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Entre ici Jean-Claude Trichet avec ton cortège d'ombres...

 

En exclusivité, le premier brouillon du « Discours du transfert de Jean-Claude Trichet de la BCE à sa maison de retraite en novembre 2011 ».

 

 

 

Premier jet du brouillon du

Discours du transfert de Jean-Claude Trichet

de la BCE

à sa maison de retraite

en novembre 2011

 



« Monsieur le Directeur de la Maison de retraite,

Voilà donc plus d'un demi siècle que Jean-Claude Trichet partit en économie par des temps indifférents donc semblables à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de la finance et devenir le chef d'un peuple qui ne souffrirait pas. Dans vingt ans, sans cette cérémonie, combien d'enfants de France sauraient encore son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être clac-muré dans une de vos chambres.

Puisse cette commémoration s'achever aujourd'hui par la résurrection du peuple d'ombres des démunis que cet homme ignora.

Après trente ans déjà son action était devenue un monde de limbes où la légende se mêlait à l'organisation. Chacun de nous ici connaissait l'homme qui avait organisé, de Giscard en Balladur, une carrière pour le bien des aisés. Aujourd'hui 2011, l'heure est au repos.

 

Entre ici, Jean-Claude Trichet, dans la chambre 824.

Né le 20 décembre 1942, tu seras allé jusqu'au bout pour avoir toutes ses annuités, après avoir approuvé la réforme des retraites.

 

Venant du Lycée Condorcet, Ecole des Mines, ENA avec Jean-Louis Bianco et Jean-Paul Huchon ici présents, ainsi qu'avec Monsieur le Ministre de l'Intérieur Claude Guéant qui assure l'ordre, futur Commandeur ou Grand Officier des Ordres Nationaux du Mérite argentin, autrichien, belge, brésilien, équatorien, ivoirien et yougoslave, Jean-Claude Trichet devint vite incontournable.

 

Guerrier d'un capitalisme conquérant, comment allait -il organiser ses capacités pour en faire un combat ? Voilà qui ne le tracassa pas.

On savait partout ce que Jean-Claude Trichet pensait de l'économie au moment où il devint directeur du Trésor puis gouverneur de la Banque de France. Alors, pour le parfaire, il fut parachuté à la BCE, cet antre zélé, désordre et mirage dédié à l'économie, une banque où les banquiers n'existaient pas encore. Jean-Claude Trichet pensa résister.

 

Résister, c'était logique, il était de bonne Constitution. Certes, les résistants étaient les combattants fidèles aux idées libérales mais Jean-Claude voulut un jour cesser d'être un « Français résistant » .

C'est ce qu'il fit courageusement lors de sa prise de fonction à la BCE, déclarant « I am not a Frenchman ». La cabane s'abattait sur le chien. Il obtint là une de ses plus belles médailles : celle du « Prix de la Carpette anglaise ».

 

C'était pour cela que Jean-Claude Trichet était allé à Francfort sur le Main. Pas seulement parce que s'y trouvaient des résidents français — qui eussent pu n'être qu'une légion —, pas seulement parce qu'une partie de ceux-là pensaient comme lui. Il était la résistance même à l'esprit français.

Enfin, le destin capitaliste de la France…

 

Ne pas préserver les vertus de la France du CNR, c'est à quoi Jean-Claude Trichet s'est employé jour après jour, peine après peine, un mouvement de résistance après l'autre.

Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face…

Il y a inévitablement des problèmes de personnes, et bien davantage la misère de la France en crise, l'exaspérante certitude pour chaque banque privée d'être spoliée au bénéfice d'un autre banque ou d'un autre groupe, qu'indignent au même moment les mêmes illusions…

 

Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des banquiers radicaux ou réactionnaires, aux officiels européens socio-démocrates ou libéraux, aux trotskistes de salon ou aux communistes façon la Méluch, tous promis à la même délivrance ou à la même prison. Ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole à la Zappatero, à un ancien préfet chassé par Sarkozy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tel rescapé du scandale du Crédit Lyonnais!

 

Jean-Claude Trichet n'a nul besoin d'une gloire usurpée. Il s'est fait tout seul, et il fallait le faire. Il aura réussi à défaire tout ce qui pouvait l'être. Ce n'est pas lui qui a créé la zone en Europe: c'est la crise. Ce n'est pas lui qui a créé les endettements, la ruine de la Grèce. Mais c'est lui qui a sauvé la France en disant, en février 2011, «  Augmenter les salaires serait "la dernière bêtise à faire" en Europe et nuirait à la réduction du chômage ».

Ce n'est pas lui qui a créé les endettements, la ruine de la Grèce. Mais c'est lui qui a sauvé la France en disant, en février 2011, « Augmenter les salaires serait "la dernière bêtise à faire" en Europe et nuirait à la réduction du chômage ». Ce n'est pas lui qui a fait les miséreux, mais il y aura contribué.

Augmenter les salaires lorsque la nation est en péril de mort, ça ne passerait pas par lui. Il ne mangera jamais de ce pain-là, sauf aux dîners du Siècle avec DSK ou Attali, Arlette Chabot et Serge July. Et Martine Aubry avant qu'elle se sente prête pour la France.

C'était certainement sa façon de proclamer la survie de la France.

 

Aujourd'hui, entrant dans cette maison de retraite, Jean-Claude Trichet retrouve des membres de sa famille, qui, comme lui, aspirent au repos. Enfin, comme a dit Ségolène un jour, ce temps arrive : « Ce n’est plus à M. Trichet de décider de l’avenir de nos économies, c’est aux dirigeants démocratiquement élus. ». Ni à Bayrou, d'ailleurs, ici ou ailleurs dans la presse életronique.

 

Comme le dit Mademoiselle Laurence Parisot, il savait tout ! Même avec son air et sa vue basse.

 

Allant jusqu'à inviter ces derniers jours le gouvernement italien à s'en tenir à ses engagements en matière d'assainissement des comptes et même avoir pour la première fois des avis divergents avec le FMI ! Comme si, devenu un continent, il se lâchait avant le départ. Mais c'est normal, c'est l'âge. Super absorbant.

 

Entre ici, Jean-Claude Trichet, avec ton terrible passif, pour une retraite dorée !

 

Entre avec ton système né de l'ombre et qui ne disparaîtra pas avec toi !

 

Regarde glisser sous les chênes pédonculés du Val d'Oise avec un drapeau fait d'étoiles blanches sur fond bleu, les maquis de ceux qui pleuraient de constater ta rémunération de 400 000 euros par an et qui se demandent pourquoi on ne leur donne pas une salle de bain — ils n'ont pas encore entendu parler de la baignoire… Ni de logement décent, d'ailleurs.

 

Même retraité, tu ne seras pas le visage de la France.

 

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D'après

http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_du_transfert_des_cendres_de_Jean_Moulin_au_Panth%C3%A9on

Pardon à Jean Moulin.

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"Lorsque je regarde le succès, ou le relatif insuccès, au sein de la zone euro, il est parfaitement clair que ceux qui ont su maîtriser leurs coûts connaissent un grand succès en matière de réduction du chômage, ce qui est quand même l'objectif majeur de la plupart des pays" Jean-Claude Trichet (R.I.P.)

Tous les commentaires

ici l'ombre !

Bravo,

Bien qu'ayant fait de brillantes études, on ne peut pas dire que c'était un homme à trouver des solutions immaginatives, ou simplement nouvelles.

Plus les recettes économiques étaient anciennes et rétrogrades, plus on pouvait compter sur lui pour les appliquer.

La situation de la France et de l'Europe a changé depuis les années 80, où la lutte était contre l'inflation.

Rassurez-vous, même quand l'inflation est passée de 15% à 2.5%, sa priorité, c'est touours de lutter contre l'inflation.

Le chomâge ? Il s'en fout, c'est pour les pauvres.

oui, un autre monde, JPhilippe...

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