perdit dans le bruit de la porte fermant nos espoirs et dans le cotonneux du corridor. Cette épisode bien venu pour détendre l'atmosphère délia de nombreuses langues, des éclats de rire fusèrent, quelques réflexions acerbes également, mais la douce voix sage, quoiqu'un tantinet chevrotante, d'une vieille dame rétablit l'ordre qui devait régner dans cette pièce, sous forme d'un sentencieux conseil obligatoire : « oui mais, qu'est ce qu'il est sympathique ! Toujours un mot gentil pour chacun, il ne s'énerve jamais, prend son temps et s'il n'est pas sûr du diagnostic, il vous demande de revenir plus tard, de peur de se tromper, c'est le meilleur docteur que j'ai jamais connu, tout le monde devrait s'en rendre compte ! »
Circulez, y a rien à voir ! Je me sentais vraiment mal. L'avantage, c'est que je ne pensais plus au travail, enfin presque plus ! Je vouais aux gémonies les commandes qui allaient me passer sous le nez, l'engueulade qui me tomberait dessus à mon retour, aussi sûrement que les morpions sur le bas-clergé breton. Tout le monde semblait moulu, éteint, accablé, résigné. Seul un bambin agressif s'agitait convulsivement, fatigant inutilement l'entourage de l'origine du monde, le pouce droit consciencieusement placé dans la bouche, le regard torve fixant effrontément tour à tour ses voisins les plus proches.
Il se produisit à dix heures quarante-cinq un évènement que personne n'espérait plus, ne serait-ce qu'entrevoir de son vivant. Le bruit de la serrure de la porte attenante réveilla l'équipage désespéré et résigné de la salle d'attente, plusieurs « enfin » se firent bruyamment entendre. Après un temps qui nous parut interminable, notre porte s'ouvrit dans un bruit de délivrance, encadrant un visage souriant, souligné d'un frais et joyeux : « bonjour mesdames, bonjour messieurs, c'est à qui ? ». Le grand homme ne releva pas l'ironique « bonsoir docteur » lancé par un mauvais plaisant.
Cette arrivée tardive avait eu le mérite de détendre la lourde atmosphère du salon d'attente, qui aurait mérité l'appellation « salle de tortures ». Au bout d'un quart d'heure, les conversations devinrent plus rares, elles s'éteignirent tout à fait cinq minutes plus tard. Vingt-neuf minutes, tel fut le temps de la première consultation ! Malgré la période hivernale et le chauffage d'une intensité frisant la pingrerie caractérisée, des gouttes de sueur perlaient sur mon front, je vis plusieurs de mes collègues en persévérance s'essuyer également le visage. La tension redoublait d'intensité, à voir le regard effaré de ma voisine, j'augurai de la conduite immédiate en psychiatrie d'une partie de mes compagnons d'infortune !
En même temps que la porte d'à côté, j'entendis de nombreux soupirs de soulagement, la deuxième consultation n'avait pas duré plus de cinq minutes ! Je sus plus tard par la secrétaire, qu'à son arrivée plusieurs personnes attendaient patiemment dans leur véhicule l'ouverture du centre médical, quelques minutes avant huit heures. Plus de trois heures d'attente, pour ce qui devait être un simple renouvellement d'ordonnance ! Elle était digne de recevoir la médaille du mérite médical cette brave dame, au moins la grand-croix !
- Oui, mais ton gougnafier n'aurait pas pu la faire passer à la caisse, si elle s'était contentée de venir chercher le papelard à l'accueil ! Avec quoi il payait sa Mercédès, sans parler d'une petite voiture en prime ?
Comme d'habitude, Zorro avait raison, je compris à cet instant pourquoi il n'avait jamais fait médecine ! Mais revenons à notre salle d'attente pas très nette. Au bout de cinq heures passées à me morfondre, mon tour vint, enfin !
L'éminent praticien m'examina pendant quelques minutes. Après avoir palpé, contemplé sous plusieurs angles avec une attention particulièrement soutenue, stétoscopé, tensionné, il recula de deux pas sans cesser de m'observer. La main droite sur le menton, il se caressait frénétiquement la joue avec l'index. Il avança d'un pas, se gratta l'occiput avec la main gauche, puis pivotant sur la droite, il me fit l'offrande de son meilleur profil. J'avais pénétré dans son bureau, je le reconnais bien volontiers, un peu abruti, si, si, je sais c'est difficile à croire, petit à petit son attitude fit sourdre en moi un sentiment d'inquiétude. Mais là j'esquissais un sourire ironique, je me dis que la tenue des médecins de Molière lui siérait à merveille, surtout le grand chapeau pointu. Il me tourna le dos sans que j'y sois pour quelque chose, se massant consciencieusement la nuque et l'occiput avec la paume de la main. Le geste devint de plus en plus endiablé, avec l'autre main il décrocha le téléphone, resta interdit quelques secondes le combiné immobile en l'air, puis le reposa sur son socle. Il ouvrit le Vidal, le feuilleta nerveusement, fit un pas de côté. Le massage de la nuque était de plus en plus désordonné, il titubait maintenant.
Soudain, j'eus la révélation de ce qui le tourmentait si spectaculairement. Il tentait de prévenir une entorse du cervelet, comme on essaye d'enrayer une crampe naissante sur un terrain de sport. À force de se triturer les méninges, c'était fatal, l'entorse du cervelet le menaçait, plus sûrement que la justesse de son diagnostic. Quelle triste destinée, pensais-je, docteur en médecine et la cervelle en charpie, l'atavisme quoi !
Il réussit à s'asseoir, je ne compris pas les borborygmes qui sortaient péniblement de sa bouche, dorénavant complètement de traviole, avec un bout de langue irrévérencieux pendant du côté le plus bas. Sur la pointe des pieds, je m'approchais doucement du bureau du nouveau Caligula Minus, m'assis sur une chaise, en évitant de la faire craquer. Dans son état je ne voulais pas l'effrayer. Ça l'aurait achevé !
Après cinq minutes d'efforts intensifs, il me tendit difficilement une ordonnance. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'elle était parfaitement lisible ! Ce qui démontrait la gravité de son affection. Soudain tout changea, le billet que je lui tendais en échange de la feuille de sécu eut un effet salvateur quasi miraculeux, la bouche reprit sa position habituelle, la langue se souvint opportunément des devoirs de sa charge chez un communicant médical, le geste devint net et précis, la parole sûre et aimable, j'avais retrouvé mon VRP de la santé. Je poussais un véritable « ouf » de soulagement, car son étrange affection avait entraîné une profonde affliction bien compréhensible. En dépit de mon petit problème de santé, c'est tout guilleret que je quittais le cabinet.
En sortant de la maison médicale, je croisais l'accorde jeune femme de l'accueil qui venait reprendre son service après déjeuner. Comme les pharmacies n'ouvraient que quelques minutes plus tard, je me surpris à deviser gaiement avec la charmante greffière. Elle doucha rapidement mon enthousiasme tout neuf, qui avait eu l'immense mérite de me faire oublier l'odieuse matinée ainsi que mon mal, « c'est incompréhensible, quasiment personne ne se plaint ! Son comportement est inadmissible, il donne une mauvaise image de la maison médicale, à votre place je changerais de médecin » disait-elle fort courroucée. Je bredouillais qu'il était bien sympathique et que c'était sans doute un bon médecin, « ça reste à démontrer » répondit-elle du tac au tac, très péremptoire. Je ne me sentais pas bien du tout, le prétexte de la pharmacie me permit d'abréger courtoisement mon supplice. Je me dirigeais vers ma voiture en titubant à mon tour, complètement sonné.
Dès le lendemain, je pus vérifier la justesse de son jugement, la fièvre monta subitement, le confrère du VRP appelé en urgence m'expédia illico à l'hôpital. Quelques heures de plus et je rejoignais mes ancêtres. J'aimerai bien les connaître mais rien ne presse ! Les dix jours passés dans le service des maladies infectieuses, puis la longue convalescence, me firent prendre conscience que ce jour là, j'avais enfin compris la signification du mot « patient ».
- Je connaissais cette histoire, mais pas ta longue journée chez le charlatan, il exerce toujours ?
- Plus que jamais, la différence c'est que je ne participe plus au financement de ses grosses bagnoles.


Tous les commentaires
Voyons, cher Emmanuel, vous faites du mauvais esprit.
Arrivant en retard, le toubib consulte moins.
Pour qu'il ne perde pas son pouvoir d'achat sous peine de circuler non plus en merdécès mais en vélo (ce qui le ferait peut-être arriver à l'heure en évitant les embouteillages dûs aux autres merdécès), il faut bien que chaque consultation lui rapporte plus.
En augmentant le tarif, Sarko ne fait que tenir sa promesse d'être le président du pouvoir d'achat...
Néanmoins, il est sûr qu'avec certains Diafoirus, dont celui que vous évoquez, seule la facture est soignée...
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certains Diafoirus
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N'oublions pas ceux qui ont envahi, avec leur diaffoiranto, les sciences humaines, sociologie, politologie, notamment, où, voulant soigner, ils s'avèrent bien plus malades que les patients que nous sommes, patiemment formatés par la presse de connivence.
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jpylg
Il est vrai que beaucoup trop d'auteurs cachent le vide de leur pensée sous un langage abscond.
Merci Emmanuel pour ce récit haletant : si, si, j'ai pleuré de rire, espéré avec vous, attendu ... feuilleuté tous les magazines ... imaginé pleinement tous les personnages, cru au cauchemar de votre apothicaire ... bref, j'ai aimé ! "N'ayez pas peur" (tiens ça me rappelle quelqu'un
) tout va bien se passer ...
"pas la queue d'un toubib à l'horizon,"... ça fait peur.
ça dépend, des fois ça vaut mieux. C'est pas parce qu'on a une grosse bagnole ...
@ Anne Gentry,
Si c'est une toute petite Mercedes (une TPM) ou une d'occasion ...
Merci Boubou, félicitations à Anne, elle a gardé son sang-froid, elle ! Et le sens de l'humour !
l'image est jolie !
Il faudrait une longue tartine pour décortiquer, analyser le contenu de ce billet qui part un peu dans tous les sens. Ayant le sentiment de n'avoir pas été bien pris en charge, il est assez normal qu'Emmanuel fasse resortir tout ce qu'il y a de négatif dans son histoire!
Mais on pourrait aller un peu plus loin, évoquer la "confiance" dont on sent bien que, dans ce cas, elle n'occupait pas, dès le début, une place importante. Pas étonnant, dans ces conditions, que la suite se soit révélée décevante.
Il y a aussi tout ce qui tourne autour de l'exercice de la médecine générale: comment qualifier ce que pense l'assistante du médecin pour lequel elle travaille? Que dire des patients qui jugent la valeur de leur médecin à la cylindrée de leur voiture? Du respect de ce médecin pour sa clientèle qu'il traite presque comme du bétail? De ceux qui acceptent de s'y plier?
Dans ce dialogue singulier, on est, forcément, toujours deux!
Oui, les médecins de Molière sont toujours parmi nous...et leurs "patients" aussi!
signé: un toubib
Cher M Philips,
Emmanuel Esliard n'attaque pas la corporation des médecins.
Il s'attaque à un médecin désinvolte semble-t-il plus sensible à la cylindrée de son véhicule qu'au serment d'Hippocrate.
Il y a des brebis galeuses dans toutes les professions. C'est pas de bol d'être tombé sur celui-là.
Mon "médecin de famille" est un type merveilleux, disponible, efficace, super avec les mômes.
Et puis, il aime le contrepet, alors...
vous contrepétez, JoelMartin?
ça ne se sent pas...
@M Philips
Il ne fallait pas vous sentir visé. Si le médecin dans mon billet est généraliste, je n'ai, il me semble, pas généralisé la situation, puisque j'ai fait le lendemain appel à un de ses confrères, qui a eu immédiatement la bonne réaction et m'a dirigé vers l'hôpital, où j'ai été parfaitement soigné par un praticien et une équipe très compétents.
Je ne pensais pas avoir ce type de réaction épidermique, sinon chez certains professionnels de la médecine à l'ego surdimensionné.
J'ai raconté de manière humoristique, une tranche de vie, il n'y a là, aucune volonté de prouver quelque chose, ni de dénigrer une profession. Je frémis par avance, si demain j'ai la malencontreuse idée de raconter l'histoire d'une bavure policière ! Hortefeux m'enverra sur le champ un escadron de CRS. Réflexion faite, ça devrait bien se passer, étant donné que j'ai de quoi satisfaire leur soif ... de savoir !
Emmanuel,
A aucun moment, je ne me suis senti visé et je ne trouve pas ma réaction "épidermique". J'ai seulement souhaité, en donnant quelques pistes "de l'autre bord", relativiser votre billet.
"J'ai raconté de manière humoristique" J'ai quand même perçu dans ce billet une forme de rancœur, quelque chose d'un peu éloigné de l'humour!
Vous apportez maintenant quelques "correctifs" mais était-il impossible, y compris avec humour, de les apporter "dans" votre billet?
Une chose me parait essentielle, primordiale: la confiance. L'aviez-vous en pénétrant dans ce cabinet? Cela n'apparait pas clairement ! Bien à vous
Je n'ai pas apporté de correctifs, puisque les infos que je donne dans le commentaire sont déjà dans le billet. Il me semble tout de même que certaines choses vous ont irrité, empêchant une lecture sereine, donc facilitant une réaction épidermique.
Je n'ai pas de rancoeur particulière vis à vis de ce praticien, plutôt une petite peur rétrospective, qui a évidemment complètement changé mon jugement à son égard.
Parce-que des histoires de toubib, je pourrais si je le voulais en remplir des dizaines de billets. Comme par exemple, une petite qui va je crois (une petite idée comme ça) vous faire plaisir :
Ma fille, tout bébé souffrait constamment de coliques, nous avions consulté deux généralistes qui nous avaient dit la même chose, changez de marque de lait ! Le mal s'aggravait, elle pleurait les trois/quarts de la nuit, j'étais devenu un zombie (c'était moi qui essayait de la calmer), jusqu'au jour où nous décidons de consulter un ... pédiatre. Diagnostic immédiat : ne supporte pas le lactose !
Il nous indique évidemment le lait approprié délivré uniquement en pharmacie.
Vous ne trouvez pas qu'il y a des coups de pied qui se perdent quelque part ?
Emmanuel,
-le petit correctif auquel je pensais concernait la qualité des services rendus dans le service hospitalier. Ne le méritait-il pas?
-Concernant cette histoire de lait et de bébé, j'en aurais, moi, quelques centaines!
Y compris avec cette "explication" des pleurs que F Dolto aimait et que je reprenais souvent à mon compte, avec succès, à savoir: "Votre bébé pleure car il a mal au ventre à l'heure où les lions vont boire!" Les parents s'en retournaient contents, très fiers, plus calmes...et bébé aussi!
Manu, moi aussi ce billet m'a fait éclaté de rire, jusqu'à sa chute ! Tu as eu chaud aux fesses quand même !
En tout cas je n'ai pas perçu ce billet comme une critique envers une corporation entière.
M.Philips, vous écrivez plus haut : " Ayant le sentiment de n'avoir pas été bien pris en charge, il est assez normal qu'Emmanuel fasse resortir tout ce qu'il y a de négatif dans son histoire!"
D'après son billet, Emmanuel n'a pas eu le sentiment d'une mauvaise prise en charge, il a été victime d'une mauvaise prise en charge.
Et il a quand même failli y passer pour le coup !
A moins que son affection n'ait pas été détectable au moment où il a consulté, on s'aperçoit quand même à la lecture que ce médecin paraissait bien embarassé. On peut en déduire qu'il avait repéré quelque chose d'anormal dans l'état de santé de notre ami non ?
Pour préciser un peu plus les choses, l'affection avait des éléments parfaitement visibles, le problème était d'en donner la bonne interprétation, visiblement il ne savait pas, ce qui ne l'a pas empêcher d'effectuer un diagnostic et de rédiger une ordonnance.
Il se trouve que j'ai rechuté deux ans plus tard, le praticien que j'ai consulté, avant que je lui raconte mon antécédent, a tout de suite fait le bon diagnostic, ce qui m'a évité un nouveau séjour à l'hôpital. Sans entrer dans des détails de peu d'importance, j'étais victime d'attaques de germes pathogènes qui n'étaient pas très sympas avec moi.
Mais le plus drôle de l'histoire, c'est que j'ai failli y passer deux fois. Le quatrième jour de mon séjour hospitalier, nous étions un dimanche matin, pas de toubib, juste un interne de garde, je me réveille fièvreux et j'avais l'impression d'avoir une (la ?) grosse tête, l'infirmière me regardait bizarrement et s'esquiva précipitemment au vu de la température du sujet, 41o à l'ombre ça commence à compter. Elle revint avec l'interne qui ne se gratta pas la tête, je l'entendis vaguement prononcer le mot "allergie", mais il préfèra essayer de joindre le "pacha", injoignable ! Il prit alors ses responsabilités et débrancha la pénicilline, je faisais une magnifique allergie !
Mais le plus drôle vint l'après-midi, où le ban et l'arrière-ban familial étaient en visite, certaines sortaient et revenaient quelques minutes plus tard avec les yeux rougis. Moi, avec ma gueule gonflée et plus rouge qu'une tomate, je n'arrêtais pas de plaisanter, mais les partenaires s'avéraient réticents, plus ils faisaient la gueule, plus je jouais les boute en train, la fièvre s'étant un peu calmée, je crois avoir chanté "La Mamma", ça les a quand même fait rire. Il en est qui avaient fait 500 kms, ils devaient en avoir pour leur argent.
Désolé, cher M Philips, mais je ne faisais pas une enquête sur la qualité des services hospitaliers publics, que j'ai toujours défendus et continue toujours de défendre, simplement une précision supplémentaire vous étant destinée, pour bien montrer où était mon propos.
Emmanuel,
Ne soyez pas désolé, il n'y avait vraiment rien d'essentiel dans mes commentaires, juste un point de vue. La suite de vos "aventures" confirment que les choses n'étaient pas vraiment simples non plus! J'espère que tout va bien pour vous maintenant! Bonne soirée
Les choses peuvent être simples quand on ne cherche pas à les compliquer inutilement !
Savoureuse tranche de vie! Il parait que bien des toubibs n'obtiennent leur diplôme que parce qu'ils sont fils de..., avec de bons appuis dans le sérail.
Bonne santé à vous Manu pour l'avenir!
J'ai moi aussi changé de Médecin traitant il y a 3 ans, et je suis ravie d'avoir fait la démarche car jai désormais une Toubib en qui j'ai totalement confiance (et vice versa)
Comme dit Le dr PHILIPS plus haut, on a les médecins qu'on mérite: changer de médecin référant Yes we can!
Amitiés,
C était quoi , en résumé , cette maladie qui aurait pu vous envoyer au fond du trou en " quelques heures " ?
C'était une infection qui était en train de se généraliser. Pourquoi cette question, vous souhaitez devenir mon médecin traitant ?
Une septicémie en quelque sorte ; heureusement qu' on vous a hospitalisé ! sinon, plus d'Esliard !
J' aurais bien aimé étre votre médecin traitant ; on aurait sans doute bien rigolé ; vous étes un teigneux , moi aussi .
Pas de chance pour vous , je n' exerce plus .
Est-ce une chance pour les malades ? (blague à deux balles)
Ah mais moi je peux le soigner, le Manu, il finira bien par arriver à ma spécialité (niark, niark !). Ils y viennent tous, j'ai un marché captif ...
Par contre je ne suis pas du tout teigneuse, mon caractère est doux et paisible (
), mais je peux le devenir s'il commence à semer le bronxx dans notre salle d'attente.
Seul détail : il faudrait que vous déménagiez ...
Pas folle la guêpe !
Mais, faudra attendre encore un peu, je ne suis pas du tout malade des boyaux de la tête, malgré les affirmations réitérées de certains médisants (professionnels) !
Si les choses arrivaient à se gâter, pas de problème, je déménage tout le temps !
Comme cela, j'aurai l'immense plaisir de vous connaître, mais il n'est pas évident que je vous reconnaisse.