Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

après la masturbation et la jouissance en littérature, aujourd'hui: l'éthique de la sexualité

« De DSK à Berlusconi, de John Terry à Paris Hilton, les comportements sexuels "hors-normes" n’ont pas fini de faire couler de l’encre. Mais en vertu de quels principes moraux acceptons-nous, ou condamnons-nous, certains comportements sexuels ? C’est à cette question que tente de répondre le livre de Norbert Campagna, achevant de prouver, s’il en était encore besoin, que l’inimitié supposée par Nietzsche entre philosophie et sexualité n’a rien d’inéluctable.

Se basant sur une bibliographie importante et variée, notamment anglo-saxonne, l’auteur réussit néanmoins à faire entendre sa voix en proposant sept principes pouvant fonder une éthique de la sexualité : la nature, la modération, le consentement, l’égalité, l’autonomie, la dignité, et la perfection. S’attelant chaque fois à offrir une définition aussi claire que rigoureuse de chaque principe et à l’appliquer à la sexualité, l’auteur en vient à formuler des impératifs moraux découlant de l’acception de chaque principe.

Par exemple si l’on prend comme principe fondateur d’une éthique de la sexualité l’égalité, l’auteur en fournit quatre versions, selon le type d’égalité en jeu.

Premièrement, l’égalité devant le non, dont l’impératif serait : "lorsque tu recherches le plaisir sexuel avec une autre personne, mets entre parenthèses ton pouvoir de nuisance, de sorte que cette personne puisse se dire qu’elle ne risque pas plus en te disant non que toi tu ne risquerais en lui disant non si c’était elle qui te sollicitait !" ;

deuxièmement, l’égalité devant les risques, qui conduit à l’impératif suivant : "Dans ta recherche du plaisir sexuel, fais toujours en sorte que la personne avec laquelle tu recherches ce plaisir ne risque pas plus en disant oui que toi tu ne risques en disant oui !" l’auteur pensant ici en particulier aux risques de grossesse et de MST ;

troisièmement, l’égalité du désir : "Ne recherche le plaisir sexuel qu’avec une personne qui éprouve le même désir que toi pour la recherche de ce plaisir !" ;

et enfin l’égalité du plaisir : "Lorsque tu recherches le plaisir sexuel avec une autre personne qui le désire autant que toi, aies toujours l’intention de lui procurer le même plaisir qu’elle te procure !" .

Pour chaque impératif, l’auteur évoque les problèmes que son application pourrait poser, ainsi que les cas qui nécessiteraient une exception (quid des personnes prostituées qui ne veulent pas éprouver de plaisir ?). Il précise également quelles versions du principe d’égalité ont ses faveurs (l’égalité du pouvoir de nuisance) et lesquelles il juge trop fortes (l’égalité de désir).

 

Très accessible, rigoureux, drôle parfois, le livre de Norbert Campagna a donc tout pour plaire, ou presque… Trois choses m’ont manqué à sa lecture, qui ne sauraient toutefois ternir la qualité de l’ensemble.

 

Premièrement les références aux morales religieuses, pourtant présentes, sont presque toutes basées sur le christianisme, l’islam étant évoqué au détour d’une phrase pour nous dire que le plaisir sexuel y est glorifié, les autres religions ou spiritualités étant complètement passées sous silence. Qu’une éthique de la sexualité choisisse d’ignorer ce que les religions en disent ne me paraît pas le moins du monde gênant (au contraire), en revanche qu’elle fournisse un tableau aussi peu diversifié de la chose me paraît plus embêtant.

 

Deuxièmement, les cas de contradictions éventuelles entre les principes ne sont à mon sens pas assez clairement définis. L’auteur nous dit dans son introduction que d’après lui, "une éthique de la sexualité doit tenir compte des aspects de la dignité, de l’égalité, de l’autonomie, du consentement et de la modération", excluant donc seulement ceux de la nature et de la perfection, qu’il traite cependant tout aussi rigoureusement, mais aucune hiérarchie n’est proposée entre ces principes, et si de possibles conflits entre ces différentes éthiques sont évoquées, l’auteur ne s’y attarde pas.

 

Troisièmement, et quoique l’auteur s’en dédouane dans une note de bas de page, expliquant qu’une éthique des fantasmes sexuels ne saurait trouver sa place que dans une éthique des vertus , l’on regrettera que dans un domaine où l’imaginaire tient une place si importante, l’auteur ne s’intéresse qu’aux actes. Cet oubli, quoiqu’apparemment volontaire, est d’autant plus gênant que certaines formulations d’impératifs semblent bien entrer en contradiction avec le fait de nourrir certains fantasmes : ainsi du principe d’autonomie, "Dans ta recherche du plaisir sexuel, sois toi-même et permet à l’autre d’être soi-même !" , ce principe n’est-il pas violé si je m’imagine être Rett Butler dans les bras de Scarlett O’Hara, ou en moins rose-bonbon, si j’imagine abuser de l’autre, quand bien même ce fantasme ne se traduit pas en actes ?

 

Un autre principe qui semble pouvoir être violé par l’existence des fantaisies sexuelles est celui du consentement éclairé, même si là encore l’auteur est bizarrement silencieux sur le sujet.

Écrivant que "toute personne qui veut accomplir un acte sexuel avec une autre personne est tenue de révéler à cette dernière toutes les informations dont on peut plausiblement admettre qu’elles pourraient avoir une influence décisive sur la décision de l’autre personne d’accomplir l’acte", l’auteur n’en donne pourtant que des exemples factuels : révéler que l’on est marié, que l’on ne cherche pas à s’engager à long terme, que l’on est séropositif, etc. opposant ce dernier fait à celui de détester les escargots, pour bien montrer qu’il n’est pas besoin de tout savoir de son partenaire pour aboutir à un consentement éclairé, ou du moins qualifié, mais simplement de disposer "de toutes les informations qui pourraient être susceptibles de [nous] faire changer d’avis".

Si l’auteur n’aborde pas la question des fantasmes sexuels, il semble pourtant assez évident qu’une personne est susceptible de changer d’avis si elle apprend que son partenaire imagine avoir une relation sexuelle avec, au choix, Julia Roberts, une jument, son "ex", un enfant, etc. Quand bien même la fantaisie ne s’appliquerait pas à son identité à elle, elle pourrait également refuser d’avoir une relation avec quelqu’un qui s’imaginerait être quelqu’un de différent pendant l’acte.

Sans donc rentrer dans les méandres d’une éthique des vertus ne s’intéressant qu’à la réalisation de soi, il me semble que la prise en compte des fantasmes sexuels était possible, et souhaitable, même au sein de l’approche principalement déontologique choisie par l’auteur ».

°

° °

(illustration issue de l'article initial)

--

Titre du livre : L'éthique de la sexualité
Auteur : Norbert Campagna
Éditeur : La Musardine
Collection : L'attrape-corps
Date de publication : 02/04/11
N° ISBN : 2842713974


Norbert Campagna, docteur en philosophie habilité à diriger des recherches, est professeur-associé de philosophie à l'Université du Luxembourg et professeur de philosophie au Lycée de Garçons Esch. Ses domaines de recherche sont la philosophie politique, la philosophie du droit et l'éthique appliquée. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres.

 

Tous les commentaires

les tiques ?

Bonjour Fatarella,

Très intéressant, votre billet. Nous sommes là au coeur du problème: la ligne de partage entre la philosophie et ...la psychanalyse.

La philo s'intéresse à l'éthique ( les actes) , la psychanalyse au fantasme.

Or, par définition, le fantasme est indicible : il est même souvent non conscient; comment pourrait-il dès lors se parler ?

L'imaginaire peut se mettre en mots( des images peuvent être décrites!) , pas le fantasme.

Nous aurons l'occasion d'en reparler Sourire !

ce n'est pas trop certain que nous en reparlions profondément.

femme au foyer, timide, soumise, je fantasme peu, même de façon inconsciente; ce qui explique que Lacan me manque, et que je regrette que Roudinesco - qui ne rate pas une occasion de nous divertir - vienne nous donner du goupillon à son sujet.

j'ai par ailleurs été très marquée par ce que j'ai pu lire recemment sur Médiapart sur la masturbation et le la jouissance, tellement je ne pensais pas que mon abonnement englobait un paquet cadeau qui toucherait mon intime de lectrice.

En ce sens, Bayrou pourrait, plus présent dans ce média, servir de contre poids. Tant il ne m'émeut pas, si vous voyez ce que je veux dire...

rien ni personne ne m'empêchera pas de lire un peu (en cachette)

@ Fatarella,

Permettez-moi d'analyser votre réponse:

"femme au foyer, timide, soumise et je fantasme peu"

Alors,, on se défoule sur Mediapart ? Et puis là, vous semblez confondre "fantasmer" et " imaginer", ce n'est pas la même chose Rire

On va y arriver, ma chère Fatarella !

vous sous entendez que, décrite ainsi par moi - ce dont en effet il faut se garder de mettre au jour ici au risque des pires mots - je doive obligatoirement m'adonner à un défouloir ? que Médiapart en serait un ? ... alors donc, c'est un billet à venir.

J'imagine que le fantasme peut franchir les portes des définitions pour laisser place au rêve.

on arrivera à rien si vous me brusquezSourire

cela devient chaud sur ce filInnocent

Oui, Koszayir,

Va falloir demander à Eva de rafraîchir l'atmosphère...

En bonne fille du nord, elle devrait y arriver Rire

participatif, KOSZAYR...Sourire

Les toc(s) ?

Rire

Bonjour FATARELLA,

 

N'ayant pas lu le livre je ne peux que commenter la représentation que je m'en fais au travers de votre commentaire (ainsi qu'éventuellement votre commentaire, mais ce ne sera pas le cas : je le trouve clair et je me reconnais dans votre façon de penser).

 

En fait, la principale question que me pose la sortie de ce livre est la motivation de l'auteur. Pourquoi une éthique de la sexualité ? Une manière de s'exprimer par rapports à la médiatisation régulière de crime sexuels ? Une proposition pratique de mise en oeuvre d'un ordre nouveau, le sien ?

 

l’on regrettera que dans un domaine où l’imaginaire tient une place si importante, l’auteur ne s’intéresse qu’aux actes.

Je tends à penser que c'est parce que la distinction entre morale et éthique est que l'éthique se veut débarassée des "superstitions" qui justifient l'existence de la morale (le plus souvent héritées des religions). Cela laisse supposer que l'auteur a souhaité rester dans une posture de philosophie de l'éthique sans introduire de conceptualisation du Bien et du Mal. Une sorte de "philosophie de la pratique".

 

Votre questionnement quant à la place (manquante) de l'imaginaire et des fantasmes traduit à mon avis les limites même de l'ouvrage. L'univers intérieur qui régit notre Désir est un enchevêtrement de représentations dans lequel se combinent symboles et frustrations au service de nos pulsions. L'éthique ou la morale ne relèvent que d'un sur-moi aux pouvoirs limités...à la culpabilisation. Aborder le poids de l'imaginaire dans la sexualité, ce serait investir un champ de réflexion ou l'interdit est susceptible de générer du Désir, ou la Douleur est parfois trop ancrée dans l'histoire de la psyché pour être dissociée du plaisir.

 

Que devrais-je faire face à celle que je désire et qui me demande de la fouetter ? Soit c'est un désir qui est le mien et tout va bien, soit ce n'est pas le cas et nous sommes, elle et moi, frustrés...

 

"Pourquoi une éthique de la sexualité ?" vous y répondez aussitôt: c'est une "proposition pratique de mise en oeuvre d'un ordre nouveau". Sans ordre, par exemple dans l'entreprise, où irait-on ? Si vous êtes chef d'entreprise, vous devez me comprendre à demi mots et acquiesser. (hors postures obligatoires et réglementaires)

c'est en quoi la sexualité dans l'entreprise doit être abordée par de vrais syndicalistes et les chefs d'entreprise, dont le bon sens écartera toute tentative pendant et sur les lieux du travail, d'une personne qui suggèrerait comme vous de "faire face à celle que je désire et qui me demande de la fouetter". Fouetter dans l'entreprise ?

je ne méconnais pas votre dernier constat, celui de la frustration. Le syndrôme du distributeur de café, dit-on dans les milieux exposés.

Fouetter dans l'entreprise ?

 

Merci de pardonner mon audace. A propos de pratiques sexuelles, je ne pense pas spontanément au contexte de l'entreprise. Mon coté "vieux jeu" sans doute. Sourire

samines,

je ne savais pas...

mais si vous avez fait écrire cela dans le règlement intérieur, ça fera discuter à l'inspection du travail.Sourire

cela dit, il existe de très jolis fouets pour chiens de chasse...

seyants... adaptables...

un coup je te donne la prime de 1000 euros, deux coups vous m'augmentez le salaire de base de 5 euros...

 

Il faut penser à tout samines ... je pense en effet qu'un salarié doit se sentir concerné par ses fonctions (le sens du devoir). Dans un sex shop ou une boutique d'articles sado-maso il faut bien tester les articles avant d'en faire profiter la clientèle. Parler de ce qu'on connaît sans attendre que le patronat vous y incite.

Le nom de la collection et de l'éditeur est en soi tout un programme, non ?

le lien ne fonctionne pas.

Oui, corrigé, voir ICI.

joli et frais billet que votre billet

merci

femme-dalger-dans-leur-appartement

cadeau

Merci, Fatarella...

On se cultive, chez vousRire.C'est une énigme, ce tableau. Jadis, il m'agçait... ce côté lascif sans doute, qui s'opposerait au féminisme actuel...

Et à y regarder de plus près...la femme de gauche qui n'a pas les m^mes vêtements, elle semble plus digne, à l'écart des autres... Cette femme-là a pu être une femme " enlevée" ? LA première femme du sérail ? La plus cultivée, laissant les deux autres papoter de choses insignifiantes , tandis que la servante, la seule en mouvement est active ( travaille ?).

En tous cas, merci pour cette analyse !

Tiens, la " communion d'objectif" , ça donnerait des idées à certain(e)s dans le marigot , peut-être ?

Oui, bats-moi, bats-moi... J'en entends une, qui se plaint d'inaction chez l'autre jouer du fouet ...

Vous croyez que TF1 sera là ?

je sens bien que vous évoquez samines, netmamou...

mais il a écrit qu'il n'est pas une fille...

 

QUI a écrit ça ?

samines lui même ! il est bien placé pour le savoir !

ou vous mettez en doute quoi ?

Je persiste et signe : samines est de genre masculin. Auriez-vous fréquenté plus que de raison les MMORPG's, Netmamou ? Il est vrai que sur ces plate-forme de jeu, la proportion de garçon qui ont un avatar féminin est assez impressionnante. J'avais lu un truc là-dessus qui expliquait que les hommes fabriquaient ainsi leur "femme(s) idéale(s)". Je dois être en paix avec mon "anima", alors.

évidemment, tout dépend de la récépiendaire, de ses aptitudes naturelles en entreprise, et selon la structure de ses composés tensioactifs (tête hydrophile, queue hydrophobe)... en résultera une sacrée mayonnaise...c'est aussi ça l'éthique de la sexualité... on est en plein le fil...

Je dois une confession : je n'avais pas restreint l'ouvrage à la sexualité dans l'entreprise, qui me semble surtout être le théâtre de l'amour du travail bien fait. Mais le sujet laisse des traces, entre le bureau de la tentation tel que le décrit le Figaro et un livre témoignant du caractère aphrodisiaque du bureau, il va falloir aménager des maternités dans toutes les zones industrielles.

(mais si je puis me permettre, le lieu et le véhicule laissent des traces...)

En ce qui me concerne, je n'ai pas l'habitude de ne pas assumer, donc objection invalide.

(voyez samines comme médiapart libère: je n'aurais jamais parié que j'aborderais sans la honte aux joues la fonction de la tête hydrophile... comme quoi, 9 euros, ce n'est rien, et en tout cas moins cher que le tranxène)

Et si on faisait une pétition pour le remboursement de Médiapart par la Sécurité Sociale ?

C'est d'un compliqué entre les bleus et les blancs et les commentaires que j'ai déjà lu au moins trois fois, vous m'excuserez Fatarella de mettre ici un joli dessin que je voulais vous offrir à propos de Lacan ... je me demandais s'il avait influencé les marins ?

le dessin ne se colle pas (c'est le bouton rouge qui ne veut pas) alors ne tenez pas compte de mon commentaire ... c'était de très jolis noeuds.

nouvelle ici, je comprends, Léon, vos difficultés.

concernant Lacan, inutile de me faire un dessin: Roudinesco dit qu'il voulait avoir un enterrement catholique, alors je suis sûr que ce n'est pas vrai !!!! elle fait tout pour faire parler d'elle.

Léon Chenouillard, la sexualité en entreprise, ça vous a crée des problèmes ?

Oui, le problème en tant que représentant syndicaliste indépendant c'est d'être à l'écoute de tous les problèmes. Le harcèlement c'est parfois sexuel, parfois non.

voulez-vous insinuer grassement que ça dépend de quel côté on se place ?

Fatarella, vous n'êtes plus dans mes contacts ... vous étiez la première. Pardon si je vous importune.

non, il y a eu peut être un probleme technique

Samines, c'est quoi les MMORPG's ?

Et puis, je sais bien que vous êtes de genre masculin! Vous étiez parti, vous être revenu, mais vous n'avez pas changé de sexe... En tous cas, vous n'en avez pas fait état sur votre blog !

Bonns soirée, samines.

"je sais bien"

"vous n'avez pas changé de sexe."

drôlement bien renseignée !!

 

Juste l'observation de l'accord des participes passés Rire

@netmamou

Samines, c'est quoi les MMORPG's ?

 

MMORPG = Massively Multimédia Online Rule Player Game soit en français des jeux de role multijoueur en ligne. Exemple le plus connu = World Of Warcraft (WoW pour les intimes), 12 millions de joueurs en 2010 (répartis sur les cinq continents). Dans ces jeux, vous créez puis incarnez un héros...ou une héroine. Pour y avoir jouer de nombreuses années (sous le pseudonyme d'Ecureuil Endormi, mais très peu sur WoW), je peux dire qu'il s'agit de lieux virtuels à mi-chemin entre les tchats, les forums et les jeux d'arcade (en 2D ou en 3D). Etrangement, la majorité des personnages sont de genre féminin. Leurs "géniteurs" sont des hommes dans (parait-il) plus d'un cas sur deux...

 

Bonne soirée netmamou Sourire

J'en apprends des choses ici Rire

Merci Samines

"Leurs "géniteurs" sont des hommes dans (parait-il) plus d'un cas sur deux..."

Là, je crois qu'il faudrait en causer à un psy...

Que des hommes transgressent leur sexe dans le virtuel, c'est étonnant. Qui plus est dans des jeux guerriers... Nostalgie des femmes guerrières ? Ou référence à la toute-puissance de leur môman ? Manière d'exorciser la puissance supposée des femmes ?

Ou encore, peur de créer un super-héros hyper masculin, à côté duquel le joueur se sentirait petit garçon ?

Voilà... Mon imagination galope Sourire

Voilà qui nous ramène au sujet de ce fil.

 

 

J'avais lu une étude sur ce sujet, faite au Québec par des psychologues et des sociologues qui s'étaient spécialisés dans les "relations internautiques". Ils disaient que le choix d'un avatar féminin (aux formes naturellement généreuses à à l'habillement sexy) par une personne de genre masculin était une façon de représenter leur(s) femme(s) idéale(s) (on peut avoir plusieurs avatars avec un seul compte de jeu).

 

Il faut croire que je vis en paix avec mon "anima"...Rire

 

Puisque j'en suis à évoquer les MMORPG's, il faut signaler que les éditeurs stimulent cette sexualisation, soit en proposant des morphings (logiciel de composition du visage et du corps de l'avatar) très élaborés (et même étonnants de réalisme), mais aussi en permettant de faire effectuer à l'avatar des mouvements qui n'ont pas grand-chose de guerrier (danse, clins d'oeil ravageur, manifestations affectives, bras d'honneur...). Au point qu'il n'est pas rare d'observer dans ces univers virtuels des mariages virtuels entre deux avatars...

@ samines,

On serait donc en présence de la traversée du fantasme !

Miracle de la technique... la réalité ne paraît-elle pas fade, après ça ?

la réalité ne paraît-elle pas fade, après ça ?

Il y a des joueurs qui sont complètement accros au point d'aménager leur vie autour du Jeu. Les éditeurs font aussi beaucoup d'efforts pour renouveler les univers (nouveaux "mondes" à visiter). Je crois que ces jeux peuvent être des symptômes de fuite, aussi. Mais je dirais d'abord que ce sont des auberges espagnoles un peu particulières, on y trouve ce que l'on y apporte de névrose...

 

Et une fois de plus, ce que l'on y fait vaut moins que celles et ceux avec qui on choisit de le faire.

"Et une fois de plus, ce que l'on y fait vaut moins que celles et ceux avec qui on choisit de le faire."

Vous voulez-dire que c'est comme le Club de Mediapart, des frissons en plus ?

Vous voulez-dire que c'est comme le Club de Mediapart, des frissons en plus ?

Disons que la nature des joutes est un peu différente Sourire. Là-bas tel(le) magicien vous affrontera avec ses sorts de feu ou de glace, ici tel pourfendeur croisera les mots avec vos commentaires ou billets. La possibilité de faire perdurer les échanges d'idées ne nait pas de la même façon, mais là-bas comme ici, il est des interlocuteurs/trices avec lesquel(le)s que l'on prend plaisir à croiser - quel que soit l'objet de l'échange - et d'autres dont on évite le chemin tant il semble que les mondes sont par trop incompatibles.

 

Des frissons ? Je n'irais quand même pas jusque là Rire, mais des moments d'authentique contentement, oui.

Newsletter
Je m'identifie