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Contusions gare Montparnasse

L’excursion hors de notre sujet de prédilection, les traitements infligés aux étrangers en quête de régularisation, n’est qu’apparente. Car la confusion et les contusions infligées à des collégiens bordelais, à la gare Montparnasse, à Paris, jeudi 5 mars, signent l’avancée de la contagion, de la population étrangère à l’autochtone, du mépris qu’a le fort pour les droits du faible, qui caractérise la mise en œuvre de la "maîtrise de l’immigration".
Dans ‘’La chasse aux enfants’’ (Ed. La Découverte), un ouvrage dirigé par Michel Benasayag et Angélique del Rey, on découvre que le traumatisme de l’enlèvement d’enfants étrangers à leur classe n’atteint pas seulement les enfants expulsés. Leurs copains doivent endurer, en pleine période de formation de leur conscience sociale, la contradiction des actes de l’autorité politique avec les ‘’les valeurs de la République’’, que leur enseigne l’école et dont la connaissance est exigée des immigrés. Les auteurs nomment cela ‘’l’effet miroir de l’expulsion des sans-papiers’’. Mais cela va plus loin encore : si on peut envoyer les forces de l’ordre cueillir un enfant dans son école pour l’expulser, peut-on s’étonner qu’une escouade de CRS s’en prenne à des collégiens rentrant d’un voyage de classe ?
Voici les faits, tels qu’ils sont relatés par un proche : ‘’Jusque-là, ce jeudi avait été plutôt chouette pour la classe de 3e C du collège Jean-Jaurès à Cenon. Arrivés tôt dans la capitale avec leurs professeurs de français et d'histoire-géo, ces adolescents de la banlieue bordelaise avaient commencé par l'objectif premier de cette journée-découverte : l'Assemblée nationale. Dans ce haut lieu de notre république, ils avaient assisté à une séance parlementaire. Mais après la tour Eiffel et le musée du Louvre, ils ont fait connaissance avec les Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Impression radicalement différente.
« Il était 19 heures et nous attendions notre train devant les voies de la gare Montparnasse », raconte l'une des deux enseignantes. « Après le passage d'un groupe de manifestants étudiants qui chantaient, les CRS ont surgi très vite. » Les témoignages semblent concorder : venus de plusieurs endroits à l'issue de la manifestation qui a eu lieu à l'extérieur, une trentaine de policiers chargent en direction des étudiants... sauf que cela se passe dans un hall de gare bondé à cette heure. « On s'est retrouvés coincés », raconte un élève. « On criait qu'on était des collégiens mais rien à faire : j'ai pris des coups de matraque aux jambes et au poignet. » Une dizaine d'autres élèves sont frappés. « J'ai été plaquée contre un distributeur de boissons », raconte l’enseignante. Entorse cervicale. « Et pas une explication lorsque je suis allée voir le lieutenant.»''


L’histoire ne s’arrêtera pas là, car les parents et les enseignants du collège Jean Jaurès de Cenon y tiennent, à ces fameuses valeurs de la République.


‘’Hier, [le père de Jordan] a porté plainte pour violences sur mineur, comme plusieurs parents, comme les deux professeurs, comme le collège Jean-Jaurès. « Le choc était général », explique Sylvie Védélago, principal de l'établissement. Dans un communiqué, le Snes (Syndicat national des enseignements de second degré) s'insurge contre « la violence gratuite des forces de l'ordre », réclamant que toute la lumière soit faite sur ces événements. La sénatrice-maire d'Artigues, commune voisine, a écrit au Premier ministre et à la ministre de l'Intérieur. Des gendarmes sont venus auditionner enseignants et enfants présents. Les plus touchés étaient restés chez eux. Jordan est au repos pour huit jours.’’


On trouvera en fichier joint une déclaration des personnels et des parents d’élèves du collège Jean Jaurès.


Martine et Jean-Claude Vernier


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Raymondb J'ignore la "sociologie" du collège Jean-Jaurès de Cenon. J'espère simplement que certains parents des tabassés appartiennent à la Droite-juppéo-allioto-sarkozyste et qu'ils comprendront enfin que "les violences policières gratuites" ça existe. Et qu'on peut prendre des coups sans être de la "racaille".

"Ils se tournent également vers les élus afin que les responsables soient désignés et poursuivis, pour que de tels comportements ne se produisent plus jamais." - En souhaitant que ce problème leurs permette d'enlever leurs oellères sur des exactions policières de plus en plus fréquentes et existantes depuis bien trop longtemps !

Certes on a "fini de rire", mais grâce à vous, on ne peut ignorer ce qui se passe. Merci.

Eh bien moi je trouve la performance et la lucidité de ces CRS exemplaires. Etre capable en un éclair dans une gare bondée de détecter la nature pernicieuse de ces délinquants-terroristes, fourbement dissimulés sous leur apparente innocence de collégiens, et être capable de garder une capacité d'analyse si pointue et d'agir si promptement, force l'admiration. Bravo et mille merci d'être le dernier rempart à la sauvagerie gratuite de ces ennemis en culotte courte de la République en danger. Je tiens d'ailleurs à m'élever contre les zones de non droit où les CRS ne peuvent accomplir leur tâche salutaire et perspicace de protection du citoyen, car s'ils sont en mesure d'agir, non sans mal, dans les gares, leur présence s'oppose parfois à une véritable omerta autour de ce qu'il convient de qualifier d'authentique vivier à terroristes et délinquants (parfois eux aussi cumulards). La survie même de la République dépend de notre capacité à soutenir la mission courageuse et souvent dangereuse de nos CRS jusque dans les zones les plus sensibles, en leur donnant les moyens de nos ambitions. Ouvrons grand les portes de nos maternelles et crèches pour y faire souffler un vent d'ordre et de justice ! En outre les consignes et équipements devront être adaptés pour assurer la protection des gardiens de notre liberté : généraliser l'usage des tasers en plus des traditionnels matraques et gaz lacrimogènes semble être un minimum qui, couplé avec la recommendation de réagir fermement au moindre geste suspect, voire préventivement en cas de doute raisonnable, permettra de regagner notre état de droit. Ensemble tout est possible !

A ce rythme la ou va la république ? Vivement une réaction citoyenne devant un état qui méprise de plus en plus les libertés publiques. J'ai honte de mon pays et ce qui est arrivé la peut arriver a n'importe qui la police et les crs étant en plus couverts (de ce que j'ai entendu) par Madame Alliot Marie.

Comme le dit cet étrange dicton : "Sarkomence !"

Je ne sais rien de plus sur cet événement que ce que vous en racontez et des propos de notre ministresse de l'Intérieur sur "des coups de matraque qui ont rencontré un estomac" cités dans l'émission de Daniel Mermet. Ayant vu un jour un homme, sur la place de l'Horloge à Avignon, être sauvagement matraqué par des CRS pour s'être offusqué d'une bousculade gratuite par ces mêmes CRS, je n'ai pas beaucoup de mal à imaginer la scène. Les gens autour disaient "que l'homme avait dû être violent", certains disaient qu'ils avaient entendu dire "qu'il avait levé le poing" mais je n'ai entendu aucun témoin de cette violence. Je me demandais moi-même si j'avais tout vu, je me disais que l'homme avait bien dû faire quelque chose qui justifie une telle violence, même si je ne l'avais pas vu. C'était en 1969.

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