Sam.
30
Aoû

MEDIAPART

Connexion utilisateur

"Parallelograms", un album de légende : entretien avec Linda Perhacs

 

En 1970 sort Parallelograms,  l’un des plus beaux albums de l’Histoire de la pop, chez Kapp Records.

Linda Perhacs, chirurgien-dentiste à Los Angeles, à qui l’on doit cette merveille, a disparu de la scène jusqu’en 2000. En 2003, le label folk Wild Place a fini par la retrouver après trois ans de recherches et il a ressorti le disque en 2005.

Interview de cette splendide étoile filante de la musique populaire, actuellement au travail sur un nouvel album, 43 ans après...

 

 

E.T : Linda, dans quel contexte culturel évoluiez-vous au moment de l’enregistrement de Parallelograms ?

 

 

 

L.P. : Le moins qu’on puisse dire est qu’il était très…turbulent…des politiques d’une grande médiocrité, sans vision et dans le même temps une rébellion anti-establishment très inventive. C’était le bon moment pour apprendre, se souvenir, observer les choses pour en tirer des leçons d’existence collective. Et puis il y avait la musique, l’incroyable musique que cette époque a engendrée…

 

 

Dans quel état d’esprit étiez-vous pendant l’enregistrement du disque ?

On était fous d’espoir dans le futur. Je venais d’obtenir mon diplôme de chirurgie dentaire et j’avais immédiatement plongé dans la vie professionnelle. Alors, évidemment, c’était un énorme et étrange bol d’air pour moi, de fabriquer ce disque ! Mon boulot payait bien, j’avais intérêt à m’y accrocher…

 

 

Qu’est-ce qui fait de ce disque un grand disque selon vous ? D’où vient le « mythe Parallelograms » ?

Après presque un an  d‘enregistrement, on a été content de ce qu’on entendait sur les bandes. On ne savait pas si c’était un bon disque mais il était aussi en pointe que possible vu la technologie de l’époque. Mais le pressage a été une terrible désillusion, pour moi. Il n’y avait là ni aigus ni basses. Et puis la maison de disque n’a rien fait pour promouvoir l’album alors je m’en suis retournée au boulot. J’ai oublié le disque jusqu’au début des années 2000 quand j’ai reçu un paquet plein de CD avec une lettre. Elle disait que la musique avait été remastérisée des heures et des heures à partir du vinyl original. Elle disait aussi que des gens du monde entier étaient fans du disque. Je n’en revenais pas !

 

 

Pourquoi avoir cessé si longtemps d’enregistrer ?

Simple : je me suis plongée dans le train-train du travail et personne ne m’a approchée pour que je revienne à la musique. Et puis je trouvais le vinyl si nul que j’étais convaincue que personne n’aimerait plus jamais ma musique !

 

 

 

Parallelograms sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=iXBd-SjQxpQ

Site de Linda Perhacs : http://www.timelesslindaperhacs.com/

Tous les commentaires

18/01/2013, 12:01 | Par oregon

 

Magnifique voix, magnifique histoire ! L'Eternel printemps ! 

 

 

18/01/2013, 12:03 | Par Emmanuel Tugny

Oui, une  immense artiste !

18/01/2013, 12:30 | Par Ecole supérieure d'art du Nord-Pas de Calais

Wow, comment vous avez fait?

18/01/2013, 12:32 | Par Emmanuel Tugny

Projets communs.

18/01/2013, 12:45 | Par françois périgny

Bon, ben voilà. Vous répondez à mon long commentaire de l'article précédent. C'est bien. Et j'apprécie cette réponse.

(Et puis cela forme un contraste intéressant entre les 33 ans de battement et la vitesse à laquelle vous produisez vos billets. Ne le prenez pas mal si l'on vous dit que, somme toute, vous faites du journalisme. Il en faut : la peuve, "nous" sommes abonnés à Mediapart qui, somme toute, est un journal, n'est qu'un journal. Et, après tout, c'est ce que nous faisons tous, jour  après jour, sur nos blogs).

20/01/2013, 09:43 | Par Emmanuel Tugny

Cher Fedor (au passage votre dernier billet, j'adore). Je ne le prends pas mal du tout, au contraire je dis que je ne sais pas faire, nuance...enfin pas comme il faudrait, sans doute...je suis avant tout écrivain et ce n'est pas un choix qui me valoriserait à mes yeux, c'est plus une identité par défaut d'aptitude ailleurs...

Mais j'aime l'idée de l'étymologie : livrer, jour après jour, quelque chose d'une pensée profonde ou pas, saisonnière, inscrite dans une langue qui s'engage et engage.

Bonjour !

18/01/2013, 13:06 | Par Emmanuel Tugny

Une "manerie" (ah, Agamben oui, mais Abélard, Salisbury...)?

18/01/2013, 13:07 | Par françois périgny

Oui. Dans une langue singulière ou particulière, en tout cas propre à chaque un. Mais la condition est, justement, qu'elle le soit, particulière (on pourrait signer ça : Toto Logique) comme peut l'être, à l'extrême, celle d'Unica Zorn. Comme le fut -comme l'est- celle d'Arto (momologique). Mais, après tout -et c'est ce qu'examine Stiegler- ne faisons-nous pas dans la répétition-réappropriation ? D'où l'idée d'anonymat (comme le passage des épopées de manière orale, avant l'écriture) ou de pseudonymat (il me semble que Pessoa a écrit des choses pertinentes, à ce sujet). 

   Mais pour tenter de mieux me faire comprendre, il faudra que je vous comprenne mieux et, pour cela, vous lire, vous, en tant qu'écrivain (c'est à dire "retiré" dans votre cellule), lire un de vos livres d'écrivain. lequel me conseilleriez-vous ?

18/01/2013, 13:42 | Par Emmanuel Tugny

En vous lisant je pense aussi à Caillois...

Euh, philo ? roman ? C'est vachement diificle... mais en vous lisant, je me dis Mademoiselle de Biche, peut-être, qui est le plus torrentueux...

Ou l'opposé, Après la Terre...

C'est dur de répondre à ça sans s'aimer trop...

18/01/2013, 15:22 | Par Emmanuel Tugny

De linda :

Linda Perhacs

Emmanuel, thank you so much! What a surprise! 

Much love!

19/01/2013, 10:11 | Par Yvan Najiels

33 ans après... Ou désormais, si cela date de 1970, 43... M. Tugny fait dans le recyclage... Ah, les marottes bio non désintéressées...

19/01/2013, 10:25 | Par Emmanuel Tugny

Merci pour la correction de calcul!

S'agissant du reste : mon pauvre vieux, je vous plains...

19/01/2013, 22:26 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Emmanuel Tugny le 19/01/2013 à 10:25

Peu me chaut votre commisération sociale-démocrade.

19/01/2013, 22:27 | Par Emmanuel Tugny en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 19/01/2013 à 22:26

C'est généreusement réciproque, tovarichtch.

20/01/2013, 09:30 | Par Emmanuel Tugny en réponse au commentaire de Emmanuel Tugny le 19/01/2013 à 22:27

Et "peu me chaut" compte triple.

Et je ne suis pas social-démocrate et vous ne savez pas lire, etc. et puis ciao ciao vu qu'ici ça cause Linda Perhacs et pas vieux trucs rances façon gauche.

20/01/2013, 09:31 | Par Emmanuel Tugny en réponse au commentaire de Emmanuel Tugny le 20/01/2013 à 09:30

Ceci dit, de poujado à social-démo, j'avance doucement mais vachement sur le sentier lumineux...

19/01/2013, 10:53 | Par Emmanuel Tugny

Dans le genre "je fais feu de tout bois"...

Et ça, selon vous, c'est "poujado" ?

19/01/2013, 11:00 | Par Jean-Jacques Birgé

J'ignorais ce disque... Merci !

19/01/2013, 11:01 | Par Emmanuel Tugny

Tu vas voir, c'est sublime !

19/01/2013, 15:10 | Par Monic

Superbe chanteuse, musicienne et artiste. Elle me fait penser aux The Living Sisters ici:

https://www.youtube.com/watch?v=7Sr5VPErOgM

La musique est convulsive ou ne le sera pas (en paraphrasant A. Breton). Muito obrigado.

19/01/2013, 15:11 | Par Emmanuel Tugny

De nada !

Newsletter