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agences de notation, mines et sous-marins

Elles ont tout le temps, les agences de notation pour dégrader la « note » de la France : elles ont encore quatre mois, le temps de l'élection présidentielle, dont elles seront les ravisseurs immergés, les manipulateurs avisés. Leur intérêt est capital et l'attente leur tiroir-caisse. Elles se positionnent en ordre de bataille, comme on le leur demande.

 

Se laisser aller à s'en prendre aux seules agences de notations qui seraient porteuses, à elles-seules, de toutes les misères du monde, témoignerait déjà de la bonne qualité du montage global destiné à broyer le social.

Les agences de notation ne sont qu'un des outils du système, un des acteurs du jeu de rôle. Elles ne sont pas Big Brother, mais leurs enfants utiles. Le capitalisme a besoin de dissoudre l'entendement, et l'art de la guerre est son principal vecteur. Les batailles ne se gagnent qu'en attirant le regard de l'ennemi ailleurs que l'objectif principal. "La guerre est un acte de violence dont l'objectif est de contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté" a dit Clausewitz.

Cet acte de violence, aujourd'hui, se porte sur notre regard qu'on veut détourner sur les agences de notation qui seraient de grosses vilaines machines à manipuler les gentils États, alors qu'elles ne sont rien d'autres qu'un outil de plus crée par une minorité aux comptes mondialisés, pour asservir et créer des dépendances.

Elles ne vous deviennent pas sympathiques, petit à petit, les agences de notation, pour ce qu'elles provoquent dans les autres pays ? Bien sûr que oui ! Leur action est rassurante...

Prenons l'Italie et la Grèce. Ne faut-il pas se féliciter du départ de Papandréou et Berlusconi dans la douceur ? N'est-ce pas une preuve de l'efficacité morale des agences de notation qui auront contribué à mettre un terme au pouvoir malsain de deux chefs de gouvernements qui géraient mal et ont conduit leur pays à la faillite ?

Voyez-vous, madame, monsieur, le mal, c'est la politique. Avec l'Etat-Nation.

Est enfin arrivé le temps des techniciens de la finance pour réguler le bonheur dans la cité.

Les historiens expliqueront à nos enfants qu'en ce temps-là commencèrent à tomber les gouvernements sans qu'il ait été nécessaire d'organiser des élections démocratiques ou que les pavés des villes se mettent à voler. Que les banquiers sans masque prirent le pouvoir au grand jour. Que furent mis en place ceux-là même qui avaient méthodiquement dérégulé la finance pendant trente ans car, naturellement, ils étaient les plus à même de continuer le travail dans chaque pays, froidement, sans s'encombrer des risques électifs.

On peut en effet constater que pour l'Italie et la Grèce, venant de chez Goldman Sachs, les tous nouveaux chefs de gouvernement présentent toutes les garanties. Pompiers-pyromanes, contre la crise qu'ils avaient modelée ils vont sortir de leur chapeau les outils nécessaires pour achever la bête sociale en renforçant l'austérité. En faisant amasser plus de richesses à leurs commanditaires. L'ordre est revenu. Et l’extrême-droite aussi, dans les ministères.

On le voit, elles sont indispensables les agences de notation... Imaginer un monde sans elles reviendrait à précipiter le chaos ! Elles sont même particulièrement utiles chez nous, en ces temps énervés par la présidentielle. Les agences régulent les soifs de pouvoir et distribuent des dividendes aux bons serviteurs. Le futur candidat Sarkozy est de ceux-là.

Il faut l'aider. Favoriser celui qui fut ces cinq dernières années l'appliqué attaché commercial du libéralisme. Car la finance spéculatrice est si bien, chez nous. Pourquoi voudrait-elle que la situation change en France, pays qui est un de leurs paradis sur terre, où le moins d’impôts et de charges sociales ont permis de dégager des sommes colossales... qui sont prêtées aux États et portent intérêts ? Justement, la France regorge encore de ressources. Il suffit de presser encore plus sur les droits sociaux et pousser plus encore aux privatisations.

La meilleure façon pour la finance d'y faire encore des petits, c'est de garder Nicolas Sarkozy. Et, pour se faire, retarder le jour d'annonce de la chute de la « note » - alors que la dégradation est déjà prévue -, c'est laisser croire que le Président actuel est un rempart contre la crise, pour qu'ainsi la moitié de l'électorat se rejette dans les bras du gagnant de 2007.

Qui peut penser sérieusement que dans ces conditions, les agences de notation ne sont pas utiles pour ceux qui s'en servent ?

Reste à Sarkozy, sous-marinier dans le jeu de rôle et dans l'arrogance, à faire la morale aux chômeurs, aux « fraudeurs sociaux ».

Et, aux partisans du jeu de chaises musicales de la Vème République de se poser en chantres d'une autre rigueur, qui serait plus « sociale » mais dans le même champ de mines.

On nous met en condition d'accepter que la violence sociale perdure.

Par une suite d'intimidations, de mensonges et de provocations s'accentuent les contours d'une situation confrontationnelle.

Pourquoi devant cette réaction en chaîne devrions-nous – sans attendre que l’émotionnel prenne le pas – éviter un conflit ?

 

 

 

 

Tous les commentaires

"Se laisser aller à s'en prendre aux seules agences de notations qui seraient porteuses, à elles-seules, de toutes les misères du monde témoignerait déjà de la bonne qualité du montage global destiné à broyer le social."

+ Pleurs... merci Fatarella (superbe billet)

 

Paulette

On peut comparer le corps social au corps d'un individu, l'un et l'autre étant suceptibles de souffrir de pathologies plus ou moins graves, plus ou moins longues, nécessitant des traitements spécifiques et appropriés. Concernant l'état du corps social, quelqu'un s'est-il vraiment avisé d'établir un diagnostic précis ? A mon avis, non. Pire, les experts n'arrivent pas à s'entendre et chacun y va de son analyse personnelle. Pendant ce temps, la maladie progresse. Alors s'agit-il simplement d'un gros rhume comme le pensent ceux qui se marrent à l'idée d'une maladie provoquée délibérément par quelques fous irresponsables ? Ou sont-ce ces mêmes spécialistes des questions économiques, soi-disant sérieux, qui sont les vrais irresponsables en refusant d'envisager l'hypothèse d'un cancer ?

oui, Adrien, l'éternel problème sur le diagnostic du malade, où chacun là où il est et d'où il parle va donner son avis, avec toutes les erreurs dignostiques possibles, par excès ou par défaut.

Ce n'est pas tant l'abondance de diagnostics ou d'avis qui est ennuyeux mais plutôt le fait que personne ne semble vouloir en établir un sérieusement. Or, si on veut traiter une maladie efficacement, il faut d'abord savoir à quelle maladie on a affaire. Non ? Même Léon et Paulette, qui se déclarent pourtant eux-mêmes et tout comme moi incompétents en économie, peuvent le comprendre. Ici, la grande question qui se pose et qui permettrait déjà de faire un grand pas en avant, est celle-ci : ce qui se passe aujourd'hui est-il indépendant de toute volonté politique organisée ? Si oui, nous aurions à faire à un gros rhume. Si non, ce serait infiniment plus grave. Pour soigner un cancer, il faut le prendre à temps. Il y a même la réponse entre les deux qui donnerait lieu à un diagnostic de type pronostic vital engagé.

Superbe billet, Fatarella, comme le dit Paulette.

«La monnaie est une chose trop importante pour la laisser aux banquiers centraux »

Milton Friedmann

Déjà, en 1971, tout était décidé :

http://www.ernestmandel.org/fr/ecrits/txt/1971/la_conference_de_washington.htm

Bonjour Netmamou ! Puis-je vous demander de quelle manière vous interprétez cette citation Netmamou ? Milton Friedmann est le principal initiateur de tout ce ramdam et les banques centrales tenaient parfaitement le rôle qu'elles avaient à jouer dans l'économie avant que ce grand malade n'en détourne l'utilité pour enrichir les seuls banquiers du secteur privé.

hello netmamou!

vu le lien, et merci !

(le temps passe vite !)

Oui, Fatarella, le temps passe vite...

Mais quand on voit que tout était dit...en 1971, on se demande comment et surtout pourquoi la gauche n'est pas sortie de ses gonds, dès cette époque..

Pourquoi les syndicats n'ont pas alerté ?

Pourquoi "l'économie " du Grrrrand Kapital" comme l'appelait Georges Marchais nous revient dans la gueule et avec cette violence , sans qu'aucun de ces partis de gauche n'ait alerté la-dessus ? Ce sont pourtant des faits !

Le peuple est trop con pour comprendre ?

Aucun n'a fait la formation du peuple . Ils se sont contentés de slogans . Or, c'est la connaissance qui mobilise les foules . Autant que l'affect. C'est la connaissance qui alimente la colère .

 

On y vient à la volonté délibérée de faire payer les dégâts par les travailleurs. On y vient, tout doucement mais on y vient. Seul problème, c'est que quand on aura fini d'y venir, il sera trop tard ...

Bonjour Adrien,

Vous me demandez comment j'interprète la citation de Friedmann ?

Mais comme la mort annoncée de toute souveraineté nationale !

Et comme l'annonce de ce pouvoir exorbitant des agences de notation

La casse de la démocratie... le fameux " l'Etat, c'est le problème, pas la solution!", etc...

Pardon si je n'ai pas été assez explicative... pour moi, ça allait de soi ! Rire

 

La mort annoncée de toute souveraineté nationale !

Ou la mort annoncée de touteS souverainetéS nationaleS ?

ça c'est un constat, réel, mais un constat !

Les question sont :

- L'acceptons-nous ? Implicitement, puisque nous ne réagissons pas pour le contrer. Ou si peu (quelques poignées d'indignés)

- Par quoi, nos souvainetés nationales vont-elles être remplacées ? Un gouvernement dictatorial mondial ? Occidental ? Dirigé par Goldman (l'homme d'or) Sachs ?

 

merci à vous hasbeen, je découvre à cette heure votre commentaire et votre lien..

sacré itinéraire que celui de Galula... et la prise en compte de son concept... dans sa dimension politique et non violente... (au départ !)

merci encore.

Pour s'attaquer à un problème, quel qu'il soit, il faut d'abord l'identifier

Oui, nous sommes un certain nombre à l'avoir identifié. Je dirais plutôt les problème, plutôt que le pb.

La question, selon moi, est la recherche des solutions ( on les a en partie).

Il faut donc - c'est le rôle d'un parti politique- faire un "agenda" au sens latin du mot: la liste des choses qui doivent être faites. Et prévoir l'enchaînement pour mettre en oeuvre ces solutions.

Un gouvernement de gauche " animé de bonnes intentions" devra ( j'espère encore un sursaut, mais pas du côté du PS...) dresser la liste des urgences, la moindre n'étant pas d'éviter la fuite des capitaux...entre les 2 tours, selon la tounure que prendra le premier...

Et sortir de Lisbonne, et , et...

Pour répondre à Annie: la question des souverainetés se pose selon moi, au niveau le plus pertinent pour l'action. Celui où s'exprime le plus aisément la démocratie. Et la langue est un outil d'échange important...

Où pouvons-nous agir ? D'abord en France. Et qu'on ne me dise pas qu'il faut attendre, que le protectionnimse ça ferait mourir les Chinois....ça , c'est ce que nous a servi la gauche de gauche , NPA en tête... et Attac à sa manière...

Ils n'ont qu'à changer, les Chinois ! C'est leur problème...

Chaque nation doit pouvoir décider avec quelle autre nation elle entretient des relations commerciales. Cf La charte deLa Havane de 1948...l

Donc, faut prendre des msesures vis à vis de l'OMC... Tout ce qui se passe en Grèce atait annoncé depuis la création de l'OMC, soit 1998 si j'ai bonne mémoire. Le démantèlement des services publics ( grrrros marchés pour les capitalistes) est prévu depuis les années 2000. Etc...

Moi, en ce moment, j'en ai un peu marre... J'ai le sentiment de bramer dans le désert... Et en même temps, la militance...ras le bol ! 30 ans...basta ya !

De vrais dialogues de sourds.

Pour Quatremer, le dirlo de Libé, tout baigne donc, et c'est JL Mélenchon qui est un crétin. Connard lui-même et vendu !!

Sourire:!

,°)

très bon réquisitoire, même combat sur mon dernier billet , je veux pas radoter, je signe avec vous et beaucoup ici sur la pétition des "révoltés" qui tarde à être disponible en grande distribution.

"Se
laisser aller à s'en prendre aux seules agences de notations qui
seraient porteuses, à elles-seules, de toutes les misères du monde
témoignerait déjà de la bonne qualité du montage global
destiné à broyer le social."

Il est dèja bien broyé , première pression à froid, j'espère pur très bientôt une seconde pression à chaud des" broyés-broyeurs".

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