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Procédures prud'homales trop longues: l'Etat condamné
Le décret n° 2008-514 du 29 mai 2008 a supprimé 62 conseils de prud’hommes dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire. Aujourd'hui, l'Etat est condamné par le TGI de Paris...
... dans 16 affaires portant sur les délais excessivement longs des procédures menées devant les conseils des prud’hommes.
Pour le gouvernement, la « priorité » judiciaire – celle qui amoindrit les velléités de se plaindre et de demander justice – fut concrétisée par la réforme de la carte judiciaire, engagée dès 2007 et qui s'acheva le 31 décembre 2010 avec la fermeture de 17 tribunaux de grande instance. Réduire les lieux géographiques d'exercice de la Justice pour réduire les contentieux...
Dans le même temps, Medef oblige, parallèlement au démontage du code du travail dans les cinq ans disponibles, la majorité décida de s'employer à éteindre les réflexes de défense des salariés et les occasions de saisir les conseils de prud'hommes.
Pour le contentieux lié au travail, les députés de droite acceptèrent l'idée qu'il suffisait de compliquer les démarches pour que les salariés fassent valoir leur droits. C'était une idée simple. Il fallait, superbe trouvaille, s'attaquer au porte-monnaie aussi. Alors, l'article 54 de la Loi de finances rectificative n°2011-900 du 29 juillet 2011 institua une contribution de 35 euros, remettant en cause la liberté d'accès libre à cette justice.
Depuis longtemps, étaient connus et dénoncés le manque de greffiers, de matériel, et des délais intolérables relèvant de la responsabilité de l’État qui ne mettait pas les moyens nécessaires.
En février 2011, on pouvait déjà lire ici :
« Alors que la durée moyenne de traitement des litiges était de 10 mois en 2009, elle atteignait jusqu'à 32 mois à Bobigny et 25,5 mois à Lyon, où le nombre de greffiers est passé de 32 en 2007, à 27 en 2010. A Nanterre, les justiciables attendent en moyenne 24 mois et à Toulouse 17 mois. Des délais qui frôlent le "déni de justice"
C'est ce que vient de confirmer le TGI de Paris le 18 janvier 2012 en condamnant l’État (voir fichier pdf attaché). Le 15 février, une nouvelle audience "groupée" aura lieu dans cette même juridiction.
Alors que dans les jours prochains des décisions seront prises pour favoriser une baisse du coût du travail pour les employeurs au détriment des salariés, on attend avec impatience que les candidats aux suffrages du printemps 2012 disent de quels moyens en personnel et en budget ils décideront pour un bon fonctionnement de la Justice prud'homale.
°°°
Voir : http://avocats.fr/space/michele.bauer/content/_e8ae9a9e-114c-4f98-a50b-f2e5816ce5b6


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extraits du jugement attaché:
Le Medef condamné à verser 200.000 euros pour licenciement injustifié20minutes.fr - Il y a 20 heures Laurence Parisot, présidente du Medef, s'exprime le 18 octobre 2011 à Paris, lors d'un point presse mensuel. Eric Piermont afp.com TRAVAIL - Le salarié avait été remercié pour faute grave... Le Medef va peut-être finir par regretter d'avoir licencié ...
là aussi le délai a été long !!!:
. mis à la porte pour «faute grave» en août 2008.
. en septembre 2009 premier jugement
. condamnation du MEDEF par la cour d'appel de paris le 17 janvier 2012 http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/24/le-medef-condamne-pour-licenciement-injustifie-par-la-cour-d-appel-de-paris_1633645_3234.html
Intéressante nouvelle et certainement très bonne. Je me pose la question de savoir ce que cela implique concrètement et comment cela peut changer cette situation lamentable. Un coup de frein à ces dénis de justice ? Sans doute, et c'est nécessaire mais quoi d'autre ?
pour avoir été pendant six ans conseiller prudhommal employeur ( de l'economie sociale) du conseil de Toulouse , je peux temoigner que tous les conseillers font le maximum pour resoudre les affaires dans les meilleurs délais . les sceances du conseil commencaient à 14h pour se terminer souvent apres vingt heures . nous avions souvent une vingtaine d'affaires à entendre .
Tout commence au bureau de conciliation , ou pour la premiere fois , les parties exposent leurs arguments , il faut alors fixer une date de jugement , souvent superieure à trois mois , quand les avocats ne demandent pas de delai plus long !
en jugement quand les affaires sont appelées , de nouveau l'avocat de l'une ou de l'autre des parties demande un report , et nous etions parfois confrontés à deux ou trois demandes de report successives!
une fois l'affaire entendue ,il faut parfois nommer deux conseillers rapporteurs pour approfondir l'etude , se faire communiquer des pieces , il faut ensuite juger , et fixer une date en fonction des agendas de quatre conseillers qui ne l'oublions pas, exercent une activité professionnelle , une fois le jugement prononcé , deux des quatre conseiller doivent le rediger , puis le remettre au greffe pour mise en forme definnitive .
si le bureau de jugement composé de deux employeurs et deux salariés n'arrive pas à se mettre d'accord sur le jugement à prononcer (20% des dossiers ) , il faut faire appel à un juge departiteur dont la voix sera determinante, comme pour toutes les sections du conseil de Toulouse , il n'y avait que deux juges departiteurs qui avaient d'autres fonctions par ailleurs , le delai pouvait etre allongé de deux ou trois mois dans le meileur des cas .
Au final entre l'insccription initiale de l'affaire et le jugement rendu , un délai d'un an etait tres rapide et tres rare , la moyenne etant alors de 18 mois , mais j'ai vu des affaires trainer plus de deux ans . j'ai été conseiller entre 1998 et 2004 .
@ claude de villepin 26/01/2012, 11:31
merci pour votre témoignage direct, Claude de Villepin. Interéssante intervention.
évidemment que " tous les conseillers font le maximum pour resoudre les affaires dans les meilleurs délais". Vous posez le doigt sur cette réalité dont l'importance varie d'un Conseil à l'autre: le problème des "renvois", dont vous savez bien que ceux qui sont "illégitimes" n'ont pour but, s'ils sont acceptés que de retarder les échéances. Nous connaissons tous des Conseils qui, par une pratique locale "codifiée" ont réduit de manière considérable les demandes dilatoires...
et puis, vous pointez un manque de séances et de juges, peut-être ?merci de votre témoignage !avez-vous déjà été interrogé officiellement avant la réforme, vous ou votre organisation syndicale (sur les besoins éventuels en personnel, matériel)?pourriez -vous nous proposer des pistes d'améliorations possibles ?bonne journée!
@ mhjozoux
"comment cela peut changer" déjà en regardant travailler le personnel et les conseillers prud'homaux (collèges salarié et employeurs), les faire parler et écouter. Demander son avis au conseil de la prud'homie, qui fut ignoré lors des réformes.
et s'interroger sur les pratiques (y compris locales) en matière de procédure (le commentaire de Claude de Villepin est très instructif)
pousser ceux qui veulent que disparaisse l'instituion originale française qu'est cette juridiction axée sur le contrat de travail, avec des juges élus ... à le dire... et l'inviter, au cas contraire, à donner des moyens sérieux et justes de fonctionnement.
parler, quoi... notamment avec ceux qui sont au plus près.
Qu'importe... c'est le contribuable qui paie la note, les décisionnaires fautifs sont eux bien payés et irresponsables!
Bien payé
...
en 2008 le taux de la vacation horaire est à 7,10 €.
http://pme.service-public.fr/actualites/breves/remuneration-conseillers-prud-hommes-evolue.html?xtor=RSS-1
et au 1er juillet 2008 le smic horaire brut est à 8,71€ (soit 6,84€ net)
Paulette
Intéressante, la condamnation de l'Etat !
je trouve aussi !
Paulette