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L’éminemment politique

los-indignados-460x280.jpgMassages de pieds, régime sévère, enfant à naître, troussage ancillaire, partouses marocaines, listings truqués, berline de luxe, prix du mètre carré, alliances partidaires inféodées aux amitiés, aux inimitiés, aux filiations, aux pactes, aux souvenirs courts ou longs, à l'infini nuancier des affects...

L'actualité de France est à l'éminemment politique...

La cité de France vit au rythme de la réduction du politique aux aléas savoureux du devenir individuel ou plus exactement du devenir de l'individuel appréhendé comme « le distinct-même ».

La cité de France règle ses comptes à la vieille querelle de caste qui reproduit depuis des siècles chez elle celle du peuple gaulois et de la noblesse franque ; elle fait la peau à ses aristocraties, ne concevant l'individu en politique que comme « sujet forcément distinct en tant que forcément le même ».

La jouissance politique française contemporaine tient dans le constat que le représentant et le représenté se ressemblent, ayant chacun des vies privées, des fors intérieurs.

L'individu politique fait jouir quand il est le même individuel, à la fois distinct (« il a sa vie ») et le même (« il a beau dire, il est comme nous »).

Il ennuie ou il irrite quand il subordonne, quand il aliène à une téléologie collective la farouche liberté individuelle du Gaulois, quand il fait, en somme, de la politique...

Il ennuie ou il irrite quand il est « autre », quand il est Franc.

Il ennuie ou il irrite quand, ayant été élu, il est devenu autre.

L'enfant gâté démocratique est relayé par ceux-là qui ont intérêt à le cajoler, ceux qui rêvent légitimement de fonctions citoyennes, d'exercices aux mains propres, de transparence, de non-cumul des mandats,d'une stricte équivalence individuelle entre celui qui gouverne et son administré, ceux qui, en revanche, qu'ils le veuillent ou non, font volontiers leur miel, par laxisme pédagogique et conceptuel, d'un tropisme rien moins que politique : celui de châtier les élites en tant qu'elles sont, puisque composées de mêmes, illégitimes à l'heure de prescrire et de gouverner.

L'enfant gâté démocratique œuvre à rapporter à soi celui qui prescrit et gouverne, à le penser même, à le penser « représentant de soi seul », à le dépouiller de cette tunique du politique qui le distingue pour observer la nudité crue du même.

L'enfant gâté démocratique est un petit peu pervers, comme les enfants sont pervers : il construit pour détruire, il vote pour dévoter, il habille d‘écharpes tricolores pour mieux. déshabiller.

Il est indigné que le même dont il éprouve du plaisir à constater la « mêmeté » puisse avoir fait l'objet de son vote.

Cependant, règne au cœur des sociétés une aspiration au devenir collectif, une aspiration au projet commun.

La Tunisie, le Yémen, l'Egypte, l'Espagne, tant d‘autres, sous nos yeux, administrent une leçon à notre espace politique régressif : s'indigner, tout en le désirant, de ce que le politique soit affaire de destinées individuelles parallèles consume, assèche, tarit, déprime, aigrit.

C'est un moment clé de la conscience politique que celui où s'établit l'égalité du mandaté et du mandant au plan individuel, un moment qu'il faut toutefois dépasser en visant une cité invisible, en adhérant à une ambition de vie collective.

Le personnel politique est composé de gens « comme nous » : soit, entendu, noté, dont acte.

Ceci étant acquis, prenons donc modèle outre France, promenant plus loin qu'à l'habitude notre regard, pour considérer que le personnel politique est avant tout fait, notamment à l'occasion d'élections majeures, pour penser l'avenir commun.

 

Gracias por defender (i dejar defender) nuestro futuro...

 

Tous les commentaires

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Catherine Williams Surtout ne pas se referer a la politique d' Angleterre qui se rapproche du modele Francais!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Marguerite Duchamp Intéressante réflexion.Cependant, on pourrait aussi concevoir que L'ena qui forme majoritairement les hommes politiques de notre pays les prépare également intérieurement à recevoir le pouvoir ,ce qui n'est pas rien, et à en faire un usage pour le collectif.

Je ne vous suis pas : l'Ena vous semble-t-elle comptable ou pas du phénomène que j'essaie de décrire ?

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Catherine Williams Meme modele en Angleterre - La pluspart de notre governement est forme de millionaires et d'education a Eton pour l'elite et bien entendu a Cambridge et Oxford, pourtant l'on dit que tout le monde a acces a ces universites d'elite et bien e...ntendu cela n'est pas vrai et cela ne forme qu'une minorite, n'ecoutons pas toute la presse Anglaise, la seule qui prends part a des informations touchant au problemes serieus qui touche le peuple est 'The Guardian'!

Dans cette société du spectacle bien-pensante,tout ce qui est politique est à découvrir entre les lignes. Et j'irai même jusqu'à dire que seuls les non-dits sont vraiment politiques.

Vous avez absolument raison !

À la lecture de votre billet, je me demande de quel genre d'exercice de style il s'agit. Bah, je dois être trop simplet pour comprendre. Trop rustre.

 

Puis, à la lecture du fil de discussion, je m'aperçois au vu des échanges, qu'il s'agirait vraiment d'un billet sur la politique?

Vraiment très, très simplet, je dois être. Vraiment très rustre...

 

Moi qui croyais qu'il s'agissait d'un billet sur l'éminemment?

:)))

Meuh non !

ça dit en substance (c'est le cas de le dire...) : "les Politiques, leur tâche éminente, c'est de faire de la politique et pas d'exposer leur culotte. Les électeurs, leur tâche éminente, c'est de vérifier que les Politiques fassent de la politique et pas de renifler leur culotte."

Quant à la question du style, ceci : les journaux sont pleins de choses écrites par qui n'écrit pas comme il écrit mais comme on lui a appris pour "faire clair".

Là est l'exercice.

Souffrez qu'on y écrive comme on écrit. C'est si marginal (ceci dit sans valorisation particulière du marginal).

Là n'est pas l'exercice.

J'ajoute que dans le genre Chaval (faux rustre), j'adore votre blog.

En surface, nous ne vivons pas en un temps politique (en surface : là où le soleil se couche : l'occident oxydé), mais un temps popolitique. En-dessous, dans le sous-marin jaune : toujours le néolithique ? Le mâle alpha et la mâle alphette sont jalousés, surveillés, respectés, craints, puis sacrifiés.

Espérons qu'un jour notre espéce animale saura dépasser la seule lecture de l'alphabête.

J'adore !

Bienvenue !

"La croissance n'est pas la prospérité."

Lu aujourd'hui sur Mediapart.

Voilà ce qu'est par exemple, selon moi, "l'éminemment politique".

 

La classe...politique.

Merci pour cette fine analyse

Et ...

Dans le choix démocratique de cet "autre nous-mêmes" qui nous gouvernera n'exprimons-nous pas souvent l'indicible nostalgie d'un Franc d'antan qui revendiquait jusque dans son prétendu "sang bleu" une différence mythique et radicale?

En gueux gaulois nous reluquons aujourd'hui encore les particules, historiques, discrètes voire fantasmées : de Gaule, d'Estaing, de Nagy-Bosca, de Villepain, de Villiers, etc ... Comme si l'altérité imaginaire d'un autre sang pouvait nous protéger des dérives ou simplement en donner une explication rassurante.

Cherchons-nous à construire une nouvelle aristocratie et choisissant les "fils(fille) de" comme si la compétence, le mérite ou le sens moral pouvaient être héréditaire, comme on le pensait naguère? (Debré, Aubry, Baroin, Le Pen, ... ).

Dérisoires et souvent inconscientes ces tentatives/tentations d'échapper à la "mêmeté", régressives et inopérantes en tous cas.

Au gré des "affaires" médiatisées, dans le miroir tendu nous voyons notre lâcheté, notre appât du gain, notre goût du lucre et parfois du stupre : c'est révoltant, changeons ce chef trop ressemblant !

Et si nous avions le chef que nous méritons? Et si le vrai travail n'était pas d'abord de changer nous même, tous et chacun?

C'est un perpétuel effort, mais les enfants pervers deviennent souvent des adultes responsables, pour peu qu'on les y entraîne.

Des contre-pouvoirs respectés, des média moins dépendants, pourraient accompagner une progression : qui joue ce rôle aujourd'hui?

La presse tabloïds? Une télévision aux ordres? Des partis politiques démagogiques quand ils ne sont pas populistes? Les instituts de sondage achetés? Des intellectuels de plateau de télévision? Une université à la diète? Des religions déconsidérées parfois sournoisement persécutées?

Bienvenue dans le new Tohu-Bohu, comme dans un chaos new age, vive les délices du désordre puisque l'expression "ordre juste" a fait finement sourire le pays, dansons le "french bordel" comme une chienlit ré-actualisée, si cool ...

C'est bientôt l'été, le temps autorisé pour disgresser/régresser valsons sur un air de can-can, quand les pollinaires seront fanées viendra l'automne "ô ma saison mentale" ... Et le temps pour progresser ?

 

Ben AourH

 

 

 

 

Je suis d'accord avec ce que vous écrivez.

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