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Il s'appelait....P...

Il avait 48 ans.

Il vivait seul dans un quartier branché de Paris, et pourtant sans ami, sans famille....oublié de tous....

Aujourd'hui un de ses voisins s'est inquiété de ne pas le voir depuis 15 jours....de la boîte aux lettres pleine...de l'odeur désagréable s'échappant de son appartement....il a appelé l'agence...

Alors la ronde folle...les pompiers, la fenêtre brisée...la macabre découverte....puis les policiers, puis l'institut "médico-légal"...puis le camion de la morgue....puis certainement la fosse commune du Père Lachaise....

Il s'appelait P...une être vivant, un être humain....

Ce soir, j'ai respecté la tradition juive....j'ai allumé des bougies qui brilleront tard dans la nuit...comme un infime et dérisoire hommage à un homme mort dans une solitude infinie.....

 

Tous les commentaires

15/06/2011, 23:50 | Par Annie Lasorne

C'est bien entendu dramatique. Mais à chaque fois que j'entends ce genre de triste fait-divers, je m'interroge. Qu'a t'on fait de sa vie ? 48 ans, ça présume quand même une bonne trentaine d'années de vie où l'on choisit le cours de son existance, où l'on dirige des choix. Même avec des obstacles dont on n'est pas toujours responsable, comment ne peut-on n'avoir aucun ami, aucunes connaissances ? Pourquoi ? Est-ce vraiment les autres qui sont responsables ?

16/06/2011, 00:32 | Par espoir en réponse au commentaire de Annie Lasorne le 15/06/2011 à 23:50

La solitude est un parasite ,au début on peut lui entrouvrir la porte,elle nous calme ,nous aide à regarder nôtre paysage intérieur ,petit à petit ,elle prend toute la place,oublie nos amis ,les plaisirs simples de la vie,nous avons peur de sortir sans elle,nous avons peur de la perdre elle aussi ,pourtant elle nous laisse un jour, mourir seul!

19/06/2011, 21:19 | Par Esther L en réponse au commentaire de espoir le 16/06/2011 à 00:32

espoir...je ne connais rien de cet homme....la police, le juge vont tenter de trouver sa famille....sinon ça sera la fosse commune du Père Lachaise...une autre façon de mourir encore une fois....

19/06/2011, 21:22 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Esther L le 19/06/2011 à 21:19

Il n'y a pas de fosse commune au Père Lachaise. S'il doit s'y retrouver, c'est à Thiais....

19/06/2011, 22:10 | Par Esther L en réponse au commentaire de grain de sel le 19/06/2011 à 21:22

Bonsoir Grain...je ne fais que retranscrire l'info donnée par le médecin de l'institut légal...rien de plus.

19/06/2011, 21:09 | Par Esther L en réponse au commentaire de Annie Lasorne le 15/06/2011 à 23:50

Annie, je ne pense pas que les autres soient responsables....loin de moi cette idée.....juste je ne comprends toujours rien au monde dans lequel nous vivons....

 

16/06/2011, 04:17 | Par patrick 44

La solitude est le produit d'un mode de vie que nous assumons tous inconsciemment. Quand des voisins de palier empruntent le même ascenseur sans échanger un mot de courtoisie, se contentant de regarder le bout de ses chaussures en silence, la cote d'alerte est atteinte.

19/06/2011, 21:13 | Par Esther L en réponse au commentaire de patrick 44 le 16/06/2011 à 04:17

patrick 44...vos mots sont justes....trop justes....

16/06/2011, 06:13 | Par elisa13

La solitude de nos jours est un luxe. Mais cette solitude là n'est pas une réalité. Ce monsieur jeune encore, de l'âge de travailler, était peut-être chômeur, ceux qu'une certaine partie bleu marine et umpiste commence sérieusement à montrer du doigt. Ceux qui sont assistés parait-il.

Peut-être que la vie l'avait éloigné de sa famille, peut-être tout simplement n'en avait-il pas. Peut-être son lien social était juste virtuel. Qui donc des amis de facebook va se soucier si vous restez sans vous connecter ?

Sait-on de quoi il est mort ?

19/06/2011, 21:14 | Par Esther L en réponse au commentaire de elisa13 le 16/06/2011 à 06:13

elisa, non...pas encore....autopsie en cours....(c'est sinistre et triste...)

16/06/2011, 06:25 | Par profil_inactif_28112

Elisa13 a raison, c'est naturellement de la faute de Sarkozy et de Le Pen junior. Il n'y aura plus de suicides après la victoire du NPA, les représailles sur les familles seront suffisamment dissuasives.

 

Cordialités trotskystes

16/06/2011, 07:28 | Par LMICHEL en réponse au commentaire de profil_inactif_28112 le 16/06/2011 à 06:25

Imbécile va!

16/06/2011, 17:50 | Par elisa13 en réponse au commentaire de profil_inactif_28112 le 16/06/2011 à 06:25

@ Boddisatva

Je ne dis plus rien et encore ! c'est trop.

 

19/06/2011, 21:16 | Par Esther L en réponse au commentaire de profil_inactif_28112 le 16/06/2011 à 06:25

Boddisatva.....à aucun moment je n'ai parlé du Freluquet ou de la blonde....désolée....mais puisque je suis chez moi...je n'ai qu'un mot pour vous....QI DE BULOT....

19/06/2011, 21:21 | Par elisa13 en réponse au commentaire de Esther L le 19/06/2011 à 21:16

Non, Esther, Boddistava parlait de ce que j'avais écrit plus haut et que je continue de penser d'ailleurs :

Ce monsieur jeune encore, de l'âge de travailler, était peut-être chômeur, ceux qu'une certaine partie bleu marine et umpiste commence sérieusement à montrer du doigt. Ceux qui sont assistés parait-il.

Je persiste : si les politiques faisaient mieux leur boulot, si on arrêtait de monter les gens les uns contre les autres, comme font MLP, Sarko et toute leur clique malfaisante, il y aurait un peu plus de solidarité et moins de désespoir.

 

16/06/2011, 18:04 | Par Emmanuel Esliard

La solitude infinie de la grande ville surpeuplée, où les êtres humains ne sont que des fourmis !

 

19/06/2011, 21:17 | Par Esther L en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 16/06/2011 à 18:04

Manu, mon ami.....des fourmis minuscules....quelle tristesse....

 

19/06/2011, 21:29 | Par La Louve ἄλφα

Il y a des vies qui tournent de telle façon que l'on ne peut plus communiquer. Un exemple : un enfant encore jeune perd un de ses parents. Enorme détresse. L'enfant rêve régulièrement que son parent revient mais doit repartir et l'enfant essaie de retenir le parent mais c'est impossible. L'enfant se sent responsable. Son parent ne l'aime pas assez pour rester. Perte de confiance. L'enfant grandit et a lui-même un enfant. Celui-ci meurt brutalement dans un accident de voiture. Et l'ex-enfant attend de nouveau dans ses rêves le retour de son propre enfant à la barrière d'un jardin en sachant qu'il ne reviendra pas.

C'est lamentable à faire pleurer n'est-ce pas. Mais c'est vrai. Et il n'est plus question de s'attacher à qui que ce soit. On élève des murs autour de soi ou on abandonne.

 

19/06/2011, 21:33 | Par elisa13 en réponse au commentaire de La Louve ἄλφα le 19/06/2011 à 21:29

Il n'y a pas que la mort qui fait s'élever les barrières autour de soi.

L'amour aussi quelquefois. La rupture, la déception. Puis cette peur de l'attachement qui fera de toute façon encore souffrir. Donc on ferme la porte aux contacts éventuels...

Tout peut aller très vite. Il suffit de peu. Et s'il n'y a pas de solidarité, un sourire derrière une porte, un geste, une main tendue, le drame peut rentrer lui.

19/06/2011, 21:42 | Par La Louve ἄλφα en réponse au commentaire de elisa13 le 19/06/2011 à 21:33

Oui Elisa. Ce n'était qu'un exemple.

19/06/2011, 23:08 | Par ibn-nanard

Il y a deux sortes de solitudes, la solitude choisie et la solitude subie. Je ne parlerai pas de la première, mais l'autre... On perd son boulot, on se dispute avec sa femme, on divorce, la femme a la garde des enfants, on se retrouve seul car dans ces cas là les amis disparaissent, puis la rue... 250 morts dans la rue ces 6 derniers mois. Et puis tous ceux dont on ne parle jamais, et ils sont nombreux.

Mais ça n'est pas la faute à Sarko ni à l'UMP ou autres, depuis 1980 on vit en Europe dans un monde capitaliste néo-libéral qui favorise et même pousse à l'individualisme, au chacun pour soi, la seule liberté qu'on a acquise c'est d'être seul et de ne plus pouvoir compter sur les autres. Tous les liens, familiaux, sociaux se sont délités.

La preuve par le contraire c'est que dans les pays "en développement", les pays pauvres quoi, il est absolument impensable qu'on meurt seul, chez soi ou dans la rue, les solidarités familiales, de voisinage, de quartier sont très fortes, encore... Et pourtant en Syrie on ne peut pas dire que ce soit le gouvernement qui y aide!!!

Il faut se rappeler ce que c'était il y a 50 ans et plus chez nous pour se rendre compte de la disparition progressive de tous ces liens.

On n'est pas sortis de l'auberge...

19/06/2011, 23:09 | Par WataYaga

Je connais un femme qui a été reconnue dans son milieu médiatico artistique.

C'est elle qui donnait le ton, tout passait par elle et les gens l'admiraient, l'adulaient, la courtisaient. C'était une femme un peu comme Denise Glazer, très exigeante sur la qualité, très compétente et très directe, ne ménageant ni son temps ni son énergie.

Et puis un jour, sans prévenir, elle a été placardisée.

Elle était fière, elle est partie.

Tou(te)s ses ami(e) de son milieu professionnel l'ont laissée tomber et elle-même n'a pas cherché à les revoir, par fierté.

Elle a continué à fréquenter des amies hors de son milieu professionnel mais elle n'en avait pas beaucoup. Puis elle a peu à peu espacé les visites.

Comme cela faisait longtemps qu'une de ses amies ne la voyait plus, elle s'est rendue chez elle - elle avait un double de la clé fort heureusement - et elle l'a trouvée allongée sur le sol inconsciente.

Les médecins du SAMU ont dit à cette amie qu'à un quart d'heure près le pronostique vitale de cette femme aurait été engagé.

Lorsqu'elle a repris conscience elle en a voulu à son amie de l'avoir vue dans cet état et a refusé de lui parler pendant un mois. Mais cette amie n'a pas lâché l'affaire et lui a rendu visite tous les jours et pourtant c'est une vieille teigneuse égocentrique!

Finalement son amie a réussi à la faire sortir du mur de sa fierté blessée et elle s'est relevée psychologiquement peu à peu.

Si je raconte cette histoire qui fort heureusement s'est bien terminée c'est pour dire qu'il y a des causes de solitude qui sont dues au sentiment de dignité des personnes qui perdent leur statut social et qui ne peuvent affronter leur disqualification dans le regard des autres.

Et avec la stigmatisation des dits "assistés" cela ne va pas s'arranger et ce genre de situation vont se démultiplier car quelque soit leur statut social les gens ont un amour propre et le regard méprisant des gens sur eux est assassin. Ils ne peuvent l'affronter et préfèrent se laisser couler.

20/06/2011, 01:03 | Par Axel J

Et puis quand on est seul, on finit par puer. Ah et puis il y a aussi ces ailes de cafard, qui poussent dans le dos: ça non plus, ils n'aiment pas, les gens. Ils en ont peur.

Et la peur de faire peur, ça aussi c'est puissant...

20/06/2011, 07:52 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Axel J le 20/06/2011 à 01:03

Tellement vrai, héla :-( !

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