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Traité de Lisbonne : fauteur de crise ! (J.L.Mélenchon)
Face à la crise, l’Europe actuelle n’est pas la solution mais le problème. Signé en 2007 et voté par l’UMP et le PS alors qu’il reprend mot pour mot le Traité constitutionnel rejeté par les Français en 2005, le Traité de Lisbonne rend l’Europe impuissante face aux crises financières. (blog J.L.Mélenchon)
« Loin d’améliorer les choses, les projets de modification du Traité envisagées par la Commission européenne ne feraient qu’aggraver le dogmatisme libéral du texte. Le Front de Gauche propose au contraire de s’affranchir du Traité de Lisbonne pour retrouver des marges de manœuvre face à la crise.
L’interdiction d’encadrer les mouvements de capitaux
Dans cet article du Traité se trouve le fondement de l’impuissance de l’UE face aux marchés financiers et aux crises qu’ils déclenchent :
Article 63 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
« toutes les restrictions aux mouvements de capitaux … sont interdites. » (reprend exactement l’article III-156 de la Constitution européenne)
L’interdiction de se protéger du libre échange
Aucune restriction au libre échange n’est permise dans le traité qui prône « la suppression des obstacles au commerce international » (article 21 TUE et 206 TFUE). Le Traité affirme même que l’Europe doit non seulement contribuer à la « suppression des restrictions aux échanges » mais aussi « aux investissements directs étrangers, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ». « Et autres » : cela veut dire qu’il est impossible d’imposer des règles sociales ou écologiques aux importations et aux investissements étrangers.
L’interdiction des aides publiques à l’économie
La Commission et la BCE tolèrent des dérogations pour les banques mais s’oppose à toute aide qui violerait durablement la libre concurrence, notamment pour développer les services publics (poursuite de la libéralisation ferroviaire et postale).
Article 107 du nouveau Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
« sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États ou au moyen de ressources d’État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions. »
L’interdiction de changer de politique monétaire
L’indépendance absolue de la BCE – Article 130 TFUE : (idem III-188 de la Constitution européenne)
«ni la BCE, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions de l’Union ainsi que les gouvernements des Etats membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne dans l’accomplissement de leurs missions. »
L’obsession de la stabilité des prix – Article 119 TFUE (idem III-177 de la Constitution européenne)
« l’action des États membres et de l’Union comporte … une politique monétaire et une politique de change uniques dont l’objectif principal est de maintenir la stabilité des prix »
L’interdiction de toute relance budgétaire durable
La chasse aux déficits publics est confortée dans le Traité de Lisbonne : le pacte de stabilité continue d’imposer ses règles de rigueur budgétaire aux États (126 TFUE), les invitant « à une restructuration des recettes et des dépenses publiques » avec pour objectif « de parvenir à un excédent budgétaire » faisant fi des dépenses sociales et des investissements à long terme. »
http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/traite-de-lisbonne-fauteur-de-crise/


Tous les commentaires
Bonjour Fatarella,
Je suis curieuse de savoir quelle question sera posée aux Grecs, par referendum.
Ils n 'y avaient pas eu droit, en 2005 !
D'un autre côté, le rachat de la dette par la Chine va lui permettre de contourner l'obstacle d'un éventuel protectionnisme social et écologique..
Nous sommes dans la nasse...
Bonne journée
ah s'il n'y avait que le traité de Lisbonne !
Le fantôme de la démocratie à peine apparu est dèja disparu, les traités peuvent continuer à fleurir rassurés sur un tas de fumiers.