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Journalisme, l'enfant pauvre du programme de François Hollande

 Dimanche 22 janvier, au Bourget, François Hollande a tenu son meeting devant des milliers de militants enthousiastes, devant des centaines de journalistes.

Hier, à la Maison des métallos, dans le 11e arrondissement de Paris, le candidat socialiste à la présidentielle a présenté ses engagements pour la France. Les journalistes étaient aussi au rendez-vous, près de quatre cents.

Découvrant le projet présidentiel de François Hollande pour 2012, d'aucuns de mes confrères dont Laurent Mauduit de Médiapart, vraisemblablement à raison, ont jugé que ce projet-là, comprenant beaucoup des mesures courageuses ou progressistes, manquait toutefois, « de souffle, singulièrement dans son volet économique et social ! ».

Mais pas uniquement...

Alors que la crise qui frappe les médias n'a pas de précédent, quasi aucune mesure fondamentale dans ce programme pour préserver l'indépendance des journalistes, donc préserver par cette voie la démocratie.

Seuls trois engagements notés, importants certes, mais largement insuffisants pour que le journalisme rime de nouveau avec information, qualité, pluralisme. François Hollande s'engage à ce que la nomination des responsables des chaînes publiques de télévision et de radio dépende d'une autorité indépendante, laquelle ? Rien n'est dit. Le candidat affirme qu'il envisage de préserver l'indépendance de l'AFP et de renforcer la loi sur la protection des sources, en soulignant que plusieurs syndicats de journalistes ont déjà revendiquer d'abroger cette loi. Cette loi promulguée en janvier 2010, a été entachée d’hypocrisie après l’affaire « Woerth-Bettencourt ».  La présidence de la République actuelle à l'initiative du texte, cherchant à protéger son ministre sur ce qui s’apparente aujourd’hui à un scandale d’état, a activé une enquête. Pour ce faire, le pouvoir élyséen s’est appuyé, via la DGPN (Direction générale de la Police nationale), sur les services du contre-espionnage, en l’occurrence la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur). L’objectif assigné étant la neutralisation de ou des informateur(s) de notre confrère du Monde. Rappelons que le journal n’a pas été espionné. Ce sont les communications téléphoniques d’un haut fonctionnaire qui ont été transmises à la DCRI par un opérateur de télécommunications. Si comme l'a écrit le Monde, se procurer la fadette, les relevés téléphoniques du magistrat qui était en contact avec le journaliste du journal, est bien une « atteinte indirecte » au secret des sources du journaliste, cette loi du 4 janvier 2010 ne prévoit aucune incrimination pénale pour sanctionner cette atteinte. Si bien que cette prétendue loi de protection des sources ne peut pas servir à poursuivre ni à faire condamner ceux qui s’attaquent aux sources de la presse.

Sinon à porter plainte avec d’autres articles du code pénal qui existaient déjà avant cette loi et dont l’efficacité n’a jamais été prouvée. Par ailleurs, un juge d’instruction qui essaierait d’enquêter trouvera de toute façon porte close ! Car la Loi de programmation militaire de novembre 2008 étend le "secret défense" à la Direction centrale du renseignement intérieur …Et c’est cette dernière qui s’est chargée de neutraliser l’informateur du Monde. Ainsi, dans sa « grande générosité » avec la presse, Nicolas Sarkozy est parvenu à un double verrouillage tout à fait légal, mais lourd de conséquences pour le journalisme d’investigation ! Cette loi sur la protection des sources des journalistes est pernicieuse. Elle nuit gravement à la liberté de la presse, donc à l’exercice de la démocratie.

En conséquence, c'est pourquoi aujourd'hui de nombreux journalistes et organisations syndicales demandent son abrogation et non pas comme le prévoit François Hollande un « renforcement » de la loi. Une loi garantissant l'accès à une information libre devra être étudiée.  

En 2010, pour la première fois depuis la Libération, le nombre de journalistes titulaires de la carte de presse a diminué. Pas un jour, pas une semaine, sans qu'un titre ne vienne s'ajouter à l'interminable liste des rédactions frappées par les suppressions d'emploi (Parisien, l'Expansion, RFI, Centre-Presse, Midi-Libre, L'Indépendant, PTV Prisma Presse, Lagardère...). Sans parler de la fermeture historique de France Soir, et dans quelques jours de la Tribune, journal économique.

Rien n' a été entrepris par l'Etat pour sauver ces titres de la presse quotidienne nationale, rien n'a été entrepris pour défendre en France le pluralisme. Dans quelques semaines,  le lecteur français ne pourra s'informer qu'à travers le seul journal les Echos, d'orientation libérale, dont le propriétaire n'est autre que  Bernard Arnault, ami du président Sarkozy.

Quelles que soient les formes de presse, les rédactions se vident aux rythmes des réorganisations, de plans d'adaptation, de concentration des titres.

On nous dit que c'est la faute à la crise : la fuite du lectorat, le développement numérique, multiplicité des supports...

Ne faut-il pas y voir le fruit des politiques strictement financières et des errements spéculatifs des grands groupes qui contrôlent les médias au bénéfice quasi exclusif des actionnaires ? Ne faut-il pas y voir là le prétexte d'une détérioration sans précédent des conditions du travail des journalistes, soumis comme jamais aux impératifs de la productivité, devenus polyvalents, déqualifiés, déclassés, précarisés ?

Nicolas Sarkozy durant son quinquennat n'a pas cessé de prendre toutes les mesures pour favoriser les financiers à construire des groupes multimédias à taille internationale mais déconnectés de toutes exigences journalistiques qui contribuent à renforcer l'information, donc la démocratie française.

A la vue des insuffisances du projet Hollande sur les problématiques de la presse  la question se pose pour de nombreux confrères journalistes, syndicalistes, citoyens français : le candidat socialiste à la présidentielle  sera-il s'opposer réellement comme il a dit au Bourget, à ces financiers  ?

François Hollande, s'il devient Président, sera-t-il contrer  la sentence que Nicolas Sarkozy avait rendu en 2008 lors des états généraux de la presse en déclarant « la meilleure façon de préserver la presse, c'est qu'elle devienne rentable  ? ».


Il y a une presse qui n'a pas vocation à être rentable. Mépriser cette donne et laisser les médias entre les seules mains des financiers, des gestionnaires, qui pour autant bénéficient des aides de l'Etat, sans qu'aucun contrôle ne soit réalisé, est une atteinte violente à un pilier de la démocratie. Si la survie des organes de presse n'est liée qu'à l'unique critère de rentabilité, c'est laisser le contrôle de l'information à une catégorie de la population qui détient l'argent et le pourvoir.

C'est une atteinte au pluralisme, détruisant ainsi le cadre de la Libération : une presse à l'abri des forces de l'argent conçue comme garantie de la libre circulation des idées et des opinions, des moyens industriels conséquents, des emplois en nombre suffisants, une main d'œuvre qualifié au service de la qualité.


François Hollande veut tourner la page Sarkozy. Beaucoup de Français aussi. Mais le candidat socialiste doit la tourner complètement.
Des chapitres entiers de la vie sociale, économique et démocratique françaises, détruits par la politique néolibérale décomplexée de Nicolas Sarkozy et l'UMP, doivent être réécrits.

La question de la pluralité et de l'information en est un. Mais François Hollande a-t-il pesé toute la gravité du problème auquel est confronté la plupart des journalistes de « base », ceux qui ont les revenus aujourd'hui relatifs à la classe ouvrière ?  Les soutiers de l’information sont nombreux.  Ses fréquentations et celles de quelques membres de l'équipe de campagne avec des journalistes établis voire vedettes, leurs permettent-elles de saisir toute la gravité de la situation à laquelle sont confrontés des milliers de journalistes ? Il est très difficile en effet à un représentant patenté de la presse bourgeoise de rendre compte de la situation des confrères moins favorisés ou précaires.


L'information, ses emplois, son avenir aurait dû faire l'objet dans ce programme d'engagements plus forts  de la part de François Hollande. Pourquoi ne pas annocer sa volonté de défaire les états généraux de la Presse écrite, ou sa volonté de procéder à un débat parlementaire public, menant à la rédaction d'une loi fondamentale sur l'information. François Hollande sera-t-il à travers sa politique affirmer son soutien à l'existence du pluralisme et d'une presse indépendante ? Rien qui ne s'apparente à des engagements forts n'a été annoncé hier à la Maison des métallos.

L'indépendance et la liberté d'un journaliste c'est aussi et avant tout son indépendance matérielle. Où est la liberté quand on ne sait jamais de quoi demain sera fait et qu'on ne peut pas vivre de son métier ? Le pluralisme doit devenir une question éminemment politique et s'il veut la défendre, François Hollande devra comme il le prétend combattre certaines méthodes des princes de la finance.

Tous les commentaires

28/01/2012, 15:25 | Par vieille dame

euh, désolée, mais c'est quoi ces phrases qui se répètent ?

Par ailleurs, donner le Midi Libre comme un exemple de presse indépendante menacée... menacée, peut-être, je ne sais pas, mais indépendante ? oui ? Le Midi Libre me tombe des mains tellement l'information locale y est insuffisante et "neutre" !

28/01/2012, 19:10 | Par esther H en réponse au commentaire de vieille dame le 28/01/2012 à 15:25

Désolée, pour les répétitions mais problèmes d'habillage hier !

Pour le Midi Libre ok avec vous mais il était question de la menace sur les emplois donc impact sur les conditions de travail et sur la qualité rédactionnelle !

28/01/2012, 16:20 | Par Leséparges

Votre article est un peu embrouillé .

Dommage .

Il mériterait de dégager les grandes lignes de votre propos et de ne pas se perdre dans le détail .

28/01/2012, 21:11 | Par emile.michel6@orange.fr en réponse au commentaire de Leséparges le 28/01/2012 à 16:20

Bon article qui montre que les déqualifications, déclassifications des journalistes vont avec le centralisme financier qui se rétrèci toujours plus pour la liberté d'information ;

Mais quelle oragnisation pour la défense du journaliste militant...???

Donc de l'espace pour la presse indépendante et Internet en particulier;

Médiapart a donc de l'avenir...

Et le petit sur 6 chaines nous enchaine...tout un symbole de la "royauté" méthode 5e République.

29/01/2012, 13:42 | Par Leséparges en réponse au commentaire de emile.michel6@orange.fr le 28/01/2012 à 21:11

Je me permets de vous signaler que l'article a été largement remanié depuis sa première parution .

Merci d'en tenir compte .

30/01/2012, 08:05 | Par esther H en réponse au commentaire de Leséparges le 29/01/2012 à 13:42

Oui je suis au courant :-)))))))

Bonne journée

28/01/2012, 20:52 | Par groslapinpoilu

il faut pour l'indépendance du journalisme le soustraire  au pouvoir de l'argent et au pouvoir.


la manière dont un journal est géré dépend de ses composantes internes. Il est soumis à des facteurs exogènes comme le pouvoir ou le propriétaire du journal. Pour contrer ce pouvoir, comme pour  france télévision et toutes les composantes publiques, il faut arrêter les nominations  de postes par le président  ou tout corps politique extérieur. Comment faire, une assemblée composée d'élus des corps représentants des différents métiers lié au média et journalisme.
 Reste les petites presses locales. et les grands quotidiens qui n'ont pas encore mis le pied dans le monde du net( pas encore un publiqc large ). Le problème ici c'est que l'offre d'informations ne doit pas noyer le lecteur, ce qui est parfois le cas, mais paradoxalement, lorsque l'on regarde la télévision on voit des sujets bien trop similaire pour ne pas se poser de question sur la tentative que les médias auraient d'influencer la masse, encore faut il bien l'influencer.
  Le média passe alors d'informateur "objectif"(pas sur qu'il n y ai pas un truisme quuelque part), ( contre-pouvoir, reflet de la société, travestisseur d'idées, divertissement ) à celui de réalisateur et cette corrélation est propre au média et au journalisme qui est à la fois une limite entre les pouvoirs et un lien entre-eux. Difficulté de concilier des entités antinomiques dans une force ou un pouvoir qui se voudrait à la fois contre-pouvoir et  prolongement d'un pouvoir, conciliateur et opposant, découvreur et limitateur. Alors comment faire pour garantir la liberté de la presse quelque soit ses opinons? une contribution des citoyens? mais dans ce cas celui qui n'aurait pas accès à l'information ou même celui qui est contre une diffusion d'information ou pas en accord avec celle-ci?
On peut penser qu'une coopérative ou des parts salariales pourraient permettre une relative stabilité d'un journal. peut être est ce les grands quotidiens qui souffrent le plus du à une ligne éditoriale que les jeunes lecteurs ne veulent pas, tout simplement, ne sont pas en accord avec .
Au regard de l'expérience de nouveaux journaux  sur support papier ou même internet le journalisme indépendant n'est pas mort, au contraire!!
De droite ou de gauche les quotidiens se positionnent toujours dans un vieux shéma ou il n'y aurait que deux chemins possibles, c'est une erreur du siècle, du millénaire passé. Heureusement de nouveaux journaux sont nés d'une envie de changer ce positionnement traditionnel.
une partie de la solution est dans la formulation du problème, lorsque l'on parle pour un journal de "rentabilité", je dirai que cette notion est abjecte, mon point de vu et qu'il faut toujours chercher tendre vers le meilleur, et la rentabilité ce n'est pas le meilleur des buts en journalisme.
Le but c'est d'informer,  Médiapart et rue89 (avant le rachat par le nouvelobservateur) se sont basés sur des modèles économiques nouveaux avec moins d'intermédiaires entre les différents intervenants( au niveau économique ). du chercheur d'information (journaliste de terrain) au client (le lecteur) qui peut être à la fois intervenant et proposé sa vision et donc un intérêt par l'interactivité entre différents individus pour continuer ou digresser sur un sujet. Donc le rapport n'est plus de donner une information à un acheteur passif, mais à un acteur. Et c'est là que  tout bascule, L'intégration de l'information par le public acteur peut permettre au journaliste de rebondir ou reprendre sur un nouveau sujet ou d'enrichir le contenue  du sujet en le proposant à la lecture et ainsi de suite.
le Sponsoring d'un journal est une très bonne chose surtout si il est fait par les lecteurs-acteurs qui s'investissent donc dans la vie d'un journal, mais il n'est pas une solution viable à long terme, non pas que l'on puisse tout une vie acheter le même journal, mais que les moyens pour un quotidien sont très importants pour enquêter, faire un bon sujet, il faut du temps, d'ou la vente des articles. Certains utilisent la publicité, mais avec le bordel quelles induisent dans la société ( consommation à outrance...)cela peut  donner une image dégradée du journal.
L'Etat devrait aussi donner des garanties d'indépendance matérielle, moi je proposerais un budget en plus à la presse et aux médias, une somme qui serait allouée chaque année mais pour une période définie, sans augmentation, ni baisse, pour garantir une information le plus objectif possible. Pour les presses à investigation sur la société, pas les tabloids et les revues peoples, seul la gestion de cette somme serait soumise à la cours des comptes.
les solutions qui sont en ce moment utilisé comme le Figaro et Lemonde commencent à devenir un problème dans la sphère de masse, les populations étant naturellement peu encline à se faire manipuler, il existe un réel désamour envers les médias qui sont pourtant une chance pour la démocratie moderne. ceci est du au problème du trust économique qui redevient un problème sociétal, mais ce n'est pas le sujet.
Il existe aussi un nouveau type de journalisme, l'amateur et celui qui participe à la vie citoyenne et prend part à la diffusion de l'information qu'il semble lui même trouver utile. Ce mouvement est né avec internet et la libre circulation des données, il est amené à être un contre pouvoir évident à la masse média et aux pouvoirs classiques en place. Il est évident que dans les prochaines années les institutions risque d'être énormément transformer pour le meilleur de la démocratie participative qui s'annonce.

29/01/2012, 04:07 | Par Frontere

François Hollande est candidat à la présidence de la République.

S'il est élu il nommera un premier ministre qui lui proposera la formation d'un gouvernement. Il appartiendra au ministre en charge du secteur de l'information et des médias de préciser dans un projet de loi les points que vous mentionnez.

Si le président de la République inspire les mesures à prendre, l'article 20 de la Constitution, si je ne m'abuse, précise que c'est le gouvernement qui détermine la politique du pays. Ce n'est pas parce que M. Sarkozy a supprimé de facto le rôle constitutionnel du premier ministre que ses adversaires doivent s'aligner sur ce mode dévoyé de fonctionnement de nos institutions.

29/01/2012, 08:48 | Par esther H en réponse au commentaire de Frontere le 29/01/2012 à 04:07

Ici, il s'agit du ¨Programme, où d'autres points ont été bien mieux développés, c'est pourquoi la question des médias, de l'information est bien l'enfant pauvre de ce programme jusqu'à maintenant; Les engagements de François Hollande sont très insuffisants sur ces questions.

La démocratie c'est aussi la possibilité d'émettre des critiques, même quand on est de la même famille, surtout quand on est de la même famille !

Merci pour l'explication sur la formation d'un gouvernement... les rappels à la Constitution... :]] Il n'a échappé à personne et depuis longtemps en effet que Nicolas Sarkozy avait méprisé le rôle constitutionnel du Premier ministre ! De plus, il aurait été plus rassurant d'avoir une implication réelle du candidat sur ces questions (les médias) et son engagement plutôt que celui d'un internaute, soutien inconditionnel soit.

Bien à vous.

 

29/01/2012, 10:20 | Par solange beique en réponse au commentaire de esther H le 29/01/2012 à 08:48

Cet homme a dit qu'il était prêt à écouter et que tout ce qui serait JUSTE il en tiendrait compte. il ne pouvait pas en 4 heures parler de tout, tout, tout. Je parle bien sur de M. Hollande

29/01/2012, 10:47 | Par Michel Puech

Chère consoeur, (j'imagine) tant de mots, sans évoquer une seule fois le mot photo, le métier de photographe, ni celui de photojournaliste...

29/01/2012, 11:55 | Par profil_inactif_69734

pas seulement du programme de Hollande ,Bayrou et Melenchon en parlent peu  .En 2007 il me semble que Bayrou parlait du conflit d intérêt avec les médias Bouygues,Dassault,lagardere,Pinault aujourd'hui silence....

Il faut rappeler la nomination d Olivier Deviennes a la tête du pôle média Lagardere ,revoir aussi l 'échange de Hollande avec Franz Olivier .. dans le dernier débat avec le petit sourire en sa direction après que Juppé ait été moqué pour sa posture droit dans ses bottes qui était parait il revenue , aujourd'hui c'est comme en 2007 ,SR était moquée par le politiquement correcte . Ce sont les non alignés sur cette politique qui a mon avis subissent une diffuse hostilité de ces médias cités plus haut ...

On peut dire aussi qu une meilleure presse , plus critique améliorerait l économie du pays ...

Quand a la pression directe par l état elle est a mon avis inévitable et moins inquiétante que la pression indirecte par les médias en conflit d intérêt qui est  moins visible et beaucoup plus puissante . Il faut donc des contres pouvoirs qui fonctionnent comme le disait Joxe dans votre débat mais une grande réforme sur l indépendance des médias est aussi vraiment nécessaire ...

Sinon je pense qu il faut revoir le film LA VIE DES AUTRES avec une autre vision comme une fable nous prévenant des dangers de la nouvelle technologie et non plus seulement comme la critique d une période révolue de surveillance , les plombiers de l époque étant de gentils bricoleurs par rapport aux informaticiens 2012....

29/01/2012, 11:08 | Par Berjac

En dehors de l'aspect policier, je ne comprend pas le diagnostic et les solutions préconisées. Soustraire le journalisme au pouvoir de l'argent comme le dit l'un des interlocuteurs. Ouai.

Existe-t-il des propositions qui ne soient pas un simple énoncé de grands principes ?

29/01/2012, 11:29 | Par profil_inactif_69734 en réponse au commentaire de Berjac le 29/01/2012 à 11:08

on ne pourra pas "soustraire au pouvoir de l argent" c est évidemment impossible et sans doute pas souhaitable mais au moins avoir une organisation et des lois qui limitent ou encadrent .

29/01/2012, 17:31 | Par Michel Puech en réponse au commentaire de profil_inactif_69734 le 29/01/2012 à 11:29

C'était le souhait des journalistes résistants à la Libération ! (cf. Albert Camus) 

Il y a eut quelques lois, que le pouvoir n'a cessée de tronquer ! Pire, il s'est installé un état d'esprit qui fait que les jeunes journalistes se moquent souvent de ces "vieilleries" (Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels)... Etc. Etc.

 

29/01/2012, 18:39 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Michel Puech le 29/01/2012 à 17:31

C'est même pire, Michel ! Il y en a qui commencent à se mettre d'eux-mêmes en portage salarial ou en micro-entreprise pour "vendre" leurs papiers, leurs photos ou leurs dessins.... Et pas mal de rédactions qui leur imposent d'ailleurs ces statuts, comme autrefois on imposait aux photographes d'être en AGESSA ! Résultat: retraite = que dalle, protection sociale = que dalle, lien de subordination = que dalle, donc que dalle en cas de rupture du non-contrat !

Quant à la loi Cressard qui date pourtant de 1974, non seulement elle n'a pratqieuement jamais été appliquée, mais certains, désormais, aimeraient oublier jusqu'au fait qu'elle a existé !

29/01/2012, 11:28 | Par max angel

Belle description du Sarkostan, ce nouveau pays, à l'ouest de l'Eurasie.

Son Conducator interviendra ce soir sur TOUTES les chaînes télévisées comme il est de coutume dans tous ces pays plus ou moins totalitaires qui s'échelonnent du Kirghizistan jusqu'à Brest.

Les follliculaires sont priés d'être devant leur poste afin de pouvoir commenter, si possible élogieusement, l'intervention de Notre Epoustouflant Sauveur.

Quant aux citoyens, si jamais l'audimat n'est pas bon, une loi sera votée pour obliger tous les sarkostanais à ouvrir leur étrange lucarne. Non, mais !

Loi qui ne sera guère remise en cause par son successeur actuellement au top des sondages. Mais comme les sondages sont "arrangés"...

Irons-nous jusqu'à demander la venue d'observateurs de l'ONU ? Eh, eh ! C'est qu'on y vient doucettement mais sûrement.

Allez ! ciao a tutti !

29/01/2012, 17:30 | Par Tam-Tam

L'anéantissement du pluralisme est sciemment recherché. Ce qui arrange le pouvoir en place, c'est d'abord la lobotomisation des cerveaux des Français. Puis la suppression des opinions non conformes et medias gênants (type MDP). Puis l'installation d'un message uniformisé par tous les vecteurs, y compris et surtout, par les medias publics et par les gratuits. Les autres, de toutes façons, ce sont des amis à la botte depuis des années !

Et ce processus en marche, ça s'appelle comment ?

31/01/2012, 21:13 | Par Justin Bessou

"Si la survie des organes de presse n'est liée qu'à l'unique critère de rentabilité, c'est laisser le contrôle de l'information à une catégorie de la population qui detient l'argent et le pouvoir."

Tout est dit. A ceci près que les catégories de population sont plutôt des groupes puissants. Dont des marchands d'armes!

(Vu aussi vos précédents billets sur ce thème. Continuez!)

===

Et oui la précarité, telle des métastases, s'étend aux métiers de l'information (CF le billet de M. Puech sur les photojournalistes).

===

F. Hollande n'a pas pour l'instant développé ses propositions et perspectives en matière de libertés. Question qui concerne aussi votre domaine... Il aurait dû commencer par là. En raison de l'histoire dont il est porteur (enfin, en principe...). En raison des démolitions sarkoziennes sur le terrain des libertés ( je pense par exemple à Vittorio de Filippis, journaliste, cueilli au petit matin et conduit à la sarkommandatur -23 XI 2008)...

===

" Le candidat socialiste (...) sera-il (sic) s'opposer(...) à ces financiers?"

Plus loin, bis repetita :

" F. Hollande sera-t-il contrer la sentence de N.S.?"

"sera", (verbe être) ou saura (savoir)?

Remarquez: pour être on a besoin de savoir. Et inversement. Et besoin de journalistes. Libres. Et non perclus de lumbagos (du cortex) provoqués par tant de courbettes et de contorsions devant " l'argent et le pouvoir".

02/02/2012, 00:13 | Par esther H

@justin Bessou, Merci pour vous excellentes remarques

Avec toute mon amitié confraternelle

Esther H.

02/02/2012, 14:26 | Par Vivre est un village

Alors que la crise qui frappe les médias n'a pas de précédent, quasi aucune mesure fondamentale dans ce programme pour préserver l'indépendance des journalistes, donc préserver par cette voie la démocratie.

@ esther H

CriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriantCriant

 

 

 

02/03/2012, 10:16 | Par Vivre est un village

Bonjour Esther,

 

 

 

Un grand merci pour ce billet qui me fait le plus grand bien après ces votes "globalement" calamiteux de nos parlementairesEn pleursEn pleursEn pleurs !!!

 

 

 

Uniquement 79 parlementaires français ont voté non aux pleins pouvoir de la finance alors qu'ils avaient été 80 à refuser les pleins pouvoirs à Philippe Pétain CriantCriantCriant !!!

 

 

 

Ce n'est pas à vous, que j'apprendrais que si le 10 Juillet 1940 les 27 parlementaires qui avaient fait leur devoir en abordant le paquebot Massilia* avaient voté ils auraient, eux aussi voté contre, tout comme les 61 parlementaires communistes** qui avaient été préalablement éliminés, l'auraient fait...

 

 

 

Nous avons donc perdu le match à 79 contre 168 CriantCriantCriant !!!

 

 

 

J'ai beaucoup hésité, entre l'abstention et le vote François Hollande tant la campagne électorale, depuis les 2 votes des 21 et 28 Février, ressemble à un film triste de Laurel et Hardi dans lequel Laurel serait François Hollande et Hardi Nicolas Sarkozy CriantCriantCriant !!!

 

 

 

Je penche, finalement, pour Laurel car la bande passante de la télévision La chaine Parlementaire, nous affirmé que le PS n'avait pas voté oui au MES grâce au conseil qui a été, à moitiéPenseurPenseurPenseur  pris en compte par François HollandePenseurPenseurPenseur...

 

 

 

Voter Jean-Luc Mélenchon le plus possible à l'élection présidentielle puis à l'élection législative est jouer un nouveau match que, cette fois ci, nous ne perdrons pasSuper !Super !Super !!!!

 

 

 

A bientôt En prière !

 

 

 

Amitié Étreinte.

 

 

 

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Massilia_%28paquebot%29#Listes_de_passagers

 

 

 

** http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_des_pleins_pouvoirs_%C3%A0_Philippe_P%C3%A9tain_le_10_juillet_1940

 

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