Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Le politique à l'atelier !

L‘actuel est, comme l’écrivait Louis-Ferdinand Céline à propos des journaux du soir, un “formidable artichaut de nouvelles qui rancit.”Son emballement à péremption rapide, sa primeur rococo est une convocation névralgique à sentir, à ressentir, à entendre, à juger.

De cet emballement échappe d’autant plus la signification, en l’actuel, qu’il n’est pas la conséquence, la téléologie d’une pensée du monde qu’incarneraient au monde des unités morales (des institutions jalouses de leur libre-arbître) de conception de l’emballement, d’architecture de l’événement.L’idéologie, en effet, ce Léviathan fustigé au comptoir du café du commerce politique, cette fabrique à faux entendement, cette fauteuse de coercition mortelle ne serait bonne que morte, mieux, elle serait morte, laissant Dieu et l’Histoire prospérer pour leur part, quoi qu’en eussent Hegel, Nietzsche, Kojeve ou Fukuyama. Règne en l’actuel un Réel d’autant plus pervers, d’autant plus étrangement inquiétant qu’íl est le produit affranchi d’un organe dont se prive aux forceps le politique.L’idéologie a modelé son Golem, ce Golem l’a mise à bas en en abolissant la portée dialectique, la dimension créative par émulation.Ce Golem a mis fin au dialogue trop fiévreux, trop bruyant, à l’éristique “all' italiana” de ses créateurs. L’actuel est une créature affranchie du conflit des visions du monde qui l’ont engendré.Il va son chemin et oppresse ceux qui ont perdu exprès les clés de son engendrement, il est l’objet célibataire d’une main devenue invisible par pudeur (et sans doute par paresse) que ses fautes historiques ont conduite à confondre décence et abandon.L’actuel est un être nébuleux, qui ne change jamais puisqu’íl change toujours, que ses maîtres ont abandonné par pudeur et consomption...et qui se venge.La fin du dialogue des fictions infantiles du devenir est garantie par un accord tacite: la délégation au sujet comme “présence au monde” de sa prospérité et de son salut. Le “fais ce que tu es” a succédé, sans que s’interrompe le cours de l’Histoire, de la narration politique, au “fais ce que tu dois”.Le moteur est lancé, la clé de son mécanisme est demeurée au vieux monde, plus qu’inatteignable : impensable.La vie de la cité n’est plus le produit de la détermination par le dialogue antagoniste de la vie de la cité, elle est, elle est ce qui, résolution volontariste de ce dialogue, le rend impossible.La nave va, les capitaines écopent.Le sujet politique, à quelque stade de responsabilité qu’íl opère, est l’objet de son objet: il souffre du célibat de sa créature, de cette créature dont l’essence est pourtant la satisfaction de son tropisme de résolution, en fin de compte, des conflits urticants inhérents à la vie propre de la raison historique.La cité monétariste, la cité usurière, la cité garantissant l’émancipation possédante, l’endettement du sujet vis à vis de soi, son indépendance éminente, sa belle autonomie autarcique et pour tout dire solipiste, l’inféode. L’objet désiré fait du désirant son objet, le sujet politique est “de soi”. Les remèdes négociés sont autant de castrations. Ce corps de désir libéré, aliéné en une cité libérée par la victoire de son désir désormais dogmatique souffre de soi.Voilà qu’une maladie étrange conduit la paix du sujet, libre de persévérer en soi, à causer son angoisse.Et voilà que de cette angoisse procède un affolement, celui qui émane du constat que quelque chose en soi, de soi, cloche, l’affolement du “plein coeur”, du for intérieur, qui ne peut plus user de distance critique face à une souffrance qui n’est autre que celle que cause son être-objet, son aliénation en cité, son appendice séculier, coutumier.Le politique n’est plus objet distinct conçu pour tous, il est expansion, coextension de soi. Il fait mal et c’est un mal en soi, de soi, qui opère du dedans.Foin de l’action, de la construction d’un sens : c’est un examen de conscience, un examen réflexif qui s’impose, une “critique de la déraison pratique”...Or, ceci suppose un temps, une éthique de la partition, de l’établissement du partage entre le sujet politique et le politique. Quelque chose fait coin, cloche, entre l’émancipé, l’affranchi et la cité qui lui ressemble.Quelque chose fait qu’íls ne s’entendent plus quoique les mêmes...Réagir, être aux ordres, se subordonner à l’objet est manifestement de peu d’utilité : de combien de temps disposent encore les pays endettés à mourir pour continuer à être ce que leurs citoyens endettés à mourir sont ? Combien de temps mettront les pays endettés ou créanciers à mourir d'avoir renouvelé à l’envi leur pacte avec ce diable objectif qu’est la maladie du “mourir de soi”?Prudence.Longueur de temps.Thomas d’Aquin nous parle : "prudence."

Non point lâcheté, pusillanimité mais examen abstrait, examen aveugle et sourd des conditions du retour d’une téléologie conçue, d’un avenir vraiment objet, d’une cité assujettie à la pensée et non plus maîtresse de ses séides éperdus à peine élus.Le courage, l’audace sont là.L’impavide est celui qui fait retraite.Le temps semble venu du retour de la pensée créative, si chère à Gilles Deleuze, appliquée au salut politique; le temps semble venu d’examiner les conditions d’une “distinction” du politique comme création tenue, “arraisonnée”, de la pensée du devenir collectif.Le temps semble venu, sa fin ne garantissant rien moins que la mort de l’histoire comme dialectique des pensées du salut collectif, rien moins que la mort de Dieu qui fait figure de recours naturel (de “même catégorie”, dirait-on en boxe) quand le Réel des hommes bourrèle, de la réapparition du concepteur, du “poète” politique, de l’idéologue ayant appris de ses errances d’enfant poète bête ou cruel.Prudence, suspension, longueur de temps, fabrique, compte-rendu de la fabrication, résistance courageuse à l’emballement, quête de la durée et de la résistance des objets de pensée politique, tels pourraient être les outils éthiques du politique nouveau.L’actuel hurle l’urgence d’un retour à la forge.

À l’atelier.

Tous les commentaires

Vous m'avez parfaitement compris !

Quant au nombre de mots...il s'agit d`être precis, ça peut ne pas aider à être concis.

Chère Marielle, je vous comprends.

Je ne sais pas si la recherche de la formulation juste est "littéraire"... peut-être fait-elle le lien entre style (c'est à dire un peu littérature...) et philosophie...

Je viens de visiter votre "espace": passionnant.

Je viens de visiter votre "espace": passionnant.

Merci Emmanuel, mon blog est comme ma petite ruche.

Je viens d'écouter votre dernier lien : ce qui m'interroge aujourd'hui, c'est le seuil de maturation d'une nouvelle "idéologie" !! une qui viendrait, dans le dos, pousser dans les choux celle qui nous plombe.

Je ne crois pas que ce qui nous plombe soit une idéologie. Plutôt une pratique errante du vouloir-vivre.

Ne croyez-vous pas que ce soit là une des conséquences de l'idéologie type TINA (there is no alternative) ?

Je suis d'accord avec ce que vous nommez "pratique errante du vouloir-vivre", qui entraîne dans son sillon une dépression.

Marielle, nous sommes une fois encore d'accord.

Cher Emmanuel,

 

Etant moins atrabilaire que presbyte, eu égard à mon avancement presbutérien, j'eusse rêvé de me délecter mieux encor de votre verve philosophiste; l'alentissement du moment, lorsqu'on vous lit, serait plus jouissif si vous vouliez bien user de caractères un peu moins 11, un peu plus 12.

 

C'est mon voeu (actuel) le plus cher. Merci

 

JCD

C'est que je ne suis pas très expert en la matière...quelqu'un m'aide ?

Cela m'ennuie d'autant plus que j'ai le même problème que vous.

Je crois que j'ai réussi !

J'avais le même probléme que JCD, qui tourne en silence.

Vous, Emmanuel Tugny, avez réussi, c'est nettement plus 12.

C'était vraiment artisanal !!!

Ah que merci, je me suis régalé, je relirai...

 

JCD

 

Merci !!!

Voilà un poème que ferait sien notre cher Verheggen...

Peut être pas mais j'ai un goût prononcé pour Verheggen sur qui j'ai fait un billet.

Alors je m'amuse, une façon de faire la nique aux glou-glou-bla-bla, les miens en premier lieu.

Si si, je vous assure !

( Et Maïakovski mais c'est une tout autre histoire...)

... et j'ai lu.

Et j'avoue que je reste sot devant "quand le Réel des hommes bourrelle, de la réapparition du concepteur, etc."

La seule acception que j'aie de ce "bourrelle" est "femme du bourreau". Mais il semble que vous en usiez comme d'un verbe : "bourreler" comme le bourrelier bourre le harnais de bourre ? Ou "bourreler" comme le bourreau torture le torturé ?

Mais cette question ne me torture pas.

Et que nous soyons entrés dans une ére de glaciation, non plus. Longtemps que je pense que sommes dans une sorte de "Renaissance inversée". Passant d'une période de "lumiéres" ("lumiéres" qui se sont éteintes, quand même ! entre 1914 et 1945, "chez nous", dans "les tranchées" et les camps d'extermination - savoir ce que l'on y exterminait ? L'humanité de l'humain en tant qu'humain, pour ressurgir en chiffre-) au clair-obscur "médiéval". La scholastique nous guette, camarade.

Et le totalitarisme démocratique. Déjà nous n'élisons plus que des rois et de reines. Déjà le people est plus que le peuple. Déjà les corporations sont plus que les métiers. Déjà la banque a repris ses billes sur son banc d'essai.

"Poésie politique" ou "politique poétique", oui. Nul besoin de tuer Dieu une fois encore, pour cela, vous savez. Beaucoup l'ont fait, déjà, et il résiste toujours, en connaissance de cause ? Surement pas : mais en création perpétuelle, si ce Dieu est un Nous.

"Téléologie" : j'ai enfin compris ce que l'on met dans ce mot. Et s'il n'y avait de but que le passage ? Le passage comme les générations successives se passent le relais -sans succés, par ailleurs, pour faire de ce "nous" un "nouss" (ou "noos", comme il vous plaira). Mais il se pourrait qu'il n'y ait ni succés ni échec : juste le passage, et quelque chose qui évolue. La roue ne sert plus à torturer. Et dans la communication, délétére en tant que "com.", on peut glisser une parole jusqu'à Pétaouschnok, sans bouger, que les doigts. (Et la parole elle-même).

"Passage", oui, comme un maupertuis : "Pére ! Gardez-vous à gauche ! Pére ! Gardez-vous à droite !"

Et puis : "Eli ! Eli ! Lama sabachtani ? "

Merci pour votre correction !

Pour le reste, nous disons la même chose (Veni, Adorno !) et vous le dites vraiment fort bien.

"Mais c'est bon sang bien sûr !" comme disait le commissaire. Bourrel, bien entendu.

Celui de Gottlieb ?

Et dans les commentaires, il y a une autre chose passionnante "je ne sais pas si la recherche de la formulation juste est littéraire... / lien entre style et philosophie".

La philosophie ne serait pas un genre littéraire ? Ou bien la littérature ne procéderait pas d'une "philosophie" ?

Et puis "le style, c'est l'homme (ou la femme, bien sûr, soit dit pour les agacées)". Que serait une théorie sans style, sans celle ou celui qui tient le stylet ? Que serait quelque discours que ce soit sans celui qui le tient, le profére ou l'écrit ? L'incarne.

Que serait une langue sans langue...?

Sinon un veuvage...

Un trou béant sans rien pour moduler le son en le faisant glisser sur les gorges vocales et le palais des dents. (Ces fabuleuses scénes de "2001, Odyssée de l'espace", où l'on entend plus que la respiration de l'humain seul perdu dans l'infinité de l'espace, sidéré...)

Bien sûr que le style dit autant que l'idée. (j'avais mis le mot littéraire entre guillements).

en effet !

Dans une certaine "mesure", c'est même la même "chose"...

http://www.youtube.com/watch?v=ua7ElsQFZPo

 

On ne saurait dire mieux (première minute consacrée à la terminologie).

Agamben ! Pierre devrait écouter ...Même si j'ai du mal avec l'anglais, j'ai trouvé cette réflexion passionnante.

A partir de votre billet, se repose (pour moi) la question de notre "devenir", depuis celle de notre rapport au dehors tel qu'il est dans son illisibilité, de notre "être" intime et tout autant illisible et non fixe, une fois pour toute, du rapport au(x) savoir(s), rapport au(x) pouvoir(s). Le terme de "positivité" analysé par Agamben (et que je crois avoir compris ainsi) nous place devant le réseau de tout ce qui est "fabriqué" et qui "incarne", réglemente, ordonne, arrange, ....le monde tel qu'il est dans un instant T.

Cette réflexion à laquelle vous m'avez conviée me place devant une forme de constat : l'immense visibilité (du moins que l'on croit telle) du monde (exemple, via le net, l'abondance de discours ...), son opacité d'autant plus forte, le double sentiment des gens

*de croire comprendre

*de sentir qu'ils n'y comprennent rien

*de faire en quelque sorte l'expérience d'un "réel" (au sens de ce qui résiste irrémédiablement) angoissant, plus angoissant qu'il y a quelques décennies.

 

Sans doute se niche là, la possibilité de glisser un coin !

Mais cela devient d'autant plus difficile que le langage a subi plusieurs influences : celle de la publicité (entendu au sens le plus large : discours comme slogan : force imaginaire de la parole définitive, pour dire vite) + celle d'une sorte de (fausse) appropriation de la langue par l'effet internet (= je peux toujours en dire quelque chose, moi je dis que ...et je pense que ...) + lien fort entre parler et dire vite (la vitesse conjuguée à l'illusion de l'efficacité) + l'autre, ancienne, du détournement permanent du langage pour fabriquer, maintenir un ordre.

Merci pour cette occasion d'aller "un peu" plus loin, ce n'est pas fréquent sur le club, lui même pris dansla précipitation (ce qui va vite et qui trouble, rend opaque)

Merci, Marielle, pour ce commentaire passionnant.

Marielle,

se pose, depuis longtemps et pour longtemps (l'éternité plus un jour ?), la question de l'émanciaption. De quoi, comment procéde-t-elle ? Se libérer d'abord soi-même d'une fausse identité (d'une identification à la "personna", au "masque" qui masque notre "vacuité animale" -ce que nous recouvrons de théories) ?

Ou bien se libérer d'abord de contraintes et conditions socio-économiques, politiques ?

Ou bien les deux mon général, dans une marche ambivalente : une, deux, une, deux, gauche, droite, gauche, droite, dans un déséquilibre permanent, une chute en avant rattrapée par l'autre jambe (une ïambe ?)

Le rapport, la relation entre l'individu et la totalité.

L'expérience intérieure, nourrie "aussi" d'expériences multiples et variées.

Et cette "totalité" du monde qui agit sur ... notre vieux, si vieux pays.

Y a-t-il toujours, en avant derniére du "Nouvel Observateur", cette merveilleuse page de "Chateaux et demeures" de gauche ?

C'est l'automne, mieux dit en anglais : the fall. L'action subit une stase. Subit ? Peut-être autre chose. Ni espoir, ni désespoir, ni attente de quoi que ce soit qui surgira, de toutes façons, de maniére inouïe, pour dire quelque chose comme "Il n'a de dieu que Dieu".

Ravi d'avoir stimulé autant d'íntelligence !

Si c'est à "moi" que cela s'adresse ... "Je" ne suis pas intelligent, "je" a seulement été placé en situation de n'avoir rien d'autre à faire qu'à contempler la petite araignée de Dostoïsevski et à lire et laisser venir ou partir les pensées.

Vous le savez bien, Emmanuel, nous sommes faits de nos grands ancêtres. Il y en a eu tant, dans les temps héroïques. En vrac, pour le plaisir de dire leur nom : Jack, London ou Kérouac, Fedor Dosto, Alexandre Tolstoï, Agamben Giorgio. Et tant et tant d'autres Woolf et Weil, Melville Proust, Sophocle Héraclite (Je n'ai jamais pu "venir à bout" que d'une petite chose produite en samizdat, que je n'ai même pas pu nommer "Le Lecteur". "Je" ne suis pas intelligent, "je" suis idiot. (Et je m'en vante !)

Tellement idiot que je fais un contresens : vous ne dites rien d'autre que ce que vous dites : stimulé. "De passage", sans identité fixe, comme sans domicile. *

Dommage que ça s'arrête ...

Je reprends ce que je disais au début autour du "littéraire" (avec guillements, n'est-ce pas !). Pierre souligne l'importance du "style", je rajouterai qu'à mes yeux, le style est aussi l'art de tailler, d'enlever, d'accepter de ne pas dire afin que le lecteur dise, pense, rêve à son tour.

Evidemment cela joue fort différemment pour un texte littéraire et philosophique, mais pour ce dernier, qui nécessite une mise ne route vers la complexité conceptuelle, se pose vraiment la question du rapport (intime ? initmité de celui qui écrit, au sens de posture intérieure) entre la recherche du dire complexe et celle d'une forme de "sévérité" (classique ?) vis à vis de l'expression. Il ne s'agit jamais de vouloir faire simple au sens de simplifier (tronquer, rabotter) la pensée, mais de chercher cependant l'économie - celle du nécessaire et du superflu -

Cette idée joue aussi pour moi dans le littéraire, et je m'empresse de souligner qu'une écriture baroque peut être infiniment exigeante.

Gouverner, c'est laisser l'objet choisir.

Le style est une vie objectale.

Ca ne s'arrête pas, Marielle... Ca prend son temps... Ce billet et tes commentaires ont le mérite et méritent de susciter une paisible méditation, ce qu'on peut ailleurs nommer "réflexion" (J'aime ce que ce mot porte du miroir du Narcisse de Salomé (Lou Andreas) et fenêtre.)

Ainsi en est-il de ce que tu écris là, et qui m'induit ceci : dans la fougue de sa jeunesse, l'auteur veut écrire gros et grand, dépasser les fatidiques (?) 250 pages, viser les mille, Guerre et Paix à la Recherche du Temps perdu sur le dos de Moby Dick. Mais l'auteur (c'est moi, c'est l'autre, toujours ailleurs, en ce temps de perte de temps dans la sollicitation extérieure loin de l'expérience intérieure), s'il se relit, sabre, selon qu'il veut paraître ou aller "plus loin" que dans les salons, fussent-ils littéraires. De 500, si ont élimine le superflu (redites (Déjà dit, mieux, par d'autres en qui "je" se découvre ou "me" découvre et m'invente) sans style, sans découvertes, sans fracas du tonnerre de dieu, sans la petite luciole qui grésille le long de la colonne vertébrale -du sacrum coccyx à la grosse glande la plus sexuelle qui soit : le cerveau- on passe "facilement" à 5. Mais, bien entendu, ceci est faux. Ecrire, jeter, jeter sur le papier ce qu'on écrit, c'est "kafkaïen".)

L'âge venant, sagesse et/ou fatigue, on biffe et rature avant même que d'écrire ; l'essentiel tient en Quoi ? Celui-ci. Qui ? Cela. (Un des "nom de dieu !" ou "Sacré bonsoir !" dans le "gueuloir" de Flaubert ? Pound sur sa falaise, au bord du gouffre, gueulant dans le vent, pour ceux qui ne veulent pas l'entendre, le souffle du vent, entrant dans ses poumons, par la gorge, la langue dans la bouche.)

 

Quoi ?

Ah oui ! La philosophie... Autre chose ? De Héraclite ou Lao Tseu l'obscurité lumineuse, ou de Spinoza le cheminement pensif... Parfois l'éveil tient en quelques mots ou un seul geste (Maître, qu'est-ce que le Zen ?" Le "maître" prend une cruche vide et la jette à terre, où elle se brise en mille morceaux : "Le Zen , c'est ça.")

Et de Marx l'énorme "Kapital" que je n'ai jamais su tenir à bout de bras, tandis que la concision nette de son travail avec Engels manifeste une lumineuse intelligence des "choses" politiques.

Mais pardon, j'ai toujours tendance à confondre philosophie littéraire et littérature philosophique.

 

Il paraît que le poïen, ou poésis, est apparu quand le grognement de l'animal fut modulé en chant ; mais qu'est-ce qu'il a bien pu vouloir dire ?

Mais je ne sais pas.

Il a sans doute voulu dire que sa voix lui échappait.

* J'ai failli biffer supprimer toutes le idioties écrites avant le * de 13.32.

Je le fais : ne reste plus que : "stimulé". De passage, sans identité fixe, comme sans domicile.

Vous auriez eu tort, c'est passionnant !

Qu'est-ce que vous voulez dire, Emmanuel Tugny ?

Il a sans doute voulu dire que sa voix lui échappait.

Oui. Elle s'échappe de lui.

Le grognement aussi ...

 

Et le chant de la danse.

Mais le grognement ne passe pas le temps sans corps.

Je veux dire que les objets littérairess ou philosophiques ne sont des objets qu'en tant que leur est garantie une vie propre par un souci originel des équilibres internes. Il y a trop d'auteurs, pas assez d'objets.

"puissante énigme intérieure". Cela est bien dit.

"le mystère du coeur"de Mallarmé...

L'équilibre interne des objets est le produit de cette eupraxie étrange qui consiste à rendre congruents l'expression et ses moyens.

 

Ouah !!!

Voir, notre La Reine Eupraxie (la lettre volée), à HP Jeudy et à moi...

Merci !

Newsletter
Je m'identifie