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Mélanger les sentiments aux faits rend malade... la preuve ? Un domaine tabou qui nécessite un vrai débat
Suite à une internaute qui m'écrit sur ce site "Désolée de vous avoir fâchée. (enfin, il me semble)", j'ai essayé de mettre le doigt sur un problème assez tabou en France que je souhaite développer sur ce fil. Voici donc ce que je lui écrivais:
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... votre réaction me donne l'occasion de pousser un coup de gueule face à la mièvrerie et au sentimentalisme qui se retrouve partout dans des débats qui devraient être des débats d'IDEES et se baser sur des FAITS et non sur des "sentiments".
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Il y a longtemps que j'ai quitté mon Sud-Ouest natal, où il ne fallait surtout pas dire les choses pour ne "blesser" personne, surtout ne pas faire de vagues, ce qui accumule les non-dits, les souffrances mêmes, les tabous, etc... et favorise la "pensée unique" dont je parlais sur ce blog.
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Fâchée ? Je ne peux l'être, car je ne mélange jamais faits et sentiments, débats d'idées et vie sentimentale. Ce sont des domaines qu'il faut absolument séparer pour pouvoir avoir un débat objectif.
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Le problème, c'est qu'en France, on ne l'a jamais appris, ni en famille, ni à l'école, ni à l'Université. Et encore moins en politique. On mélange ces deux domaines gaiement. Ce qui amène à des prises de position échauffées où se mêlent sentiments et arguments dans un fatras qui ressemble à une pelote de laine emmêlée dont il est après très difficile de retrouver les faits et les arguments.
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Combien de fois n'ai-je pas entendu à Paris "Chut, ça il ne faut pas le dire", combien de fois des gens se sentaient "blessés" par de simples arguments objectifs. Cette sensiblerie me navre, il y a bien longtemps que j'ai appris à dissocier les deux. Ce qui permet des débats d'idées controversées dans le respect de l'autre puisqu'on n'y mêle pas de sentiments. J'ai l'impression qu'on n'est pas très loin en France de ce qu'on peut voir en Turquie ou au Proche-Orient par exemple lors de "débats" parlementaires où les représentants du peuple en viennent aux mains.
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C'est tout simplement une question d'Education, de l'Ecole qui devrait l'enseigner et le pratiquer, dès la maternelle.
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Personnellement, je l'ai appris en arrivant à Hambourg au début des années 70 dès l'arrivée de mon Sud-Ouest natal. Mêlant sentiments et arguments, j'ai compris que cela rendait tout échange - professionnel, social - beaucoup plus compliqué et que c'était improductif et inutile. Au début, j'étais naturellement "blessée" comme vous le suggérez, car je n'avais jamais appris à faire la séparation entre les deux. Puis je m'y suis appliquée, j'ai essayé de l'apprendre au fur et à mesure.
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Il est possible de débattre de choses totalement opposées, dans le respect mutuel, sans jamais y mêler les sentiments. Et je trouve cela beaucoup moins frustrant pour toutes les parties en présence et beaucoup plus efficace. On en reste aux faits, quand il s'agit d'échanges de faits - et aux sentiments dans la vie sentimentale, avec ses proches et ses amis.
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C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle la France est connue pour être le pays des grèves à répétition, les gens s'y affrontent en gué-guerres constantes, chacun pensant détenir LA vérité. En 27 ans passés à Hambourg, je n'ai vécu qu'une seule grève, celle de la Poste. Sinon, les gens débattent de faits, les échangent et trouvent des compromis, où chacun est respecté dans ses positions. On essaie juste de trouver une voie qui permette à chacun de s'exprimer et de ressortir du débat en pouvant dire: "Nous avons réussi à faire valoir nos arguments". Pas de drames, de conflits, de hargnes, de blessures sentimentales, de gens "fâchés". Cela ne vaut pas la peine...
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Enfin, je vous cite une phrase que j'ai trouvée fort juste, prononcée lors d'un séminaire Ernst &Young à Paris par une personne qui vit comme moi sur deux pays et qui conseille les entreprises pour parvenir à un meilleur dialogue en interne en cas de fusion par exemple. En voici le texte très instructif et très vrai - pour ceux qui ne connaissent pas ce domaine.
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J'en extrais une seule phrase qui va faire bondir certains, mais qui est absolument vraie: "La prédominance des émotions chez les Français, à laquelle répond celle des faits chez les Allemands, est tout à fait emblématique de leurs différences. L'affinité interpersonnelle est ainsi pour les Français un pré-requis à tout partenariat efficace. En Allemagne, la question de la vie privée n'est jamais abordée dans le cadre professionnel".
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C'est d'ailleurs ainsi que certains Français - dont la majorité de médias qui véhiculent les préjugés - pensent à tort que les Allemands seraient "austères", alors qu'ils font beaucoup plus la fête qu'en France, mais hors du domaine de la vie professionnelle. La partie sentimentale est réservée à ses proches, amis, voisins et connaissances. C'est là qu'on s'éclate. Personnellement, ayant vécu les deux, je préfère le débat d'idées sans y mêler de sentiments, c'est beaucoup plus efficace, en entreprise notamment, mais aussi en politique, partout où des gens travaillent ensemble qui ne seraient jamais choisis comme amis. Et faire la fête sans retenue, se sachant entre amis et proches. Pas de mélange des genres, c'est beaucoup plus sain et libérateur.
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Il y a beaucoup moins de non-dits, de choses balayées sous le tapis pour les taire, à cause justement de cette sensiblerie, on se dit les choses telles qu'elles sont... Une des conséquences qui se voit immédiatement au niveau psychologique. La France est le pays où l'on consomme le plus de psychotropes en Europe, l'Allemagne le pays où on en consomme le moins. Voir le le Rapport de l'Assemblée nationale sur l'usage des psychotropes. Juste quelques infos de 2003, la situation n'a en rien changé depuis:
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Ce rapport dit "Il faut souligner que l'Allemagne, qui est le pays européen avec le plus faible niveau d'usage de psychotropes, est aussi celui où la psychothérapie est la plus utilisée. Une meilleure application des règles élémentaires d'hygiène de vie doit être considérée comme une véritable alternative thérapeutique à la prescription de psychotropes, notamment pour les plaintes concernant le sommeil en l'absence de trouble psychiatrique avéré. Dans cette perspective, il convient de promouvoir une information structurée du public sur la physiologie du sommeil et sur ces règles d'hygiène de vie".
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Ce qui est pour moi une évidence au vu de ce que je constate tous les jours. Et une de ces règles, c'est de ne surtout pas mettre de "sentiments" dans les "faits" et de bien les séparer pour éviter de se "fâcher", "blesser", etc... ce qui est pour moi aujourd'hui un comportement infantile dont on n'a jamais appris à se débarrasser. Nous en avons débattu sur ce fil sur la maternelle (voir mon commentaire et celui qui suit).
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Il est effarant de voir que même dès l'enfance, les Français consomment des psychotropes, au lieu de parler - tout simplement et sans tabous. C'est un phénomène sociétal qui est aussi lié à tous ces sentiments que l'on mélange à tout et qui rend malade.
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En novembre 2008, Le Monde (page 2) écrivait: "Les Français sont les champions d'Europe de consommation des psychotropes... la tendance ne s'est jamais inversée."
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Le slogan de ce spécialiste en interculturel est une phrase de St Exupéry: "Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis". Car dans les arguments de "l'autre", souvent totalement différents des miens, il y a toujours une partie que je peux reprendre, c'est donc un enrichissement. Et le débat d'idées permet - normalement -de faire avancer un groupe et même un pays tout entier. A condition qu'il ne se fasse pas - comme c'est souvent le cas en France - avec des tirs émanant de tranchées où chaque camp se retire, mais en se regardant en face avec respect pour les arguments et les idées de l'autre et en les laissant valoir pour ce qu'elles sont, sans attaquer les personnes.
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Quand je lis une grande partie des contributions sur ce site et sur d'autres, j'ai mal à mon pays. On dirait que chacun est son propre roi et que tous les autres sont des cons. De même, lorsqu'ils se sentent partie d'un "camp", ils regardent les autres comme des "ennemis" à abattre. Comment construire quelque chose ensemble ? Comment parvenir à une cohésion sociale ? En mélangeant les arguments et les sentiments? Jamais. Les uns défont ce que les autres ont fait, et inversement..
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Heureusement que dans la Recherche, ce sont les faits qui priment, sinon où irait-on? On s'en tient aux faits, c'est ainsi que la Recherche peut travailler au niveau international, sans trop de problèmes, car rien n'est plus évident et indiscutable qu'un fait.
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Je souhaiterais juste que l'Ecole en France - au lieu de se battre dans des procédures exténuantes - enseigne outre les techniques comme le calcul et l'orthographe - l'hygiène de vie élémentaire, apprenne dès l'enfance à s'exprimer en parlant de faits sans y mêler de sentiments - c'est le rôle de l'Ecole, car les parents ne l'ont jamais appris, vu ce que l'on lit et vit partout dans le pays. Et on verra la consommation de psychotrope diminuer, le nombre de suicides aussi.


Tous les commentaires
Chère Etoile66, Il me semble que vous "évoluez". Ce n'est pas une critique, au contraire, un compliment. Je trouve ce billet plus "serein" que d'autres, par le passé et, de là, plus passionnant. J'y reviendrai un peu plus tard, j'ai quelques idées à ce sujet! Bonne journée!
Cher M. Philipps, Merci de votre commentaire :-) mais... voyez-vous, excusez-moi de l'écrire, il mêle aussi les "sentiments" aux "faits". , Si parfois mes prises de positions sont considérées comme "dures", c'est que je cite des faits, sans y mêler de sentiments. Autrement dit, je n'en ai rien à faire si quelqu'un se sent "blessé", c'est SON problème. Je ne recherche que le débat d'idées et aime les formuler de manière la plus claire et sans équivoque possible. . J'accepte tout autant les retours dans le même style, mais pas cette réaction "éplorée" et "vexée". Ces choses n'ont rien à faire dans le débat.
Chère Etoile66, Le contenu de votre billet est riche. Cette idée qu'il ne faut pas mélanger fait et sentiment est passionnante. Les Français auraient tendance à privilégier les sentiments, l'affectif et les Allemands les faits, la raison. C'est sans doute un peu réducteur mais il y a évidement du vrai dans cela. Néanmoins, si l'on veut aller au fond des choses, ne serait-on pas obligé d'admettre que l'un et l'autre faisant intimement partie de nous, il est impossible de faire "comme si" l'un pouvait exister sans l'autre. Vous dîtes que je les mélange et je le reconnais. Pas volontairement mais parce qu'il me semble que l'un (l'affectif) "enrichit" l'autre(les faits) par sa présence. Je me sens terriblement influencé par la pensée de Freud, c'est sans doute pourquoi, je vois toujours un humain, à quelque moment que ce soit (vie personnelle, milieu professionnel) commune entité faite d'affectif et de raison. Une confidence: c'est pour cette raison, par exemple, que, comme homme, en dehors de liens d'amitiés, je me suis toujours imposé le vouvoiement avec mes collègues femmes! Tentative sans doute dérisoire, mais qui se justifie par cette conception des rapports humains. Je ne pense pas qu'il y ait une relation entre la prise des psychotropes par la population française et ce "défaut" qui consisterait à "privilégier ou mélanger" faits et sentiments, presque "une façon infantile de se comporter". Je pense qu'en "assumant" le mélange des genres, les Français sont plus près et assument mieux la réalité de la vie. Et ce, même si, en définitive, ils en "souffrent" et prennent des psychotropes! Je ne voudrais pas reprendre ce qui a trait à ce qui s'est passé en Allemagne dans les années 30, ce serait par trop simpliste et réducteur. Mais, de par leur tendance à "ne pas mélanger" les genres, en privilégeant les "faits", les Allemands (en gros, il ne faut pas généraliser), ne sont-ils pas, en définitive, plus "fragiles", risquant plus d'être, éventuellement, manipulés? Dans certaines circonstances, vous avez certainement raison, il est beaucoup plus "rentable", efficace, de privilégier le fait mais, au delà, en définitive, et malgré les contradictions et les ambivalence dont j'ai déjà parlé plus haut avec vous, je continue à penser que le fonctionnement français, avec tous ses défauts est préférable! Sans doute parce que je suis viscéralement latin, tout simplement! Bien à vous
les Français sont plus près et assument mieux la réalité de la vie. C'est une affirmation assez réductrice, il me semble qu'il vous manque une partie de vécu ailleurs qu'en France pour pouvoir vérifier. . Je ne voudrais pas reprendre ce qui a trait à ce qui s'est passé en Allemagne dans les années 30, ce serait par trop simpliste et réducteur. Mais, de par leur tendance à "ne pas mélanger" les genres, en privilégeant les "faits", les Allemands (en gros, il ne faut pas généraliser), ne sont-ils pas, en définitive, plus "fragiles", risquant plus d'être, éventuellement, manipulés? Eh bien, c'est justement à cause de cette partie de leur Histoire, qu'ils ont travaillé profondément en tant que pays, qu'ils ont aujourd'hui adopté cette façon de vivre que je trouve très saine. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ils ont fait leur autocritique. C'était une longue psychothérapie citoyenne que j'ai trouvée assez extraordinaire puisque je l'ai vécue en direct depuis le début des années 70. Sans tabous. . J'en aurais aimé un dixième en France quant à la collaboration, à la torture en Algérie et au passé de la France dans ses colonies. Là aussi, "Chut, on n'en parle pas".
Merci de ces précisions.
. Un abonné a écrit : "Je me sens terriblement influencé par la pensée de Freud, c'est sans doute pourquoi, je vois toujours un humain, (...) commune entité faite d'affectif et de raison." . L'abonné a raison ! Et même s'il voyait l'humain comme un animal, je me demande s'il ne serait pas pleinement en droit de préférer le cheval ! . jpylg abonné
Et dans votre réponse à cette internaute, vous terminez ainsi: «Voilà, […], je vous ai répondu de manière explicite, j'espère que vous m'écrirez toujours vos arguments sans avoir peur de me "fâcher", car ce n'est jamais le cas.»
Chère Etoile, merci mille fois d'avoir si facilement exprimé ce que je ressens si souvent, et qui me pèse tant, et que j'ai trop tendance à amalgamer avec "le politiquement correct" comme conséquence fâcheuse de cette constante "peur de blesser" qui empêche d'appeler un chat un chat, et qui au fil des ans s'est prêtée si efficacement au développement notamment de la langue de bois en politique. Entre parenthèses, votre billet, on devrait en extraire un lien actif pour compléter la Charte d'utilisation du Club de Mediapart, car il y a de ces périodes où il sonne particulièrement juste...
Je laisserai volontiers M Philips dédier un de ses commentaires, à l'impact d'une telle influence parentale "infantile" sur le développement des enfants eux-mêmes, c'est-à-dire de leurs/nos enfants. Quand je reviens en France après une longue absence, c'est toujours ce qui me frappe: cette impression que l'émotionnel semble avoir fait l'objet d'une grave censure pendant l'enfance, ou d'une déformation, d'un interdit ou je ne sais quoi, qui exprime donc en permanence le désir impérieux et constant d'exister et de se répandre partout, comme par compensation des manques de l'enfance, ou serait-ce "de son mauvais emploi" inculqué pendant l'enfance?
Cher Axel, Ne faut-il pas, malgré tout, au delà des apparences, tenir compte de tous les messages "subliminaux" que notre si belle et si riche langue permet et dont sont remplis nos échanges, nos conversations? Je suis partisan de laisser de la place à tous ces non-dits: à quelqu'âge que ce soit, toute vérité n'est pas non plus toujours bonne à dire!!
Cher M Philips, et bien moi aussi j'aime le vouvoiement, comme tu vois, ça fait partie du débat, même si on se tutoie par ailleurs :-)
Bien entendu tout va avec tout et il faut tenir compte de tout, mais il ne faut pas se laisser envahir. Du reste, c'est ce qui se passe chez beaucoup de politiques français ou de chefs d'entreprises quand même: ils séparent leur amitié personnelle, de leurs parcours et affaires respectifs qui parfois peuvent prendre des chemins carrement opposés. Il me semble que "toute vérité n'est pas bonne à dire" n'a pas grand-chose à voir avec le sujet? En tous cas c'est une si vaste question, qu'on est pas près d'en avoir fait le tour, mais je n'aime pas trop qu'elle suggère (c'est la deuxième fois cette semaine) que je serais du genre à "toujours tout dire aux enfants" (une attitude qui existe mais qui n'est bien entendu pas la mienne). J'insistais sur le sentiment que j'ai avec beaucoup de Français, d'une sorte de "passé de manque affectif" qui les rendrait accros à l'affectif par compensation, justement parce que je me demandais si ce qu'Étoile prenait pour une cause, n'était pas plutôt une conséquence?
Et non, s'il vous plaît ne mélangeons pas, non je ne dis pas que c'est mieux ni moins bien, j'ai vécu ça avec les Finlandais: il y a bien entendu de terribles agacements et des manques qu'ils nous envient, aussi dans ce genre de pragmatisme décrit par Etoile, mais c'est comme pour la vie commune purement pratique, ce que les Français appellent avec une certaine admiration ou envie "la discipline", ah, "les Nordiques sont disciplinés", je constate, c'est comme ça je n'y peux rien, que la vie est plus facile quand les trottoirs sont libres de tout excrément de chien, quand les feux de circulation sont toujours respectés, etc etc etc ça va très loin car on arrive au bout de l'addition de tout, à la transparence en tout, garante de la Confiance et de l'Honnêteté à tous les niveaux, c'est-à-dire la Paix.
C'est vrai qu'on ressent parfois une rigidité un peu pesante (qui explique peut-être la débauche incroyable défouloir du vendredi et samedi soir), mais au bilan total, y'a pas photo.
Mais surtout, il n'y a par contre pas de "pression annexe" quand on se retrouve de l'autre côté du "monde pratique", dans le "monde affectif": c'est probablement la raison pour laquelle (je rejoins Etoile66) on a l'impression que les Nordiques sont finalement plus fêtards que les gens du Sud.
Beaucoup de subjectif dans tout ça, c'est clair, mais beaucoup aussi de concret vérifiable et analysable.
C'est curieux, cette histoire de "passé de manque affectif" que tu évoques, je n'y avais jamais songé, n'ayant pas sans doute de point de comparaison. D'autres que toi ont-ils évoqués quelque part, je veux dire dans des bouquins, ce thème? Pédiatre, j'ai pas mal lu sur tout ce qui tourne autour des enfants, ai écouté des "grosses têtes" (Dolto, Naouri, Tobie Nathan,...) mais n'ai pas le souvenir d'avoir trouvé cette notion.
Je ne les ai pas lus moi-même, mais pour répondre à ta question, c'est assez simple: je suis beaucoup dans le "tout se joue avant cinq ans" (bon, disons "tout ou presque" et "cinq-six ans" si on préfère) et là, je suppose qu'il y a tout un wagon de bouquins là-dessus, non?
Sinon, pour le "passé de manque affectif", je suppose que certains sont mieux placés pour le débusquer chez les autres, tant il est vrai que ce qu'on pointe le mieux chez les autres, c'est souvent précisément ce qu'on est soi-même? Ainsi je crois aussi que si les anciennes victimes de pédophilie se trouvent naturellement des affinités, c'est ainsi parce qu'ils "se reniflent des points communs" par delà le vernis social, directement au fond des yeux ou de certains gestes.
Et pour moi qui suis "devenu Finlandais" sur cette question si importante de l'enfance, j'observe bien, de mon regard extérieur, une sorte de "connivence de mal-aimés" entre une grande majorité de Français (dont moi-même). D'un point de vue pratique, mais désolé chère Etoile je ne peux en séparer l'affectif, venant de Finlande je trouve que les petits enfants français souffrent de manques d'amour, attention et affection, ceci très souvent au point de me choquer, pas tous mais oui je n'exagère pas, et mon idée, en quelque sorte opposée donc à celle du present billet d'Etoile66, se formulait à peu près comme ça: "Ah si les Français n'étaient pas si durement privés d'amour, d'attention et d'affection durant leur enfance, ils deviendraient des adultes sereins et responsables, au lieu de rester toute leur vie ces sortes d'adolescents arrogants et écorchés vifs".
Attention: ceci est une généralisation très schématique qui pourra choquer si prise å la lettre; dans la vie réelle et notamment parmi mes amis et connaissances français, je fais bien entendu autrement plus de nuance et de constatations inverses.
venant de Finlande je trouve que les petits enfants français souffrent de manques d'amour, attention et affection, ceci très souvent au point de me choquer Vous avez bien observé. Ayant vécu le milieu de la toute petite enfance à Hambourg - j'ai été représentante des parents d'élèves en maternelle pendant plusieurs années - et ai eu tout loisir de comparer les éducations, je trouve qu'Axel a raison. . Les petits Français sont "éduqués" comme des singes savants. Ils sont mis chez une nounou ou une crèche dès leur toute petite enfance, certaines femmes ne prennent que 8 semaines de congés maternité après la naissance. Elles allaitent le moins de toute l'Europe, alors que l'allaitement est un moment privilégié dans la petite enfance à tous points de vue, pour l'équilibre au niveau santé et psychisme - confirmé par tous les spécialistes. En France ils ont une "Ecole" maternelle, alors que partout en Europe ils ont un "Jardin d'enfants" où ils apprennent tout par le jeu. J'en ai touché quelques mots sur ces fils: http://www.mediapart.fr/comment/reply/30596/89990 Les enfants français n'aiment pas l'école. Pourquoi ? Les maternelles et les innovations pédagogiques de Claude Lelièvre, intéressant de voir les commentaires venus de l'étranger, Allemagne, Irlande, etc... . "Ah si les Français n'étaient pas si durement privés d'amour, d'attention et d'affection durant leur enfance, ils deviendraient des adultes sereins et responsables, au lieu de rester toute leur vie ces sortes d'adolescents arrogants et écorchés vifs". C'est vrai, vous avez raison. Que dire de l'Ecole primaire qui dure jusqu'à 16 ou 17 h ? Le stress vécu dès l'âge de 6 ans. C'est effarant. La majorité ne s'imaginent pas quelle est la vie d'enfants qui sortent de l'école à 13h, peuvent se détendre et jouer l'après-midi, faire de la musique, du sport, ou autres activités sans aucun stress, alors qu'en France, il faut courir partout. Jusqu'au bac... bien sûr ils ont des mois de vacances, mais c'est surtout pour faire plaisir aux enseignants, puisque beaucoup ont choisi ce métier juste à cause des vacances... j'en connais des masses... Au lieu de concevoir l'Ecole autour des besoins de l'enfant. . Voir aussi ma réponse à Cixi
. Une abonnée parle de "pensée unique" et de "tabou" . Je me demandais, à part moi, si cela n'aurait pas quelque rapport avec ce que d'autres nomment le formatage de l'opinion publique ? . En tous cas, voici encore une piste pour la réflexion en cours sous cette étiquette. . Du formatage considéré comme un facteur social pathogène. . jpylg qui s'excuse auprès des abonnés d'avoir cru devoir choisir un mode impersonnel de participation.Partir ou se distancier, à chacun d'apprécier.
“Quand je lis une grande partie des contributions sur ce site et sur d'autres, j'ai mal à mon pays. On dirait que chacun est son propre roi et que tous les autres sont des cons.” Comment ne pas sourire en lisant cela venant de vous; Il n’est pas un de vos billets au travers desquels vous ne traitiez sans appel les français de moins que rien. Un fait sans mélange de sentiments?
Vous vous méprenez fort sur mes motivations, chère Caroline. Si j'écris ce que j'écris c'est pour attiser la réflexion, si mon pays m'était égal, je ne m'engagerais pas pour que les choses changent. . Je souhaiterais y voir aussi la véracité et l'autocritique comme celle que j'ai vécue en Allemagne pendant de longues années. Un pays évolue ensemble, travaille sur lui-même, sur son passé, sur son présent, se remet constamment en question pour parvenir ensemble à une position commune et ainsi avancer dans la cohésion sociale. . Tout ceci manque à mon pays qui s'autodéchire sur tant de sujets. . Pas plus tard que ce soir, je parlais à une Française qui travaille sur le franco-allemand. C'était notre première prise de contact, notre premier rdv. Elle travaille dans une banque qui aide les entreprises allemandes en France. Nous échangions sur nos expériences respectives et elle me disait à peu près la même chose que ce que décrit Axel plus haut, ajoutant qu'elle préférait travailler pour des Allemands que pour les Français, parce que c'était tout simplement plus facile. Elle venait de voir cinq clients potentiels en Allemagne, tous l'avaient très bien reçue, toujours à l'heure exacte, de sorte qu'elle pouvait planifier toute sa journée. Alors qu'en France, très peu de clients étaient à l'heure, ce qui déplaçait les autres rdv, etc... . Pour illustrer le tout, elle m'a raconté une anecdote qu'elle avait vécue il y a quelques jours au ski dans les Alpes. Les gens - tous des Hollandais, Polonais, Russes, Allemands, Suisses, etc... faisaient la queue pour accéder à une entrée. Un Français arrive avec sa famille, remonte la queue et se place en tête. Elle m'a dit: "Si vous aviez senti la réaction des autres devant ce comportement"... C'est un détail, mais cela se répète si souvent à tant d'occasions... et les gens ne s'en aperçoivent même pas. . Mais je souhaiterais plutôt revenir au point principal que j'énonçais dans ce fil: le mélange des sentiments et des faits qui donne quelque chose de malsain dans bien des domaines. . Je viens de lire l'excellent et courageux papier de Sophie Dufau intitulé: Un malaise, pas seulement dans le hall de «Libération». . Elle analyse fort bien la situation et mentionne un rapport de force avec de l'émotion à tous les étages. Reste dans cette affaire un malaise, qu'aucun des bloggeurs de Mediapart n'a franchement nommé de la traque de tous les noms de famille les accompagnant parfois de «sioniste». Qui couvre d'insultes certaines «femelles» du journal. Qui qualifie Laurent Joffrin d'«assassin». Abjecte. Immonde. ces propos qui dépassent largement le droit du travail, conduit Florence Cousin dans une impasse au pire dans une victimisation irréparable pour sa santé. tenir l'entreprise quelques soient ses angoisses et ses haines. . Voilà un exemple typique de ce que j'écrivais plus haut, de mélange de FAITS et de SENTIMENTS. . Il illustre ce que ce mélange a de plus nocif pour un individu, pour une communauté, pour un pays. Avec comme corollaire: les "non-dits" et les "tabous"... les psychotropes ne sont pas loin. Triste, triste.
Chère Caroline, J'ai déjà, avec d'autres mots, fait ce reproche à Etoile66 mais, force est de constater, qu'il y a une évolution dans son approche: encouragez-là, la pertinence de ses propos le mérite!!
A bien vous lire les Allemands seraient donc un peuple de raison et non de sentiments. Ce serait donc par raison et non par sentiment qu'ils auraient massivement soutenu le nazisme ? Bravo, vous êtes au top ... ne redescendez surtout pas ...
Décidément, vous allez donner pleinement raison à Etoile66, avec votre interprétation à fleur d'émotion, comme si vous vous sentiez attaqué en tant que Français?
Non seulement pour Etoile ils ont autant de sentiment que nous, mais en plus ils sont capables de ne pas les mélanger avec les affaires, ce qui (toujours d'après Etoile) leur donne même plus de coeur à la fête et moins l'envie de se droguer aux antidépresseurs.
En deux mots: soigne tes sentiments, ainsi tu garderas raison?
:-)
@ arquius: Voir la réponse plus haut à M. Philipps
Vous mettez beaucoup de passion pour nous expliquer que beaucoup de nos malheurs, attestés par notre consommation de psychotrope, vient de la passion que nous mettons dans nos débats. Depuis de nombreuses années je pratique le débat scientifique dans lequel la rationalité est la règle et je puis vous dire que dans tous les pays où je l'ai vu pratiquer c'est la même passion qui anime les débats. Comme d'habitude il n'y a pas de solution toute faite applicable à tous . Notre pensée est soumise en permanence aux influences rationnelles et affectives sans qu'il soit toujours facile d'en démêler la part de chacune. Pour chacun il existe un équilibre optimum qui permet à notre pensée de s'épanouir et de se présenter sous son meilleur jour. Cette complexité fait le charme de la communication à son plus haut niveau.
effectivement, un peu de passion éclaire l'esprit, trop l'obscurcit... Néanmoins le billet d'Etoile66 sur les charges émotionnelles et les non-dits qui soutendent nos échanges est très intéressant. Par ailleurs, le sentiment de détenir la vérité, le manque d'écoute voire de respect des autres, la posture plutôt que le dialogue sont des traits que je ressens assez souvent et qui deviennent encore plus saillants, par comparaison, lorsque l'on travaille avec des anglo-saxons sans doute plus pragmatiques dans leurs rapports professionnels. Nul n'est parfait mais tous peuvent s'améliorer
Pour préciser ma pensée qui doit dans un fil rester synthétique et éviter le bavardage, il faut considérer que les 2 modes de pensée affectif et rationnel doivent travailler en synergie et lorsque l'un prend le pas sur l'autre la pensée va de travers. L'affectif définit la valeur de notre pensée elle lui donne son énergie son enthousiasme, le rationnel définit l'opérationnalité de cette même pensée elle permet de la confronter à l'épreuve des faits, à la critique de l'autre. Une pensée trop affective s'aveugle s'isole une pensée trop rationnelle se désèche et devient sans relief. Il faut bien les 2 dans un dosage qui dépend du contexte et des individus.
Je partage à 100% votre analyse.
le sentiment de détenir la vérité, le manque d'écoute voire de respect des autres, la posture plutôt que le dialogue sont des traits que je trouve souvent en venant lire ce blog.
kairos Mais est-ce vrai que les "allemands" établissent une telle étanchéité entre les sentiments et les faits? Est-ce un "fait"? Ou est-ce le "sentiment" qu'ils inspirent à l'auteur du billet? Du danger des archétypes...
“Chère Caroline, J'ai déjà, avec d'autres mots, fait ce reproche à Etoile66 mais, force est de constater, qu'il y a une évolution dans son approche: encouragez-là, la pertinence de ses propos le mérite!!”
Cette réponse de M Philips illustre très bien le propos d'Etoile66. Voyez de quelle manière directe, sans détours, il parle d'elle: c'est ainsi qu'il s'est fait prendre pour un malotru ou même "un facho" plus d'une fois sur ce site, ce qui est pour le moins surréaliste à propos de quelqu'un comme M Philips!.. Mais voilà, ce qui arrive, quand on interprète des propos droits et directs, en y mélangeant le "sentimentalisme" que dénonce Etoile66. Etoile66 quant à elle, au lieu de se sentir jugée ou agressée ou autre sur ce commentaire qui parle d'elle, ne fera que prendre acte de l'opinion que M Philips exprime à Caroline, et bon, vous ne croyez pas que ça simplifie quand même bien la vie, par rapport à ce qui se passerait si elle montait sur ses grands chevaux et entamait une dispute mal fondée?
Bonjour à tous,
Tout d’abord, je pense qu'effectivement, en France, on "patauge" (pardonnez l'expression) dans l'émotionnel à tous les étages :
- Au niveau politique : On ne cesse d'entendre le mot "victime", "souffrance", "indignation" à toutes les sauces. "Le droit des victimes" par-ci, "être toujours au côté de ceux qui souffrent" par-là... Et les politiques (comme les militants d'ailleurs) savent en jouer habilement pour détourner tout échange sérieux (chiffres et textes de loi à l'appui par exemple) où ils risqueraient de perdre pied : "Contre la délinquance, je serais toujours du côté des victimes" entend-on par exemple, balayant ainsi une statistique ou les conclusions d'un rapport. Ecouter et reconnaître la souffrance d'autrui est essentiel à la bonne marche de la société. Il ne faut jamais l’oublier ou l’écarter de l’équation d’un problème. Mais est-ce vraiment une bonne chose de réduire le problème à la simple expression de cette souffrance ? De la brandir comme une arme absolue contre toute réflexion rationnelle ?
- Au niveau de l'entreprise : là encore, l'émotionnel est présent à tous les étages. Mais peut être est-ce surtout une question de management ? En France, la "culture d'entreprise" est une notion importante. Il faut "faire parti de l'équipe", être « sur la même longueur d'onde que les autres » (ou bien « être dans le même moule », c'est selon les points de vue ;o) ), on essaye de faire en sorte que l'entreprise soit "une grande famille" et gare à ceux qui ne jouent pas le jeu... Je ne sais pas forcément comment ça se passe dans toutes les entreprises, mais je le vois bien dans le sud de la France :
ça commence souvent par le dirigeant pour qui l’entreprise est son « bébé » d’où un style de management assez paternaliste et autocratique. Il recrutera en fonction de son « instinct » (avec tous les risques de discrimination que cela implique). Il demandera à ses salariés d’adhérer à sa vision, à ses valeurs, … Certains salariés joueront le jeu et partageront davantage qu’une simple relation de travail. Ils iront ensemble en voyage organisé. Ils iront avec leurs épouses et leurs enfants à des dîners d’entreprise, etc. br> Et puis ça finira au clash parce que des problèmes relevant du domaine de la vie privée feront surface et se sauront dans l’entreprise. Les salariés prendront parti (rarement pour leur collègue d’ailleurs) et le patron demandera avec mauvaise foi au salarié de ne pas mêler sa vie privée à son travail sous peine de sanctions, ajoutant ainsi les problèmes de boulot aux problèmes perso.
-Enfin, au niveau des commentaires de Médiapart : sur un de mes commentaires précédents, une abonnée me prenait à parti en disant « ah l’émotion ce n’est pas ce qui semble vous faire mouvoir ! apparemment, vous choisissez votre camps ». ça m’a donné matière à réfléchir. Comment un commentaire qui ne prenait à parti aucun des internautes, qui donnais juste mon opinion et où je tentais d’éclairer des faits au regard du droit pouvait susciter une réaction aussi vive, suivi d’une mise en cause personnelle ? Le sujet était (est toujours d’ailleurs) certes bouleversant mais de là à se laisser déborder à ce point, j’ai trouvé ça troublant !
Alors je ne dis pas que les gens doivent arrêter d’exprimer leurs émotions parce que je pense que ça risque d’appauvrir les débats et d’empêcher la bonne compréhension des points de vue.
Par contre, une piste que j’aimerai soumettre à tous, c’est la piste de l’assertivité. L’assertivité (telle que définie sur la page de Wikipédia) est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres et s'appuie avant tout sur le refus d’avoir recours aux trois autres comportements types à effets négatifs que sont : • les comportements d’agression (ou de domination par la force) ; • les comportements de soumission, qui peuvent se matérialiser par la fuite ou l’abandon ; • les comportements de manipulation (ou de domination par la ruse), parfois exprimés sous forme de manipulations mentales. Un comportement assertif consiste à s'exprimer en respectant le plan suivant : • Exprimer les faits… • Puis donner votre sentiment sur les faits exposés en utilisant le JE plutôt que le TU • Exprimer votre demande suite aux faits.
Bien sûr, l’application de ce principe nécessite du recul, le respect de son interlocuteur, et l’abandon de vouloir voir son point de vue triompher à tout prix… Mais cette méthode à l’avantage de pouvoir exprimer ce qu’on pense et ce qu’on ressent sans empiéter sur le ressenti des autres. Qu’en pensez-vous ? Et si on essayait tous ? Y aurait forcément des râtés en cours de parcours, mais au moins, on aura essayé de laisser sa place à l'autre. En tout cas, pour les intéressés, j’ai pleins d’exercices sur l’assertivité qu’on m’a donné lors d’une formation il y a quelques années (^_^).
Merci, Cixi, de ce que vous avez écrit. Sur bien des points, vous avez observé attentivement les interférences entre ces deux domaines avec la "prédominance pour les sentiments" du côté français. Je répète la phrase citée par un spécialiste du franco-allemand qui a été un peu caricaturée par pas mal d'intervenants: ""La prédominance des émotions chez les Français, à laquelle répond celle des faits chez les Allemands, est tout à fait emblématique de leurs différences." Il est parlé ici de PREDOMINANCE et non de quelque chose d'exclusif. Et c'est vrai, en France, toutes les relations humaines - entreprises, famille, voisinage, sites internet, etc.. - sont parasitées par cette prédominance non maîtrisée. . Ayant vécu ces deux mondes, je trouve la vie beaucoup plus simple et agréable entre personnes qui savent faire la part des choses, comme je l'ai vécu pendant les 30 ans passés. Mes deux ans passés à Paris -2000 - 2002 - m'ont montré ces traits avec beaucoup de clarté, par l'observation quotidienne. . Qu’en pensez-vous ? Et si on essayait tous ? C'est une bonne intention, je doute que cela fonctionne. Car il faut des années de pratique pour y arriver. En ce qui me concerne, arrivée du Sud-Ouest de la France, où les émotions sont fortes - j'ai apprécié que mes amis et collègues hambourgeois me montrent, au fil du temps, comment eux, ils faisaient et où étaient mes points faibles dans ce domaine. C'est un très long apprentissage que les jeunes Allemands apprennent dès la maternelle, par le dialogue dans le groupe et la résolution des problèmes ensemble, par le dialogue. Pas par un adulte qui vient et qui donne des ordres. Ce sont les enfants, en maternelle, qui apprennent à résoudre les problèmes inter-enfants par le dialogue sur les problèmes et les conflits. Ce sont EUX qui arrivent à trouver les solutions par le consensus et la confiance en l'AUTRE. . J'en ai parlé sur les différents fils mentionnés plus.haut, citation: Tous les matins, après le petit-déjeuner en commun, il y avait ce qu'ils appellent le "Stuhlkreis". Les chaises sont mises en rond et forment un cercle, il y avait 2 éducatrices par groupe de 25 enfants. . Et les enfants pouvaient parler de ce qu'ils voulaient. Celui qui voulait parler le premier recevait un coussin rouge et tant qu'il avait le coussin, c'était lui qui parlait. Il parlait de ce qui lui semblait important ou lui faisait plaisir ou lui avait fait peur, il choisissait. Le dialogue s'instaurait et tous les enfants participaient, chacun demandant le coussin rouge pour avoir la parole. C'était comme une psychothérapie, les enfants parlaient tout simplement, apprenaient à respecter la parole de l'autre et à s'exprimer. Souvent les enfants parlaient de ce qu'ils avaient vécu en famille ou de ce qui les touchaient. C'était un lieu d'apprentissage du respect mutuel. Certes il y avait des bagarres, de la violence que les enfants amenaient de chez eux pour certains. Mais dès qu'il y avait un problème sérieux, les jeux étaient interrompus, les enfants qui étaient répartis sur tout le site étaient appelés et on refaisait le "cercle des chaises" pour que le groupe trouve lui-même une solution au problème et le résolve ensemble. . J'ai trouvé cet apprentissage de la responsabilité sociale hyper-important, il manque totalement en France où on inculque du "savoir intellectuel". Les enfants étaient aussi responsables de la propreté de leurs salles, de la cour, etc... Ils se sentaient responsabilisés et partie intégrante du tout. On leur a appris à ne surtout obéir à aucun adulte, et on leur a expliqué les règles. Dès qu'elles n'étaient pas respectées, c'était le groupe enfants-éducateurs qui trouvaient la solution ensemble, non pas par une imposition de haut. . Plus tard, quand les petits Allemands viennent en France en échange scolaire, ils rentrent tous en disant que les enfants français sont traités comme des "bébés". Ma belle-soeur, prof de français à Bordeaux, en a reçu un, elle me disait: "Il voulait sortir tout seul..." (il avait 12 ans et demi)... elle était un peu désemparée... et cela me faisait sourire. . Dans les écoles, collèges et lycées, il n'y a pas de "pions", pas de "surveillants", etc... car les enfants ont appris dès la maternelle à agir en êtres responsables. Pas de "grilles" au lycée, pas besoin de "demande" ou "d'autorisation" pour sortir, comme mon fils l'a vécu en 2000-2002 en Ile-de-France. Il était stupéfait de l'infantilisation à laquelle il était soumis, lui qui avait été habitué depuis la maternelle à prendre ses responsabilités, à respecter le groupe et à résoudre les problèmes par la discussion commune. Je donne juste un tout petit exemple, banal, mais qui en dit long... la suite sur http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-lelievre/301208/les-maternelles-et-les-innovations-pedagogiques . Je veux simplement souligner que des adultes qui n'ont jamais appris ces compétences sociales, ne peuvent pas les mettre en pratique, même en s'efforçant, d'autant plus qu'ils baignent tous dans ce même milieu où tous mélangent sentiments et faits. . Il faudrait donc que dans toutes les maternelles, ces apprentissages des "compétences sociales" soient exercées et pratiquées par des éducateurs qui les ont eux-mêmes pratiquées. Des échanges internationaux d'ailleurs pour enseigner les langues étrangères dès la plus petite enfance, seraient un immense progrès. Car les enfants apprennent les choses en jouant, sans aucun problème, bien mieux que dans des "cours" où un "savoir" est dispensé. . Enfin, je vous donne la traduction d'un système qui fonctionne bien dans un lycée de Hambourg dans le prochain commentaire... .
Voici donc la traduction d'un système de médiation qui fonctionne très bien: . Le texte est traduit du site du Lycée Albrecht Thaer, mais il pourrait provenir d'un tout autre lycée de la ville. (Je précise que le "lycée" commence après les 4 ans d'école primaire où ces "facultés" sont aussi exercées, ce pourrait aussi être dans toute autre école) . "Dans de nombreuses écoles de Hambourg, des „médiateurs“ ont été formés. Les parents se demandent souvent pourquoi nous n’avons pas suivi cette voie au lycée Albrecht-Thaer. . Par le travail avec les écoles de Hambourg qui ont participé à cette formation des médiateurs, je sais que les élèves qui ont participé à ces formations en ont beaucoup profité, qu’il y a aussi de bonnes expériences ci et là, mais que l’acceptation des «médiateurs» dans les conflits est souvent faible dans les écoles pour lesquels ils ont été formés. . Car les élèves concernés, qui pourraient faire appel aux médiateurs ne veulent souvent pas s’avouer qu’ils ont un problème qu’ils ne peuvent pas résoudre seuls. S’adresser à un médiateur est considéré comme l’aveu de leur propre échec. Et qui veut avouer bénévolement qu’il a échoué ? . Depuis, des études scientifiques des USA et de Grande-Bretagne où ces programmes de médiateurs ont été lancés confirment cette expérience et montrent que les attentes importantes qui avaient été placées dans la création de ce rôle de médiateur, ne se sont pas confirmées. Le Spiegel a fait un article en novembre 2004 à ce sujet. . Dans notre école, nous avons fait une bonne expérience avec la médiation en conseil de classe - en France "Heure de vie de classe" - hebdomadaire. . Il rassemble tous les élèves d’une même classe lors de la résolution d’un conflit et ils apprennent - même s’ils ne sont pas activement concernés par un conflit – comment on peut se comporter en cas de conflit et avec quelles stratégies on peut éviter les bagarres ou une escalade dans une dispute. . Lors d’une médiation en cas de dispute, il est important d’observer non seulement les parties en disputes, mais aussi l’entourage et de les impliquer dans la médiation. . Le groupe dans lequel un conflit survient est beaucoup plus souvent qu’on ne le pense partie prenante dans l’escalade du conflit par son comportement, par exemple en tournant les yeux pour ne pas voir, en tolérant ou même en excitant certains comportements chez leurs camarades de classe, comme le montre l’exemple suivant : . Les enfants d’une classe de 5ème savent exactement comment faire sortir Hannes de ses gonds et appuient sur les « boutons » connus en discutant à l’école le matin. Juste pour voir jusqu’où Hannes peut aller. C’est pourquoi il est si important que le groupe dans lequel le conflit est survenu participe activement à la résolution de ce conflit. Souvent ce sont ceux qui ne sont pas parties prenantes qui montrent que le comportement de Hannes a été provoqué par les excitations d’autres élèves à l’encontre de Hannes. Il se peut que Hannes se trouve dans un cercle vicieux. Même s’il était prêt à changer de comportement, il a peu de chances de réussir, si le groupe dans son ensemble ne le soutient pas, mais le renvoie toujours à ses anciens rôles-types. . Au cours du conseil de classe hebdomadaire, tous les membres du groupe peuvent apprendre comment un conflit naît et escalade, comment on peut éviter les conflits, mais aussi à quel endroit et à quel moment on peut ou doit interrompre la spirale du conflit ou de la violence pour éviter qu’une dispute ne dégénère. . Les élèves apprennent que les conflits ont toujours à la base des intérêts divers et qu’il existe différentes façons de voir une situation qui peuvent toutes avoir leur justification. Ils apprennent à écouter les critiques et à les accepter. . Ce sont souvent toujours les mêmes élèves qui sont impliqués dans un conflit. Mais les parties en conflit n’ont pas besoin de se tourner vers une institution extérieure qui leur est étrangère, ils peuvent résoudre le conflit sur place, souvent celui-ci est thématisé par des personnes qui n’y participaient pas. . Quand la classe entière se sent responsable et se fixe comme objectif de résoudre les problèmes ensemble, même les enfants qui ne participaient pas au conflit en profitent. . Ils apprennent dans la classe comment défendre leur point de vue de manière objective et comment ils peuvent sortir d’un conflit d’intérêts en étant plus forts, s’ils ont contribué à le résoudre de manière constructive. . Chacun doit voir qu’il n’est aucunement obligé de mettre ses intérêts en retrait, mais apprendre à négocier les marges de manœuvre pour la réalisation de ses intérêts propres de manière socialement supportable dans une communauté. . Le conseil de classe hebdomadaire devient une institution dans laquelle les enfants et les jeunes apprennent à agir démocratiquement. . Traitement du conflit selon un rituel fixe : 1. Le journal mural est déployé et les différents points sont lus les uns après les autres. 2. Celle ou celui qui a présenté un de ces points s’exprime 3. Ceux qui sont directement concernés ou visés s’expriment aussi. 4. Les autres élèves prennent position 5. Des solutions ou des propositions de solutions sont élaborées 6. Des accords acceptées par les deux parties sont trouvés et retenus dans le procès-verbal. 7. La semaine suivante, lors de la lecture du procès-verbal, les accords sont vérifiés quant à leur pertinence. . Le conseil de classe hebdomadaire ne se réunit pas que pour la médiation, ce point joue un rôle important surtout dans les petites classes. S. et L. ont écrit un article paru dans le journal du lycée montrant comment cette thématique a évolué dans les réunions du conseil de classe hebdomadaire depuis la sixième jusqu’en troisième. . Lors du conseil de classe hebdomadaire, les groupes organisés de notre école comme par exemple la « conférence des délégués de classe » ou le « conseil pour l’environnement » ont enfin trouvé un lieu important où les représentants élus peuvent démocratiquement présenter les thèmes et les résultats de leurs travaux en informant leurs camarades de classe et en faisant remonter dans leur groupe respectif les remarques et contributions de ceux-ci. Sans ces heures de conseil de classe hebdomadaire, nous n’avions pas d’espace ni de temps autrefois pour ces sujets. . De même, le fait de devoir respecter l’ordre du jour, celui qui préside les débats, la rédaction du procès-verbal et les modes de votes au sein du conseil de classe hebdomadaire forment les élèves à la participation aux processus démocratiques du pays. . Dans une institution comme l’école, où la participation des élèves a encore peu de place, le conseil de classe hebdomadaire peut contribuer à ce que les élèves se sentent responsables de leur vie commune et d’eux-mêmes, s’ils peuvent discuter ensemble de ce qui les concerne pendant cette heure hebdomadaire et prendre ensemble des décisions. . Notre intention est que les élèves prennent de plus en plus de responsabilités – aussi pour leurs études. . Le chemin pour parvenir à ce but n’est pas toujours rectiligne, il est souvent difficile et comporte des obstacles. Les élèves ont besoin de l’aide de leur professeur principal qui doivent accompagner le groupe sur ce chemin et le soutenir. . Les professeurs du lycée Albrecht-Thaer se sont décidés en toute connaissance de cause à donner une partie de leur temps de travail, prévu dans le nouveau plan du temps de travail pour la fonction de professeur principal, pour accompagner toute la classe et à ancrer cette heure de conseil de classe hebdomadaire dans leur emploi du temps. . Cela implique une heure de plus dans leur emploi du temps, mais ce que nous apprécions dans ce concept de conseil de classe hebdomadaire, outre les points susmentionnés, c’est que nous avons enfin la possibilité de régler les questions d’organisation et de clarifier toutes les questions sans stress avec tous les enfants et les jeunes, d’améliorer la cohésion de la classe et d’agir de manière positive sur l’atmosphère de la classe tout entière. . Nous avons l’occasion de découvrir nos élèves sous un autre jour et de nous montrer aussi sous un autre jour." ------------- . Voilà le concept d'apprentissage de la Démocratie depuis la 6ème, mais en fait, il commence à la maternelle où les enfants vivent les mêmes situations, à leur niveau. Mais la résolution des problèmes du groupe en commun y est tout autant pratiquée. . Ci-dessous, la réponse de mon frère, proviseur en Aquitaine: .
Ce texte est tout à fait conforme aux principes élémentaires de développement du sens civique et de la responsabilisation des jeunes collégiens qui font tant défaut. . Et qui sont pourtant vitaux pour former des hommes et des femmes véritables (et non pas seulement des techniciens, des ingénieurs, des ouvriers qualifiés, etc... - ce que d'ailleurs l'Education Nationale française n'arrive même pas à faire de façon satisfaisante (150 000 jeunes sortant du système scolaire sans diplôme chaque année, le diplôme restant un vrai sésame en France pour trouver un "emploi"). . Cette formation d'un individu en phase avec son époque, préparé à répondre aux questions économiques, mais aussi sociales, associatives et éthiques reste fondamentalement l'une des missions de la Nation. . Ce qui est appelé "conseil de classe" existe en France sous le libellé "Heure de Vie de Classe". . Ce concept essentiel pour la vie d'un établissement reste, sans une volonté locale, souvent à l'état de concept et "sert" uniquement une fois par trimestre à préparer le conseil de classe, moment de l'année où les professeurs, les parents et élèves délégués se réunissent pour faire le bilan qualitatif de la classe (ambiance, relations, participation) ainsi que le bilan quantitatif des résultats de chaque élève. . Cette "heure de vie de classe", censée se tenir hebdomadairement, se tient à nouveau le lendemain du conseil de classe pour le compte rendu des débats, puis elle est soumise au bon vouloir du professeur principal qui en a la responsabilité théorique. . C'est Ségolène Royal (!!!) qui a lancé cette idée en 1999 alors qu'elle était chargée de l'enseignement scolaire sous l'autorité du ministre Allègre (cf. la référence du Bulletin Officiel ) . Cette HVC a été rémunérée lors de son instauration sur la base de 20h annuelles (une année scolaire réelle comporte 36 semaines de présence d'élèves au collège), puis le ministère a décidé lors de la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école du 23 avril 2005 ( http://www.education.gouv.fr/bo/2005/18/MENX0400282L.htm ) que ces heures faisaient désormais partie du service des enseignants. . On se doute que la motivation des professeurs principaux à assurer régulièrement cette HVC a fondu littéralement après l'annonce de cette mesure unilatérale. . De nos jours, elle est assurée en fonction de la volonté du professeur et de l'incitation plus ou moins forte des personnels de direction à ce qu'elle soit effective... . Ici, au collège XXX, elle fait partie intégrante des services des professeurs principaux qui doivent l'assurer en collaboration avec la conseillère principale d'éducation et les personnels de direction de façon hebdomadaire. . Nous travaillons avec mon collègue à proposer des thèmes de travail qui puissent alimenter cette heure et la rendre définitivement indispensable!!!
Merci infiniment, Etoile66, pour le lien vers Les maternelles et les innovations technologiques. J'ai lu l'ensemble du fil avec attention.
Ce qui m'a frappé le plus, c'est effectivement le conditionnement dés le plus jeune âge à "se mettre dans le moule", à s'effacer soi-même pour intégrer un statut : je suis élève (je dois donc faire ce qu'on attend d'un élève) puis je suis salarié(e) (ou fonctionnaire, etc.) (donc je dois faire ce qu'on attend de moi en tant que salarié dans cette entreprise).
Ceci m'a rappelé une excellente chronique de Meryem Le Saget dans Entreprise & Carrières (hé oui, c'est ma littérature professionnelle, entres autres sources) qui disait en substance ceci : voilà, les vacances sont finies et chacun ressent alors ce spleen familier : il va falloir retourner travailler, enfiler à nouveau ce costume étriqué, à nouveau respecter les codes et les ordres, alors qu'on était tellement bien en vacances, libre d'être enfin soi même. Et c'est vrai : quel français n'a pas ressenti cette déprime de fin de vacances... voire même simplement de fin de week-end ? l'impression que de nouveau il va falloir se contraindre, se fondre dans le moule pour répondre aux exigences du monde du travail ?
Meryem Le Saget proposait dans le fil de sa chronique : pourquoi se travestir de la sorte ? pourquoi ne pas essayer d'être soi-même pour changer ? Nous y gagnerions en sérénité et en créativité également.
Personnellement, j'avoue connaître ces angoisses tous les dimanches. Mais, lorsque j'y réfléchis, j'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec cette angoisse. C'est une compagne familière qui est à mes côtés d'aussi loin que je me souvienne. Tous les dimanches soirs lorsque j'étais enfant, j'avais mal au ventre... faut dire que je vivais l'école comme un vrai calvaire à l'époque !
Je n'ai pas (encore) eu la chance de vivre de façon permanente à l'étranger. Aussi, lorsque je compare le tableau que vous dépeignez du système éducatif allemand par rapport au système français, c'est vrai que ça m'interpelle. L'école allemande, selon vos propos, apprend aux enfants à être eux-même et à réflechir par eux-même. Son objectif semble être de former des adultes citoyens autonome en capacité de comprendre et de faire leurs propres choix, ce qui est très différent de la logique de l'école à la française pour qui l'objectif principal est de transmettre des savoirs et l'apprentissage du "vivre ensemble" une sorte d'agréable incidence de mettre plein de personnes ensemble dans une même salle (oui je sais ! je pousse un peu loin la caricature ! ne m'en veuillez pas).
On ne s'étonne plus alors que l'émotionnel "abusif" parasite toutes les relations des adultes vu que le "vivre ensemble" et la résolution des conflits n'ont été intégrés que partiellement à l'éducation. Dans les situations conflictuelles, l'adulte se soumet au système en bon petit soldat, jusqu'à ce qu'il craque, "pète les plombs". A ce moment là, la parole sort des tripes de façon brutale, ni très juste, ni très adroite et sans considération pour le message lui-même ou pour son interlocuteur... qui, blessé, rétorquera sur le même mode.
C'est un peu comme si, à force de vouloir l'occulter, l'émotionnel revenait "parasiter" les relations et interactions entre adulte en force, dans les moments les plus inopportuns où justement le débat d'idées nécessiterait de garder la tête froide. Ce n'est pas sans rappeler certains principes de psychanalyse il me semble.
D'ailleurs (et j'ouvre une parenthèse) la France est, comme vous le rappelez, la plus grande consommatrice de psychotropes en Europe, certes. Mais je pense pour ma part qu'il faut en chercher l'explication notamment (en dehors du sujet des émotions mal gérées) 1°) dans la méfiance des français envers les domaines de la psychologie et de la psychanalyse, 2°) de leur amour immodéré pour les médicaments jugés sérieux - contrairement aux thérapies par parole qui sont pour bonnes femmes hystériques, c'est bien connu - 3°) ainsi qu'à la mauvaise formation des médecins généralistes en matière de dépression (un petit coup de déprime ? vite un médicament) et 4°)de l'offre proprement indigente du système de santé français en matière d'accès aux psychologues et psychotérapies. Essayez d'obtenir un rendez-vous dans un centre médico-psychologique (visite gratuite), vous en avez pour des MOIS d'attente ! (je ferme ma parenthèse)
En revanche, si je suis d'accord avec vous sur le fait que pour être appliquée de façon efficace, l'assertivité doit être apprise au plus jeune âge, je pense qu'il ne faut pas en oublier l'idée une fois adulte même si nous n'avons pas eu la chance de suivre cet apprentissage. D'abord parce qu'il n'y a pas de petites victoires : si, lors d'un échange, j'applique au moins une fois ces principes, alors c'est déjà une discussion constructive. Ensuite, parce que ce sont les adultes qui apprennent aux enfants. Et si ces adultes transmettent l'importance de l'assertivité même s'ils n'en maîtrisent que partiellement les principes, alors la mécanique sera au moins enclenchée et une prise de conscience sera faite.
Pour conclure, je dirais que si vous êtes déçue par le système scolaire français, jetez un coup d'oeil sur le système de la formation professionnelle pour les adultes... alors oui, je sais bien ! Pour quelqu'un qui considère que tout se joue à l'école, c'est bien trop tard. Moi, je suis plus optimiste et, pour l'avoir vu dans mon boulot, je crois qu'il n'y a pas d'âge pour s'y mettre. Comme le faisait remarquer un formateur de l'AFPA sur le fil des Maternelles : J'invite tous les enseignants à se pencher sur cette formation dont l'une des bases repose sur la pédagogie et l'évaluation des compétences, c'est à dire à l'opposé de ce qui est prôné dans l'Education nationale. (bégé) . Et ce monsieur a raison car ce système de formation est complètement différent de l'éducation nationale.
Un exemple : j'ai eu la chance de suivre une formation de formateur. Au cours de cette formation, on nous a appris à repérer les différents types de personnalités dont pouvait être composée une salle de cours, à gérer les personnalités problématiques, à mettre fin à un conflit entre personnes, à gérer les échanges et les discussions (qui sont toujours vu comme positifs et sources d'enrichissement à la différence de l'école ou les échanges sont souvent des pertes de temps sur le programme), à la façon de transmettre correctement un message etc. Peu de temps après, j'ai discuté avec un ami, bac +5 en géologie, qu'on avait bombardé récemment prof de bio remplaçant dans un collège. Il ne sortait pas de l'IUFM. Je lui ai demandé, un peu étonnée :
- on t'a expliqué comment constituer ton cours ?
- oui oui ! on m'a expliqué le programme.
- mais on t'as donné des cours de pédagogie ? on t'a expliqué comment gérer un salle de classe ? comment formuler correctement un message ?
- non, mais tu sais, c'est pas bien compliqué.
Formidable non ? Vous parliez de ces jeunes qui sortent sans qualification de l'école en France. Et c'est vrai qu'ils sont nombreux. Je ne sais pas si vous imaginez le travail que peuvent faire les formateurs de la formation professionnelle continue avec ces personnes. C'est tout un art car ils doivent leur apprendre quelque chose (une matière, un métier) alors qu'ils ont en face d'eux un public qui se sent dévalorisé, bête, et qui souvent ne veulent plus entendre parler de l'école (remarquez, ce que je dis ne concerne pas seulement que les jeunes sortis sans qualification. Cela concerne un nombre incroyable d'adultes). Devant un public qui s'angoisse à l'idée d'évaluation, de contrôle et d'apprentissage, les formateurs doivent recourir à des trésors d’inventions, de patience, d’écoute et de compréhension pour transmettre pas seulement un savoir, mais aussi une certaine autonomie à leur poste de travail, une certaine confiance en eux. C’est pour ça que la formation professionnelle est aussi importante dans l’entreprise : c’est un outil d’apprentissage autant qu’un moyen de valoriser la personne et de la rendre autonome et confiante en elle-même.
C’est pourquoi, pour moi, il n’est jamais trop tard pour apprendre ou pour se perfectionner dans n’importe quel domaine, même aussi complexe que les relations humaines et la gestion des émotions. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. (Désolée, j’ai été bien longue. Vos propos et vos commentaires sur vos liens m’ont décidément bien inspirés (^_^) )
Chère Cixi, c'est un vrai plaisir de vous lire ! . Merci de votre ouverture d'esprit et de votre témoignage personnel. Souvent je lis sur ce site que le partage d'expérience serait négatif. Il faudrait en rester aux vues de l'esprit pour que les "arguments" soient acceptables (un lieu d'échanges, de partages, d'enrichissement de réflexions ou de connaissances ou encore d'expériences (bien que là c'est un exercice redoutable) écrivait Alain sur le fil d'Art Monika. Etrange vision franco-française... qui refuse un élément important du partage et de la "compétence sociale", comme si les relations humaines étaient purement intellectuelles ! . Vous écrivez fort justement: . la résolution des conflits n'ont été intégrés que partiellement à l'éducation. Dans les situations conflictuelles, l'adulte se soumet au système en bon petit soldat, jusqu'à ce qu'il craque, "pète les plombs". A ce moment là, la parole sort des tripes de façon brutale, ni très juste, ni très adroite et sans considération pour le message lui-même ou pour son interlocuteur... qui, blessé, rétorquera sur le même mode. . La vous décrivez de manière excellente l'attitude française. La fameuse "Révolution" et toutes les "révoltes", "grèves", etc. proviennent exactement de cela. Le peuple accepte docilement - mais avec cette gêne au creux du ventre que vous décrivez si bien - ce que la monarchie républicaine lui impose. Il râle pour se soulager mais endure des choses INACCEPTABLES que dans d'autres pays, en Allemagne par exemple, jamais les citoyens n'accepteraient. Je suis souvent sidérée lorsque je le constate. Et quand la vapeur est trop forte, le tout explose... pour reconstruire ensuite sur les ruines. Car il faut bien le reconnaître, la "Révolution" a remis une autre caste au pouvoir qui se comporte exactement comme la monarchie, mais avec d'autres vocabulaires, jusqu'à aujourd'hui. D'ailleurs, avec ses 85% de cumul des mandats alors que tout le reste de l'Europe tourne autour de 10 à 16%, la France montre ce visage à qui veut bien le voir. . Un petit exemple issu de la bridage franco-allemande, racontée par un officier ami qui en est membre. Lors de manoeuvres communes, les Allemands et les Français se rendent à destination de leur exercice commun. Ils ont tous un papier indiquant le lieu, le programme, etc... Arrivés à destination, les Allemands descendent du bus, les uns après les autres, et se dirigent vers le bâtiment en question, ils savent tous ce qui est prévu. Ils sont appelés dans le pays: "Citoyens en uniforme" et ont connu l'Education dont je parlais sur ce fil. Les Français restent assis dans leur bus. Un Allemand, intrigué, demande pourquoi ils ne sortent pas avec eux. Réponse: "Ils attendent les ordres". Typique des deux comportements, issus de l'Education. . pourquoi se travestir de la sorte ? pourquoi ne pas essayer d'être soi-même pour changer ? Nous y gagnerions en sérénité et en créativité également. Personnellement, j'avoue connaître ces angoisses tous les dimanches. Mais, lorsque j'y réfléchis, j'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec cette angoisse. C'est une compagne familière qui est à mes côtés d'aussi loin que je me souvienne. Tous les dimanches soirs lorsque j'étais enfant, j'avais mal au ventre... faut dire que je vivais l'école comme un vrai calvaire à l'époque ! . Merci aussi de ce témoignage. Vous n'êtes pas la seule dans ce cas, vous êtes en compagnie de près de 60% à 87% des enfants français. Voir: Les enfants français n'aiment PAS l'école. Pourquoi ? Et pourtant on poursuit sur la lancée, sans aucune remise en question. . Son objectif semble être de former des adultes citoyens autonome en capacité de comprendre et de faire leurs propres choix, ce qui est très différent de la logique de l'école à la française pour qui l'objectif principal est de transmettre des savoirs et l'apprentissage du "vivre ensemble" une sorte d'agréable incidence de mettre plein de personnes ensemble dans une même salle (oui je sais ! je pousse un peu loin la caricature ! ne m'en veuillez pas). On ne s'étonne plus alors que l'émotionnel "abusif" parasite toutes les relations des adultes vu que le "vivre ensemble" et la résolution des conflits n'ont été intégrés que partiellement à l'éducation. . Absolument exact ! . D'ailleurs, il est intéressant de constater que toutes les offres d'emplois allemandes demandent une "compétence sociale" alors que du côté français cette demande est absente. Sans "compétence sociale", pas d'embauche. Il est aussi intéressant de constater que sur wikipedia, la partie "Soziale Kompetenz" est importante, tandis qu'elle est INEXISTANTE du côté français. Par contre, elle existe en anglais, espagnol, en japonais, russe, néerlandais, etc... Inconnu en France, sans "importance". . C'est ce qui amène à des fils comme celui d'Art Monika, fait de "blessures" et "sensibleries", un comportement totalement a-social qui mêle sentiments et sujets objectifs, enchevêtrant le tout dans une pelote emmêlée, impossible à démêler... Triste et compliqué, inutilement... La "compétence sociale" permet la cohésion sociale et évite cette gué-guerre de tranchées que l'on voit si souvent en France, où chaque "camp" se bat contre un autre... que de perte d'énergies inutile... . C'est un peu comme si, à force de vouloir l'occulter, l'émotionnel revenait "parasiter" les relations et interactions entre adulte en force, dans les moments les plus inopportuns où justement le débat d'idées nécessiterait de garder la tête froide. Ce n'est pas sans rappeler certains principes de psychanalyse il me semble. . Absolument exact. . Je rappelle ce que des députés français recommandaient, citation dans l'article "Il faut souligner que l'Allemagne, qui est le pays européen avec le plus faible niveau d'usage de psychotropes, est aussi celui où la psychothérapie est la plus utilisée. Une meilleure application des règles élémentaires d'hygiène de vie doit être considérée comme une véritable alternative thérapeutique à la prescription de psychotropes, notamment pour les plaintes concernant le sommeil en l'absence de trouble psychiatrique avéré. Dans cette perspective, il convient de promouvoir une information structurée du public sur la physiologie du sommeil et sur ces règles d'hygiène de vie". Ce n'est pas moi qui l'écrit, mais c'est pour moi une évidence. . D'ailleurs (et j'ouvre une parenthèse) la France est, comme vous le rappelez, la plus grande consommatrice de psychotropes en Europe, certes. Mais je pense pour ma part qu'il faut en chercher l'explication notamment (en dehors du sujet des émotions mal gérées) . 1°) dans la méfiance des français envers les domaines de la psychologie et de la psychanalyse (Ayant vécu trop longtemps à l'étranger, cela ne m'était pas si évident) . 2°) de leur amour immodéré pour les médicaments jugés sérieux (ce que j'ai constaté chaque fois que nous étions en vacances en France. Si nous allions chez le médecin, nous ressortions toujours avec un tas de médicaments, alors qu'en Allemagne, c'était l'inverse). . Je lis à l'instant sur La consommation d’antibiotiques : situation en France au regard des autres pays européens que "La consommation française en 2005, exprimée en doses journalières (ddd) pour 1000 personnes et par jour, est deux à trois fois supérieure à ce qu’elle était, dans les années 2002 et 2003, dans des pays comme l’Allemagne ou la Hollande.") Voici d'ailleurs le graphique qui parle tout seul (France en noir, Allemagne en rouge):
. contrairement aux thérapies par parole qui sont pour bonnes femmes hystériques, c'est bien connu (je ne connaissais pas cette expression) . 3°) ainsi qu'à la mauvaise formation des médecins généralistes en matière de dépression (un petit coup de déprime ? vite un médicament) et . 4°)de l'offre proprement indigente du système de santé français en matière d'accès aux psychologues et psychothérapies. Essayez d'obtenir un rendez-vous dans un centre médico-psychologique (visite gratuite), vous en avez pour des MOIS d'attente ! . Vous touchez là des points essentiels. . mais on t'as donné des cours de pédagogie ? on t'a expliqué comment gérer un salle de classe ? comment formuler correctement un message ? - non, mais tu sais, c'est pas bien compliqué. . Absolument exact. Mon frère, prof de maths, a vécu la même situation, on l'a envoyé après son CAPES, fin des années 80, de Bordeaux sa ville natale, dans un bahut du Blanc-Mesnil en région parisienne, alors qu'il venait juste de se marier, sa femme étant restée à Bordeaux. Système totalement aberrant. Le tout, sans AUCUNE préparation en termes de gestion des relations sociales au sein d'un groupe. . la formation professionnelle continue avec ces personnes. C'est tout un art car ils doivent leur apprendre quelque chose (une matière, un métier) alors qu'ils ont en face d'eux un public qui se sent dévalorisé, bête . Mais c'est justement parce que le système de l'Education Nationale qui mise tout sur l'intellect, a fait bien comprendre à tous ces jeunes enfants que "s'ils n'étaient PAS BONS, ils feraient technologique ou technique. . Alors que juste derrière la frontière, le travail manuel est hautement considéré. Les manuels gagnent souvent bien plus qu'un cadre français qui ne sait rien faire de ses dix doigts. Un dicton dit même: "Handwerk hat goldenen Boden", ce qui se dit en anglais "He that has an art has everywhere a part". ou bien "A trade in hand finds gold in every land.", la traduction française n'est pas terrible... . Cela concerne un nombre incroyable d'adultes. Devant un public qui s'angoisse à l'idée d'évaluation, de contrôle et d'apprentissage, les formateurs doivent recourir à des trésors d’inventions, de patience, d’écoute et de compréhension pour transmettre pas seulement un savoir, mais aussi une certaine autonomie à leur poste de travail, une certaine confiance en eux. C’est pour ça que la formation professionnelle est aussi importante dans l’entreprise : c’est un outil d’apprentissage autant qu’un moyen de valoriser la personne et de la rendre autonome et confiante en elle-même. . Absolument d'accord avec vous. Mais ces gens ont toujours entendu pendant leur parcours scolaires qu'ils étaient "nuls" qu'ils ne pouvaient se mesurer à "l'élite de la Nation", celle qui fait les "Grandes Ecoles", ça aussi, une tare française. Les contribuables paient TROIS fois plus pour financer ces écoles qui ne "servent" que les classes supérieures - les chiffres sont clairs - que pour l'Université ou la formation professionnelle. Une injustice criante qui n'est pas dénoncée, car immédiatement étouffée dans l'oeuf par ceux qui sont au pouvoir et qui en sont issus. . C’est pourquoi, pour moi, il n’est jamais trop tard pour apprendre ou pour se perfectionner dans n’importe quel domaine, même aussi complexe que les relations humaines et la gestion des émotions. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. . D'accord avec vous. Je suis aussi une indécrottable optimiste et adore les être humains, chaque être humain est un univers, un cosmos, dommage que tant d'enfants soient déjà "brisés" par l'Ecole avant d'avoir commencé à vivre... . C'est sûr, il n'est jamais trop tard pour bien faire, mais ce serait plus simple pour toute la société si tout cela commençait dès la maternelle...
1/ La france est plus productive que les USA, le Japon et l'allemagne...malgré les grèves. 2/ Enfouir ses sentiments amène aux psychothropes, pas l'inverse. 3/ Il ne vous est nul besoin de faire de nécessité vertu.
Gardez donc vos certitudes faites de lavage de cerveau par le gouvernement français, malgré l'évidence des chiffres... Si la situation vous plaît, aucun problème. Fait est que la France est le pays d'Europe qui consomme le plus de psychotropes et d'antibiotiques. Ne pas se poser la question du pourquoi c'est comme se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir les réalités. Libre à vous...
Un médecin vient de publier un article dans Marianne intitulé: "La sur-consommation de médicaments, un mal français" qui confirme ce que dit cet article. En voici quelques extraits:
"Médecin expérimenté, Elie Arié revient sur la surconsommation médicale en France, qui a peut-être joué un rôle dans l'affaire du Mediator.
La France est le plus gros consommateur de médicaments de l’ Union Européenne, par rapport au nombre de ses habitants, et le plus gros consommateur du monde avec les Etats-Unis; cela est vrai pour à peu près toutes les catégories de médicaments, et pas seulement pour les antidépresseurs et les antibiotiques, qui sont habituellement cités.
Elle n’est évidemment pas, pour autant, le pays où l’on est le mieux soigné, mais celui où les accidents provoqués par les médicaments sont les plus nombreux; car cette approche biaisée de la médecine nous coûte cher...
- le plus fort taux de résistance aux antibiotiques du monde ; par exemple, aucun antibiotique n’agit - malheureusement - sur aucun virus, ce qui n’empêche pas qu’ils soient prescrits dans la majorité des grippes, alors qu’ils ne sont justifiés qu’en cas de surinfection par une bactérie, et il en est de même pour les angines, dont 80 % sont d'origine virale...
3- nous sommes un des rares pays développés ou la formation des médecins en pharmacologie soit à ce point négligée, et où leur formation post - universitaire soit à ce point exclusivement dépendante de l’industrie pharmaceutique.
Aux Pays Bas, 47% des consultations médicales se terminent par une prescription médicamenteuse, contre 95% en France.
Un malade qui sort du cabinet d'un médecin sans ordonnance se sent frustré et va en voir un autre: la responsabilité de notre surconsommation médicamenteuse n'est pas que médicale, et il n'est pas facile de lutter contre un phénomène culturel auquel participe l'ensemble de la société.
Le succès, sans égal dans le monde, de l’homéopathie en France ne s’explique que par le besoin de se faire quand même prescrire un médicament dans les cas où il n’en existe aucun qui pourrait amener une guérison plus complète et plus rapide que la simple évolution spontanée."
Cela me rappelle une parente venue nous voir en Allemagne où l'on prescrit très peu de médicaments. Elle avait amené toute sa panoplie. Un médicament contre la douleur (de dos, alors qu'elle aurait dû faire de la natation) vint à lui manquer. Comme elle ne parlait pas allemand, je suis allée avec elle chez un médecin avec la boîte vide de médicament. Quand il a lu sa composition, il m'a répondu: "Nous ne prescrivons pas un tel médicament, la dose est beaucoup trop forte pour une personne de ce poids et de cette taille, c'est criminel.".
Et voilà, elle en prenait sans réfléchir, son médecin le lui avait prescrit sans aucune formation...
J'interviens un peu tard dans ce long débat, simplement pour dire qu'il n'y a de séparation possible (bien qu'il y ait des degré dans le mélange, voir le discours du FN) entre faits et sentiments.
Les faits sont utilisés - et sélectionnés - pour une soutenir une conviction, formée le plus souvent a-priori.
L'exemple d'Etoile 66 - dont j'estime le sérieux de l'agumentation et la richesse documentaire - montre bien cette conviction sous-jacente par son déni, maintes fois souligné - d'être un plaidoyer uniquement à charge des moeurs françaises.
Il y a longtemps j'ai tenté de lui faire comprendre cette image qu'elle donnait d'elle-même par la forme de son discours: en vain, et pour cause: nous somme en désaccord sur le fait - que je soutiens - que la raison n'a pas prise sur les sentiments.
La discussion ne peut que s'arrêter là, ce que j'ai fait.
Pour en revenir sur le fond, il se trouve que j'ai passé 37 ans aux Pays-Bas, 18 ans en divers pays d'Afrique, 2 ans en Allemagne, et je vis maintenant en Belgique flamande.
Je pourrais faire des comparaisons factuelles entre les avantages et inconvénients (raison) des pays dans lesquels j'ai vécu, mais cela ne changerait rien au sentiments qui font que je me suis plu ou non dans tel ou tel pays: cela relève de l'affectif.
Encore 2 commentaires:
- les Pays-Bas que j'ai connu en 70 ne sont plus les mêmes que les Pays-Bas du 21ème siècle: l'Europe et les moyens de communications sont passés par là, et malgré la nostalgie du bon vieux temps (en fait du temps de sa jeunesse) il n'y aura pas de retour en arrière.
- Cependant on ne fera jamais d'un Grec un Norvégien, et c'est l'affectif qui vous fera vous sentir chez vous chez l'un ou chez l'autre, pas la raison.
Je terminerai en (re) citant J. Salomé:
En matière de communication la vérité a peu de valeur, seul le vécu à force de référence.
Je suis toujours étooné par ces généralisations : "Les Français sont ceci, les Allemands sont cela."
Il existe de Allemands que dominent leurs passion, et des Français qui dominent les leurs.
Ben oui, Joëlmartin, ce qui m'ennuie c'est le côté modèle, exemple à suivre. Je ne vois pas comment on pourrait faire d'un italien un anglais etc, etc.....
Il n'y a pas de recette exportable en kit. Les peuples avancent avec leurs singularités. C'est bien les singularités, c'est un bouclier nécessaire contre l'uniformisation. Il n'y a rien à gagner au tout pareil. Le modèle c'est ce que l'on suit, ce n'est pas ce que l'on est. On l'enfile et ça nous va plus ou moins bien, c'est plus ou moins confortable. C'est pas tout à fait notre taille. Et on est prié de s'y faire, parce que c'est le seul costume qu'on trouve. Ou bien ça voudrait dire qu'on peut, qu'on doit, être immuable.
Ce qui est riche et qui nous pousse à nous remettre en question, à évoluer, c'est la curiosité, pas la sécurité.