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gouvernement d'union nationale
Ils vont tous s'y mettre, on la sent venir, elle est là qui nous guette. La rumeur enfle. Pour résoudre nos problèmes, ils vont les uns après les autres y aller du couplet de leur Internationale : « Il nous faut un gouvernement d'union nationale. ». Il va y avoir, après les coups de sabre, du consensuel dans l'air.
Après que toutes les recettes traditionnelles aient été appliquées par des gouvernances libérales, après que des dérives politiques et sociales aient conduit le pays au chaos économique, on dit qu'on oublie tout, qu'on passe l'éponge et qu'on va aller de l'avant, tous unis. Après avoir attendu patiemment que tout se dégrade jusqu'à l’irréversible, on s'aime à nouveau, tous unis pour faire admettre à tout le monde qu'il reste à payer par tous l'ardoise laissée par le système, sans visiter la poche des prédateurs.
L'important du moment sera d'étouffer l'ancien pour faire pire ensemble. La droite, la gauche, dans l'air du temps, c'est pareil, maintenant.
Le 17 novembre 2011, Claude Allègre sort du bois : « Je plaide pour un gouvernement d’union nationale.. Entre la droite et la gauche, les points de vue se sont rapprochés. Le PS n’est plus pour l’économie administrée ; Sarkozy est devenu keynésien. Il serait bien que Sarkozy, Hollande, Collomb, Vallini travaillent ensemble. Je suis pour l'équipe de France !".
" Il faut un gouvernement dont l'esprit soit d'union nationale" déclare François Bayrou le 27 novembre.
C'est Dominique de Villepin qui nous l'expose le mieux le 27 novembre 2011: « … le moment est venu de se placer résolument au dessus de toutes les formations partisanes. Nous sommes dans une période où il faut dialoguer avec les français, réfléchir au delà de toutes les contraintes politiciennes. ». C'est du sous de Gaulle, mais le sens est là. En peu de mots, tout y est : les partis sont si déconsidérés et inefficaces, ils ont si peu écouté et débattu de l'intérêt général avec les Français, qu'il convient de les ignorer. C'est la guerre, monsieur. Il faut prendre des décisions fortes.
Instruits de modèles récents qui viennent de sortir des chaînes idéologiques libérales, en Grèce, en Italie, bientôt en Espagne, ils nous diront que le mieux, bien sûr, c'est d'embaucher des techniciens et des experts. On pourrait appeler ça « gouvernement technique d'union nationale ». Bien sûr.
Et la démocratie, là dedans ? tousseront les grincheux. Zut, c'est vrai, dans une démocratie, il faut des antagonismes « structurants », sinon ce n'est plus la démocratie. Rassurez-vous, on a la réponse : on peut faire un gouvernement d'union nationale en ne prenant pas tout le monde ! Ceux qui restent seront l'opposition...!
Voilà ce qui nous attend pour les mois à venir, après les bazookas, le consensus invertébré pour des sacrifices lourds.
Le gouvernement d'union nationale, c'est le conte de fée des hommes politiques faillis. Ils se font une belle histoire, peu importe qu'elle soit vraie ou fausse. Simplement, on fait semblant de s'aimer les uns les autres quelques instants, on accroche l'attention pour faire rêver d'un monde « choisi ensemble », quand il s'agit en réalité d’acquiescer à de nouvelles servitudes.
La salle de réunion du gouvernement d'union nationale, c'est l'endroit où se réunissent des masqués aux mains tachées par nos viandes. A côté de la machine à café, les crocs de bouchers.
> illustration issue de ce blog.


Tous les commentaires
Bonjour Fatarella,
Ils pourront bien multiplier les rodomontades et autres simulacres, ils seront bientôt rattrapés par le temps passé à ne rien faire. L'argent ne circule plus, l'europe s'effrite, les financiers sont plantés (Grèce / Espagne / Italie)...c'est l'hallali.
Je ne sais pas si un vrai soulèvement populaire est imaginable (quelle mobilisation de l'armée ?) mais lorsque le triple A de la france va exploser, c'est tout le budget 2012 qui partira en fumée. Et là il va falloir taper sur ceux que l'on a préservé. C'est une autre histoire qui commence.
Quant au gouvernement de "technichiens" (de garde), il n'y a absolument personne qui fera le choix politique du mécontentement général à 6 mois de la Présidentielle et avec aussi peu de crédit électoral sur lequel s'appuyer. Et l'union nationale : rien + rien = rien. Alors le bénéfice de crédit...
Les prochaines semaines se dérouleront à mon avis sous le règne de la zizanie et des âneries réunies. C'est le moment d'ouvrir le bêtisier, la Presse ne saura plus où donner de la tête. Jusqu'au moment de l'étincelle imprévisible...
bonjour samines !
vous avez aussi une perspective assez sombre.
aïe !
"l'halalli est-il halal ? "
je ris ... très, très jaune
alors, le gouvernement d'union nationale se fera sans moi...
Léon
Alliance avec le centre: Mélenchon menace d'un «divorce à gauche»
Sarkozy: un gouvernement d'union nationale jusqu'à Le Pen ?
Pourquoi voulez vous que les hommes politiques fascinés par leur égo deviennent raisonnables, pas plus Mélenchon que les autres ils sont tous formatés pareil de ce point de vue.
Il n'y a que l'air de la flûte qui change un peu ;
Les militants peuvent un peu faire avancer les choses mais les média sont extrêmement puissants
vous avez raison, christian, je pense aussi cela.
léon