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Des parents d'élèves en lutte pour obtenir une éducation de qualité pour leurs enfants

Vendredi 21 septembre, un matin pas comme les autres à l’école « blanche » place Jeanne d’Arc dans le 13ème arrondissement. En lieu et place des aux-revoir plus ou moins joyeux des enfants se tiennent des discussions d’adultes bien sérieuses. L’école est occupée… par les parents. Les enfants iront plus tard en classe. L’école a perdu 6 heures de « RASED » (réseau d’aides aux élèves en difficultés) sur les 15 heures dont bénéficiaient l’établissement  l’an passé. Les parents expliquent les raisons de l’occupation dans la vidéo ci-dessus.

Les RASED sont des enseignants spécialisées travaillant sur plusieurs classes et qui interviennent pour aider les enfants en grandes difficultés. Cet accompagnement personnalisé permet à des élèves en échec scolaire grave (difficulté de lecture, d’écriture…) de rattraper leurs retards et ainsi de suivre un parcours scolaire classique. Loin d’être isolée, la suppression des RASED est une tendance lourde depuis plusieurs années. Les 2 500 postes supprimés sur 14 000 (18%) de cette rentrée 2012 viennent s’ajouter aux 2 500 emplois RASED effacés entre 2008 et 2011. S’il faut se féliciter de la fin de la suppression des postes dans l’éducation nationale depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, la suppression des RASED est symptomatique d’un manque d’ambitions pour l’éducation nationale.

 Philippe, RASED de l’école Jeanne d’Arc, nous explique que l’école est un lieu qui a son propre langage. Certains enfants le comprennent tout de suite, d’autres plus lentement et certains, pour des raisons diverses y sont hermétiques. Son travail consiste alors, par des méthodes alternatives (jeux, activités de groupe, soutien personnalisé…) à apprendre le langage de l’école aux enfants en difficultés. Certains enfants sont accompagnés pendant quelques semaines, d’autres pendant plusieurs années. Il raconte également que sa présence auprès de ces élèves en difficultés et donc souvent en souffrance permet de désamorcer un certain nombre de conflits entre l’élève et ses camarades de classes ou l’enseignant. Il est en effet impossible pour l’enseignant d’une classe de 25 élèves d’apporter l’attention nécessaire à ces élèves.

 La suppression des RASED n’a rien d’anodin ; elle questionne les objectifs-mêmes de l’école républicaine. Est-elle un simple lieu de tri entre des élèves connaissant le langage scolaire ou un lieu d’intégration, de partage et d’accompagnement ? Est elle un lieu d’évaluation permanente des compétences ou un lieu de solidarité et de confrontation à l’altérité ?

 Par leur action, les parents d’élèves de l’école Jeanne d’Arc nous rappellent que loin d’être un simple arbitrage budgétaire, la suppression des RASED est une hypothèque sur l’avenir, un choix de société… il serait bon que d’autres s’en rendent compte.

Gary (vidéo) et Hugo, militants du Parti de Gauche

 

Tous les commentaires

26/09/2012, 18:17 | Par Annie Lasorne

Erased les RASED ! Criant

26/09/2012, 20:47 | Par zane

Au moins dans cette école, les parents se mobilisent !

Ce n'est souvent pas le cas et c'est bien dommage, parce qu'ils sont plus entendus que les enseignants...

On sait bien ce qui se trame et l'une des participantes le dit très bien, la casse de l'école publique.

Comme pour tout le reste, et tout prend la même direction, il faudrait être capable de refuser ces aberrations en bloc, tous ensemble, résolument et obstinément.

27/09/2012, 13:46 | Par profil_inactif_28112

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27/09/2012, 13:48 | Par Gilbert Pouillart

L'Ecole primaire se doit d'accueillir tous les enfants de 6 à 11 ans , parce qu'il s'agit d'un milieu social particulier, permettant d'acquérir, non seulement un langage commun (comme le signale un intervenant), mais des habitudes de vie ensemble à construire et moduler pendant les cinq années de scolarité primaire. La prise de conscience des règles particulières de cette vie ensemble, explicites ou non-dites ; la conscience, aussi, des différences avec le milieu familial et l'espace public ouvert, sont indispensables . Les enfants ressentent, puis observent, puis prennent leur part, de plus en plus personnelle à ces différents milieux de vie humaine. C'est cela, plus que des discours, des cours ou des livres, la première formation citoyenne.

L'autre mission de l'Ecole primaire : acquérir une compétence de base dans le maniement des outils quotidiens de la vie sociale : langage d'abord, puis modes de pensée courants : calculs, stratégies, discussions, négociations, analyse critériée, démarches d'évaluation. C'est exprès que je n'emploie pas les termes "disciplinaires" habituels : les savoirs découlent des activités, non l'inverse.

J'espère que cette modeste conribution pourra être utlie...

27/09/2012, 13:50 | Par Gilbert Pouillart

L'Ecole primaire se doit d'accueillir tous les enfants de 6 à 11 ans , parce qu'il s'agit d'un milieu social particulier, permettant d'acquérir, non seulement un langage commun (comme le signale un intervenant), mais des habitudes de vie ensemble à construire et moduler pendant les cinq années de scolarité primaire. La prise de conscience des règles particulières de cette vie ensemble, explicites ou non-dites ; la conscience, aussi, des différences avec le milieu familial et l'espace public ouvert, sont indispensables . Les enfants ressentent, puis observent, puis prennent leur part, de plus en plus personnelle à ces différents milieux de vie humaine. C'est cela, plus que des discours, des cours ou des livres, la première formation citoyenne.

L'autre mission de l'Ecole primaire : acquérir une compétence de base dans le maniement des outils quotidiens de la vie sociale : langage d'abord, puis modes de pensée courants : calculs, stratégies, discussions, négociations, analyse critériée, démarches d'évaluation. C'est exprès que je n'emploie pas les termes "disciplinaires" habituels : les savoirs découlent des activités, non l'inverse.

J'espère que cette modeste contribution pourra être utile...

30/09/2012, 14:02 | Par Serge ULESKI

Faut-il ici énumérer les politiques sociales, culturelles et économiques qui ont pu conduire en trente ans et plus, des pans entiers de la population française marginalisés à rejeter l'école, les savoirs et la Culture : celles des livres, des auteurs, des sciences, des langues ?...

 

Des dizaines de milliers d'ados ou pré-adultes quittent l'Education Nationale chaque année sans maîtriser l'écrit ou la lecture ; 50% des étudiants inscrits à la Fac abandonnent leurs études dès la fin de leur première année.

 

D'aucuns seraient tentés de croire que l'Education Nationale est principalement occupée à gérer un échec de masse, sans oublier la gestion des carrières des pédophiles qu'il faut muter de temps à autre, ici et là, quand vraiment, ça sent le roussi parce que la presse locale, alertée par des parents dégoûtés et en colère, s'en mêle...

 

Occupée aussi cette institution à préparer les nouveaux outils et les méthodes pédagogiques qui, nul doute, plomberont l'avenir des gosses des classes populaires - et plus particulièrement ceux de l'immigration -, au grand désespoir de leurs parents, impuissants face à cette montagne qu'est devenue l'accès à une réussite scolaire digne de ce nom...

 

Et si l'on en croit les témoignages : institution dont la vocation consiste aussi à broyer les enseignants qui tenteraient de se révolter...

 

Et n'oublions pas leurs représentants syndicaux (1), bedonnants (même les femmes !), à force de déjeuners bien arrosés, avant d'aller négocier sur le dos des gosses... qui... une heure en plus, qui... une heure en moins, qui... une augmentation... enfin bref, tout ce que vous voudrez, sauf  les conditions d'une prochaine réussite scolaire des classes populaires.

 

Il est vrai que l'on nomme depuis quarante ans des ministres de l'Education de gauche comme de droite qui confient leurs enfants aux meilleurs lycées, et aussi et surtout, aux écoles privées (2), tellement la confiance y règne et les résultats y sont encourageants... dans ces établissements publics...

 

Quant aux enseignants : aussi préparés à affronter une réalité sociale dont aucun mur ne pourra les protéger que leurs élèves le sont à recevoir un enseignement qui les ignore puisqu'ils ne sont pas supposés s'y épanouir ou y triompher dans et avec cet enseignement...

 

D'autres enseignants et d'autres établissements y pourvoient, ailleurs.

 

Voyez donc ! Seulement 12% de la population possèdent un diplôme d'enseignement supérieur (un des taux les plus faibles des pays occidentaux, sinon... le plus faible).

 

La caste des diplômés n'a pas de souci à se faire et les enseignants non plus puisque ce sont majoritairement leurs chers progénitures qui obtiennent ces diplômes ; enseignants qui, à propos de leurs élèves, n'hésitent pas à nous parler d'enfants coupables de tous les maux - racisme anti-français et antisémitisme -, et d'ados porteurs de tous les germes de la délinquance et du crime…

 

Comment peut-on faire preuve d'un tel manque de discernement, alors qu'à l'endroit de leurs propres enfants, ces mêmes enseignants sont capables de toutes les mansuétudes, de toutes les complaisances, voire de toutes les lâchetés ?

 

Faudra-t-il un jour parler de la haine des profs face à leurs élèves auprès desquels ils auront épuisé toute capacité de pardon et de compréhension, en vertu d'une nouvelle loi (peut-être pas si nouvelle que ça !) selon laquelle : quiconque empêche un enseignant de faire son métier n'aura qu'un devoir et qu'un droit : s'effacer et disparaître.

 

Confrontées à un environnement difficile, souvent violent, les enseignants auraient-ils sombré, à l'instar de leurs élèves, dans le fatalisme, le désintérêt, le mépris, le défaitisme et la colère ? Mais à une différence près - et elle est de taille -, car, si ces enseignants sont face à des enfants ou des ados parfois totalement démotivés, en revanche, leurs élèves ont bien pour référents des adultes éduqués et instruits, des adultes capables de discernement et de sang froid, quand bien même ils l'auraient oublié depuis qu'à Noël, ils se font offrir, tous ces adultes enseignants ou pas, les mêmes cadeaux que leurs progénitures, à savoir : ordinateurs et jeux vidéo.

 

***

 

Aujourd'hui, il y a urgence : ce sont les causes qu'il faut aller chercher, exposer et attaquer ; et une fois qu'on les a saisies, la mâchoire serrée, tel un chien, ne pas les lâcher !

___________

 

1 - " ...vaste mouvement de grève pour dénoncer la CASSE ORGANISEE des conditions d'enseignement... " C’était en février 2012 - le public et le privé défilent bras dessus, bras dessous…

Cette casse n'aurait jamais eu lieu sans le concours, le soutien, le développement  et l'accompagnement du secteur privé trop content d'y participer ; secteur privé qui, si l’on en croit les informations recueillies auprès des parents, profite d’une demande bien supérieure à l'offre pour pratiquer au lycée, la sélection à l'entrée et le renvoi, même après des années de scolarité dans leurs établissements,  vers le secteur public et ses filières BAC PRO -, de nombre de lycéens, et ce afin de préserver un taux record de réussite au BAC général, S et L.

Que penser alors de cette union du public avec le privé… de cette Gauche qui s’en va coucher avec la Droite ?

De cette Gauche-là, celle de l’Education nationale, Gauche de toutes les trahisons au nom d'un Grand Soir toujours remis à plus tard, il n’y a décidément plus rien à sauver.

 

2 - Enseignement privé subventionné à la hauteur de 500 milliards depuis 50 ans, complice d’une politique de l’abandon d’un enseignement public performant pour tous ; politique dont les syndicats de l’enseignement public (minoritaires de surcroît chez les enseignants !) peuvent être tenus responsables car, faute de pouvoir réformer ce système d'enseignement, l’Etat depuis trente ans a dû se résigner à financer un secteur privé destiné à offrir à des millions de familles écoeurées une porte de sortie hors d’un système qui n’a, excepté pour les enfants des profs, qu’échec et relégation à proposer aux classes populaires qui représentent 60% des effectifs ; système figé, irresponsable et obscène car idéologisé jusqu’à l’absurde et le sacrifice de l'avenir de millions d’enfants, toujours les mêmes, génération après génération.

30/09/2012, 13:54 | Par hêtre

Le péril rom n'existe pas

30 septembre 2012 Par hêtre

30/09/2012, 14:23 | Par LMP

La suppression des RASED est une calamité pour les enfants et les enseignants travaillant dans les quartiers populaires (évidemment ça ne dérange en rien le bourgeois qui peut financer-grâce au crédit d'impôt- des cours de soutien à son gamin). Mais le pire des années sarkozy ce fut le bourrage des classes (dans certains endroits c'était sans doute nécessaire, je pense aux RPI en milieu rural), mais dans les grandes villes ce fut une véritable cata, car on n'a pas tenu compte de la surface des classes ni du nombre d'enseignants par école. Ainsi dans l'école maternelle où j'enseigne on est passé de 24 enfants à 30 par classe, alors que les classes sont petites (même si la cour est grande) et que les enfants à cet âge ont besoin d'espace. D'où l'augmentation inévitable des "conflits" car on se marche sur les pieds, on se heurte contre le mobilier, bref le "vivre ensemble" devient une véritable gageure, et tout le monde en pâtit. Et en cas d'absence et de non remplacement d'un prof, ça devient juste inténable ! Ca serait un progrès si l'administration qui établit la répartition des inscriptions/la carte scolaire tienne aussi compte de ce critère, car on a l'impression qu'à part une gestion purment comptable rien n'est fait pour que les enfants apprécient l'école, malgré la bonne volonté des profs. Faute aux parents, qui se mobilisent moins dans ces quartiers que dans les centres-villes bourgeois ? Car les "doléances" des enseignants ne sont nullement écoutées !

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