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La Suisse de Pain et Chocolat
12 Décembre 2009
Par
Eric Soriano
Au-delà de la querelle des minarets, la Suisse est aussi le cadre d’un des plus beaux films réalisé sur l’immigration. Sorti en 1972, Pain et Chocolat décrit l’exil d’un immigré italien dans un pays qu’il imaginait la terre promise. Ce qui constitue la vraie originalité du film, c'est ce ton, celui de la comédie dramatique. Il permet à Franco Brusati d’éviter les écueils du misérabilisme. Pas de ressentiments, pas de colères même, mais une farouche envie de montrer l’éventail des sentiments d’un migrant porté par la nécessité de survivre dans un monde qui n’est pas le sien.

Tous les commentaires
Ah ! oui, quel formidable film !
Oui, un film inoubliable. Des scénes que je revois encore, 37 ans plus tard... Longtemps que je le cherchais. Merci m'sieur Soriano.
Mà! sono Italiano!
Le cri du desespoir et de de la résignation dan le commissariat de police où il a été convoqué parce qu'une petite fille blonde l'a dénoncé (il faisait pipi contre un arbre), résume tout le film!
Autre séquence inoubliable : le match de foot Suisse- Italie!
C'était du temps où on n'allait pas trés loin chercher ses travailleurs immigrés. d'ailleurs dasn les année 70 courait la blague suivante: "Les Italiens n'en ont pas besoin, ils ont leurs propres arabes: les siciliens et autres calabrais" (revoyez Rocco et ses frères par exemple).
Et la scène du poulailler ? Ce poulailler où ils sont obligés de vivre, pliés en deux comme des volatiles, à respirer des plumes, quand soudain sur une musique céleste... de jeunes Aryens blonds et insouciants, passant à cheval, et allant s'ébrouer nus dans l'eau pure !
Ah ! merci Grain-grain, c'était la scène qui m'était restée et je ne savais plus si elle était dans ce film tout en en ayant l'impression. J'avais d'ailleurs associé dans mon imaginaire cette scène à Pasolini, trouvant qu'elle rejoignait son style à la fois figuré et très politique.
Et la scène de l'orange à peler en irréprochable spirale dans le restaurant ? Il me semble que je connais ce film par cœur. Combien de fois l'ai-je vu ? Incalculable, tant je l'ai adoré. Celui-là, et aussi "Nous nous sommes tant aimés" de Scola !
En 1972, la classe politique ne reprenait pas encore à son compte les idées de l'extrême-droite en disant qu'elle posait les bonnes questions même sans avoir forcément les bonnes réponses.
oui !merci de rappeler ce film -si formidable-en particulier le fameux match de foot, reçu au bistrot, "l'émigré teint en blond "beau gosse suisse ! qui éclate et se "dénonce" aux yeux des bons racistes dès que l'Italie marque un but!
Au fait, avez-vous recencéle nombre de coiffeurs aux alentours de Barbès proposant le "défrisage" ?
Et oui, un très beau film... Ne pas oublier, toutefois, que nombre d'Italiens et autres immigrés "européens" n'ont pas été traités bien mieux en France à certaines époques et n'ont pu s'intégrer dans ce pays qu'au prix d'un déracinement presque total, en renonçant, par exemple, à apprendre leur langue à leurs enfants de peur qu'ils se fassent rejeter....
L'objet n'est évidemment pas de laisser croire que la France a des leçons à donner...
Je suis tout à fait persuadée que telle n'était pas votre intention...
En tout cas, cela m'a donné envie de revoir pour la 5ème (peut-être 6ème...) fois ce film que j'adore! Et Nino Manfredi (mon préféré de toute la bande des acteurs italiens de l'époque...), dans ce film, est extraordinaire
Dans le même registre, même si un peu moins drôle et sans doute moins réussi, connaissez-vous "I magliari" de Francesco Rosi?
Non je ne connais pas. Merci pour le tuyau. Je vais essayer de le trouver dès demain.