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Abjection estivale

Nicole Eschmann, vice-présidente Europe Ecologie au conseil régional de Bourgogne commente les dernières initiatives du président de la République.

 

On savait bien que le Président profiterait de la trêve estivale pour faire avancer son projet de loi sur le démantèlement des retraites et enterrer les affaires qui le décrédibilisent au plus haut point (le coaching de Mme Woerth par son propre ministre de mari, la bienveillance fiscale envers les paradis de Mme Bettencourt, les enveloppes kraft enfreignant la législation sur le financement des campagnes présidentielles…).

On se doutait bien que l’abjection des expulsions se poursuivrait durant l’été: RK, époux d'une Française et père de deux enfants français, a été transféré le 6 août du Centre de détention de Varennes le Grand au CRA de Saint-Exupéry pour être expulsé dans les jours prochains pour le Congo.

On imaginait bien, après les émeutes de Grenoble, que le Président surenchérirait dans l’obsession sécuritaire pour s’attirer les voix d’extrême-droite.
Mais on n’imaginait pas l’indécence de la mise en scène que le Président nous sert depuis le 30 juillet , clouant au pilori les gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, et les Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité. Mobilisant tout le gouvernement, dont le récidiviste Hortefeux, dans une surenchère verbale xénophobe, qui renvoie à la mise en camp, sous Vichy, des gitans, manouches, comme l’a si bien restitué le film « Liberté » de Tony Gatliff.
C’est un viol de la fonction de chef d’Etat, qui se doit d’assurer démocratiquement la sûreté républicaine : c'est bien plus facile de jeter à la vindicte populaire des catégories entières de la population et détruire les camps précaires que de faire respecter par des milliers de maires la loi sur les aires d’accueil et sur le logement social.
C’est un viol de la Constitution qui assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
C’est un viol des consciences de resservir au peuple de France les haines recuites des années trente qui nous tétanisent de stupeur : nous sommes à des années-lumière du roi du Danemark, qui, en tant que chef d'Etat, a choisi de porter l'étoile jaune pendant la seconde guerre mondiale, protégeant ainsi les juifs de son royaume.
Ce gouvernement affaibli par ses déroutes électorales est très dangereux. Le Président s’enfonçant dans une crise morale sans précédent est déchu, les Français en sont tous salis, la presse internationale est atterrée.
Les citoyens et leurs organisations n’acceptent pas cette politique abjecte du pire : L’Appel citoyen de la LDH « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité fraternité » appelle à une manifestation le 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, et à la signature sur le site http://nonalapolitiquedupilori.org/
Europe-Ecologie s’y associe et appelle tous les citoyens à participer à ce sursaut républicain.
Nicole Eschmann, vice
-présidente Europe-Ecologie du Conseil Régional de Bourgogne.

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Parfaitement exprimé. Merci.

Excellent.

Il faut rappeler encore et encore, que se servir de la stigmatisation de catégories entières de population pour échapper à ses responsabilités en matière de protection des fraudeurs milliardaires, ou de manipulation du sytème judiciaire, et pour enterrer ces affaires, est non seulement dangereux, mais avant tout criminel.

Ces gens là étaient jusqu'ici des menteurs, ils viennent de franchir une autre limite, la même qu'ils avaient déjà violé en portant plainte contre des journalistes, ou des opposants.

Mais à une toute autre échelle, qui ne fait pas seulement du mal aux principes, ou à quelques individus, mais en installe des centaines de milliers dans la peur, le souci, et bien sûr, des millions d'autres dans la colère.

Le chef de l'Etat, et le ministre de l'intérieur troublent l'ordre public, ils trahissent tous deux leurs principales missions qui sont de protéger les personnes, et garantir leurs droits constitutionnels.

L'un mérite d'être limogé, sans autre forme de procès, quant à l'autre, quelle pourrait être la procédure?

Exiger sa démission?

La conduite a mener à partir du 4 septembre semble devoir suivre alors ces lignes, exiger de Fillon qu'il renvoie Hortefeux.

Exiger de Sarkozy qu'il s'en aille.

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