
Thématiques du blog
accords compétitivité-emploi : la hiérarchie de l'énorme.
L’idée des "accords de compétitivité-emploi » de Sarkozy est que les salaires et la durée du travail soient fixés entreprise par entreprise après négociation.
Les décisions prises de cette façon auraient une valeur supérieure à la loi et au code du travail. Nicolas Sarkozy ouvre ainsi un nouvel âge de la République qui devient en quelque sorte une République contractuelle.
Il s’agit d’un recul généralisé des acquis sociaux.
En effet,aujourd'hui, le Code du travail définit les modalités nationales « minimales » et les Conventions collectives, issues de négociations par branche d'améliorer les dispositions.
Code du travail et conventions collectives permettent aux salariés d'être protégés collectivement contre toute atteinte du patronat. C'est ce schéma, inséré dans la hiérarchie des normes, qui protège l'individu.
La hiérarchie des normes est au cœur l'Etat de droit, de ce qui fonde notre République, où tout un chacun, de l'individu à la puissance publique est soumis au droit qu'il s'est donné.
La hiérarchie des normes vise « à ce que toute règle de niveau inférieur trouve un fondement dans une règle supérieure, qu’elle applique et qu’elle doit respecter, sans quoi elle serait irrégulière". Les différents niveaux de normes forment une pyramide au sein de laquelle chacune a une place précise, sous contrôle d'un rang supérieur.
Or, avec le projet « d’accords compétitivité-emploi » on s'écarte du schéma pyramidal où l'action est encadrée par les normes de rang supérieur : le patronat va de fait décider seul dans son entreprise sur les conditions de travail, selon son bon vouloir et sans contrôle.
Avec cette mesure, en effet, on en revient au principe du contrat où le salarié n’est plus protégé par la loi.
Car d'évidence - et la précipitation avec laquelle le Medef et le gouvernement en place veulent « négocier » avant l'échéance présidentielle l'illustre parfaitement -, d'entreprise en entreprise, les travailleurs n’auront pas la capacité de résister aux menaces et injonctions du patronat qui ne manquera pas d’exiger l’augmentation du temps de travail ou la baisse des salaires en activant à chaque fois leur principal bras de levier que constitue l’odieux chantage à l’emploi.
C’est un recul dont le citoyen doit prendre conscience. Il serait intéressant que le « quatrième pouvoir », la presse, accorde du temps à ses talents pour que soit analysée la portée de ce que cet essai nouveau de mise à mal de nos droits et la répercussion « automatique » sur la vie quotidienne des gens. Que d'autres se taisent est déjà insupportable.
L’Europe fait des dégâts.
Cette proposition s’inscrit en effet parfaitement dans la stratégie mise en œuvre par l’Europe.
Depuis plusieurs mois, Bruxelles place ouvertement la baisse des salaires au cœur de la politique économique imposée aux pays européens : les plans d’austérité imposés par la troïka (Commission européenne, BCE, FMI) à la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, la Roumanie ou la Belgique dernièrement, le montrent durement.
Pour Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy, le modèle à suivre est le modèle allemand (que pourtant le journal gauchiste Le Figaro qualifie « d'imparfait »...) et ses lois Hartz qui ont placé les travailleurs allemands dans la misère et le précariat. C'est bien là le rêve de la droite et du Medef.
Nul doute que les porte-voix du vote utile pour la présidentielle savent que François Hollande lui-aussi défend régulièrement cette position : que la loi ne l’emporte plus sur le contrat. Lui aussi s'affranchit de la hiérarchie des normes, et pour ce cas, institutionnalisera le chantage patronal en le gravant dans le marbre.
Alors, acte de collaboration active ou acte de résistance pour nos syndicats ouvriers, convoqués le 17 février sur un claquement de doigts ?
°°°
d'après http://simplyleft.wordpress.com/2012/02/05/regression-sociale-en-france-regression-democratique-en-europe/
http://www.le-politiste.com/2009/10/la-hierarchie-des-normes.html
http://www.npa2009.org/content/accords-emplois-comp%C3%A9titivit%C3%A9-une-attaque-sans-pr%C3%A9c%C3%A9dent
http://www.usinenouvelle.com/article/competitivite-laurence-parisot-veut-lancer-les-negociations-cette-semaine.N167652

La hierarchie des normes



Les 2 commentaires les plus recommandés
C'est vrai tout ça.
Mais faudrait se souvenir que dans la pyramide du Droit, le Droit européen prime sur le Droit national. C'est bien pour ça qu'il fallait refuser le TCE rebaptisé Traité de Lisbonne !
On n'a plus le "droit au travail"...on a juste " le droit de travailler" ( et de fermer sa gueule)
Merci qui ? Merci le PS qui a baissé son froc à Versailles en 2008 !
j'imagine très bien un "accord" dans l'entreprise, les yeux dans les yeux entre celui qui détient l'outil de travail et celui qui le produit,
entre le patron et les représentants des salariés, dans un rapport de force si distendu qu'il conduira au pire...
un massacre.
léon
Tous les commentaires
j'imagine très bien un "accord" dans l'entreprise, les yeux dans les yeux entre celui qui détient l'outil de travail et celui qui le produit,
entre le patron et les représentants des salariés, dans un rapport de force si distendu qu'il conduira au pire...
un massacre.
léon
c'est effectivement intenable, la CGT et FO s'y opposent... reste les autres...
Bon qu'on se débarrasse au plus vite de cette clique, tout va être a reconstruire, la seule certitude, c'est que le combat contre la pieuvre n'est pas fini et ne se terminera pas le 6 mai.
C'est vrai tout ça.
Mais faudrait se souvenir que dans la pyramide du Droit, le Droit européen prime sur le Droit national. C'est bien pour ça qu'il fallait refuser le TCE rebaptisé Traité de Lisbonne !
On n'a plus le "droit au travail"...on a juste " le droit de travailler" ( et de fermer sa gueule)
Merci qui ? Merci le PS qui a baissé son froc à Versailles en 2008 !
C’est un recul dont le citoyen doit prendre conscience. Il serait intéressant que le « quatrième pouvoir », la presse, accorde du temps à ses talents pour que soit analysée la portée de ce que cet essai nouveau de mise à mal de nos droits et la répercussion « automatique » sur la vie quotidienne des gens. Que d'autres se taisent est déjà insupportable.
Alors qu'est-ce qu'on fait, nous ? C'est à nous de nous faire entendre. Nous faire entendre de la presse, des leaders syndicaux, mais surtout de tous les candidats à la présidentielle, de tous ceux qui briguent des sièges aux législatives.
A nous d'informer tous nos concitoyens, à nous de dire que nous ne laisserons pas faire cette casse du droit du travail. A nous de menacer d'une grève générale. A nous de prendre le pouvoir !
En sommes nous capable ?
T'as le répondeur de Mermet, Annie !
Il va bien consacrer une émission au répondeur si on s'y met !
Non,bien malheureusement,car le Francais Lambda,Flasque et Mou,comme couvert d'une Gelatine Emolliente,regarde passer le Train de la Grande Regression avec une Impavidite Ecoeurante!! Avec mon Vecu,je n'y crois plus,Desole,On est Mur!!!
ma parole, il les rend maboules, les filles, le Mermet !!!
je vais aller lui casser la gueule, car dans la hierarchie des normes, Léon passe avant lui !!!
Léon
Bon, c'est fini, là ! Je suis sortie de chez moi, je suis en visite chez Fatarella. Je cause politique, sérieusement. Y'a pas que la rigolade, dans la vie (malheureusement)...
Netmamou, t'va voir à la récrée !
Léon, l'autoritarisme, c'est aussi rédhibitoire...
Annie , Annie !
C'est t'vas voir ta gueule à la récré !
Bon promis, j'en cause plus de Mermet ( gogol, t'es là?) parce que sinon, not' Léon, il va nous faite une fracture du myocarde !
et pas que ça,
je suis fragile de partout, surtout quand je sais qu' Annie est toujours amoureuse sous son bonnet en acier zingué!!!
léon
Oui les filles on arrête avec Mermet, ça chagrine Léon qui a juste besoin qu'on lui dise qu'on l'admire parce que c'est lui le voyou de notre coeur, et puis moi , j'ai pas les moyens de lui payer sa "facture du myocarde"!
Aux racines de cette ineptie, il y a un dogme reliant le taux de chômage à la rémunération salariale : C'est la théorie des Insiders/Outsiders. Je vous la présente dans un de mes deux prochains billets.
.
Bonne journée Fatarella.
chouette et merci, samines !
Que chaque salarié réclame 1700 euros mini et plus en fonction des ses compétences, sinon chacun colle une baffe au patron-truant.
Si le patron a 100 salariés, à la fin, le patron est amoché.... Immaginons le cas avec de 1000 salariés.....
http://perdre-la-raison.blogspot.com/2012/02/sarkozy-pris-en-flagrant-delit-de.html
vrai, Amel, j'ai entendu ça à la radio...
L
Merci pour ce tableau très instructif, Amel Belhadj
Une telle Loi serait vraisemblablement anti-constitutionnelle et anti-conventionnelle pour le moins. Et puis, ne partez pas toujours perdant. il y a encore en france des salariés quis se défendent. Ce n'est pas aussi simple de foutre en l'air la jurisprudence des 20 dernières années. Je le vois avec la Loi CENSI, qui dit clairement que l'établissement privé dans lequel je travaille n'est pas mon employeur, que c'est l'Etat, et malgrè tout nous avons ouvert une brèche dans cette Loi sur des principes constitutionnels.....
N'êtes-vous pas au courant que le gouvernement est en train de passer en force avant la négociation du 17 février ?
Le 31 janvier, l'Assemblée Nationale a voté un amendement à la proposition de loi concernant la simplification du droit.
Cet amendement précise que la mise en place d'une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l'année prévue par un accord collectif ne constitue pas une modification du contrat de travail.
A partir de là, tout devient possible...
Cet amendement a été voté tard dans la nuit, et très peu de personnes en parlent, probablement qu'un certain nombre d'entre elles ne sont pas au courant. La proposition est maintenant au Sénat où elle est examinée en commission, mais c'est une loi qui est déjà bien avancée : cet amendement qui tient en deux lignes est caché au milieu. Espérons que les sénateurs feront leur travail.
Pour le trouver, aller sur le site de l'Assemblée Nationale
Texte adopté n°836 le 31 janvier 2012 : proposition de loi relative à la simplification du droit et à l'allégement des démarches administratives.
Dans l'article 40, art L. 3122-6
C'est vrai que cela laisse une ouverture assez grande...
Dans les grandes entreprises, il y a encore des syndicats. Dans les petites ou très petites entreprises, les patrons sont nuls en droit et pensent qu'ils peuvent faire la Loi comme ils veulent. Cela sera difficile à mettre en oeuvre. C'est vrai que c'est assez gonflé....