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un dernier "sommet social" pour déconnecter les solidarités

Le sommet social du 18 janvier restera celui d'un coup médiatique. Trois mois avant son enterrement, le futur ex-président fait porter chez son notaire Medef un dernier codicille.

Ce sera un autre jour de chantage à l'emploi et une passerelle supplémentaire pour à nouveau modifier le code du travail.
Nicolas Sarkozy y fera un discours dont la grandeur de la France sera l'ossature, et la valeur-travail des masses laborieuses la réponse à la dégradation de la « note » venue à point nommer pour cadrer l'enjeu et ramollir les volontés syndicales.

Équilibriste sur le fil de l'absurde, il préconisera de travailler plus alors que sur les murs de Pôle-Emploi fleurissent les dazibaos de ceux que l'on condamne à l'inaction.
Même s'il sait que la TVA sociale défrise les syndicats ouvriers (Jean-Claude Mailly de FO assure que « S'il veut parler de TVA sociale, je l'envoie bouler! J'ai déjà dit qu'on ne discuterait pas de cela ») il en parlera, ne serait-ce que pour que les « partenaires sociaux » l'aient entendu dans cet endroit de « concertation », et justifier les décrets à venir, déjà prêts.
Et puis, Nicolas Sarkozy abordera la vraie raison de ce sommet : la flexibilisation du temps de travail. Faire avaliser par les syndicats ouvriers cette idée du Médef, qui est de « … trouver un meilleur équilibre entre temps de travail, salaires et emplois en faisant bouger les paramètres lorsque la situation se dégrade », c'est à dire permettre à l'employeur de décider unilatéralement du temps de travail de ses esclaves, grâce à un dernier vote godillot des députés UMP dont la moitié feront le sale travail avec ce sentiment de laisser une trace avant de succomber.

Pour agrémenter le coup médiatique du 18 janvier, il aura inscrit au menu des dernières agapes attrape-couillons, des « accords compétitivité-emploi », cette machinerie destinée à casser les salaires avec l'aide des porte-parole de ceux qui vont la subir, muets, car persuadés qu'à ces conditions, ils échapperont au pire.

Que des syndicats, hormis la CGT, aient cru bon de mettre un doigt dans cette machinerie de chantage à l'emploi en préparant un « projet d'accord » sur le sujet avant le 18 janvier n'est pas rassurant.
On peut lire que ce texte est un « texte d'attente » (FO), "un joli texte qui fait beau"(CFTC).

Alors, le concéder c'est nous dire que la stratégie vole bas et qu'elle finit par nous convaincre de l'inutilité de ce « sommet », à l'issue duquel aucun engagement opératoire à court terme ne sera pris.

L'exercice se sera donc réduit à un effet de style à usage personnel et électoraliste, comme la lecture de la dernière page d'un testament qui comporterait en dernière volonté la pose d'un ultime champ de mines social.

Pour finir de déconnecter les solidarités.

Tous les commentaires

Vlan !

ce ne sera pas autre chose, effectivement.

du social enrobé de goudron qui attend les plumes

Léon

du social enrobé de goudron qui attend les plumes

Bonne formule, Léon ! Rigolant

 

 

un sommet social pour se faire président "social" le 18,

un voyage à Amboise aujourd'hui pour un coup de chapeau au père de la Constitution de la Vème...

le pas encore candidat roule pour sa campagne.

Ce soi-disant sommet social aura probablement plus fait parler de lui avant qu'il ne se tienne qu'il ne produira quoi que ce soit après. Et je suis entièrement d'accord avec vous, Fatarella, sur le strict coup médiatique qu'il représente.

 

D'une part NS est dans une spirale de discrédit même dans son propre camp, d'autre part personne n'a le moindre souhait de changer quoi que ce soit au système actuel. A commencer par les centrales syndicales toutes obédiences confondues (même si la CGT arbore une position moins "dans le mouv' "). Et les dix propositions de la CGPME ont avant tout été une opération de communication destinée à rivaliser avec les déclarations du MEDEF. C'est à qui cassera du droit social le plus vite, maintenant.

 

Dans le même temps, la création d'entreprises est en chute libre depuis deux années consécutives (2010 était déjà en recul par rapport à 2009). Quant à la transmission d'entreprise, c'est à mourir de rire (j'ai d'ailleurs un billet en cours à ce sujet). Tous les chiffres circulent, on sait à peine de quoi on parle lorsqu'il s'agit de rachat d'entreprises et même les professionnels s'y perdent. Le chiffre de 500 000 entreprises à reprendre circule : c'est une extrapolation issue du croisement du nombre d'entreprises dont le dirigeant a plus de cinquante ans. Tout est dans l'âge du capitaine, quoi. La réalité se situerait (selon le BODACC) autour de 40 000 à 50 000 entreprises...dont 70% disparaitront faute de repreneur. Salariés inclus, bien entendu. L'Etat dispose de tous les chiffres, pour le reste ce n'est pas son problème...

 

Donc non seulement le sommet social ne produira rien, mais il ne parlera même pas de ce qu'il est présumé aborder : l'emploi.

 

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