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AXA, la crise, le syndicalisme
Le monde de l'assurance-vie va mal. Ce serait la pire crise qu’ait connue le secteur financier depuis 80 ans. Le syndicalisme d'accompagnement aussi.
Concernant l'assurance vie, la crise de confiance se développe envers les banques et les compagnies d’assurance, non seulement entre elles mais de la part des clients et des salariés.
Il paraîtrait que l'on constate depuis un an et plus encore dans les quatre derniers mois de 2012 un phénomène brutal et constant de « décollecte », les retraits étant plus importants que les versements. Comme si les français n'y croyaient plus. Vous touchez à vos contrats et même, vous les rachetez...
En août 2008, « rattrapé par la crise Axa voyait son bénéfice chuter d'un tiers au premier semestre ». Ce qui n'empéche que les fondamentaux du capitalisme ont la peau dure : en septembre 2008, Axa entendait «profiter de la crise », prévoyant grâce à elle des «opportunités» de rachat de sociétés dévalorisées. Profiter de la crise, donc.
Est-ce dans ce cadre qu'en juin 2010, « touché par la crise, Axa cherche à vendre ses opérations anglaises » ?
Toujours est-il que le 24 novembre 2011, Henri de Castries confirmait la suppression de 1.600 postes en Allemagne d'ici à 2015, et informait de « discussions en France » dans le cadre « d’efforts d’efficacité à confirmer » : un protocole d'accord européen venait d'être signé « avec les partenaires sociaux », intitulé « Adaptation du changement ». Un accord qui serait présenté comme « une première dans l'assurance ».
Avec les partenaires sociaux ?
Les Echos, le 24 novembre, indiquait qu' AXA venait de signer la veille un « accord européen sur l'emploi », signé par les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, UDPA-Unsa. Un autre signataire est mentionné UNI-Europa Finance.
Il faut bien lire comment se présente UNI-Europa Finance, pour savourer ce qu'il pense sur l'accord « de sécurisation de l'emploi » intervenu (« inédit dans la finance » ), qui selon lui « démontre la vitalité des relations sociales au sein du groupe AXA. ». On notera que la présentation du commentaire d'UNI-Europa Finance, mentionne: « L'accord européen a été signé chez AXA par UNI Europa Finance et les organisations syndicales suivantes: CFDT, CFE/CGC, CGT, UDPA/UNSA. »...
Il sera intéressant de trouver quelqu'un qui nous démontrera la légitimité de telle structure pour signer des textes d'entreprise envisageant le « recours aux plans sociaux et/ou plans de départs volontaires ».
En tout cas, Force Ouvrière, de son côté, après s'être posé la question de l'instrumentalisation de son adhésion à l'UNI considère le 22 décembre 2011 que le protocole signé est « un accord honteux de suppression d'emplois ».
FO expose :
« En effet, « il s’agit d’un accord qui se conclut en envisageant le « recours aux plans sociaux et/ou plans de départs volontaires ».
« Plans sociaux » ou « plans de sauvegarde », c’est ainsi qu’il est convenu de nommer les plans de licenciements. Ce n’est pas seulement de l’hypocrisie, c’est avant tout dans l’intention d’associer les syndicats aux suppressions d’emplois.
Ce consensus est en place dans le cadre de la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et de compétences » est en place depuis des années chez AXA et s’est déjà traduit par des suppressions massives d’emplois (en 18 mois baisse des effectifs de 6,2 %).
Mais avec cet accord européen il s’agit d’aller plus loin encore... délocaliser... souci de rentabilité … souplesse ...
Les syndicats qui ont signé ça acceptent et même encouragent les réorganisations avec leurs conséquences désastreuses sur les conditions de travail et les qualifications...
C’est bien sûr la crise de la dette qui conduit chez AXA, comme dans toute l’assurance, aux suppressions d’emplois aussi massives. Mais cette dette n’est pas celle des salariés et ni AXA, ni aucun autre groupe, ne pourrait imposer aux salariés de tels reculs sans le consensus servile dont l’accord de groupe du 14 septembre est un exemple... FO refuse ce consensus...», quand la CFDT Banques et Assurances s'en félicite.
Chez AXA qui « s'adapte au changement » en voulant « profiter de la crise », le syndicalisme s'adapterait-il au point de devenir un syndicalisme accompagnant syndicalement un système qui condamne sans limite le salariat à s'adapter à un système qui les brime ?
Alors, chez AXA comme ailleurs, le piège se refermera sur le syndicalisme de négociation représentatif qui n'aura pas su rester un syndicalisme de résistance.


Tous les commentaires
... l'assurance-vie du capitalisme en crise.
Et oui, allons à l'enterrement des syndicats. Le syndicalisme français se meurt d'avoir trop bouffé, à s'en faire exploser la panse, à la table du patronnat. Qu'il crève !
Mais pas en silence ! Organisons-lui des funérailles bruyantes et en grandes pompes (au derrière) pour lui retirer toute légitimité à parler (et encaisser) en notre nom. Qu'au cours d'un monstrueux carnaval, on y pende les traitres jaunes.
Et sur ses cendres fumantes, réinventons de nouvelles formes de luttes !
Ne serait-il pas plus astucieux de réinventer "de nouvelles formes de luttes" avant d'enterrer bruyamment le syndicalisme ?
@MELCHIOR.
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Oui, mais dès que les combattant-e-s goûtent au gâteau (Nicole Notat et Michel Onfray, par exemple), ils-elles deviennent accrocs à la crème Chantilly.
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L'intégrité constitue une denrée tellement rare, qu'il serait intéressant d'en faire l'éloge.
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Bravo, Annie, belle combativité !
Pour info et dans un autre ordre d'idées, j'avais envoyé à mon carnet d'adresses politique de Hyères le réusultat des dettes de la Ville. En Conseil Municipal , lors du vote du budget, Var-matin fait état "d'un mail qui a ciculé à propos des dettes"... Il en a donc été question officiellement... Résultat; l'opposition ( UMP mais oui , et Socialistes ...) n'ont pas voté le budget...
C'est toujours ça de pris, même si ça ne change rien à nos impôts locaux qui vont sévèrement augmenter...
Qu'ils s'en aillent tous !
J'appelle ça : la révolution des petites cuillères (vider l'océan avec une cuillère à café). N'empêche que ça fait du bien, quand avec ses petits bras, on réussit à foutre un grain de sable dans l'engrenage (comme l'exemple que tu cites). Et puis, nous sommes quelques milliards d'individus (99%) avec nos petites cuillères à la main. Avec nos pelles de bac à sable, on peut aussi creuser leurs tombes, même que ! Surtout que la productivité, il nous y ont bien habitué...
Il y a aussi la belle métaphore du colibri ! Ce sera mon conte de Noël. Je vais la sussurrer à l'oreile de mon petit-fils...pour le cas où, plus tard...
La métaphore du Colibri, légende Amérindienne.
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
« Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » .
Le colibri lui répondit alors : « Je le sais, mais je fais ma part. »
La légende raconte que chaque animal se sentant alors concerné, « fit sa part », chacun à sa manière et que la forêt fut sauvée.
L'assurance-vie était un des placements privilégiés par ce que l'on appelle "les classes moyennes".
Il y a donc d'une part un effet d'appauvrissement de ces "classes moyennes".
D'autre part, Axa est l'investisseur le plus exposé aux crises financières et monétaires car il est la société d'assurance qui investit le plus dans les opérations boursières.
ne pas oublier que la chute de Lehman Brothers en 2007 a bien failli entrainer AIG (N°1 mondial de l'assurance) dans le "trou". Il a fallu que le contribuable américain paye très cher, pour quelques scandales supplémentaires d'ailleurs (bonus et autres voyages coûteux financés par l'aide publique).
Difficile l'équilibre des plateaux Samines, sur la balance , ou est le fléau dèja?
Coucou Espoir :-)
Nous sommes la denrée périssable mais réelle, indispensable à l'ébauche d'une comptabilité virtuelle (celle des risques) qui enrichit réellement ceux dont le métier est de gagner de l'argent sur les risques que prennent les autres.