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Regardons l'autre.....
J’ai assisté, récemment, à une scène très désagréable et malheureusement assez signifiante des temps terribles que nous vivons.
Ligne 8, 7 h 30, un matin de novembre, au moment de la grève de la ligne A du RER. Les lignes de métro sont nettement plus chargées que d’habitude, les usagés du RER cherchant d’autres moyens pour se déplacer.
Je monte à la Motte Picquet. La rame est déjà pas mal bondée…une femme est assise sur un strapontin.
Les stations défilent…la rame continue de se remplir…la femme demeure assise sur le strapontin…les gens se serrent, lui jettent des regards hostiles, mais personne pour lui demander de se lever….lui rappeler qu’en cas d’affluence, l’usage du strapontin est à proscrire.
La rame est pleine…la femme toujours assise…elle accroche le regard de ceux qui soupirent ou s’agacent mais ne bouge pas…la scène est surréaliste...les personnes en montant et en descendant…lui écrasent les pieds….la cognent avec leur sac, cartable, sac à dos…elle les repousse d’un geste violent de la main…
Et puis soudain, une voix «madame, vous devriez vous lever…il y a bien trop de monde pour rester assise…moi je suis enceinte et pourtant je suis debout, faites preuve d’un peu de politesse ! ».
Rien, pas un mot…
La jeune femme reprend «vous m’entendez Madame ? levez-vous ! votre comportement est inadmissible… »
Toujours pas un mot…
…puis plusieurs voix se sont élevées…. «mais levez-vous…vous vous foutez du monde…vous êtes tarée ou quoi ?....levez vous !!! »
Dans mon coin, je ne disais pas un mot…j’observais la scène…pas envie de prendre part à cela….un 6ème sens sans doute qui m’alertait…ne t’en mêle pas, ne t’en mêle pas….
A ce moment là un homme a attrapé la femme, par le bras, pour la forcer à bouger…
Nous entrions à Richelieu-Drouot…la femme s’est levée, à repousser l’homme de la main…est descendue sur le quai…nous a regardé , nous tous, à l’intérieur de la rame et a crié
« Pourquoi me traitez vous comme cela…pourquoi moi…qui passe mes nuits à nettoyer vos poubelles et vos « chiottes » pour pouvoir nourrir mes enfants…pourquoi moi ? qui travaille quand vous dormez ! Parce ma peau est noire ? tremblez, a-t-elle ajouté,…bientôt nous vous ferons payer pour tout cela…. ».
Je repense à cette scène sans cesse…sommes nous arrivés à un tel degré d’incompréhension que nous sommes incapables de vivre « simplement » ensemble….
Pourquoi cette femme ne s’est elle pas levée….pourquoi ces mots ? là où il s’agissait juste de civisme et de politesse…pourquoi cette violence soudainement….
Qui est cette femme ?
A quel degré de lassitude est elle arrivée pour se comporter ainsi ?
Qui est cette femme ?
Un de ces fantômes qui travaille quand nous sommes à l’abri dans nos murs…un de ces travailleurs de l’ombre qui cumule plusieurs boulots pour pouvoir faire vivre sa famille….une femme de la « France d’en bas » comme on dit….
Sommes- nous aveugles à ce point ?
La violence engendre la violence.
Si un humain n'est pas capable de percevoir la douleur d'un autre, il serait justifié de lui retirer sa qualité d'homme (Bernard Werber)

Tous les commentaires
@ esther,
Là où vous avez bien fait c'est quand vous vous ête dit '' t'en mêles pas'' ; trop dangereux maintenant.
En plus, c'est un coup à se retrouver en garde à vue et au pénal.
Et ça ne fait que commencer, les gens sont en train de devenir furieux, fuir le conflits, rompre immédiatement, ne plus se mêler de rien.
C'est le début de la barbarie, avec 1 million de gens poussés dans le vide en 2010, ça va devenir très pénible.
C'est la thèse de Patrick Sébastien qui de ce point de vue a raison, il voit venir une très grande violence de proximité.
Oui la violence est à nos portes ! Quand on n'a plus rien à perdre...
Lassitude, mais pas seulement.
Désespoir, surtout, voilà le mot qui vient à l'esprit. Elle n'a aucun espoir pour elle-même ni pour ses enfants. Elle SAIT qu'elle finira clocharde, quand on la jètera enfin des pissotières qu'elle n'aura plus la force de nettoyer.
Quelle communication?
Et encore! Vous êtes tombé sur un "cas" à qui il restait un peu d'humanité pour avoir quelque-chose à rétorquer.
Le Nouveau Moyen Âge, avec ses nouveaux futurs seigneurs les Minc, Pérol, Courbit et autres Bouygues etc...
Axel J. désespoir, oui c'est le mot juste. Vous avez raison.
Plus loin que le désespoir, cette femme le sublime pour le transformer en rage. En rage contenue, froide qui espère une issue fusse t'elle violente.
C'est l'illustration d'une des nombreuses fractures qui traversent notre pays. Qui s'en préoccupe réellement ?
je peux même pas blaguer la-dessus, Esther... merci
S'arrêter pour voir.
Mais comment? si cette femme n'avait pas finalement parlé, personne n'aurait rien su.
Et si Esther n'avait pas écrit : même chose.
Cette femme était sans doute très fatiguée et si elle est restée assise, c'était son affaire. Mais le monde autour d'elle l'a enviée, jalousée et jugée - et finalement, mise dehors. Je comprends très bien sa réaction et sa parole. Tout cela hélas n'est que haine, avec probablement un fond de racisme inconscient. Et les sentiments sont toujours réciproques. Hélas, trois fois hélas...
Mithra...il s'agit surtout de non-regard, de non-parole, de non-respect...
J'ai pensé au racisme aussi....j'y songe encore quand je repense à ce très triste moment....
Oui, chère Esther L, il s'agit en effet de non-parole au départ, et de jugement de cette femme par des regards hostiles, mais sans rien savoir d'elle. Et cela part toujours de l'envie et de la jalousie, alors que, franchement, est-ce que cela aurait arrangé les choses dans ce wagon, que cette femme libère quelques centimètres d'espace ? De la simple humanité aurait consisté à lui adresser aimablement la parole et lui demander simplement si elle voulait bien se lever.
Cette scène ordinaire que vous relatez là est hélas le drame de notre actuelle société remplie de ressentiments très profonds et non verbalisés.
Merci donc pour ce témoignage qui nous permet de nous exprimer.
On ne peut faire cette impasse, et il vaut mieux y penser que se mentir à nous-mêmes.
Penser au racisme, bien entendu pas pour aller dans ce sens, mais pour mieux conclure que ce serait un piège de plus.
Si elle avait été blanche, c'est beaucoup plus tôt que quelqu'un l'aurait tirée par le bras.
Son refus de se lever, est composé un petit peu d'incompréhension, et de beaucoup de refus, oui de rage, de toute la situation vécue à cet instant T de désespoir et de colère.
On verra de plus en plus ces choses impensables. On a aussi laissé venir les nombreux mendiants que l'on déteste maintenant la tête basse, sachant très bien en même temps, qu'il suffirait d'une solidarité sociale digne de ce nom, donc financée par des impôts dignes de ce nom, pour que ces "marginaux" n'arrivent pas à de tels extrêmes dans leur désespoir.
Pointvirgule vient de passer en gris, aujourd'hui, et ce portait, Esther, m'a fait repenser à son portrait d'une autre femme, l'Imprécatrice.
Oui Fantie B. et le gris est une bien triste couleur....
Je regrette aujourd'hui de n'avoir rien dit....de ne pas lui avoir adressé la parole gentiment avec un sourire...
Il y avait de l'incompréhension de part et d'autre ce matin là dans le métro...des gens harrassés de fatigue, de soucis, de mauvaises conditions de transport, de fin de mois difficile.....la fameuse France qui se lève tôt et qui n'en peut plus...
Moi aussi, j'aurais été un des premiers à manifester mon hostilité envers cette femme assise. Sauf si j'avais perçu qu'elle était en révolte contre cette société.
Il faut donc comprendre que de bas en haut, du faible au fort, de la victime au bourreau, ... et même du patron au patron, nous sommes tous en guerre les uns contre les autres et que c'est la conséquence logique due à ce monde qui est une jungle.
Ce n'est pas de l'incompréhention, un manque de communication. La violence va augmenter. Seule issue la révolte, l'insurrection, la révolution.
Merci Esther pour billet très riche.
J'aime beaucoup le titre et ce verbe "regarder". Plus que d'amour, de respect (mis à toutes les sauces)... chacun d'entre nous a besoin de Regard, ou, plus exactement, de Reconnaissance. Effectivement, combien de travailleurs de l'ombre, qui lavent nos chiottes le matin de bonne heure et que nous croisons en arrivant au bureau. Combien les connaissent? Les reconnaissent? Leur disent simplement bonjour, ou merci?
Bien d'accord avec Oliv92 et en remerciant Esther L pour cet éclairant billet.
La première des souffrances est sociale.
"Je regrette aujourd'hui de n'avoir rien dit....de ne pas lui avoir adressé la parole gentiment avec un sourire..." (Esther)
Je n'en sais rien, bien sûr, mais je me dis que cette femme ne cherchait peut-être pas d'autre communication que de pouvoir crier sa révolte.
Pourquoi son comportement était inadmissible si elle était épuisée ? Encore une nana enceinte qui se croit tout permis ... et prioritaire ! De la douceur , de la gentillesse , de la fraternité !!
hum, hum bellacacio, je ne sais pas trop quoi penser de votre remarque....je devrais sans doute supprimer le "enceinte"...parce que ce n'est pas le débat....
de la douceur, de la fraternité "aussi" pour les femmes enceintes qui voyagent dans les transports en commun....
et excusez moi....mais les "nanas" (pour reprendre votre expression) enceintes ne se croient pas tout permis....
de la douceur ... de la fraternité ... et un peu d'humour !! j'adore les mères de famille qui traversent les rues , poussettes en avant , forçant dangereusement le passage ... Mais ce n'est pas le sujet , désolée ! Mais n'a t on pas envie de défendre celle qui est attaquée et seule et abandonnée à sa colère et à son désespoir ?
"L'autre" était épuisée, comme tous ceux qui l'entouraient sans doute. La foule dans les transports en commun est triste et harassée. Cela tient autant aux conditions de vie qu'aux conditions bestiales dans lesquelles on prétend nous acheminer d'un point à un autre moyennant une contribution exorbitante en proportion du service rendu.
Il n'y aurait pas eu d'agression si chacun avait eu une place assise, ce qui est bien le moins quand on l'a payée. Mais tout le monde s'en fout : depuis les décideurs régionaux jusqu'au fournisseurs du service en passant par les services de l'Etat qui projettent d'amener encore et encore du bétail dans les bétaillères, par le biais des projets d'aménagements urbains qui pourrissent dans les cartons de fous furieux "branchés".
Je n'ai pas connu d'époque "normale" en matière de transports en commun en RP. Déjà à la fin des années 60 c'était l'enfer. Il m'est arrivé de devoir quitter à St Denis un wagon bondé dans lequel la foule de gentils citoyens m'écrasait, enceinte, contre les portes. Jamais personne ne m'a cédé sa place. Et j'étais trop jeune pour piquer une gueulante. Je... m'écrasais, dans tous les sens du terme.
Les jours de retard important, les préposés aux "billets" d'attestation, au bout des quais, risquaient leur peau face aux hordes exaspérées qui leur sautaient dessus pour obtenir l'indispensable bout de papier justificatif.
Marrant d'ailleurs que la SNCF n'en fournisse plus...
Merci pour ce billet, nous faisant réfléchir à notre comportement. Regarder, écouter, se serrer les coudes, c'est indispensable au regard de la violence dans laquelle nous vivons. Rester attentif, c'est une forme de résistance à une société qui voudrait nous obliger à nous diviser pour que certains continuent à se goinfrer de privilèves..
Plus je lis, plus je réfléchis, et plus je me dis que telle que je me connais, je me serais mise dans une situation tarabiscotée du genre lui parler pour la prévenir gentiment qu'elle allait se mettre tout le monde à dos si elle ne bougeait pas et que j'avais envie de l'aider à éviter ça.... Bref, pas très franc du collier et un peu compliqué, mais c'est souvent tout moi: vouloir jouer les médiateurs quand on ne m'a rien demandé...
De toutes les façons, aucune solution n'était la bonne car il y avait pas de bonnes solutions. Et la seule vraie solution, c'est à la source du problème qu'il faudrait aller la chercher !
Il faut supprimer les strapontins !
Ben voila bellaciao !!! un vraie proposition
....supprimer les fauteuils même...tout le monde voyagera debout et voilà tout....
Le gag (enfin façon de parler) c'est que les lignes qui ont des rames les plus modernes (ligne 1, 14 ou 3) l'espace réservé pour s'asseoir est de plus en plus restreint....fauteuil dans le sens de la longueur en autre chose....pour permettre un max de places en station verticale....
Que se passerait-il si chaque usager portait plainte contre le transporteur qui ne lui fournit pas la contrepartie du paiement de son voyage ? C'est quand même incroyable que l'on accepte en permanence de payer pour quelque chose qui n'existe pas : la place à laquelle donne droit le titre de transport...
C'est ce que la regrettée Etoile66 se tuait à nous répéter.
Exiger ce à quoi on a droit, tout simplement, et cela suffirait sans doute à ce que tout s'arrange normalement, sans avoir à rêver à telle ou telle utopie (communisme, anarchisme etc).
Bref,
cesser de se comporter en lâches.
Axel J, oui cesser de tout accepter...de tendre sans cesse l'autre joue....prendre notre vie et notre avenir en mains ....
On va tous finir chez les flics...les amis
!!!!
Chère Dianne, les transporteurs ( sncf, ratp, pas vérifié au delà) sont payés pour nous transporter, sauf spéciale réservation. Debout, couchés, squeezés, accrochés aux cintres. D'où les TGV avec 300 pékins coincés en "surréservation" payée, d'où les pousseurs à la japonaise récemment apparus à Paris pour tasser dans le wagon de métro. Il y a dégradation de l'humanité, sinon du service transport.
Côté regard, quand on a la place de regarder, autre affaire : en écho, le très joli billet d'Antoine Perraud sur la ligne 14, il y a très peu
http://www.mediapart.fr/club/blog/antoine-perraud/270110/ou-allons-nous
On a fait mieux dans le passé...
Chevaux en long : 8
Hommes : 40
Il y a toujours moyen "d'améliorer" un système
Mais j'en ai déjà vu de "cruelles" : notamment un vol Agadir-Casablanca emmenant des passagers debout, il y a une "petite" trentaine d'années.
ça Dianne, c'est une idée à développer....les transports augmentent pour une qualité qui baisse régulièrement....
le stress des transports c'est une réalité !
on fait quoi ? une pétition, une association, une lettre ouverte au gouvernement, des badges ????
je suis très sérieuse !!!
ps : j'ai la chance aujourd'hui de travailler à 40 minutes porte à porte de chez moi...mais il n'y a pas si longtemps c'était 3 h par jour avec deux changements....
Si vous saviez comme on souffre, comme chauffeur de tram ou de bus, de la passivité des voyageurs, alors que les conditions aussi bien de transport, de service et de travail du personnel se sont aujourd'hui dégradées au point de perdre tout sens commun du service public!
Combien de fois j'en ai rêvé, de voir une petite bande de voyageurs dégoûtés qu'on les traite comme du bétail, enfin se réveiller et s'insurger contre le vol quotidien qui leur est fait.
Combien de fois ai-je répondu aux petits ronchonnements qui ne vont jamais plus loin que le chauffeur-soupape-souffre-douleur, combien de fois ai-je dit à ces voyageurs "mais écrivez donc pour vous plaindre!" "je suis dans la même galère que vous sauf que pour moi ça dure toute la journée".
Ecrire pour se plaindre,
mais attention de tourner la lettre pour ne pas que ça ait l'air d'une plainte contre le chauffeur
(c'est hélas le plus fréquent et pour cause: tout est fait pour en faire un bouc-émissaire responsable de tous les maux de la route).
Tourner la lettre pour qu'on comprenne bien que le problème est d'ordre structurel, organisationnel.
Que votre problème de voyageur, ce n'est pas une anecdote ponctuelle avec tel ou tel rame à telle ou telle heure,
que votre problème de voyageur, il se situe sur un plan beaucoup plus général.
Attention quand même de ne pas aller trop loin dans l'autre sens, sinon votre courrier passerait pour une simple complainte par rapport à la vie, votre vie, votre personalité, et serait alors jetée à la corbeille ou prise à la légère.
Il faudra beaucoup de plaintes pour que les robots qui les lisent s'aperçoivent enfin que le bât blesse.
Mais si personne ne se plaint jamais,
bien entendu les Veolia et autres Transdev se feront une joie de brader encore plus la profession, pour le plus grand profit de leurs actionnaires...
Axel J. je me demandais ce que "chauffeur" dans votre profil voulait dire...voilà je le sais
.
Chauffeur de tram, de bus, de métro...un métier bien difficile et si peu reconnu...et souvent le bouc émissaire de certains usagers excités...
Chauffeurs et usagés nous sommes dans la même galère (si je peux me permettre).
Le lien humain est essentiel...je prends beaucoup le métro...et j'ai remarqué de façon systématique que lorsque la rame est immobilisée...et bien cela se passe toujours beaucoup mieux quand le chauffeur fait une annonce pour nous donner des infos sur le motif de l'arrêt....dans ces moments là, on attend tranquille...par contre les fois où aucune annonce n'est faite...c'est là que la grogne s'installe...
Je rappelle même d'une fois où le chauffeur nous a dit dans un premier temps "désolé, je n'ai aucune info précises pour le moment sur le motif de l'arrêt, mais je me renseigne et je vous dis tout...." et bien rien que ça, c'était déjà beaucoup !
Recréer le lien humain !!!
C'est très vrai.
Oui mais ce qui se passe depuis la privatisation
(rampante ou assumée ça dépend des municipalités)
des transports urbains, c'est que le métier, l'amour du Service Public, la signification et le sens de ce qu'on fait pour une clientèle captive, le sens de faire partie de la collectivité etc etc etc,
tout ça est massacré et mis à mal afin de le faire disparaître de la formation et du vécu professionnel des chauffeurs et du personnel en général.
Exactement le même problème se rencontre chez les infirmières: l'éthique, le sens même de ce qu'on fait, disparaît à vitesse grand V, pour faire place à des sortes de robots interchangeables qui font ça comme ils bosseraient chez MacDo,
ce qui bien sûr déshumanise si terriblement l'hôpital qui devrait être un lieu de paix et de Guérison.
Réclamer nos droits, ne pas les laisser se dégrader, soutenir les droits de ceux qui en ont encore moins, assumer nos responsabilités individuelles et collectives
Pas facile tout seul et ça fait du bien d'en parler.
Un titre de billet Aux armes citoyens m'a lancée dans un cahier des doléances virtuel.
Peut-être parce qu'il se termine par un lyrique "Ensemble, nous le pouvons !"
Et que tout m'apparaît si dispersé par ailleurs.
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !
Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !
Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Evitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !
J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte !
Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur !
Esther ,beaucoup ,ont dit ici ce que je pense .Lu ce matin un article sur France2.fr,qui montre bien ce fléau qu'est le transport en commun en Ile de France.http://info.france2.fr/france/les-salaries-malades-des-transports-60895031.html
Bonjour douce Elise, merci pour le lien. Le stress des transports une vraie plaie...
Courir du matin au soir....pour prendre son bus, son train, bosser pour un salaire médiocre, crainte pour son emploi, et puis rentrer...récupérer les enfants à la crèche ou à la garderie...allez pousser un caddy dans une grande surface....avaler un truc produit par l'agro alimentaire...et s'abrutir devant une émission débile....et recommencer sans cesse....jusqu'à en mourir....
Oui Esther ,je ne t"envie pas .Personnellement je n'ai jamais subi cela ,étant en province ,mais ce que j'en ai vu lors déplacements àParis ,m'a édifiée sur cette inhumanité en région parisienne.
La seule réponse publique : amener encore et encore du monde dans cette région. "Développer" encore et encore.... Blinder la souricière pour que nulle part ailleurs on n'ait une chance de trouver un job. Faire tourner les hamsters dans la roue infernale. Les presser comme des citrons...
Les entreprises sont attirées vers la banlieu, vers les banlieux (ZRU, zone de redynamisation urbaines)....moyennant des prix au m2 de bureau plus intéressants et les mesures fiscales (exonérations) pour alléger l'impôt....ceci pour inciter les entreprises à sortir de Paris et de la première couronne....sur le fond plutôt une bonne idée....crééer de l'emploi, du mouvement pour donner un second souffle à certaines banlieux....le hic c'est que les mesures pour un meilleur transport n'accompagnent pas ce changement....
Paris est une ville agressive, je suis à chaque fois surprise de ce genre de scènes auxquelles j'ai assisté quelquefois lors d'un passage. Je suis toujours sidérée, comme ce jour où fascinée par les bijoux et les vêtements d'une malienne, je la regardais surement un peu trop fixement, et où elle m'a agréssée verbalement ! Je me rappelle son étonnnement quand je lui ai dit la raison de mon regard un peu trop fixant !
Ca c'etait drôle, moins drôle le jour où j'ai assisté à un véritable combat entre une femme et un homme, qui a commencé parce que l'homme en montant au dernier moment, avait bousculé la femme. A trois ou quatre, nous nous sommes mis pour les séparer ! Et en éjecter littéralement un des deux en dehors de la rame, lors du quatrième arrêt, puisque personne ne réussissait à les calmer.
Regarder l'autre en effet, le titre de ton billet est particulièrement bien choisi. mais avec quel regard, si c'est le regard désaprobateur éternel, ou le regard jugeur professionnel? Ou est passé parfois le regard juste bienveillant, juste ouvert, dans une ville ou tout est source d'agressivité contenue ou répandue parfois? Et à vrai dire, au vu des photos de Grain de sel plus haut, on peut aisément comprendre pourquoi ce regard là se fait de plus en plus rare, non?
Bonjour Christel,
J'essaie de garder les yeux ouverts....pour éviter l'indifférence....
Regardons l'autre .
oui Esther L .
oui regardons , les SDF, les sans abrit, les mendiants .
oui regardons les autrement que" le mobilier urbain ".
Il est vrai que maintenant ILS font partie du paysage !
Pas de leçon de morale, un constat seulement
AU TEMPS DES CERISES ?
Merci pour ce billet .