Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

« Presse de gauche, tu m’emmerdes » ?

La place de la presse dans les six prochains mois, sera regardée à la loupe. Au moment où la presse papier connaît de puissantes déconvenues, le débat s'en vient sur l'internet. Médiapart est dans le pot commun et en part importante. De "gauche", de " droite", la presse ? Exemple de jugements.Le 14 décembre, sur Variae.com, Romain Pigenel dont le profil est « De Nancy à Paris, en passant par la rue d’Ulm. Philosophie, politique, culture, NTIC. Sociali(s)te. Blogueur sur Variae.com et contributeur à Marianne2. Archiviste sonore. » titre un billet « Presse de gauche, tu m’emmerdes »

« Le texte qui va suivre – j’en suis bien désolé – va s’éloigner des rivages de la rigueur scientifique, ou même journalistique, de ceux de l’objectivité, de l’impartialité, du jugement égal et équitable sur les choses.

Toi qui entres ici, oublie chiffres, statistiques, recensements, méthode expérimentale. Tu auras été prévenu : je vais faire parler le ressenti, l’impression (sur le vif), l’impulsion, la subjectivité dans toute sa splendide obscénité.

Postulons donc, à l’emporte-pièce, qu’il existe quelque chose que l’on peut appeler presse de gauche et dont, dans leurs styles respectifs, Libération et Mediapart sont de dignes chefs de file. Postulons aussi qu’il existe réciproquement quelque chose comme une presse de droite, qui a pour fleurons Le Figaro ou Valeurs Actuelles.

Ajoutons à cet échafaudage théorique aventureux une ultime hypothèse : la presse de droite chercher à faire gagner la droite et perdre la gauche, la presse de gauche cherche à faire gagner la gauche et perdre la droite. Normalement.

> Prenons alors l’article de Mediapart consacré à la position sur la réforme des retraites de François Hollande, et aux accusations de flou qui l’entourent (accusations que poussent la droite).

. Son titre : « François Hollande enterre la retraite à 60 ans ».

. Le pitch : « Une petite «bombe » qui risque de faire beaucoup de bruit à gauche : en quelques mots, il a en effet tout bonnement enterré la retraite à 60 ans, qui faisait pourtant partie des engagements contenus dans le projet du Parti socialiste pour 2012 ».

. L’analyse : « C’est donc un véritable bouleversement de la position officielle du Parti socialiste qu’engage François Hollande ».

. Le jugement : François Hollande s’aligne « sur la position du gouvernement et de Nicolas Sarkozy ». Le coup de pied de l’âne : « Ne prenant aucune distance avec les règles de la monarchie républicaine, et les coups de force qu’elles autorisent ».

On comparera ce traitement affectueux avec celui réservé au candidat socialiste par François Fillon : « François Hollande a menti ».

Et je vous épargnerai la lecture du papier de Libération sobrement intitulé, avec l’humour (fin) habituel du quotidien : « Hollande bat en retraite ». Article qui s’ingénie à rechercher une vidéo d’archive pour prouver une modification de la position du candidat.

Voilà pour la presse de gauche, ou du moins ses représentants les plus symboliques. Je te pose alors, lecteur, lectrice, une question simple. Penses-tu que dans une situation comparable, le Figaro mettrait autant d’énergie à démonter, harceler, acculer Nicolas Sarkozy ou François Fillon ? Comme ça, spontanément, sans te lancer dans des recherches approfondies, que répondrais-tu ?

A supposer que tu répondes – comme moi – par la négative, tu vas peut-être me rétorquer immédiatement : oui mais justement, c’est l’honneur de la presse de gauche, d’être une vraie presse, impartiale, d’autant plus objective qu’elle est dure avec son camp, d’autant plusde son camp qu’elle est exigeante avec lui. Une presse libre car de gauche, de gauche car libre.

Et comme le dirait le grand Plenel, le soin qu’elle prend à pensercontreelle-même fait toute sa grandeur, justement.

Et puis quoi, ce n’est pas parce qu’elle s’appelle presse de gauche qu’elle veut faire gagner la gauche, hein ? Elle est juste vraiment de gauche. Elle n’est pas aux ordres : elle défend des convictions. Elle, elle, elle, elle protège la gauche politique d’elle-même, elle est sa conscience.

Presse de gauche : tu m’emmerdes.

Romain Pigenel »

°

° °

Le 15 décembre 2011, dans ses « Coups de gueule et confidences d'un blogueur politique , les Coulisses de Juan (Sarkofrance)», Juan titre aussi d'un rageur « Presse de gauche: je t’emmerde » :« Le titre de ce billet est tout aussi vulgaire que celui de mon joyeux confrère Variae hier.

Ce dernier exprimait son ressenti à l’encontre d’une certaine presse que l’on pourrait qualifier “de gauche”, en l’occurrence Libération et Mediapart qui vient de publier quelques méchants articles contre le candidat Hollande sur l’épineux sujet des retraites. »...

 

S’attaquer à des journaux ou des journalistes est toujours périlleux. Mais j’applaudis la démarche de Variae. A deux mains, et même avec les pieds. La presse dite de gauche est bien plus sévère avec la gauche que la presse dite de droite avec la droite.

 

1. Il y a une raison à cela. Elle n’est pas morale ni éthique. Elle n’a rien à voir avec une quelconque grandeur ni supériorité. Elle est mercantile. Une certaine presse de gauche vend plus facilement quand le pouvoir est à droite. Libération s’est cru sauvé en plongeant dans l’antisarkozysme raisonnable. Mediapart s’est créé contre Sarkozy.

J’ai toujours soutenu Mediapart, et même Libération période Joffrin. Je croyais qu’il fallait encourager et relayer ces rares médias qui osaient, dans les premiers jours noirs de la Sarkofrance triomphante, défier le story-telling du Monarque.

La période actuelle est autre, c’est celle d’une campagne. Libération reprend une pente bien connue, le savonnage que nous avons chacun subi du temps de la campagne de Ségolène Royal. En campagne, il s’agit de conquérir le pouvoir. Il s’agit d’efficacité. Le reste est bonne conscience et inefficacité.

 

2. La presse de gauche ne se limite heureusement pas à ces titres. Politis ou L’Huma défendent des orientations stables avec une constance efficace. Au risque de m’attirer quelques foudres, je maintiens que Marianne défend une ligne d’opposition régulière à l’autocratisme irresponsable du Monarque. Les rares blogueurs associés (dont votre serviteur) sont soit experts soit de gauche bien engagée. Et cette presse de gauche est-elle d’ailleurs vraiment de gauche ? A-t-on vu Libération se fendre d’une une sur un appel à la fin de l’abattement fiscal des journalistes ? Bref, la presse de gauche est protéiforme. Elle est parfois écrite par des gens de droite. On a longtemps et injustement assimilé ces médias à leurs patrons.

 

3. Variae pose en fait une question de fond. A gauche, il y a en fait deux camps. La ligne de fracture n’est pas entre de prétendus réalistes et de violents idéalistes; entre des souverainistes et des fédéralistes. La vraie ligne de fracture, cherchez-la bien, vous la trouverez. Elle est devant vous, chaque jour, à chaque minute, dans chaque intervention.

 

A gauche, la fracture oppose celles/ceux qui veulent gouverner et celles/ceux qui préfèrent leur bonne conscience. Je me place dans le camp des premiers. J’ai toujours cru qu’il fallait éliminer le pire à défaut d’avoir le meilleur. Le blog Sarkofrance a été créé pour cela. Il est facile d’avoir raison tout seul, d’être la meilleure conscience d’un monde parfait et théorique. Gouverner, c’est réfléchir à convaincre celle ou celui que ne pense pas comme soi sans être “de l’autre côté de la Force”.

Je me fiche un peu des brevets de gauchitude que l’on voudra bien nous affubler.

A chacun(e) de définir si certains compromis deviennent insupportables. »

 

Tous les commentaires

"A gauche, la fracture oppose celles/ceux qui veulent gouverner et celles/ceux qui préfèrent leur bonne conscience."...

ce serait pas un très gros raccourci, jeune homme ?

Léon

(bon, je me dépêche, mon coq au vin est en phase terminale)

Oui, Léon.

Un raccourci saisissant, c'est bien ce que j'ai voulu dire moi aussi !

Bonnes agapes !Rire

Il ressemble à ça ?

images?q=tbn:ANd9GcRQa5mjjLFAk4vxiwGD8wQ

 

Mais était-ce un coq de droite ou de gauche ?

JYD13,

une fois qu'il sera terminé (après que 3,5 kg aient mijoté 3h30), après que j'aurai réduit la sauce et mélangé avec le foie, je vous fais une photo !

Léon

Nos auteurs regrettent La Pravda.

Certes, Le Figaro est une Pravda de droite mais il manque singulièrement une Pravda de gauche à moins qu'il ne manque singulièrement une gauche !

Oui ,je crois qu'il nous reste à trouver une gauche , apparemment elle fut soluble dans le PS mais pas l'inverse, dès que le PS la retrouvera , les journaux de droite nous le feront savoir!

Newsletter
Je m'identifie