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Trop (noir ou femme), ou pas assez ?
On ne naît pas noir, on le devient. Autrement dit, il en va des identités raciales comme des identités sexuelles : loin d’être données par la biologie, elles sont construites, à la fois assignées et négociées, dans l’histoire des rapports de pouvoir. Après les élections françaises, la campagne présidentielle aux Etats-Unis vient nous le rappeler, en croisant genre et race : même en dehors de la vie politique, les identités sont toujours politiques.Hillary Clinton est-elle une femme ? A la différence de Ségolène Royal, qui en a usé sans modération en 2007, la sénatrice de l’Etat de New York a tout fait pour ne pas se laisser enfermer dans sa féminité. Elle ne joue pas de la séduction, ni de l’émotion ; elle s’arme de compétence, et d’expérience. Tout au plus une larme a-t-elle percé sa carapace publique en janvier, à la veille de la primaire du New Hampshire : en manifestant ainsi que la politique est personnelle, la candidate regagnait d’ailleurs le vote des femmes après son échec dans l’Iowa. En février, dans le Connecticut, une autre larme rappelait de nouveau, à ceux qui n’en étaient pas convaincus, qu’elle était capable d’émotion, bref qu’elle était femme.
En réalité, la candidate ne laisse jamais oublier qu’elle est femme – épouse de l’ancien Président. Jusqu’à son nom : Rodham a disparu avec la première campagne présidentielle de son mari, pour laisser la place à Clinton. L’appeler par son prénom (« Hillary »), alors qu’on dit « Obama » ou « McCain », c’est donc moins la rabaisser au rang de femme (comme « Ségolène »), que la distinguer de son conjoint – au moment même où le couple fait campagne sur son bilan des années 1990.
Bill Clinton plaisantait en 1992 : l’Amérique allait en élire deux pour le prix d’un. Aujourd’hui, leur fille Chelsea affirme avec un sourire que sa mère « fera un meilleur président » que son père… Ce que sollicite Hillary Clinton en 2008, c’est donc presque une réélection : un troisième bail à la Maison Blanche. Après tout, pourquoi la carrière du mari devrait-elle empêcher celle de son épouse ? Et comment s’en indigner, alors que la dynastie Bush est encore au pouvoir ?
Pour autant, la féminité d’Hillary Clinton continue d’être un enjeu politique – comme sous la présidence de son mari, elle pose problème, en tout cas à ses adversaires. Des campagnes de rumeurs pornographiques, à la Marie-Antoinette, l’ont prétendue tantôt nymphomane, tantôt lesbienne, tantôt frigide – soit autant de manières de signifier qu’elle serait tout à la fois trop, et pas assez femme. En 1992, elle refusait de se laisser réduire au rôle de l’épouse dévouée, comme dans la vieille chanson de Tammy Winette, Stand by Your Man : on lui reprochait alors d’être trop féministe, et pas assez féminine.
En 1998, après les révélations sur Bill Clinton et Monica Lewinsky, quand justement elle restera aux côtés de son homme, on lui reprochera au contraire de sacrifier le féminisme – sans lui accorder toutefois le bénéfice de la féminité. En pardonnant ses frasques à son époux, la femme politique ne se montrait-elle pas davantage politique que femme ?
Hillary Clinton ne serait-elle pas une femme ? Le sexisme virulent des attaques qu’elle subit devrait rassurer les plus inquiets. Rappelons la question d’une électrice à John McCain en novembre dernier : « comment va-t-on battre cette salope (bitch)? » Et la réponse de celui-ci, assortie d’un rire : « Excellente question ! ». D’où ce slogan sur des T-shirts qu’on peut acheter sur internet : « La vie est une salope : n’en élisez pas une en 2008 ! » Sans parler des commentaires journalistiques sur l’épaisseur de ses chevilles ou le goût de sa garde-robe. Nul n’oublie jamais que, cette fois, le candidat est une candidate.
Bref, aux Etats-Unis comme en France, une femme politique ne peut pas se permettre d’ignorer l’identité qui lui est assignée – même s’il n’est sans doute pas de bonne manière de jouer, ni de déjouer ce jeu : c’est toujours trop, ou trop peu.
Barack Obama est-il noir ? Pour certains, il ne l’est pas assez. C’est ce qu’on entendait depuis le début de sa campagne, y compris chez des Noirs. Non seulement parce que sa mère est originaire du Kansas, soit de l’Amérique blanche profonde, mais aussi parce que son père venait du Kenya – autrement dit, il est Américain et Africain, et non « African-American ». Son histoire n’est pas celle de l’esclavage. Sa trajectoire cosmopolite et son éducation d’élite ne lui permettraient pas de partager l’expérience noire américaine – à la différence de sa femme Michelle, qui d’ailleurs l’aide à corriger ce déficit d’image : elle puise ses racines dans les quartiers noirs de Chicago. On reviendra d’ailleurs prochainement sur ces logiques d’identification, génétiques et culturelles.
Bref, qu’il s’agisse du genre d’Hillary Clinton ou de la couleur de Barack Obama, la question identitaire est d’abord posée sur son versant minoritaire : aux femmes, aux Noirs. Nul ne tient rigueur à Hillary Clinton de n’être pas assez blanche – ou trop, du reste. C’est ce que remarquait le pasteur noir Jeremiah Wright, dans un des sermons controversés qui alimentent les attaques contre le sénateur de l’Illinois depuis quelques semaines.
A l’inverse, nul ne fait grief à Barack Obama d’être trop ou pas assez masculin – du moins pour l’instant. Peut-être en effet faudrait-il s’interroger : l’enjeu de la virilité noire a une longue histoire aux Etats-Unis (et au-delà)… Or, Obama ne semble pas inquiéter, même sexuellement – du moins pas encore. Reçu à la télévision pour l’émission The View par un panel de femmes célèbres, blanches ou noires, il peut sans trembler s’entendre complimenter par la journaliste Barbara Walters, qui le déclare « sexy ». Et n’oublions pas les déclarations langoureuses, en vidéo, de « Obama girl »… Depuis quand, aux Etats-Unis, une femme blanche peut-elle sans danger flirter publiquement avec un homme de couleur ?
Barack Obama ne serait-il pas noir ? Ses adversaires politiques ne comptaient pas le laisser s’en sortir à si bon compte. En le comparant à Jesse Jackson, Bill Clinton tentait de le faire entrer, au moment de la primaire en Caroline du Sud, dans la catégorie du « candidat noir », où ce leader noir était cantonné en 1984 et 1988. Mais ce sont surtout les images, diffusées en boucle à la télévision, des diatribes du prédicateur noir de son église contre l’Amérique blanche, qui tendent à renverser la perspective : le mentor auquel il a emprunté le titre de son second livre, même s’il a fini par l’écarter de sa déclaration de candidature en février 2007, ne serait-il pas coupable de ce qui apparaît à beaucoup, surtout s’ils ne sont pas Noirs, comme un racisme anti-Blancs ? Loin de n’être pas assez noir, Obama le serait beaucoup trop.
C’est ce qu’on pourrait appeler l’effet O.J. Simpson. On se souvient que l’ancien footballeur américain fut arrêté en 1994 après l’assassinat de son épouse, avant d’être acquitté par un jury criminel, et condamné par un jury civil. Le public semblait avoir oublié que cette vedette chérie des publicitaires était noir ; mais lorsqu’on le soupçonna d’avoir tué sa blonde épouse, on s’aperçut qu’il l’avait toujours été. Le cliché pris par la police lors de son arrestation fit la couverture des magazines – mais Time choisit de le noircir, pour le rendre plus frappant (mais aussi plus menaçant ?), avant de céder aux protestations : fait exceptionnel, la couverture fut modifiée pour la diffusion en kiosques. O.J. Simpson n’était pas assez noir, il le devint trop. C’est alors que se mit en place le clivage racial que le procès ne devait faire qu’exaspérer.
Dans son fameux discours de Philadephie, le 18 mars 2008, Barack Obama a fini par reconnaître qu’il ne pouvait échapper à la question raciale. Le candidat n’était pas vraiment noir ; avec la campagne, il l’est brusquement devenu. Tout se passe comme si chacun, y compris lui-même, découvrait aujourd’hui qu’il l’a toujours été. Un peu comme Hillary Clinton a toujours été femme, malgré tout : comme le dit un autre T-shirt, croisant les deux registres, « si seulement Hillary avait épousé O.J. »…
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard : dans ce même discours, Barack Obama fait justement référence à O.J. Simpson – ou plutôt à la manière dont la race fut traitée dans cette affaire, de l’arrestation au procès : comme « spectacle ». Comment penser autrement la question raciale, sans être pour autant condamné au mode de la « tragédie », comme en 2005 avec l’ouragan Katrina ? Autrement dit, comment n’être pas prisonnier de l’alternative raciale, qui fait qu’on est toujours trop noir, ou pas assez ? *La politique de l’identité ne s’arrête pas aux seules minorités – femmes ou Noirs. S’il est vrai que la compétition démocrate, en se prolongeant, risque de faire le jeu du candidat républicain, en retour, elle marque aussi son identité : la campagne confère à John McCain le rôle de l’homme blanc. Les Républicains en jouent depuis longtemps, en mobilisant les peurs de cet électorat. Mais ils pourraient bien aujourd’hui voir se retourner contre eux la « Southern strategy » mise en place depuis le mouvement des droits civiques, après Johnson, et avec Nixon. D’ailleurs, le magazine New Yorker va jusqu’à conseiller à McCain de contrebalancer son « ticket » présidentiel en proposant la vice-présidence à Condoleeza Rice – soit une manière de se protéger, d’un coup, sur les deux fronts du genre et de la couleur.
L’échec de la guerre en Irak et la récession qui s’installe aux Etats-Unis risquent d’enfermer l’électorat républicain dans une identité de repli, fondée sur le refus de cette réalité. Pour le sénateur de l’Arizona, la guerre n’est pas une erreur ; elle est seulement mal menée. Loin de s’en retirer, il suffirait pour gagner de s’engager davantage. Quant à l’économie, l’Etat fédéral devrait se garder d’intervenir pour protéger les plus faibles, pour ne pas encourager l’imprudence des banques.
Bref, les faits ont beau être têtus, la politique républicaine s’entête davantage encore – comme si la réalité n’était que démagogie démocrate. Au risque de s’abandonner à une politique du ressentiment. L’homme blanc en colère avait fait les beaux jours de la droite dure en 1994, avec Newt Gingrich ; mais aujourd’hui, il vieillit. Loin d’endosser un tel rôle, les plus jeunes le récusent : ils refusent d’assumer une identité assignée. La politique de l’identité passe en effet par l’identification, qui se négocie aussi : c’est en cela qu’elle ne se réduit pas à une domination subie par les acteurs minoritaires, et revendiquée par les « majoritaires ». L’identité est proprement politique.
(A suivre : « Une Amérique post-‘postraciale’ »).

Tous les commentaires
Analyse magnifique. Le sujet n'est pas simple à traiter. Certains passages m'ont bien fait rire.
Merci pour ce premier encouragement!
Analyse intéressante expliquant que les femmes candidates à un rôle traditionnellement tenu par les hommes sont toujours (de) trop. Mais dans son premier paragraphe, l'auteur se laisse aller à écrire "sans modération" que S..Royal a vraiment été trop en 2007 !! Comique Quant au paragraphe mentionnant que les femmes sont une "minorité" (sic), à 51 % !! Encore un effort ...
La "minorité" n'est pas ici une catégorie statistique ; elle renvoie à des rapports de pouvoir. Les femmes sont minorées. C'est en ce sens qu'elles sont minoritaires. De même, aux Etats-Unis, il ne suffira pas que les minorités ethniques soient majoritaires (au sens statistique) pour n'être plus minorées.
La plus belle illustration de cette différence entre minorité politique et minorité statistique me semble encore le constat lapidaire de Pierre Desproges : "les étrangers sont de plus en plus nombreux dans le monde". Merci à Eric Fassin pour cette belle analyse (mais je n'y ai pas trouvé, toutefois, de lien vidéo vers les prêches du gourou d'Obama : une secrète dilection ?) MPB
Pour le sermon de Jeremiah Wright, j'y reviens dans le deuxième billet - pour le comparer à Martin Luther King, Jr. EF
la langue est au service du pouvoir... Elle interdit, impose, nous oblige à subir son emprise politique. les femmes sont une minorité politique, mais elles sont majoritaires. Qui fait de la statistique ?
Oui, Ségolène Royal a été trop, beaucoup trop lors de sa campagne et il était insupportable de la voir endosser le pire de la caricature féminine : les petites jupes plissées, les ballerines de danseuse, les balancements timides et mutins de cheveux, les mains sagement croisées, les gestes de compassion et j'en passe... le tout couronné par la saine-sainte colère de dame patronnesse lors du débat fatal. Si une candidate de gauche prétend exister, la représentation qu'elle donne de la femme est forcément un enjeu. L'art et la manière d'être une femme est politique, dans le métro, dans une cuisine, au bureau et.. sur les plateaux de télévision, naturellement . Quand Eric Fassin le souligne, il ne fait rien que de rappeler une évidence et ne se comporte nullement en crypto-macho. De grâce, que l'on puisse critiquer une femme, analyser aussi - et pas seulement - son maintien, son phrasé, son habit, sans être accusé de sexisme !
Je n'ai pas lu l'article d'E. Fassin -que j'ai apprécié- sous l'angle du "trop de féminité" qui semble polariser les premiers commentaires mais sur le fond. Ce n'est sans doute pas un hasard si ce qui pourrait sembler anecdotique l'emporte y compris chez ceux (celles?) qui prétendent le contraire Et la lecture du post de pm me fait frémir, ("...le pire de la caricature féminine : les petites jupes plissées, les ballerines de danseuse, les balancements timides et mutins de cheveux, les mains sagement croisées, les gestes de compassion..."). Comment ne pas être conscient de ce qu'impliquent des jugements de cette nature ? Ets-il possible de faire comme si ces propos n'existaient pas ? Bref, avant de partir travailler je ne peux que me demander si je dois opter ou non pour les "petites jupes plissées, les ballerines de danseuse, les balancements timides et mutins de cheveux, les mains sagement croisées...". Je ne crois pas que mes collègues hommes en soient là.
Merci pour ce post, tout à fait d'accord. Si une femme montre sa féminité, elle est accusée d'en faire trop. Reproche-t-on aux hommes politiques d'être masculins ?
Mais cher pm, personne, absolument personne n'est habilitée à donner "UNE représentation" de "LA femme": d'abord ce n'est pas possible, ensuite, cela n'a rien à voir avec les enjeux d'une élection présidentielle. Nous sommes tou(te)s des caricatures!! et il n'y a pas de modèle.
Merci à Eric Fassin pour ce premier post depuis New York. Hâte de lire la suite sur l'actualité politique américaine qui semble taillée sur mesure pour lui cette année, compte-tenu de ses travaux antérieurs sur les identités politiques, et notamment leurs usages stratégiques. Sur Barak Obama, je me permets de renvoyer aussi ceux qui lisent l'anglais au post aussi drôle qu'intelligent de l'écrivain Robert McLiam Wilson. http://www.mediapart.fr/club/blog/robert-mcliam-wilson
Merci pour cette analyse très éclairante. Juste qques remarques. Les larmes seraient l'apanage des femmes ...Dommage, je connais bien des hommes qui savent pleurer et c'est tant mieux...Par ailleurs, ilme semble que S.Royale a plutôt fait sa campagne en tant que mère plutôt qu'en tant que femme et bcp d'hommes n'aiment pas être maternés...C'est peut-être une des explications de sa défaite, mais là c'est un autre sujet. Pensez- vous que cette identité politique est prégnante dans la société française et que cette analyse pourrait être transposable chez nous? Je pense en particulier à la candidature de B.Delanoé au sein du PS.
Bien sûr, les larmes ne sont pas naturellement féminines. Mais par exemple, en 1972, les larmes qu'Ed Muskie aurait versées pour sa femme (ou bien s'agissait-il d'un flocon de neige ?) l'ont écarté de la course à la nomination démocrate : trop d'émotion pour un homme... Pour sa part, Hillary Clinton essaie de donner des gages d'humanité - qui sont aussi des preuves de féminité. De nouveau, sa voix se brise, et ses yeux sont embués, quand elle évoque Martin Luther King le 4 avril. Mes analyses sur les Etats-Unis peuvent aider à penser la politique française - c'est du moins mon intention. La question n'est pas tant de savoir si les identités sont politiques, mais comment elles le sont : comment elles contraignent les acteurs (minoritaires, comme Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal, ou pas, comme Nicolas Sarkozy), mais aussi comment ils - ou elles - en jouent. Il ne suffit donc pas de constater que telle est femme, tel homosexuel, voire telle autre maghrébine ou noire, mais d'analyser comment cela se joue, ce qui n'est pas donné d'avance. De quoi nourrir un blog pendant longtemps!
Mouais...Jospin les larmes aux yeux au souvenir de 2002,un gage de féminité? pardon, d'humanité? Enfin, c'est pareil? On s'y perd.. Enfin, merci pour l'analyse qui reste riche même dans ses faux pas
AFFLIGEANT ORWELL RÉVEILLE TOI ILS SONT FOUS
Le côté "père de la nation ", s'il a son importance, ne peut avoir comme pendant, que "mère de la nation", je ne vois pas comment faire autrement. Pour ma part, tous les candidats ne sont-ils pas contraints de jouer sur l'image, pour être visibles ? Je m'intéresse avant tout à ce qu'ils ont fait, à leurs parcours, à leurs propositions, qu' à la part d'eux-mêmes qu'ils donnent à voir, en cette circonstance si particulière. Le message m'importe davantage que sa mise en scène, qui ne peut qu'être ce qu'elle est, un media, inspiré par la culture environnante. S.R. ressemble à une française, latine, - l'élégance -, H. Clinton fait très américaine - son brushing à la Dallas - A. Merkel très germanique : en Allemagne, les femmes se maquillent peu ou pas, par exemple.
bonjour, merci pour votre analyse. Une question, dans ce type de "bataille" n'est-on pas toujours rattaché à quelque chose que l'on ne maitrise pas (sa couleur, son genre, son origine sociale) qui est le maillon faible pour l'adversaire. D'autre par, j'ai lu (où?) que pire d'être une femme ou noir, un athée serait "brulé" avant même le départ?
Vous avez raison : les candidats doivent faire avec ce qu'ils sont ; mais, d'une part, toutes les propriétés sociales n'ont pas la même valeur (homme ou femme, blanc ou non, pour rester sur les deux exemples qui nourrissent ce billet - mais ce sont aussi les ressources économiques, culturelles et sociales dont la valeur politique est variable) ; et d'autre part, la valeur dépend de la manière d'en jouer (c'est comme quand on joue aux cartes : on peut jouer plus ou moins bien avec la main qu'on a - même s'il y a des mains plus fortes que d'autres, étant donné les règles du jeu). Quant à l'athéisme, ce n'est pas une propriété visible - à la différence (en général) du sexe ou de la couleur de peau. On peut plus facilement rester flou sur ses croyances que sur son apparence... Mais il est vrai qu'en 2008, la religion pourrait jouer un rôle fondamental dans l'élection - comme en 2004, mais en des termes différents, j'y reviendrai sans doute dans le blog.