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Mercredi des Cendres . Théâtre brut. Ouvrage mouvant. . encore . fatigue . mots . nuit . toujours . voyage
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Une luciole.
22 Janvier 2012
Par
Fedor Aliouslowensko
Son front est marqué de l'étoile de la solitude.
Elle va seule dans la ruelle obscure.
Il fait nuit, il bruine./elle est sans âge.
Les chiens pleurent
une main sur le mur noir.

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Des prémisses d'un printemps, comme sur la route de Toulouse une moto
blanche la moto blanche la vieille moto sous un ciel gris solitaire
à la rencontre d'une autre solitude (votre rayon me frappait par l'interstice de deux nuages
gris le ciel gris, grisée la chevauchée, à travers toutes ces villes toutes ces solitudes
J'arrivais vous étiez là, vous m'attendiez (quelque chose vous avait prévenu) je vous retrouvais
et c'est ainsi que je retrouverais une autre, la même autre, toujours, encore alter ego en corps.
D'un autre nom la même âme.
(Pourquoi Melchisédech ? Le Dieu des chrétiens du XIIIéme siècle y suffirait bien. Ou le Dieu des Cathares.)
En écho, le dernier spectacle de Pippo Delbono, Dopo la battaglia.
Dans l'obscurité ("il buio"), parfois une luciole et sa force de corps et de rêve.
Lucioles ? Lucioles ? où sont-elles ? elles sont parfois si petites, si fragiles, que j'ai peur de les perdre.
Oui, Marielle, si petites, si fragiles qu'elles se referment souvent sur elle-mêmes et attendent un moment de grâce pour s'ouvrir à nouveau. Et celle-ci, celle de la ruelle, la charge de travail qui pesait sur elle était telle qu'elle en est blessée pour longtemps.
Il doit être des niveaux de conscience où leur fragile éclat est la seule lumière visible ; quelque chose comme un chemin qui, justement parce qu'il est de solitude, toucherait à l'universalité
Oui, Jules. C'est exactement ça que je pense et sens. Quelque chose de l'ermite ? Solitude et conscience, dans le silence et la présence de tous les absents (leurs paroles sont devenues des écrits, des gestes peints ou dessinés, des musiques) se retrouver, c'est à dire retrouver le Soi, et le "Sois !", l'atman des Upanishads.
Et cette part sociale, cette ultra-solitude* qu'impose le rythme de travail et la sorte de travail dans cette mortifère société (pour quoi faire ?) -certaines, certains, se lèvent tous les jours à deux heures et demi du matin ; imagine la vie que l'on peut avoir dans ces conditions- ont peut la contrer ; "mais une main nue / alors est venue / et a pris la mienne."
*c'est à dire ce qui excède la solitude bénéfique.
Dans la Bible, Mammon, c'est à dire ce que l'on pourrait dire l'Argent Roi, dévore les humains. Nous y sommes. Je lis, et j'entends chaque jour des récits de suicides au travail.
Oui, et étrangement, on en revient à cette idée que l'ultra-solitude (sociale) est la part douloureuse due à la soumission "(pour quoi faire ?)" , car avec l'acceptation du vide (non-consolé...) la conscience touche au réel, ce que la fuite (ou la course) dans la mondanité masque habituellement. Vient un moment où il n'est d'autre chemin que celui de l'acceptation du vide... il faut s'y jeter
Mais ce vide n'est pas une fin, pas un néant, il est une place faite à la totalité
Cette notion de vide est "étrange", aussi. Souviens-toi, quand Elie dans le désert ("Par quoi es-tu passionné, Elie ?") trouve en-fin "le souffle de fin silence" : "Dieu était dans le souffle de fin silence". La même chose que "Je suis la Vie", en somme. Totalité, oui, tu as raison, conscience d'une totalité de la vie, l'envers du vide, ou plutôt : le vide traversé et comme inversé : plénitude. Acceptation de l'abandon de quelque concrétion identaire que ce soit. Plus rien : tout.
(Et la luciole peint,